II
vrécs de leur névralgie, quoique chez deux d'entre elles un petit noyau d'engorgement dur et indolent, dernier vestige de Tadénôme, ait persisté dans la mamelle. Dans Tun de ces cas, la tumeur était tellement irritable, et la malade éprouvait de telles douleurs au moindre attouchement, que je crus devoir recourir à l'inhalation du chloroforme pour l'application du premier bandage. Je n'insisterai pas plus longtemps sur ces observations, que j*ai publiées m extenso dans un mémoire spécial (i), à l'exception toutefois de la dernière, qui ne date que du mois de mai 1867. Dans ce dernier cas, l'adénome a été réduit, en six semaines, du volume d'une noix à celui d'une très-petite noisette. Les douleurs, notablement atténuées dès la première semaine, se sont éteintes au bout d'un mois, et elles n'avaient pas reparu en janvier 1868, époque où j'ai eu pour la dernière fois des nouvelles de la malade.
Je ne prétends pas que la compression doive toujours réussir aussi bien. Je puis avoir rencontré une série heureuse ; et d'ailleurs je n'ai eu à traiter que des cas où l'affection était peu ancienne , puisque chez aucune de mes malades elle ne datait de plus de deux ans. Les cas invétérés seraient peut-être plus rebelles ; c'est ce que l'expérience nous apprendra plus tard. Quoi qu'il en soit, il me semble bien établi qu'il est toujours indiqué de recourir avec persévérance à la compression avant de se décider à traiter les adénomes irritables par l'opération sanglante. Quant aux tumeurs mammaires irritables qui ne sont pas des adénomes, et il y en a beaucoup, sans aucun doute, la compression ne pourra probablement pas les guérir aussi bien, et on a vu effectivement que je n'ai pu réussir par ce moyen, dans un cas où le gonflement du sein m'a paru la conséquence d'une congestion générale de la glande. Il me parait probable néanmoins que la compression méthodique est de nature à déterminer l'atrophie des parties qui sont le point de départ de l'irritation, et à diminuer la sensibilité de la glande. Je n'hésiterais donc pas à en faire l'essai, alors même que je n'espérerais pas obtenir la résolution de la tumeur.
Si la compression échoue, on est autorisé, je pense, & proposer l'extirpation de la tumeur, car les autres moyens qui ont été proposés sont peu efficaces. Je ne parle pas des calmants locaux ou généraux qui ne sont que des palliatifs tout à fait insuffisants. Les vésicatoires volants préconisés par Velpeau, les saignées locales.
(I) Broca, Sur le traitement des adénomes et des tumeurs irritables de in mamelk par ia compressiantûuu Bulletin de thérapeutique ^ 1S62, t. LXIi, p. 309 et 24S*