‹ Traité des tumeursChapitre 22 sur 140 · HISTORIQUE, — M. LEBERT · texte numérisé non relu

HISTORIQUE, — M. LEBERT

'de pHer les fails à la théorie. L'un prétendit que la cellule patbolngique prenait telle ou telle forme, suivant que la rorce métabolique était influencée par tel ou td état particulier du sang; ce Tulla théorie des cmBcs. L'autre supposa que le tubercule était une formation moins avancée que le cancer et en conclut même que ces deus produits pathologiques ne pouvaient exisler stmuUanément dans Téconomie. Un, troisième invoqua Tinfluence des conditions mécaniques sur révolution de la cellule pathologique, celle-ci s*apla tissant, s'allongeant ou gardant sa forme sphérique, suivant que le tissu oii elle était obligée de se développer lui opposait plus ou moins de résistance dans un sens ou dans un autre. Toutes ces hypothèses se détruisaient mutuellement, toutes étaient en contradiction avec les faits les plus vulgaires; mais quand on veut sauver une théorie, on ï*j regarde pas de si prés*

Tant d'escenlricîtés ont préparé la chute de la doctrine cellulaire. Cette doctrine, acceptable à la rigueur pour les botanistes et déjà beaucoup plus difficile à concilier avec les faits de l*anatomie normale des animaux, était tout à fait en désaccord avec l'anatomle pathologique; mais elle jurait bien plus encore, si c^élait possible, avec la pathologie et la clinique. Elle devait disparaître le jour où la raicroscopie cesserait d'être une spécialité isolée, où les micrographes se donneraient la peine d'observer les malades et où les cliniciens daigneraient se senîr du microscope.

Ce fut M, Lebert qui^ en 1845, ouvrit cette voie nouvelle^ où le suivirent la plupart des jeunes chirurgiens de Paris, L'étude microscopique des tumeurs, faite sans idée préconçue, dévoila des différences notables de forme et de volume entre les diverses espèces de Jlbres, de globules et de cellules pathologiques ; puis Texamen k Tœil nu permit de reconnaître que des différences extérieures coïncidaient avec celles que montrait le microscope. Ainsi, pour la première fois» les tumeurs se trouvèrent divisées roélhodiquemenl en un certain nombre de groupes bien nettement défmis. La clinique, interrogée à son tour, décomTtt de notables différences sous le rapport des symptômes, de la marche, de la durée et surtout de la gravité, entre les tumeurs de ces différents groupes» La doctrine classique du cancer et la doctrine unitaire des Allemands firent place i une doctrine nouvelle naturelle, c'est-à-dire basée sur Tensemble des caractères anatomiques, microscopiques et cliniques, et non plus, comme on Tarait fait jusqu'alors, sur un seul ordre de caractères, Certes, la nouvelle doctrine ne fut pas constituée du premier coup ; elle se trompa plus d'une fois, et elle présente aujourd'hui encore bien

des lacunes, bien des points sujets à contestation. Mais ces imperfections de détail pourront être corrigées par des recherches ultérieures, et on peut dire dès maintenant qu'un grand prc^^^s est accompli.

La Physiologie pathologique de M. Lebert parut à Paris en 1845. Le second volume était entièrement consacré à Tétude des tumeurs. L'auteur divisait les productions accidentelles en deux grandes classes : les unes homceomorphes^ formées d'éléments analogues aux éléments transitoires ou définitifs de l'organisme normal; les autres hétéromorphes^ formées d'éléments sans analogues dans l'éconoiaode. C'était la négation formelle de la théorie cellulaire. Cette division, que nous acceptons, rappelle celle de Laennec, qui divisait les tissus accidentels en homologues et hitérologues; mais ces deux divisions sont loin de coïncider exactement, comme on a pu le croire. Laennec classait les tisstis, M. Lebert classe les éléments. Pour que deux tissus soient semblables ou analogues, il ne suffit pas qu'ils soient formés des mômes éléments ; il faut encore que ces éléments y soient disposés de la môme manière. Les mômes fibres^ agencées de diverses façons, serrées plus ou moins étroitement les unes contre les autres, disposées parallèlement, ou nattées régulièrement, ou entrecroisées sans ordre, donnent ici un tendon, là une aponévrose, plus loin le tissu cellulaire, ailleurs, et à l'état ^pathologique, ces plaques dures, épaisses et blanches qu'on trouve fréquemmeitt sur la rate, et que tout le monde, avant le microscope, prenait pour des productions cartilagineuses. Ainsi, des tumeurs formées des mômes éléments peuvent n'être pas formées du môme tissu. Le môme élément, la cellule épithéliale, donne les cors et les durillons, qui sont un tissu homologue, et Tépithéliôme, qui est un tissu hétérologue.

Cette dernière tumeur, quoique hétérologue y est cependant Aomccomorphe. Les tumeurs fibro-plastiques, beaucoup de tumeurs fibreuses, quelques tumeurs cartilagineuses sont exactement dans le môme cas. Ainsi, quoique M. Vogel, dans son beau traité d'Anatomie pathologique générale^ publié également en 1845, ait employé les mots homologue et hétérologue dans le sens que M. Lebert attribue aux mots homœomorphe et hétéromorphe, il me parait fort utile de conserver à ces expressions, qui désignent des idées et des choses différentes, l'acception primitive qui leur a été donnée. Mais revenons à la classification de M. Lebert. Dans la classe des éléments hétéromorphes, cet auteur n'avait d'abord rangé que les éléments cancéreux; c'était sans doute un oubli, car dans son premier volume il avait décrit les globules de pus et ceux du tubercule comme des éléments sans analogues dans l'économie. Quant aux tumeurs

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