HISTORIQUE. — MAYOR
f mon procédé el le mojca employé par le docteur allemand » (il Pour nous, qui jugeoos plus troi dément les choses, nous n^adres* serons à Bnuminghausen qu un seul reproche, c*est d'avoir cru que rextirpation des tumeurs par la ligature était mm méthode nouvelle. Bii lui, ni Mayor» ni aucun chirurgien de ce si^icle ne peut en réélu* nier la paternilé. Par un incroyable oubli du passé, une méthode décrile dans les plus anciens Irai tés de chirurgie, petTectionnéc et variée de mgt manières, avec tous ses procédés et ses sous-procédés, une méthode appliquée dans les cas les pluâ divers par des opérateurs célèbres, à laide d'instruments nombreux qui sont représentés dans leurs écrits, a pu passer, ily a une quarantaine d'années, pour une conquête moderne 1 Pendant que tes Allemands réclamaient pour Bruoninghausen la priorilé de Tinvention, les Anglais faisaient valoir les prétendus droits de White qui, dès 1818, avait communiqué à %V a rdrop lobse nation d'une tumeur érectile de Tépaule, liée par tranâlîxion, ou de John Bell qui* dans son ouvrage posthume, écrit h une époque indéterminée, el publié en 18i6, avait mentionné ce même procédé de transfîxion, comme pouvant guérir les «anéfrysmes par anastomose n (3) ; et les Français, à leur tour, dans lenr louable patriotisme, affirmaient que Marc-Antoine Petit, eu 1791, avait lié avec succès une tumeur érectile du menton (3). Ces discuisions eurent du moins l'avantage d'attirer ratlenlion des praticienssur laiiiélhodede la ligature en masse, de leur taire eonnat- Ire celle ressource opératoire, dont quelques-uns ont abu^é sans doute, mais qui a cependant rendu de grands senices.
Maintenant, pour rendre justice h tout le monde, nous n^hésilonn pas à reconnaître que Mayor a avautageuàement modifié la ligature
{I) Utkytiff Enaiêur les ligatuns en mafse. f%r\i, IBÎfl, ïn-l, p. in-I^S.
(î) Janie* Wardrop^ Ort a Speçieit »f Na^va^ Mat^rnu^^ iJans Med.Chtr. Tranmrtirnit^ vuLlX* p. 21S. LoD^., I81Î, In-^. — Lawreace, On the Jfmtmefdùf Nifvi Ma* ifrnt by Lignfure, Diéme recueil. tiiU XIII, p. 420 (IS27|* — Wliit«, Ohittmihtm^ m ihe Surgirai Treatmtni of ihf Nm.fUft Mnfernm with Ltijafm^^ m^lmfl foluîpe. pu Hk, — Jrilin Bell, The Prmciptt^ùfSurgeqf, e<hk4 hf Ghaftc* UdL l^od , 183^,
in-n, vol m. p, km.
(àj Ce U© opéfilion fut prilîqaée h VUMélUta de Lyon ea ITOI, lunqiia M.-Anl. Peut, âg^d« î& anî, n*clill enet^re *ïuc chirurgien en second Gela #*ut pcrùicliraK d^jà 4e mppoaer que ce ii*e«i pA* t«l qmùï ta ligature^ quarnJ u^éti^e tl ne ré«u lierait pâi clairtmetil de rnbtcriraliofi que Topérritton fui t&m p«ir un autrp, qu'U n*atfïïatl pa*, et qui devait être Rry, le diirur^ïen en chef, — Voy^ Harc-AutûiDe Petit, Cotft^hm d*QUen>atimt cliniqueê ^ouvrige posttiiime, ♦ Lyon, I8IÂ, In-S, p. I6i. — Au iorplii*, la recherche du iiont de rupi^nleiir e»t olMUie, pulA'iyi te tisiUment det tuuifiir» tTcelllei par ta ligature e&t Indiqué et décrit jar Ariibr«>l*è Fui.
518 UGATtaE EN MASSE.
des tumeurs non pédiculées, en appliquant à ces tumeuffs le procédi de striction graduelle et progressive, qui avant lui avait été appliqué seulement aux tumeurs pédiculées. Le serre-nœud flexible dont il se servait à cet effet était heureusement choisi, et bien préférable à la tige rigide de Desault. C'était le serre-nœud en chapelet de Rœderick, surmonté d*un petit tourniquet qui permettait de modérer et en quelque sorte de mesurer la constriction. Mayor eut .eu outre le mérite d'appliquer pour la première fois la ligature sur une tumeur (/e la langue, II ût cette opération parla bouche, sans incision préalable, la tumeur ne dépassant pas les limites de la partie libre de la lao-' gue (i). L'année qui suivit la publication de son mémoire, il pratiqua pour la seconde fois la ligature da la langue, sur un malade du so^ vice de Lisfranc, à la Pitié. La tumeur n'occupait qu'une moitié de la langue. Cet organe fut d'abord divisé, sur la ligne médiane, par une incision longitudinale qui ne pouvait ouvrir que des vaisseaux insignifiants , et on appliqua alors aisément une ligature transversale sur It moitié de la langue qui était le siège de la tumeur (2). Quelques jouit après, M. Jules Cloquet, dans un cas analogue, mais plus grave, oA la tumeur s'étendait jusqu'à la base de la langue, imagina la ligature par le procédé sus-hyoïdien, procédé bien connu qu'il serait tmp long de décrire ici (3). Ces diverses modifications permirent de lielr un grand nombre de tumeurs de la langue qu'il eût été impmdeol d'extirper avec le bistouri, et ce fut un progrès véritable» à cette époque où l'écrasement linéaire n'était pas encore inventé.
Appliquant aux tumeurs de l'isthme du gosier un procédé analogue à celui de M. Cloquet, Blandin extirpa par la ligatore une tumeur de l'amygdale. 11 pratiqua d'abord, sur le trajet de la carotide externe, une incision parallèle au bord du sterno-mastoïdien; puis, écartant les vaisseaux avec le doigt, il plaça autour de la tumeur quatre anses de fil, dont les chefs, sortant par la plaie, furent introduits dans un serre-nœud. Cette opération hardie fut couronnée de succès (4).
Une autre fois, le môme chirurgien cerna par trois ligatures une tumeur de la partie moyenne du voile du palais (5).
Un moyen de constriction bien différent de ceux dont j'ai parlé
(1) Mayor, Mémoire sur les ligatures en masse, PtrU, 1826, in-8, p. 74.
(2) Archives générales de médecine, 1827, l. XIV, p. 611.
(3) Même volume, p. 61'^
(4) Demarquay, De la ligature du voile du palais, des amygdales et de la lan^uc^ d'après le procédé de M, Blandin, dans V Union mélicalCy 25 mars 18i8.
(5) Bulletin de thérapeutique, t. XXXf, p. 390. Paris, i84C, ln-8.