‹ Traité des tumeursChapitre 50 sur 140 · MODIFICATIONS DE STRUCTURE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE STRUCTURE

varier. On conçoit même qu^une tumeur à peu près pure ihm longine, puisse admetlre iilléneuremenl dans son tissu, au milieu ûv s€s éléments autogènes, autrefois sans mélange, des éléments adventices de divei^se nature; mais ce phénomène, qui ne paraît pa& exlrêmenxent rare, est beaucoup moins fréquent que le phénomène inverse. iM remarque souvent en elTet, surtout dans les tumeurs qui s'accroissent rapidement, que les éléments aulogénes da viennent de plus en plus prédominants, et il en résulte des modifications de ittimiure et de consistance que nous étudierons dans le eliapilre du ramotiàsemmt.

La structure des productions accidentelles peut se moditter encore d*une autre manière. Certains éléments parcourent diverses phases en s'organisant, et lorsqirils existent dans une tumeur» ils peuvent, suivant les conditions au milieu desquelles ils se développent, acquérir l'organisation la plus avancée^ ou s*arrf*ter avant de l'avoir atteinte. Ainsi 1 état osseux est plus avancé que l'état cartilagineux, l'état fibreux que Télat fibro-plastique; les fibres Jibro-plastiques sont une forme plus avancée que les noyaux et les cellules fibro-plasliques; les cellules eancéreiises sont une forme plils avanréc que les noyaux cancéreux, etc. En comparant dans une m(>nie tumeur les parties récemment et rapidement formées, avec les parlies de formation plus ancienne et plus lente, ou encore, en comparant une série de tumeurs petites et à peu près stationna ires, avee une série de tumeurs de mfime nature, mais plus volumineuses et h ■marche plus ratnde, on constate souvent des différences destmcture en rapport avec les notions précédentes, c'est-à-dire que, dans les parties où l'orgaiiisation du blastème se fait très vite, les éléments n'arrivent pas au dernier stade de leur développement, De même lorsqu'une tumeur, après s'OIre accrue avec activité pendant quelque temps, suit une marche plus lente ou devient stalionnaîrei les éléments imparfaits qu'elle renfennait peuvent achever leur évolnlion. Ajoutons enfin que ce n*est [m^ seulement la rapidité ou la lenteur de raecroissement qui peut iniluer sur le développemeut plus ou moins complet des éléments; diverses conditions mécaniques ou vitales, locales ou générales, peuvent exercer des infiuences analogues; on comprend ainsi les changements de structure qui accompagnent raccroissement de certaines tumeurs. Par exemple, les ostéo-chondriimes deviennent, en s 'accroissant, plus ou mom^ osseux, plus ou moins cartzbginenst; quelques chondrômes, purs dans l'origine, ^'ossifient partiellement plus tard; beaucoup de .£hrOmes deviennent en partie âbro- plastiques; beaucoup de Ht-

meurs, composées de cellules à noyaux, deviennent presque exclusivement nucléaires, tandis que Tépithéliôme nucléaire de certains adénomes peut avec le temps passer à Tétat d'épithéliôme cellulaire. Je n'ai pas besoin de rappeler que ces changements de structure ne sont pas des changements de nature, puisqu'ils dépendent seulement de révolution plus ou moins complète des éléments des tu* meurs.

Certaines productions accidentelles peuvent, au lieu de s'accrottre, diminuer et môme disparaître entièrement. Cette résolution partielle ou totale peut être spontanée, ou provoquée par la thérapeutique. De tous les moyens capables de la produire, la compression, lorsqu'elle est possible et méthodiquement faite, est certainement le plus efficace, et c'est aussi celui dont on comprend le mieux le mode d'action. Mais elle ne réussit que sur certaines tumeurs; et ce n'est pas ici le lieu de déterminer les cas où elle doit être appliquée.

La résolution des tumeurs est comparable à l'atrophie des tissus physiologiques. On sait que la nutrition consiste en un double travail de décomposition et de recomposition des éléments anatomiques. Ces deux phénomènes opposés, qui marchent de front, se font équilibre à l'état normal. Dans les tumeurs qui s'accroissent, le second l'emporte sur le premier. C'est l'inverse qui a lieu dans les tumeurs en voie de résolution. Le nombre des éléments qui se forment est inférieur au nombre de ceux qui disparaissent; et si cela continue assez longtemps, la production accidentelle est entièrement absorbée.

Nous ne chercherons pas à pénétrer plus avant dans l'explication du travail de résolution des productions accidentelles. Il y a bien la théorie de la métamorphose rétrograde des éléments pathologiques; mais- elle est tout à fait hypothétique, et n'est d'ailleurs applicable qu'aux tumeurs composées de cellules. Les cellules de certaines productions accidentelles peuvent subir diverses altérations, et, en particulier, devenir le siège de dépôts granuleux ou graisseux, lesquels, au surplus, n'existent pas seulement dans l'intérieur des cellules, et existent en même temps en dehors de leurs parois, dans la substance plus ou moins liquide qui les entoure, dans les interstices qui les séparent. Les granulations moléculaires et les granulations graisseuses contenues dans l'intérieur des cellules ne sont donc pas le résultat d'une maladie de ces dernières; leur présence est due à l'état particulier des sucs qui affluent dans la tumeur, qui s'imbibent en partie dans l'intérieur des cellules, et qui ont la propriété de laisser précipiter, partout où ils pénètrent, des dépôts granuleux.

LES MÉTAÂIORPHOSES RÉTOGOÏIADES,

Or, ce sont cês cellules ainsi modiûées, et notamment cuUes qui renferment des granulations graisseuses, qu'on a considérées comme des cellules rétrogrades. On a cru que c'était là te procédé ein ployé par la oature pour détruire les éléments pathologiques, que cette Infiltration des cellules produisait leur dissolution, et que telle était la cause de la résolution des tumeurs. Puis, comme ces altérations des cellules s'observent fréquemment dans le cancer, il a fallu en conclure que le cancer pouvait se résoudre spontanément; et cette conclusion logique de la théorie en est la meilleure réfutation. On obs^nCî au contraire, que les cancers où abondent les prétendues cellules rétrogrades sont au nombre des plus graves. Cette altération est fréquente dans i'encépbaloïde, où elle occupe rarement toute rétendue de la tumeur, et où elle se révèle sur les coupes par des marbrures jaunûlres, désignées par M» Lebert sous le nom dVffff phymatùiée ou de xanthose. Les cancers du testicule y sont particu- Ijèrement exposés, et on sait à quoi s'en tenir sur la gtiérison sponlanée de ces formidables tumeurs.

le cite cet exemple en opposition h la théorie des métamorphoses rétrogrades; mais je suis certes bien loin de prétendre que Tinfllti-ation granulo*graisseuse des éléments des tumeurs soit toujours llndicc d*une aggravation. Cet état se manifeste très-souvent dans les tissus norraaujc en voie d*atrophiej et on Tobserve également quelquefois dans les tumeurs en voie de résolution. 11 est probable que, dans beaucoup de cas, les granulations moléculaires résultent delà décomposition des éléments anatomiques, ceux-ci, avant de se dissoudre, se résolvant en une sorte de poussière organique. On observe en outre que des dépôts de granulations graisseuses prennent souvent la place des éléments déjà résorbés. Ces deux phénomènes marchent delront, et sont faciles à étudier dans l'atrophie du tissu musculaire; mais ils sont Telfet, et non ta cause de cette atrophie; et de môme, lorsqulls se manifestent dans une t^imeur en voie de résolution, ils sont l'effet et non la cause de cette iriiOlulion.

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