XIV INTRODUCTION
de ce genre sont très-rares, eu égard au nombre immense de ceux qui rentrent nettement dans un groupe bien déterminé, et cela seul suffit pour montrer la nécessité de consacrer une description spéciale à chacun des groupes reconnus, sans s'inquiéter, des cais intermédiaires qui établissent les transitions et les nuances.
Si l'on procédait autrement, on devrait presque renoncer à décrire non-seulement les tumeurs, mais encore la plus grande partie des choses de la nature. Toutes ces choses, en effet, se tiennent et s'enchaînent de si près, que les cas où les délimitations sont brusques et tranchées sont vraiment exceptionnels. Pour arriver à connaître ou à décrire deux groupes voisins, qu'on les nomme genres, espèces, ou variétés, on doit considérer d'abord des tj-pes abstraits, que l'on forme en réunissant les caractères de chaque groupe, et en prenant chacun de ces caractères à son degré moyen de développement. C'est ainsi qu'on établit les divisions. Après quoi Ton cherche les modifications que ces types peuvent présenter dans certains cas particuliers^ par suite du développement excessif ou de l'amoindrissement exagéré de tels ou tels caractères ; de la sorte, l'étude des analogies succède à celle des différences, et c'est ainsi qu'on établit la série.
Eh bien, cette distribution sériaire, que les naturalistes ont reconnue dans les êtres qui composent le monde organisé, et qui est tout à fait indépendante des hypothèses relatives à l'origine des espèces, cette distribution sériaire, que les deux Geoffroy Saint-Hilaire ont constatée également dans les anomalies de l'organisation, elle se retrouve, tout aussi évidente, dans les éléments ou les tissus accidentels qui sont le résultat des troubles de nutrition; c'est même là qu'elle est le plus manifeste, et certes, il n'y a pas lieu de s'en étonner ; car il est bien naturel que les productions normales aient plus de fixité, ou, si l'on veut, moins de variabilité dans les formes que les productions pathologiques.
Il faut donc s'attendre à trouver entre les divers groupes de [iroductions accidentelles les liaisons plus étroites, les transitions plus suivies, les lignes de démarcation plus confuses, que celles que l'histoire naturelle nous a habitués à trouver entre les espèces les plus voisines.
Il s'agit maintenant de savoir si des groupes qui ne sont pas