‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 88 sur 103 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

ADÉNOMES PROPREMENT DITS OU UNIGLANDULAIRES.

(Monadénômes.)

Cette affection est propre aux glandes en grappe ou glandes acineuses. Certaines glandes sanguines, telles que les ganglions lymphatiques, la rate et le corps thyroïde, sont sujettes à des hypertrophies plus ou moins irrégulières, qui pourraient, à l'extrême rigueur, rentrer dans la définition générale des adénomes; mais ces glandes, privées de conduits excréteurs, ont une structure et des fonctions tellement différentes de celles des glandes excrétoires, et les tumeurs dont elles sont le siège différent tellement sous le rapport de leurs causes et de leur constitution anatomique de celles que nous allons décrire, qu'il est impossible non-seulement de faire rentrer ces tumeurs dans la description des adénomes, mais encore de les réunir en un groupe naturel, distinct du groupe des adénomes. Il n'y a pas plus de rapprochement à établir entre les tumeurs hypertrophiques des diverses glandes sanguines, qu'entre ces mômes tumeurs et les adénomes des glandes en grappe. Ceux-ci forment, au contraire, un groupe très- naturel, qui se prête parfaitement à une description générale, et que nous nous proposons d'étudier ici.

§ I . — * GoDftidérationt uiatoniiqaes.

La structure des glandes acineuses est bien connue. Il nous parait nécessaire toutefois d'en dire ici quelques mots pour déterminer la signification des termes dont nous aurons à nous servir.

Toute glande en grappe est formée par la réunion d'un certain nombre de culs-de- sac glandulaires^ qui communiquent tous avec un appareil excréteur. Les culs-de-sac glandulaires, visibles seulement au microscope, sont des sortes d'ampoules formées d'une membrane ouparoi extrêmement mince, que tapisse intérieurement une couche d'épithélium. Celui-ci est toujours le même, à l'état normal, dans tous les culs-de-sac de la même glande, et dans toutes

les glandes du même nom, mais il varie dans les diverses glandes. Il est tantôt pavimenteux ou cellulaire^ c'est-à-dire composé de cellules à noyaux, plus ou moins polygonales et se touchant par leurs bords, comme les pièces d'un pavé, tantôt nucléaire, c'est-à-dire composé de noyaux libres, contenus dans une mince couche de matière amorphe qui les cimente mollement. Cet épithélium est le véritable épithélium glandulaire. Il est en continuité directe avec celui des conduits excréteurs, mais il en diffère souvent beaucoup : ainsi, tandis que Tépithélium des culs-de-sac est souvent nucléaire, celui des conduits excréteurs est presque toujours pavimenteux. Je passe sous silence d'autres caractères tirés de la forme, du volume et de la disposition de ces deux épithéliums. Le passage de l'un à l'autre est quelquefois brusque; le plus souvent il est graduel, et alors on peut voir, par exemple, à l'origine des conduits, les noyaux se transformer, çà et là, en petites cellules arrondies ; plus loin, tous les noyaux sont entourés d'une membrane de cellule; plus loin enfin, les cellules, plus grandes et plus étroitement juxtaposées, affectent la disposition polygonale qui caractérise Tépitbélium pavimenteux. Cette étude permet de comprendre comment, à l'état pathologique, l'épithélium nucléaire des culs-de-sac peut passer à l'état d'épithélium cellulaire^ et réciproquement.

Les culs-de-sac sont les éléments essentiels et constants communs à toutes les glandes en grappe. Leur disposition, par rapport à l'origine des conduits excréteurs, peut être également considérée comme constante. On voit, dans tous les cas, un certain nombre de culs-de sac converger vers une petite cavité centrale où ils s'ouvrent, et qui se continue avec un petit conduit excréteur rarement visible à l'œil nu, mais toujours visible sous des grossissements de vingt à trente diamètres. L'ensemble des culs-de-sac groupés autour de l'origine de ce conduit constitue une petite masse en général arrondie, visible à la loupe, souvent même visible à l'œil nu, et désignée sous le nom de grain glanduleux^ de glomérule ou de granulation glandulaire^ et enfin d*acinu8. Chaque acinus a donc un conduit excréteur unique^ que nous appellerons conduit acinaire, et qui, dans les glandes composées de plusieurs acini, ne tarde pas à se réunir par convergence avec ses voisins pour constituer un conduit plus volumineux. Celui-ci s'unit à son tour avec d'aulres conduits, et de ces convergences successives résultent des conduits de plus en plus volumineux.

Les glandes en grappe formées d'un seul acinus sont dites simples. Telles sont les glandes sébacées. Les autres sont plus ou moins

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