‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 90 sur 103 · II · texte numérisé non relu

II

en est qui, avant de se décomposer en lobules, se subdivisent en lobes secondaires ; il en est d'autres qui ne présentent pas cette subdivision, et ceux-là sont quelquefois plus gros que les lobes subdivisés. Jamais, ni dans la même glande, ni dans deux glandes congénères du môme individu, ni dans deux glandes provenant d'individus différents, on ne trouve deux lobes exactement pareils. Les lobes ne sont pas même des parties circonscrites: les sillons •qui les séparent ne s'étendent pas jusqu'à leur base^ qui se confond avec celle des lobes voisins; l'enveloppe commune de la glande pénètre jusqu'au fond de ces sillons, mais ne va pas au delà. L'anatomiste qui réussirait à isoler entièrement un lobe de la mamelle avec son conduit galactophore, sans entamer les lobules des lobes voisins, ferait un chef-d'œuvre de dissection. Le lobule, au contraire, est naturellement et parfaitement circonscrit par la membrane qui l'entoure, et qui se prolonge jusque sur son petit conduit excréteur, et on peut aisément, avec une aiguille à disséquer, le séparer des lobules adjacents. Tandis que le lobule est un groupe régulier et flxe^ les lobes sont des assemblages variables qui échappent aux descriptions méthodiques, à moins qu'ils ne soient, comme «eux de la prostate, séparés les uns des autres par des organes étrangers à la glande. Lorsqu'on analyse par la dissection une :glande compliquée, le premier composé défini que l'on rencontre ■est le lobule. La structure de la glande se ramène à celle du lobule. En allant du simple au composé, on trouve d'abord le cul-de-sac, j>uis l'acinus, puis le lobule, trois unités d'espèces différentes; mais les lobes grands ou petits, entiers ou subdivisés, ne constituent pas •un quatrième système; ce ne sont, comme la glande elle-même, •que des nombres plus ou moins grands, dont le lobule est Tunité. J'ai dû préciser le sens du mot lobule, afin d'être compris lorsque je dirai que les adénomes sont le plus souvent limités à un seul lobule. Pour n'avoir pas tout d'abord déterminé l'acception de ce mot, plusieurs ont méconnu le siège ordinaire des adénomes, quel- «ques-uns môme en ont méconnu la nature. En entendant dire que l'adénome était l'hypertrophie d'un lobule, ils ont cru que ce lobule n'était qu'un lobe plus petit que les grands lobes, par exemple un lobe gros comme une amande ou au moins comme une noisette; ils en ont conclu logiquement qu'un district glandulaire aussi étendu devait, à l'état d'hypertrophie comme à l'état normal, faire •corps avec la glande, car un lobe, quelque petit qu'il soit, se confond toujours par sa base avec les lobes adjacents. Or, les adénomes •de la mamelle, qui sont les plus communs et les mieux conoas.

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