DU RAMOLUSSEMENT DES TUMEURS
cules se ramollissent sans aucune apparence d'inflammation pendant la vie, sans aucune trace d'inflammation après la mort. Dans les tubercules de très-petit volume, dont toutes les parties datent à peu près de la môme époque, le ramollissement est presque toujours général et uniforme ; mais dans les masses plus volumineuses, c'est la partie la plus anciennement formée qui se ramollit la première, c'est-à-dire que le ramollissement débute par le centre du tubercule, et s'étend ensuite de proche en proche jusqu'à la périphérie. On n'a pas oublié en efi*et que le tubercule s'accroît par juxtaposition pure et simple de nouveaux éléments, qui se forment en dehors des éléments déjà formés, et qui proviennent d'un blastème sécrété par les parties vasculaires environnantes. Les couches les plus extérieures sont donc les plus récentes; et c'est pour cela qu'elles se ramollissent les dernières.
En résumé, le ramollissement du tubercule est le résultat de l'insuffisance de la vitalité de la substance amorphe intcrglobulaire, substance qui, n'étant pas renouvelée par la nutrition, ne peut avoir qu'une durée limitée.
La cause du ramollissement du cancer encéphaloïde diffère essentiellement de la précédente.
L'encéphaloïde, à la période de crudité, se compose d'un suc lactescent, contenu dans les aréoles très-petites d'un tissu conjonctif demi-transparent et extrêmement délié. Lorsqu'on racle la coupe de la tumeur avec un instrument mousse, on extrait la plus grande partie du suc, et la trame aréolaire de l'encéphaloïde devient apparente, surtout lorsqu'on plonge la tumeur dans l'eau. A une période plus avancée, la consistance diminue graduellement. Les deux états que l'on a désignés sous les noms û' encéphaloïde médullaire et d'aïcéphalotde diffluent, ne sont que des degrés de ce ramollissement. Dans l'un, la consistance de la tumeur est à peu près égale à celle de la moelle épinière; dans l'autre, elle est moindre encore, et rappelle les caiactères du tissu de l'encéphale dans le ramollissement cérébral. Lorsqu'on examine de front un certain nombre de tumeors encéphaloïdes parvenues à ces divers degrés de leur évolution, on voit que ces différences de consistance sont dues aux proportions toujours croissantes du suc cancéreux, par rapport à la trame aréolaire. Celle-ci est presque nulle dans l'encéphaloïde diffluent, tpâ^ soumis à l'action d'un fllet d'eau, se réduit à n'être plus qu'un chevelu de vaisseaux capillaires. Dans l'encéphaloïde médullaire, on trouve de plus une certaine quantité de tissu conjonctif; mais il y en a beaucoup moins que dans l'encéphaloïde cru. Cela posé, il est