‹ Traité des tumeursChapitre 126 sur 140 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

M. Girouard simplifia bienLôt son procédéj et raotiée suivante (lB5i], il vint rappliquer à Hospice Saint-Louis, où je Tai vu employer soit par lui, soit par M. Malgaigne. Au îieu de détruire la peau comme précédemment avec le chlorure de zinCj qui n*agil pas sur cette membrane saine^ sans le secours d'une compression permanente el assez forte, et qui d'ailleurs n'opère la destruction du derme qu'en trois ou quatre heures^ M* Girouard se servait alors de la pâle de Vienne, caustique Huidiflant, qui donnerait des hémorrbagics m on rappliquait directement sur les parties profondes, mais qui n'en donne pas lorsqu'on rapplique sur la pt^au. L'action de ce caustique est prompte, elle s'effectue en un quart d'heure, sous les jeuit du chirurgien; celui-ci peut donc disposera la base de la tumeur un collier étroit de pâte de Vienne, et en surveiller Inaction jusqu*à ce que la peau soi L entièrement escharîûée. Lorsque Tcschare était produite, M. Girouard Tincisait dans toute sa longueur, et il en résultait une rainure dans laquelle il introduisait des lanières de eblorure de zinc. Chaque Jour la rainure, de plus en plus profonde, recevait de nouvelles lanières de ce caustique, et des tumeurs volumineuses se détachaient ainsi complétentent en sept h huit jours sans le moindre suintement de sang.

Ce nouveau procédé de cautérisation fut décrit par M* Girouard dans un mémoire lu le S3 septembre !833 à TAssocialion médicale de TEure, et reproduit quelques mois plus tard dans la Revue médico chirurgkali (I).

Au mois de juin 1B55, époque où M. FoUin consacra à Tétude de cette méthode un intéressant article, M. Girouard avait déjà extirpé par ta caulérisatiou quarante-quatre tumeurs du sein et trenle-neuf tumeurs des autres régions du corps (i).

Cependant deux autres chirurgiens de Chartres, MM, Maunoury et Salmon, s'occupaient de perfectionner Tapplication de la méthode de leur compatriote. Us faisaient fabriquer des caustiques assez durs pour être enfoncés par pression dans les tissus; M. Maunour}' montra à la Société decbirurgie^ en 1851, des caustiques au chlorure de linc, incorporés avec de la gutta-percha. On en faisait da cAa>i//e5, deicloui catiêliqueij qu'on pouvait pousser dans Tépaisseur du tissu conjonctif, et m^me di*ns l'épaisseur des muscles. M- Girouard, dans plusieurs de ses observations , dit expressément qu'il avait ainsi enfoncé des chevilles de chlorure de zinc sous les tumeurs. On lit

(i) Btime mêditû-thirurgimie de Mai^ttifne, jion IS&t, I, X\% p, îî-3«î. (î| Fuîlio, Théraptfttiqut du âiftcfff , dant Arch. gén. dt mék^in^, 1SS4, M wîrle, t. V, p. 732*710.

532 CAUTÉRISATION UNÉAIRE.

dans la Revue médico-chirurgicale^ qu*il fil tomber en quarante-hoit heures une tumeur du sein de quatre vingts cenitmètres de circonférence. « Ayant cerné la base du sein avec du caustique de Vienne, «je pénétrai jusqu'aux muscles thoraciques ; glissant alors la pâte « de chlorure de zinc d'un millimètre d^épsiisseur par-deuous la tu- (' nevr à plusieurs reprises, je ils une eschare linéaire pour disse- « quer et séparer le sein avec le bistouri, sans occasionner ni don- <( leur ni hémorrhagie. En quarante-huit heures l'opération fut c terminée ; il ne survint que peu de réaction ; la malade ne garda « que deux jours le lit. La tumeur pesait deux kilogrammes neuf t cents grammes (environ six li\Tes)(i). »

Allant plus loin que M. Girouard lui-même, MM. Maunoury etSal* mon osèrent pratiquer deux amputations par la méthode de la cautérisation linéaire. M. Salmon lut à la Société de chirurgie, le 21 mai 1850, un travail sur ce sujet (2), et M. Chassaignac, rapporteur de la Commission chargée d'examiner ce travail, fit avec succès une ampûUition sus-malléolaire sur une femme qui fut présentée, le 3 juin 1857, à la Société de chirurgie (3). Celle-ci ne put donc pas dissimuler sa surprise, lorsque M. Maisonneuve, au mois de novembre 1857, vint lui présenter, comme une méthode nouvelle, la méthode de M. Girouard, à peine modiûée. Le procédé était autre, mais la méthode était la même ; l'exécution était différente, mais non le principe. 11 s'agissait toujours en effet de détruire par la cautérisation les connexions de la tumeur, sans cautériser la tumeur elle-mûuie.

M. Maisonneuve pratique à la base de la tumeur, avec un bistouri aigu, plusieurs ponctions dont la profondeur est proportionnelle à l'épaisseur de cette base. En retirant le bistouri il enfonce dans ces plaies saignantes de petits bâtons de caustique de zinc qu'il ne désigne plus sous le nom de clous, ni de chevilles, mais sous le nom

{l) Revue méJicixhiruryicale, 1854, t. XV, p. 28.

(2) Buii. de la Soc. de chirurgie, 18S6, t. V, p. 528. Ce U-avall a été pubUé en plusieuri arllcles dans l'Union médicale : Salmon et Maunoury^ Études sur les ampuialious faites au moyen des caustiques^ etc., dans V Union médicale, sepiembrt et octobre I8j6. Les auteurs avaient di^à pratiqué avec succès Tamputatlun du bras et celle de Tavant-bras. Bieutût ils pratiquèrent avec succès Tamputaiion sonstrocbantéiienne de la cuisse pour un cancer du fémur et publièrent un second mémoire sur ce sujet dans la Gazette hebdomadaire {19 décembre 1856). Ëoflo, dans un j4>isième mémoire publié en juillet et août 1857, dans V Union médicale, iilrurgli'ns firent connaître les résultats d une quatrième amputaUon par ques; mais cette fuis l'opéré était mort d'iiémorrliagie le treixième Jour. Il l'une amputation au Uers supérieur de l'avant bras. de la Soc. de chirurgie, 1867, t. VI!, p. 520.

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