X INTRODUCTION
d'idées préconçues, on ne peut trouver de raisons valables pour repousser à priori^ dans ce cas particulier, un principe de classification reconnu applicable aux autres lésions. On en voit découler, il est vrai, des conséquences qui ne sont pas en harmonie avec certaines opinions courantes, avec certaines doctrines particulières, avec certaines interprétations plus ou moins arbitraires des faits cliniques. C'est ce qui a fait croire que ce principe était démenti par les résultats de l'observation ; car des interprétations auxquelles on est habitué sont aisément confondues avec les fedts eux-mêmes. Mais il ne s'agit pas de décider si la classification naturelle^ qui repose principalement sur la structure des tumeurs, est en contradiction avec les idées classiques ; il s'agit de chercher si ces idées sont justes, si elles sont l'exacte expression des faits, si elles ont une certitude suffisante pour que toute opinion contraire soit par cela même irrévocablement condamnée. Or, c'est là ce que jusqu'ici personne, à ma connaissance, n'a essayé de soutenir. On n'a pas prétendu que l'ancienne doctrine fût bonne, qu'elle eût ce degré de rigueur scientifique qui ne laisse persister aucun doute dans l'esprit. On a reconnu, au contraire, — il faudrait être aveugle pour le nier, — qu'elle est très-défectueuse, et le seul argument qu'on ait fait valoir en sa faveur a été que la nouvelle doctrine était plus défectueuse encore, qu'elle établissait des rapprochements faux et des distinctions illusoires, et qu'il n'y avait aucun parallélisme à établir entre la structure des tumeurs et leurs propriétés, c'est-à-dire entre leurs caractères anatomiques et leurs caractères cliniques.
Ces assertions ont trouvé de l'écho chez un grand nombre de praticiens, pour plusieurs raisons qu'il n'est pas inutile de signaler.
D'abord, parce que la doctrine moderne venait tout à coup singulièrement compliquer le problème du diagnostic, la discussion du pronostic et celle des indications. Ensuite, parce qu'apportant avec elle comme un langage nouveau, et exigeant l'emploi d'un instrument difficile à manier, elle imposait en quelque sorte aux chirurgiens la nécessité d'une éducation spéciale, aussi longue que fatigante. Dérangeant ainsi toutes les habitudes, elle ne pouvait compter sur l'accueil bienveillant qu'on accorde ordinaire-