TRAITEMENT DES ÂDËP^OMES IRRITABLES
chez laquelle on vit disparaître la névralgie et diminuer la tumeur peu de jours après une fracture de c6te qui avait nécessité Tapplication d'un bandage roulé autour de la poitrine. Ce fait est bon à rappeler; mais on a vu que le chirurgien n'avait pas même soupçonné que son bandage compressif eût exercé quelque influence sur la marche de la maladie .
J'ai lieu de croire que M. Rufz est le premier praticien qui ait eu recours sciemment à la compression, dans le cas de tumeur irritable. Il a appliqué deux fois cette méthode avec un succès qui n'a été que temporaire. La première malade, âgée de dix-sept ans, avait déjà, depuis dix mois, essayé inutilement toutes sortes de remèdes, lorsqu'il la décida à se soumettre à la compression. Au bout de six semaines, les douleurs disparurent, le sein devint plus souple; la malade, paraissant entièrement guérie, retourna chez elle; mais M. Rufz apprit ultérieurement que les douleurs avaient reparu an bout de deux mois (1). La seconde malade était celle dont j'ai déjà parlé, et qui était atteinte d'un kyste uniloculaire de la mamelle. On avait déjà appliqué trois cents sangsues et toutes sortes de remèdes, lorsque M. Rufz fut consulté. Cette fois, la compression, appliquée pendant un mois seulement, fit entièrement disparaître la douleur, qui ne revint qu'au bout de dix-huit mois (2). Les kystes n'étant pas de nature à se résoudre sous l'influence de la compression, il n'est pas étonnant que la tumeur ait persisté et que de nouveaux accidents se soient manifestés à une époque ultérieure. Il est probable que cette récidive aurait pu être traitée par le même moyen et avec le même succès que la première névralgie; mais on n'en fit pas la tentative, et j'ai déjà dit que le chirurgien eut recours avec succès à l'opération sanglante.
Je ne connaissais pas encore ces trois faits lorsque j'eus pour la première fois, en 4855, l'occasion de traiter une tumeur irritable de la mamelle. La tumeur étant évidemment un adénome, je pensai que la compression, dont j'avais déjà éprouvé l'efficacité dans les cas d'adénome simple, pourrait amener, avec la résolution de la tumeur^ la cessation des douleurs. J'obtins un succès immédiat très-satisfbisant ; mais la malade ayant quitté l'hêpital et ne m'ayant t>lus donné de ses nouvelles, le résultat définitif est resté inconnu. Depuis lors, j'ai traité de la même manière quatre autres cas d'adénomes irritables, et ces quatre malades ont été entièrement déli-
(1) Archive» générales, 1843, Bérie iv, t m, p. 75.
(2) Rufs, /oc. ctï., p. 8}. Voyei plui haut, p. 489.