‹ Traité des tumeursChapitre 133 sur 140 · CHOÏX DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

CHOÏX DE LA MÉTHODE

parfaîtemenl évidentes, doivent, toutes les (Vjis que cela est possible sans un danger toul spécial, être opérées par rinstrument tranchant* Il résulte de celle longue exposition, que rinstrument tranchant, employé presque exelnsivemeat par les chirurgiens il j a une dizaine d'aunéês, a perdu tout récemment une partie de son dom.'îine ; mais il ii*en a perdu que la plus petite partie. Malgré tous les efforts, d'ailleurs si utiles, qu'on a faits pour le déposséder, il reste encore, comme auparavant, la ressource principale delà chirurgie des tumeurs. Il constitue toujours la méthode la plus générale, mais il y a des cas où il doit céder le pas aux autres méttiodes, et ce sont ces cas qu'il &^agîi maintenant de déterminer.

Là ligutui-e m masiû, si utile avant la découverte de Téerasement I liaéaire et de Tanse coupante galvanocaustique, est aujourd'bni [presque sans application. Ces deux dernières méthodes Tant supplantée; car, tout en rempliss:mt les mêmes indications, elles ont Favantage de provoquer beaucoup moins d'irritation, et de ne pas laisser en place une tumeur condamnée à la gangrène. On n'emploie guère la lif^alure en masse que chez les matades très-timorés, qui reculent devant tout appareil instrumental, et qui s'imaginent que Tapplication d'un fil n'est jms une opération. Toutefois, cette méthode offre quelq^ies avantages dans le Irailement des tumeurs éreeliles saillantes, superficielles et peu volumineuses^ qu'on peut lier aisément sous deus épingles en croix. En outre, elle offre une ressource précieuse pour terminer l'extirpation de certaines tumeurs qui envoient des prolongements profonds dans des régions dangereuse?.

L'écratement linéaire et la gahanocamtk sont deux méthodes trèscomparables par leurs résultats, et par les indications qu'elles remplissent. La première exige un appareil beaucoup moins compliqué, et me parait offrir plus de sécurité à l'endroit de Thémorrhagie, soit primitive, soît consécutive; elle a en outre l'avantage de ne pas exiger de l'opérateur les connaissances et l'expérience spéciales sans lesquelles le maniement de l'anse coupanle peut devenir dangereux. L'inconvénient de rendre l'opéra lion plus longue ne compense pas ces avantages. Je donne donc la préférence, dans presque tous les cas, à l'écrasement linéaire. C'est cette méthode que je recommande spécialement pour les tumeurs de la langue, pour les tumeurs un col utérin, pour les corps fibreux pédicules, et potir les polypes de l'utérus. L'anse coupante gahanocauslique est préférable, cepen* dant, dans les cas où la situation du pédicule ne se prête pas aisément k Tappltcation de la chaîne, à cause delà profondeur et de Tétroitesse des voies qu'il faut parcourir Un mince et llexible fil de

576 PARALLÈLE DES MÉTHODES d'eXTIRPATIOK.

platine peul entourer des tumeurs qu'une chaîne articulée n'atteiiidrail pas facilement. C'est ainsi que M. Middeldorpfa pu, parles?oies naturelles, détacher, au moyen de l'anse coupante, plusieurs polypes naso-pharyngiens, implantés, comme on sait, sur la face inférieure de l'apophyse occipitale basilaire; il a même opéré avec le plus grand succès un polype du larynx. Les polypes de Textrémité supérieure de l'œsophage me paraissent constituer une autre indication de la gaJvanocaustic. Pour les polypes naso-pharyngiens, l'anse coupante est à mes yeux la meilleure des opérations non sanglantes; et c'est par là, je pense, qu'il esl convenable de commencer le traitement Mais il ne faut pas ignorer que ces tumeurs ont très-souvent une tendanee opiniâtre à récidiver sur place ; lorsque l'événement a prouvé que cette tendance existe, et avant que la tumeur nouvelle ait pris un grand accroissement, il faut se décider à appliquer la méthode sanglante qui consiste à mettre à nu le siège du mal, soit à travers le voile et la voûte palatine, soil en réséquant le maxillaire supérieur, de mani^ à voir l'implantation du polype, qu'on détache de l'os avec un cooteau-rugine monté sur un manche spécial.

Nous venons d'examiner les cas où l'indication d'employer l'une ou l'autre de ces deux méthodes non sanglantes découle du siège particulier de la tumeur, du danger qu'il y aurait à l'attaquer avee l'instrument tranchant, à cause de l'hémorrhagie, ou de la gravité des opérations préliminaires qu'il faudrait exécuter pour faire passage au bistouri, et pour le manier avec sécurité. Il y a un second groupe de tumeurs qui réclament l'emploi de ces deux méthodes. Ce sont celles dont l'extirpation sanglante serait facile, mais accompagnée de chances sérieuses d'infection purulente; ce sont celles, en un mot, qui renferment à leur base des veines nombreuses et importantes. On avait à peu près renoncé à l'extirpation de plusieurs de ces tumeurs, avant la découverte des méthodes modernes. Nous citerons en première ligne les tumeurs hémorrhoïdales. L'extirpation de ces tumeurs, si dangereuse autrefois, s'elTeclue aujourd'hui presque sans aucun péril. Les deux méthodes modernes sont également efficaces et également inoffensives; je les ai employées l'une et l'autre, mais je me sers plus volontiers de l'écrasement linéaire, qui est d'une application plus simple et plus commode. II y a cependant une circonstance, encore incertaine, qui pourrait un jour faire prévaloir la galvanocaustie; c'est l'éventualité des rétrécissements du rectum. Celle éventualité n'existe que lorsque les tumeurs forment autour de l'anus un anneau complet; j'ai l'habitude, en pareil cas, de ne pas enlever tout l'anneau, d'enlever seulement en une ou

Page 1