‹ Traité des tumeursChapitre 6 sur 140 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

nosologique, la distinction des tissus accidentels et de leurs éléments fondamentaux reposait sur Thistologie descriptive, c'està-dire sur la partie positive de Thistologie, sur celle qui, bien qu'encore incomplète, se confondait désormais avec lanatomie proprement dite. Il se trouvait d'ailleurs que, dans beaucoup de cas, des caractères distinctifs, visibles à l'œil nu, coïncidaient avec les distinctions établies par le microscope. Lorsque la question fut ainsi posée, on comprit qu'on ne pouvait plus séparer deux choses aussi inséparables que l'anatomie pathologique de la forme, de la couleur ou de la consistance, et l'anatomie pathologique de la structure. Si l'une était bonne, l'autre ne pouvait être mauvaise. Si l'on acceptait la première comme base des classifications, il fallait accepter aussi la seconde, et, hors de là, il ne restait d'autre procédé logique que de les repousser toutes les deux à la fois.

Ce fut ainsi que des maîtres éminents, se sentant débordés par les conséquences d'un principe naguère adopté par eux, et par eux enseigné, furent conduits à douter de ce principe, à se demander s'il était général, s'il était applicable à la classification des tumeurs. Je constate ici le fait, sans vouloir critiquer personne ; je n'y vois que l'expression particulière des lois générales qui président au mouvement des idées dans l'humanité. Sous ce rapport, les révolutions de la science ne diffèrent en rien de celles de la politique. Aux époques oîi de grands changements s'accomplissent, tout homme est exposé à se voir dépassé par son propre parti, à se sentir entraîné au delà du but qu'il voulait atteindre, à trouver, au bout de la voie qu'il a longtemps suivie, des difficultés qu'il n'a pas prévues, et qu'il ne pouvait prévoir. Placé entre un principe qu'il croyait bon et des conséquences qui lui semblent mauvaises, contraint , par la logique des faits, d'admettre celles-ci ou de rejeter celui-là, il hésite, il se demande s'il n'a pas fait fausse route, s'il ne vaut pas mieux renoncer à un principe devenu trop subversif, ou s'il n'y a pas lieu du moins d'en restreindre l'application.

Voilà comment on a pu être conduit à mettre en doute la valeur de l'anatomie pathologique dans la classification des tumeurs. Mais lorsqu'on aborde cette étude avec un esprit libre

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