‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 93 sur 103 · TRAITEMENT. — COMPRESSION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT. — COMPRESSION

lamineux et déjà réduit par la compression, se résoudre enlièrement après Tablation du bandage; inaisj*ai vu deux autres fois disparaître peu à peu, au bout de quelques mois, les derniers restes d'un adénome ramené par la compression au volume d'un haricot.

Je range dans une seconde série les cas où la compression, sans amener la résolution complète, a produit une diminution très notable et rendu la tumeur stationnaire. J'avais, en 1862, une dizaine de faits de ce genre; j'en ai depuis lors recueilli au moins quatre autres. J'ai lieu de croire que ce sont surtout les adénomes du deuxième type, avec prédominance de l'élément fibreux, qui se comportent ainsi. Il m'a paru, toutefois, que l'élément glandulaire prédominait dans un de ces cas. La tumeur, au début du traite* ment, avait le volume d'une orange; elle datait de plusieurs années et était encore en voie d'accroissement. L'embonpoint de *la malade, qui était une demoiselle de 40 ans, rendit fort difficile l'application du bandage. Néanmoins la tumeur diminua assez rapide* ment; au bout d'un mois elle était réduite au volume d*un œuf de poule; le mois suivant elle ne fit aucun progrès vers la guérison ; le traitement fut alors abandonné, mais la tumeur, depuis quatorze ans, est restée stationnaire sous le volume auquel la compression l'a réduite.

Chez une dame qui avait, dans le sein gauche, trois tumeurs, dont la plus grosse avait le volume d'un œuf, une tumeur a disparu ; la seconde est réduite au volume d'une petite noix ; la troisième n'est pas plus grosse qu'une noisette. Gel état persistait depuis cinq ans, lorsque j'ai vu la malade pour la dernière fois.

Je n'ai pas suivi aussi longtemps toutes les malades chez les* quelles la tumeur a ainsi été réduite à un petit volume par l'action du bandage ; mais je n'ai rangé dans cette catégorie que celles que j'ai revues ou dont j'ai eu des nouvelles au moins six mois après la suppression de la compression.

Parmi ces inalades, il en est plusieurs qui ne conservent dans le sein qu'un petit nodule engorgé, dur, indolent, gros comme un haricot ou même comme un pois, qu'on ne découvre qu*en palpant la glande avec attention. Cet état, qui persiste chez elles depuis plusieurs années, peut être considéré comme équivalant à une guérison complète. On peut même, sans exagération, considérer comme guéries les femmes qui conservent une tumeur plus volumineuse, mais beaucoup moindre qu'avant le traitement et devenue stationnaire.

Je dois ajouter pourtant que cette amélioration n'est pas toujours

déQnilive. J'ai traité à l'Hôtel-Dieu, en 1854, une femme de 45 ans, pour un adénome dur, bien circonscrit et gros comme une petite pomme, qui fut réduit, en quelques semaines, à la moitié de son volume primitif. La malade refusa de continuer le traitement cl sortit de Thôpital ; mais elle revint me voir six mois après, dans un état semblable à celui oîi elle était avant la compression. Elle refusa de se soumettre de nouveau au même traitement. Je l'opérai et constatai que sa tumeur était un adénome avec prédominance du tissu fibreux.

J'ai lieu de croire que la compression a beaucoup plus de prise sur l'élément glandulaire des adénomes que sur leur élément fibreux. Le petit nodule qui persiste si souvent après une résolution presque complète, est en général très-dur et parait constitué principalement, peut-être exclusivement, par le stroma fibreux de l'adénôme.

Enûn, dans une troisième série de cas, dont je ne puis préciser le nombre, mais qui sont beaucoup moins nombreux que les précédents, la compression a été sans efOcacité ou n'a produit que des résultats tout à fait passagers. Je dois dire que la plupart des malades de cette catégorie ont manqué de persévérance. La compression produit toujours, au moins pendant la première semaine, une gêne-assez notable de la respiration; quelques malades en ont le sommeil troublé, et, lorsque les résultats du traitement ne sont pas bien manifestes au bout de huit ou dix jours, elles se découragent et refusent de continuer le traitement; mais je suis loin d'attribuer à cette cause tous les insuccès de la compression. Il m'est arrivé deux fois de renoncer de moi-même au traitement après en avoir constaté l'ioefûcacité. Dans ces deux cas, la tumeur s'affaissa d'abord d'une manière notable pendant la première semaine; puis la résolution ne fit aucun progrès ultérieur, et lorsque, au bout de trois à quatre semaines, je supprimai la compression, les tumeurs revinrent promptement à leur volume primitif. J'ai opéré l'une de ces malades, qui avait un adénome du deuxième type. J'ai perdu l'autre de vue.

Les faits que je viens de résumer permettent, je pense, d'établir en principe que les adénomes mammaires, de petit et de moyen volume, doivent être traités par la compression, attendu que cette méthode est presque toujours efficace, souvent tout à fait curative, et, en tout cas, exempte d'inconvénients sérieux. Le seul reproche qu'on puisse lui faire, est d'imposer aux malades, au moins pendant les premiers jours, une gêne assez notable ; mais cet inconvc-

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