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DU RAMOLLISSEMENT DES TUMEURS

Dans les diverses phases de croissance et de décroissance des Uuneurs, et même dans leur état stationnaire, on assiste souvent à des changements de consistance qui peuvent être considérables.

Quelques tumeurs durcissent en vieillissant; d'autres conservent K peu près la même consistance pendant toute leur durée; d'autres, onûn, se ramollissenL Ces diverses modiûcations peuvent se manifester dans une partie ou dans la totalité de leur étendue ; on voit môme quelquefois la consistance s'accroître en certains points, et diminuer en d'autres points de la même tumeur.

L'augmentation de consistance peut être due à la simple condeosation des éléments de la production accidentelle, et alors le volume de la tumeur subit une diminution proportionnelle; beaucoup de productions osseuses, telles que la tumeur du cal, les périostoses simples, l'os nouveau de la nécrose après l'extraction du séquestre, certaines exostoses syphilitiques, etc., durcissent en même temps qu elles s'affaissent ; les productions fibreuses inodulaires, douée», comme on le sait, d'une grande force de rétraction, forment des brides dont la dureté augmente à mesure qu'elles se raccourcissent. Cette condensation peut d'ailleurs s'accompagner de la résorption d'une partie du tissu accidentel, comme aussi elle peut résulter de l'organisation d'éléments nouveaux qui se pressent dans les interstices de ce tissu. Les tumeurs osseuses en offrent des exemples fréquents.

En dehors de ces conditions, qui sont propres à certaines espèces de tumeurs, l'induration des productions accidentelles est asseï rare. Elle tient, soit à des dépôts calcaires, soit à la formation toujours croissante d'éléments fibreux adventices, à l'ossification d'une partie du blastème, etc. ; mais ce sont des accidents de structure exceptionnels, ou plutôt éventuels, qui ne font pas partie de Tévolu-

RAMOLLfSSE^JENT APPARENT.

tioiî ré^lièrc des tumeurs, qui par con&équeni n*oiii rien de caracléristique, et (|ui nV>nt même aucune sigiiiOcalion clinique précise.

Le râTDolIissemeul, iiu contraire, esl un phénomène, extrêmement fréquent 11 peut se manifester dans un grand nombra de productions acddcnielies, exlrCmement diverses, et ne peut par conséquent pas êlre considéré comme Vmn des caractères pathogiiomoniques du cancer*

il y a des productions accidentelles qui tendent naturellement à se ramollir.^ à tel point que le ramollissemeul peut ôtre décrit comme une phase de leur évolution. Tels sont, en première ligue, les tubercules et les cancers, k Texception de certaines variétés de squirrhes, où le tissu fibreux adventice est infiniment plus abondant que les éléments globulaires autogènes. Les épithéliôines, les tibroïdes nucléaires se ramollissent presque aussi souvent que les cincers. [l y a d autres tumeurs qui, dans les cas ordinaires, conservent pendant toute leur durée une consistance il peu près uni- Ibrnie, mais qui cependant se ramollissent quelquefoisj plus tôt on plus tard, et on remarque, en général, que ce ramollissement éventuel survient de préférence dans les tumeurs qui acquièrent *m grand volume. De ce nombre sont les mjéloïdes, les cbondrômes, les fjbrâmes, les fibroldes Obnllaîres« tes hystérômes et les adénomes.

Nous devrons, à Toccasion de ces diverses tumeurs, considérer vn particulier les effets du ramollissement dont elles peuvent devenir le siège. Ici nous nous bornerons à choisir quelques exemples pour chercher à déterminer les causes très-diverses qui président au ramollissement des tumeurs,

établissons d'abord une distinction importante, pcjur échapper à uue confusion qui a exercé une influence fâcheuse sur l'élude de ce phénomène. Il y a \m ramollissement réei et un ramollissement apparmt^ qui marchent souvent de front, qu'on prend alors aisément l'un pour Tautre, mais qui n'en sont pas moins essentiellement différents.

Ou n*a pas oublié que beaucoup de tumeurs s*accroisscnt princi-

Paiement [mr leurs couclas superficielles. Quand cet accmissement ^t rapide, il arrive fréquemment que les parties de formation nouille sont beaucoup plus molles que les parties plus anciennement irmées. Certaines tumeurs, dont le centre est encore assez ferme, î reconvrent ainsi de bosselures tellement molles, qu'elles paraissent ilucluantes. On trouve alors une tumeur volumineuse et molle, là où était, quelque temps auparavant, une tumeur plus petite et plus dure. C'est ce qui constitue le rmmUmement apparent. Ce n'est point

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