‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 95 sur 103 · TRAITEMENT. — OPÉRATION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT. — OPÉRATION

On doit enlever aussi les adénomes des lèvres et de la face interne de la joue. Enfin, ceux de la parotide constituent une difformité choquante, et il est indiqué de les opérer le plus tôt possible, parce que la gravité d'une opération pratiquée sur la parotide augmente beaucoup lorsque la tumeur s'accroît seulement un peu.

Mais les adénomes du sein d'un volume médiocre (et ce sont les plus nombreux), ne doivent être opérés que lorsqu'ils s'accroissent d'une manière inquiétante. Ceux qui sont stationnaires doivent être laissés en place. Ils n'occasionnent ni gône, ni difformité, ni douleur. On sait qu*ils peuvent rester dans cet état pendant toute la vie. Pourquoi donc les opérerait-on? Si la tumeur, à une époque quelconque, commence à faire des progrès, il sera temps de l'enlever par une opération toujours facile et relativement légère. Quant aux adénomes qui sont actuellement en voie de progrès, et qui surtout paraissent se ramollir, il est indiqué de les enlever le plus tôt possible. Ceux qui ont acquis une grosseur considérable néces* sitent une opération nécessairement assez sérieuse ; mais c'est alors surtout que le chirurgien doit opérer sans hésitation, parce que la tumeur est au nombre de celles qui menacent de s'ulcérer et de déterminer de fâcheux accidents. ,

Je considère l'écoulement de sang par le mamelon, et l'apparition de douleurs permanentes dans la tumeur, comme l'indice d'une altération intérieure qui annonce le prochain accroissement do ladénôme. Je pense donc que les adénomes qui présentent ces symptômes doivent être opérés sans retard. On doit enlever également les petits adénomes compliqués de névralgie mammaire ; j'ai guéri plusieurs de ces adénomes par la compression, et j'ai du même coup fait disparaître la névralgie. Mais si la douleur avait persisté sous le bandage, j'aurais promptement pratiqué l'opération. Je traiterai particulièrement de ces cas dans le chapitre suivant.

Je ne décrirai pas le manuel opératoire, qui varie dans les diverses régions, et qui est assez délicat lorsque l'adénome occupe la parotide, à cause du danger de la section du nerf facial, et aussi à cause du voisinage de la carotide externe. Les préceptes relatifs aux opérations spéciales ne sauraient trouver place ici. Je me bornerai à dire que, l'adénome étant une tumeur très-circonscrite, et n'ayant aucune tendance à récidiver par lui-même^ on doit se borner à l'enlever sans empiéter sur les parties voisines. Les adénomes du voile du palais s'énucléent avec une facilité extrême ; une simple incision sur la muqueuse, et une légère traction avec des pinces 8afO$ent le plus souvent pour détacher la tumeur.

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