‹ Traité des tumeursChapitre 9 sur 140 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

tien clinique, les divisions et les distinctions établies par l'analyse microscopique.

Si Ton songe qu'il y a vingt ans, époque où il fit cette difficile entreprise, plusieurs espèces de tumeurs, aujourd'hui bien connues, n'avaient pas encore été découvertes, si l'on songe en outre qu'il faut souvent plusieurs années pour suivre sur un seul malade l'évolution d'une tumeur, que certaines récidives par exemple s'effectuent seulement au bout de dix ans et plus, si l'on songe enfin que l'induction la plus logique ne peut jamais suppléer aux lacunes de l'observation directe, on reconnaîtra que M. Lebert a dû nécessairement commettre quelques erreurs, et l'on pourra même s'étonner qu'il n'en ait pas commis un plus grand nombre.

Il partait de ce principe parfaitement positif, que deux tumeurs dont l'élément fondamental est différent, ne peuvent être le résultat du même travail pathologique, et qu'elles ne sont pas de même espèce.

En outre, ayant constaté que dans beaucoup de cas des dififé^ rences de structure anatomique coïncidaient avec des différences de propriétés bien manifestes, il admit qu'il devait y avoir toujours une certaine corrélation entre les caractères cliniques et les caractères anatomiques. Ici encore je pense qu'il était dans le vrai, et j'espère le démontrer dans le cours de cet ouvrage.

Mais il crut pouvoir aller plus loin, et l'étude d'un certain nombre de cas fort bien observés le conduisit à admettre qu'il devait y avoir entre les diverses espèces de tumeurs des différences cliniques à peu près proportionnelles à la différence de leurs éléments; qu'en d'autres termes, l'étude anatomique d'une espèce de tumeur permettait non-seulement de la caractériser, mais encore d'en apprécier approximativement le degré de gravité.

Or, cette proposition ne peut être admise dans sa généralité. Bien que fondée sur beaucoup de faits réels, elle est démentie par un certain nombre d'observations tout aussi positives. C'est qu'en effet la grarvité d'une tumeur ne dépend pas seulement de sa structure, de sorte qu'il ne peut pas y avoir de rapport rigoureux et constant entre ces deux choses. M. Lebert, je me hâte de le dire, n'a jamais pensé que ce rapport fût rigoureux; mais il a accordé trop de confiance aux inductions que l'on peut en tirer.

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