VIII INTRODUCTION
moins probables sur Tessence des phénomènes, sur leurs causes, sur leurs rapports. Plus que toute autre, l'étude des éléments microscopiques nous sollicite à entrer dans cette voie d'hypothèses, parce que ces éléments ne sont accessibles qu'à un seul de nos sens, parce que, ne pouvant les étudier que d'une seule manière, nous ne pouvons connaître qu'une partie de leurs caractères, et parce que notre curiosité, d'autant plus excitée que nous croyons être plus près de lever le dernier voile, ne se trouve pas satisfaite. La science des éléments microscopiques est donc tout émaillée d'hypothèses plus ou moins philosophiques, de théories plus ou moins transcendantes : objets de croyance pour les uns, de négation pour les autres, de doute pour plusieurs et de discussion pour tous. En entendant, pour la première fois, l'écho de ces débats sans nombre, les personnes étrangères à la microscopie purent croire un instant que tout était incertain ou illusoire dans cette science, et qu'on pouvait dès lors, sans examen, écarter de l'étude des maladies les notions fournies par l'histologie pathologique, qu'on pouvait le faire du moins jusqu'à ce que tous les micrographes fussent d'accord, — c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps. Mais cette objection n'était pas viable, et lorsque les nouvelles doctrines eurent acquis assez de consistance pour que chacun se crût obligé de prendre au moins une connaissance superficielle du sujet, il fallut bien reconnaître qu'il y a dans l'histologie deux parties, l'une transcendante et conjecturale, l'autre purement descriptive, dont la certitude égale celle de l'anatomie )rdinaire, qu'il n'y a pas moins de différence entre un tube nerveux et une fibre musculaire, entre un cul-de-sac glandulaire et un corpuscule osseux, qu'entre les nerfs et les muscles, les glandes et les os, d'où ces éléments proviennent, et qu'enfin les caractères microscopiques des tissus sont aussi fixes, souvent même plus fixes que les caractères visibles à l'œil nu.
Or, malgré les tentatives prématurées que plusieurs micrographes avaient pu faire pour édifier une théorie des tumeurs en rapport avec la théorie histologique et histogénique qui jouissait de leur confiance respective, et quoique M. Lebert se fût laissé aller comme les autres à ce courant, il était clair qu'au point de vue de la classification pure, abstraction faite de toute déduction