PROCÉDÉ DES FLÈCHES
de fléchi. De là le nom de caulérisalioa en Oèches qu'il a donné à son procédé* On y a déjà reconnu s^ins doute le procédé décrit par Desbaies Gendron en nOO, mais ji est parrailemcnl cerlain que M. Maisonneuve, comme nous lous, ignorait ce précédent. L'opéralion une fois terminée, on n*a plus rien à faire jusqu'à la chute de la tumeur, qui s*elïecluc spontanément, au bout d'une dizaine de jours, par UD trav^'til d'élimination. Ce procédé a» sur celui de Oirouard, l'avantage d'être d'une exécution prompte» PeuL-ôlre néaumoins estil plus douloureux, car personne n'ignore que la douleur produite par le chlorure de zinc est une pn'ncipalemint à la destruction de la peau; cette douleur dure au moins six heures, quelquefois vingtquatre* Dans le procédé de M, Girouard, la peau est détruite en dix ou quinze minutes par la pâle de Vienne, qui ne provoque qu'une douleur Irés-modérée; la cautérisation des parties profondes se fait avec le chlorure de zinc et dure plusieurs jours; mais, comme ce caustique n*agitjamaissurla peau, son action n*eîît pas exlrOmement douloureuse. Dans le procédé de M, Maisonneuve, c'e^tle caustique de zinc qui détruit la peau, el il en résulte des douleurs tellement vives pendcint la première journée, qu'un malade dont M. Follin a ci lé rhistoire à la Société de chirurgie, s'enfuit un jour de l'hôpital de M. Maisonneuve n avec des flèches dans le dos. »
Au surplus, le reproche de provoquer une douleur vive et prolongée, est applicable à la plupart des procédés di* cautérisation. Ce n'est donc pas un argument qu*on puisse invoquer contre le procédé des flèches. M. Maisonneuve, qui le manie avec beaucoup d'habileté, a réussi à fil ire tomber sans accidents dans beaucoup tJe cas des tumeurs volumineuses, situées même dans des régions où, au premier abord, il semble difficile de placer des caustiques avec sécurité; c'est ainsi qu'il a, sans accidents immédiats^ fait tomber une tumeur de Tamygdale, Mais il ne faut pas croire que ce procédé soit égal à celui de M, Girouard sous le rapport de la sécurité. M, Girouard suit pas à pas son caustique, el ne cautérise que ce qu'il veut; il ne risque pas de s'égarer; M. Maisonneuve enfonce son caustique du premier coup, avec le bistouri. Il sait bien où s'arrête son bistouri, mais il ne sait pas jusqu'où s*étendra sou eschare. Ai^isi, une fois le caustique atteignit el détruisit l'artère rémorale, qui ne dontia pas d'hémorrhagie, niais que le chirurgien certainement ne se proposait pas de cautériser. Une autre fois, dans un cas de tumeur du sein, une flèche pénétra dans la poitrine et perfora la plèvre, qui fut ouverte à la chute de l'eschare; il est bien certain que M. Maisonneuve n*avait pas directement perforé cette membrane, c'était le
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caustique qui avait pénétré jusque-là (1). Une autre femme opérée par M. Bauchet de la même manière» mourut au bout de huit jours avec une perforation de la plèvre assez large pour laisser passer le bout du doigt (i). Il est clair par conséquent que le procédé de M. Maisonneuve ne doit être appliqué que dans les cas où la base de la tumeur est très-éloignée de tout organe important; dans toute autre circonstance, le seul procédé de cautérisation circulaire qui offre quelque sécurité est celui de H. Girouard.
Nous n'avons pas besoin de nous occuper de nouveau ici de Tétode des plaies qui résultent de la cautérisation circulaire. Au point de vue des accidents tels que Thémorrhagie, l'érysipèle, la phlébite, ces plaies sont identiquement les mêmes que celles qui succèdent à la chute de Teschare dans la cautérisation en nappe. Nous en avons déjà parlé précédemment.
(1) BuU, de la Soe. de chirurgie, 18 nov. 1867, t. VUl, p. 170.
(2) Ibid.y déc. 18&8, t. IX, p. 333.