INTRODUCTION. XIII
et c'est la cause principale des erreurs d'appréciation qu'on lui a reprochées.
Il y avait donc, dans sa doctrine, des imperfections de détail qui ont donné prise à des objections sérieuses. Mais ces objections ne sont que partielles, comme les erreurs auxquelles elles s'adressent, et la doctrine elle-même se maintient dans ses parties les plus essentielles.
Ce qui n'a pas peu contribué à entretenir les discussions auxquelles je viens de faire allusion, c'est l'idée inexacte que de part et d'autre on s'est faite de la valeur et de la signification des distinctions spécifiques. On a raisonné et discuté comme si les espèces de tumeurs constituaient ou devaient constituer autant de groupes séparés les uns des autres par des lignes de démarcation infranchissables. C'est là en eflTet le sens que la plupart des naturalistes attachent au mot espèce^ et, en appliquant cette notion à la classification des tumeurs, on a accepté bien à tort, suivant moi , comme point de départ de la discussion, que deux sortes de tumeurs reliées les unes aux autres par une suite plus ou moins continue de formes intermédiaires, ou par une certaine liaison d'hérédité, pouvaient constituer des variétés d'une espèce, mais ne pouvaient en aucun cas constituer deux espèces distinctes.
C'est ainsi, par exemple, que l'existence de certaines tumeurs de la peau ou des muqueuses composées de cellules dont les formes indécises offrent quelques-uns des caractères des éléments cancéreux, tout en conservant quelques-uns des caractères des éléments épithéliaux, a été considérée comme une preuve de ridentité de l'épithéliôme et du cancer.
C'est ainsi encore que certains cas d'épithéliômes et de cancers, observés chez de très-proches parents, ont été invoqués à l'appui de la même opinion.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter la valeur de ces exemples particuliers, qui ont été admis avec trop de facilité par les uns, repoussés peut-être par les autres avec trop de ténacité. Je les cite seulement pour faire comprendre ma pensée, et j'ajoute qu'à défaut de ceux-là on en trouverait aisément d'autres. Mais les faits