‹ Traité des tumeursChapitre 21 sur 140 · Tumeurs cAifc^EUSis i Garcinoma aWflolare (coUmde · texte numérisé non relu

Tumeurs cAifc^EUSis i Garcinoma aWflolare (coUmde

ou MAL1GNFS. . ^ j Garcinoma melanodes {méianose),

I Garcinoma medoHan {ene^^iMe).

\ Garcinoma fàacteiAltidn sea hyalitium (?). 1» Donnant de la chondrine (qui est une sobatance trèssemblable à la gélatine r Enchondroma {a^iondrâme). 20 Tumeurs donnant^ Upoma (/tpdme).

des matières gras-| Gystis adiposa [kystes dermcides),

ses ' Gholesteatoma (P).

SES qu'on pourrait coh-^ 30 Tumeurs renfcr- ^Cy^toîdes (?) .

ro5DRE AVEC LB CAifciB. J msut dos kystfs^ simplex (P).

m^iltiples. (cystosarcoina ^'^'^^^i,^''''

pbyllode8(?).

4« Tumeurs formées de tissa fibreux : Dermoides (fibrome).

Quoique Muller n'ait pas découvert les tumeurs cartilagineuses, il en a donné une excellente description; il en a indiqué la structure anatomique et la composition chimique. C'est un service réel que la science a reçu de lui. Mais après lui avoir rendu cette justice, nous devons dire que sous les autres rapports l'intervention de ce physiologiste éminent dans la question des tumeurs a été fort mal* heureuse. Sa classe des tumeurs cancéreuses est entièrement arbitraire, puisqu'elle ne repose sur aucun caractère physique. Le car" cinoma fascieulatumy exclusivement composé de fibrilles, sans aucune trace de cellules ni de noyaux, s'y trouve à côté des tumeurs qui renferment comme élément principal des cellules à noyau. L'auteur suppose que tous ces carcinomes sont des tumeurs malignes. Cette assertion aurait quelque valeur dans la bouche d'un homme qui aurait observé les malades; de la part d'un homme qui n'a examiné que des tumeurs, elle perd toute créance. Lorsqu'on cherche spr le tableau la place qu'il faut assigner aux adénomes ou aux adénoïdes»

HISTORIQUE. — LES UNlTAmES ALLEMANDS, 33

qui sont si communs et dont la bénignité est compléta, on trouve que Muller a nécessairement dû Jes ranger pai-mi les cancers, car il n*y a aucune place pour eux dans les autres divisions, ïl est impossible que Muller n*ait pas vu de tumeurs tuberculeuses. Où les a t-iJ mises? On arrive par exclusion à reconnaître qu'il en a encore fait des cancers. En un mot, toutes les tumeurs qui ne sont ni fibreuses, ni cartilagineuses, ni graisseuses, ni kystiques, se trouTcnl indistinclement rejetées parmi les cancers, dans Tune ou Tautre des six espèces aisez mal définies qui composent ce groupe incohérent. La plupart des distinctions péniblement établies depuis le commencement du siècle, sont ainsi effacées d'un seul traît de plume, et on retombe dans la confusion des époques antérieures à la naissance de Fanatomie pathologique. Si nous passons au second groupe, nous trouvons un désordre plus grand encore. Le lipème est juxtaposé aux kystes qui renferment des matières grasses. Le cholestéatôme est une création presque puérile, une espèce enliérement factice^ formée parla réunion des kystes qui renferment, au milieu de cellules épithéliales polyédriques, une quantité plus ou moins grande de cristaux decholestérine. Mais le genre le plus inextricable est celui des cysloïdes et des cystosarcômes. Les caractères de ces deux espèces et de leurs variétés sont si mal définis, les descriptions sont si obscures et si vagues, qu'il est tout à fait impossible de s'y reconuaUre*

A une tout autre époque, un travail aussi défectueux aurait été accueilli comme une de ces œuvres de faiblesse qui éebappent quelquefois aux esprits les plus éminents : Quandoque bonus dof*mitai Homerxis. Mais, dans le moment oii toutes les têtes de TAIlemagne étaient tournées vers la théorie cellulaire, un livre qui soumettait à cette théorie tous les tissus pathologiques ne pouvait manquer d'obtenir un grand succès, La doctrine de Muller devint donc aussitôt classique dans les écoles allemandes, et elle Test encore aujourd'hui, malgré les tentatives que quelques esprits indépendants ont faites pour lui résisler. Plus occupés de chercher les causes premières que d'eu étudier les effets, plus curieux de constater Tanalogie des orî* gines que la différence des résultats^ négligeant l'analyse pour la synthèse, dédaignant robservation clinique des tumeurs et les caractère» ^ groisîers que Ton constate à Tceil nu, pour concentrer toute leur attention sur Tétude exclusive des éléments microscopiques, les successeurs de Muller ont replongé la science des tumeurs dans ce sys- ' tètne unitaire qui, depuis Galicu jusqu'à nos jours, a été si souvent et j si longtemps fatal au progrès. L'unité dans la cellule a pris la place'^ deTunité dans l'irrilation, de Tunité dans la lymphe, de Tunité dans^^

l'atrabile. Les mots sont changés; le résultat final est le même : toutes les tumeurs ont sinon la même structure, du moins la même nature, puisqu'elles ont la même origine; toutes naissent dans le même blastéme et proviennent des mêmes cellules : leurs différences tiennent aux divers degrés d'évolution de ces cellules; elles peuvent passer d'un degré à un autre, et ces'transformalions de tissu, bien que désignées sous un autre nom, ne sont autre chose que ce que les anciens appelaient des transformations par dégénérescence.

Il y a cependant dans le système des Allemands modernes un point de vue entièrement nouveau. Pour les anciens, toutes les tumeurs étaient des produits contre nature, prœier naiuram. Pour les mîcrographes unitaires, elles sont toutes formées, secundum naturam^ par les éléments normaux de l'organisation; il n*ya pas de productions hétéromorphes, car les cellules pathologiques ne diffèrent en rien des cellules physiologiques. La théorie cellulaire enseigne que, dans le travail de nutrition dont tous les organes sont le siège, des cellules doivent se produire incessamment et normalement dans tous les tissus. Les cellules pathologiques ne sont autre chose que des déviations de ces cellules normales ; les tumeurs sont dues à des aberrations de la force métabolique qui préside à l'organisation du blastéme primordial. De môme qu'il n'y a pas plusieurs espèces de cellules normales, il n'y a pas plusieurs espèces de cellules pathologiques. On peut continuer à établir, parmi les diverses tumeurs, des groupes basés sur quelques caractères extérieurs; mais ces distinctions sont accessoires et doivent plier devant les exigences de la théorie cellulaire.

Une fois engagée dans cette voie malheureuse, l'école allemande ne pouvait plus s'arrêter. Les productions tuberculeuses, qu'il était impossible de rapprocher du cancer, furent trouvées composées de globules microscopiques. On savait, en outre, depuis Senac, c'est-àdire depuis plus d'un siècle, que le pus renferme une innombrable quantité de globules sphériques dont la nature cellulaire fut bientôt établie. Pus, tubercule, épithélium, cancer, tout cela vint se foudre dans la grande unité morphologique. Certes, on n'ignorait pas que ces divers éléments microscopiques diffèrent énormément les uns des autres par leur forme, leur volume, leurs propriétés chimiques ; mais les esprits dominés par les systèmes ne s'arrêtent pas pour si peu. Entre une différence matérielle, positive, évidente et une analogie abstraite, transcendante, indémontrable, les partisans de la doctrine cellulaire n'hésitèrent pas. Plutôt que de modifier la théorie au contact des faits, ils s'efforcèrent, à grand renfort d'hypothèses,

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