RÉSULTATS DÉFINITIFS
En résumé» sous le rapport des su i les immédkles de ropéralion, la méthode sanglante, comparée à ses rivales, offre quelques avantages précieux, et des inconvénients qu'on a eu tort d'exagérer, mais qu*on aurait tort de méconnaître. Elle permet seule d'obtenir une réunion par première intention, c'est-à-dire une guérison complète en quatre ou cinq jours; mais cette réunion est incertaine, et lorsqu'elle échoue, la réaction inflammatoire est ordinairement plus intense qu'elle ne Test après plusieurs autres méttiodes. Celles-ci paraissent en outre diminuer les chances de Térysipéle; elles diminuent certainement celles de rinfection purulente; mais il ne faut pas perdre de vue que ce dernier accident est excessivement rare à la suite des opéralions sanglantes pratiquées pour enlever les lumeurs des parties molles, exception faite de celles dont la hase repose sur un lacis veineux très-dévvloppé; la supériorité des méthodes non sanglantes ne se niani Teste donc, sous ce rapport, que dans quelques cas particuliers parfaitement déterminés. Enfin, sous le rapport de rhémorrha^ie consécutive, la méthode sanglante n'est inféneure à aucune autre.
L'étude des rémitati définitifs donne un avantage marqué à la méthode sanglante, soit que Ton considère le rétahlissement des formes et des fonctions de la région opérée, soit que Ton considère révenlualité des récidives,
La méthode sanglante permet de conserver les téguments qui recouvrent un grand nombre de tumeurs, et de respecter autiinl que possible les organes adjacents» Si Ton e^l obligé de sacrifier une partie de la peau, on peut encore, le plus souvent, rapprocher les bords de la plaie; et quand la perle de substance est plus étendue^ on possède presque toujours la ressource de Fa ntoplastie. Que la réunion par première intention réussisse, on qu'elle échoue, on ohtienl le plus souvent, par la réunion secondaire, une cicatrice étroite, flexible, et presque linéaire* Le tissu de ces cicatrices ne possède qu'une faible tendance h la rétraction* Entin, le chirurgien peut donner à ses incisions une direction calculée de manière à rendre lacieatriceaussi peu gênante et aussi peu apparente que possible. Cesavaniâges ne se retrouvent pas dans tes méthodes non sanglantes. Cetles^i produisent une mutilation plus étendue, laissent une plaie plate et large qu'on ne peut réunir ni en totalité ni en partie; la cicatrice a dans Tontine la même largeur que la plaie; plus tard, elle tend & se réiréeir par la rétraction de son tisso; mais cette rétraction, souvent irrégulière, que le chirurgien ne peut ni modérer ni diriger, donne ^tUlquéToîs lieu à des infirmités et à des difformités très-fâcheuse«*
Ainsi, Tablation des tumeurs hémorrholdales par l'écrasement linéaire a été suivie plus d'une fois de rélrécissement du rectum. La destruction des tumeurs de la face par les caustiques dévie fréquemment les commissures labiales, les ailes du nez, et surtout les paupières inférieures; c'est une cause bien connue d'ectropion, et on sait que cette déviation n'est pas une simple difformité, qu'elle expose les opérés à une ophlbalmie chronique et à la i>erte de l'onl, qu'enfin on n'y peut remédier que par une opération antoplastique. C'est un argument très-puissant contre la cautérisation des épilbéliOmes de la joue et des paupières, lorsque ces tumeurs ont une €e^ taine étendue, à moins qu'elles ne soient tout à fait superficielles. La plupart des inconvénients consécutifs que nous signalons disparaissent lorsque les tumeurs existent dans des cavités muqueuses, comme les tumeurs de la langue, du pharynx, du col utérin, et il se troure, par une coïncidence heureuse, que la plupart de ces tumeurs sont précisément celles qui se prêtent le mieux, sous les autres rapports, à l'application des méthodes non sanglantes.
Un mot enfin sur Téventualilé des récidives. Les récidives par répullulation, dépendant d'une diathèse générale ou d'une diatbëse partielle, doivent évidemment être mises de côté. Aucune méthode opératoire ne peut avoir la prétention d'exercer sur elles la moindre influence; c'est par ignorance, et surtout par mauvaise foi, que certains empiriques ont pu raconter que leur caustique favori empêchait les récidives. Mais il est clair que les récidives par continaition, étant dues à une cause purement locale, n'auraient jamais lien si l'on enlevait ou si l'on détruisait complètement la tumeur primitive et ses dépendances. Le choix de la méthode opératoire est done ici de la plus haute importance; la meilleure est bien évidemment celle qui permet le plus certainement d'enlever ou de détruire le mal dans toute son étendue. Or, on ne peut contester que la méthode sanglante ofn*e à cet égard une sécurité aussi grande que possible, parce qu'elle agit sur des tissus qu'on voit et qu'on touche directement, tandis que le résultat des méthodes non sanglantes dépend enlièrement de l'idée plus ou moins exacte que le chirurgien a pu se faire des limites du mal avant l'opération. Le chasseur qui ajuste directement sa proie n'a-t-il pas plus de certitude que celui qui tire dans un fourré, d'après le mouvement des branches? C'est une différence analogue qui existe entre la méthode sanglante et ses rivales, et comme la question des récidives est une de celles qui préoccupent le plus le chirurgien, on peut adopter ce précepte, que les tumeurs sujettes à récidive et dont les limites ne sont pas