‹ Traité des tumeursChapitre 125 sur 140 · CAUTÉRISATION LINÉAIRE · texte numérisé non relu

CAUTÉRISATION LINÉAIRE

(c sur la partie dégénérée en cancer). Je piquai seulement avec auc (c espèce de trocart Texcroissance dans sa partie molle, presque dans c Talvéole, et dans chaque ouverture j'insinuois des t^ochisquesesca^ (( rotiques et je bouchois ensuite la plaie d'un peu d'épongé préparée. « Il arriva qu'en vingt-quatre heures les vaisseaux sanguins et les « nerfs qui se distribuoient dans l'excroissance, furent cautérisés, el (( que toute la masse se flétrit. » Le lendemain, Gendron excisa, sans douleur ni hémorrhagie, la plus grande partie de cette tumeur mortifiée ; le reste guérit en peu de jours (1). Un peu plus loin, parlant de la guérison des o éminences chancreuses qui ont la forme d'ane « dureté ulcérée, » il ajoute : c J'observe pour lors d'insinuer le « caustique entre la chair saine et la dureté (2). »

Ces passages sont parfaitement concluants, mais ils n'ont exercé aucune influence sur les travaux modernes. C'est seulement en 1837 que M. Follin les a retrouvés dans le livre oublié de Deshaies Gendron, et qu'il les a fait connaître à la Société de chirurgie; et il? avait longtemps déjà que M. Girouard, de Chartres, avait régularisé la méthode de l'extirpation par les caustiques.

Les premiers travaux de M. Girouard furent communiqués en 4816 à l'Académie, et M. Malgaigne, désigné comme rapporteur, fit connaître la méthode de ce chirurgien, en 1833, dans la 6« édition de son Manuel de médecine opératoire, p. 512. Deux ans auparavant, dans son cours de médecine opératoire, dont j'étais alors le prosecteur, il avait montré à ses nombreux auditeurs l'instrument dont M. Girouard se servait pour attaquer circulairement avec les caustiques la base des tumeurs du sein. C'était un instrument semblable à un piège à loup, formé de deux arcs métalliques qui, en se rapprochant au moyen d'un mécanisme particulier, étreignaient la tumeur à sa base. Ces arcs étaient creusés d'une rainure où l'on déposait le caustique; celui-ci agissait donc linéairement sur la peau, la pression des branches de l'arc l'empochant de fuser sur les parties voisines. La peau une fois détruite dans toute son épaisseur, on incisait l'escarre circulairement, on renouvelait le caustique dans les rainures, et on replaçait les arcs comme la première fois, jusqu'à ce que la base de la tumeur fût entièrement divisée. C'était, comme on le voit, une sorte de ligature en masse, combinée avec la cautérisation; mais la division était produite par l'action du caustique bien plus que par la pression de l'instrument constricteur.

(1) Deshaies Gendron, Recherches sur la nature et la guérison des cancers^ Paris, 1700, in- 12, p. 104-100.

(?) Loc. cit.^ p. 100.

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