‹ Traité des tumeursChapitre 119 sur 140 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

Ta appliquée à d'autres ras, il en a m^me fait abus, mais it est innocent des amputations par écrasement liné.iire.

L*opér;i1ion de J'écrasemenl est semblable à celle de la ligature en masse jusqu'au moment où la ciiaine est placée. Lorsque la tumeur n'a pas de pédicule^ il faut lui en faire un, par des procédés divers, par Iraclion, par transfixîofï, elc* Pour attirer k l'extérieur et pédicultser les tumeurs de Texlrémité inféri ure du ret'luni, Mp Ghassaignac a fait construire une éngne particulière en forme de parapluie. Lorsque la chaîne est appliquée sur le pédicule» on fait agir rapidement la double crémaillère jusqu'à ee que le pédicule soit bien étreinte puis on commence la section par les mouvements alternatifs du levier qui fait mouvoir les crém.iiHéres, Chaque pas qu'on fait est annoncé par un bruit sec. On fait ri*abord rm pus toutes les demî-minutes, puis toutes les minutes; à mesure que hi résistance augmente on rabmiit l'opération; on porte quelqueroîs, suivant le degré de vascularité du pédicule, la durée des intervalles à deux, trois et même cinq ou six minutes, La plupart des opérations sont terminées en un quart d'heure; mais elles durent quelquefois une demi'heure, trois quarts d'tieure, une heure même. La douleur» dans un temps donné, n'est pas aussi vive que sous le bisloun, maïs il ne faut pas oublier qu'elle dure beaucoup plus longtemps; on peut d'ailleurs maintenir les malades sous le rhloroforme pendant tout ce temps» en agissant avec les précaulions usitées par les accnucbeurs. Lorsqu*on procède avec une lenteur suffisante, la perte de sang estins gnîûante, au moins dans la plupart des cas. Toutefois, sous le rapport de Thémorrhagie, la sécurité uVsl pas aussi complète qu'on l*avait d'abord espéré» Ce n'est pas seulement im mrv ment de Topera tion que le sang peut couler, mais encore quelques heures, et mf^me quelques jours après. Ainsi, un malade opéré pni M, Cbassaignac pour une tumeur bémorrhoïdaîe cul une hémorrbagie consécuïîve provo'piée sans doute parle frottement des malièrej* fécales. Somme toute, ce|iendanU la méthode de l'écrasement linéaire expose fort peu aux hémorrhagîes^ et c'est même son piincipal avantage. Quanta la pbiic elle-même, elle présente des caractères tout spéciaux. Les tissus, sciés et écrasés^ sont tassés et corn me feutrés dans une épaisseur d'environ un millimètre ; ils forment unr couche exsangue qui constitue sur les tissus subjacenls une sorte de panseuient par occlusion. Celte couche, qu'on pourrait croire inévitablement condamnée à la gangrène, ne se sphacèle point; elle fournît d'abord un léger suintement séro-purulent, puis du pus véritable; c'est sur elle que naissent les bourgeons charnus, ci eltc

^0 ÉGRASBIÉEIIT UM&URE.

fait partie de la cicatriee. M. Ghaasaignac pense que, grâce à ceilf enveloppe protectrice, la plaie expose beaucoup moins que les plaies simples à l'érysipèle, au phlegmoa diffus, à la phlébite, à rinfectioir purulente et à rhémorrhagie consécutive. Je crois que ces avantages sont réels, mais il ne faut pourtant pas les exagérer. L'immunité la plus remarquable est celle qui concerne la phlébite et l'infecUon pu> rulente. On sait combien cet aceidenl est fréquent à la suite des opérations sanglantes pratiquées sur les tumeurs veineuses. L'extirpation des tumeurs hémorrhoîdales par Tinstrumeot tranchant était une opération tellement désastreuse que tous les chirurgiens, oo peut le dire, y avaient renoncé, à cause précisément du danger de la phlébite. Depuis que M. Cbassaignac a inventé l'écrasement linéaire, un très-grand nombre de tumeurs hémorrhoîdales ont été extirpées par cette méthode, et l'infection purulente, à ma connaissance, ne s'est produite que sur un seul opéré. Je reviendrai plusloio sur ce cas qui s'est présenté dans ma pratique.

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