‹ Traité des tumeursChapitre 73 sur 140 · DIVERSES ESPÈCES I) INFECTION · texte numérisé non relu

DIVERSES ESPÈCES I) INFECTION

tioji, ou à une espèce qui, ûe Taveu de tout le monde, est peu sujetle à infecter Téconomie, Jes symptômes généraux ne sulfisent plus. ][ ne s'agit plu^, eu effet, d*appïtquer une nolmu générale k un cas paiUfuliei\ mais de se servir de ce cas particuiiiT pour déterminer les propriétés, jusqu'alors douteuses, d'une certaine espèce de tumeurs. Tous tes symptômes qui ne sont pas absolument caracléris tiques, tous ceux qui peuvent h la rigueur é\re inlerprétés de plusieurs manières, doivent donc ôtre acceptés avec défiance; et le seul camctêre capable de lever lous les doules, est celui de la génératlsation.

§ 2. - De tlnfertion tt de ta généra liSAlton dans le» dtreT^e» esp^ecâ de tumeurs

Xous avons admis jusqu'ici, nous réservant de le démoiUrer plus loin, que Hufection est la cause de la généralisation, et nous avons pârléde cette infection comme d'un état général révélé par des sympiômes gra\esel bien manifestes, qui précédent la formation des tu- Qieurs multiples secondaires. C'est ainsi en effet que les choses se passent le plus souvent chez ien cancét^ux. Mais Tordre de succession des phénomènes qui suivent llnfeclion n'est pas invariable* La généralisation ne dépend ni de l'anémie, ni de la teinte jaune paille de la peau, ni des autres symptômes de l'infection. Ces divers phénomènes ne sont nullement corrélatifs ; ils ne s'enchaînent pas dans nu ordre régutier; ce sont simplement les effets d'une mémecaust% quiestl*infection, et celle-ci peut donner lieu à la formation de tumeurs secondaires, avant de s'être manifestée par des symptômes généraux appréciables. Ces cas sont d'autant plus trompeurs qu'ils sont plus rares. J'ai \-n Btandin opérer une femme cancéreuse qui ne présentait aucun des signes de l'infection; la mort survint au bout de peu de jours, à la suite d'un érysipèle, et à l'autopsie nous trouvâmes dans le foie de petits foyers cancéreux. ïl est clair qu'on n'aurait pas même songé à ropération, si l'on avait pu soupçonner pendant la fie l'existÊnce de cette complication indiagnosticable et irrémédiable.

La généralisation peut donc précéder les autres symptômes de l'infection, et on a été tenté d'en conclure que tes cancers généralisés n'étaient pas dusà l'infection. Maison aurait dû songer qucles symptômes ^€ rinfection doivent exister quelque temps avant de devenir appréciables. On ne peut les constater que lorsqu'ils ont acquis une certaine intensité. Il en est ainsi dans la plupart des maladies générales chroniques, et c'est pour cela qu'il est si difiiçile d'en préciser le

288 INFIXTION GÉNÉIULK KT GÉNÉRALISATION.

début. Sait-on jamais exactement à quelle époque remonle le débul d'une chlorose? Les lésions locales, au contraire, sont visibles el tangibles dès qu'elles existent, et elles ne peuvent échapper il Tatteution de l'analomo-pathologisle. Les faits de la nature de celui qui précède ne prouvent donc pas que la généralisation du cancer puisse précéder rinferlion, ils prouvent seulement qu'elle peut se produire avant que l'infection soit assez grave, assez aviuicée, pour se révéler par d'autres symptômes.

Au surplus, les faits de ce genre sont rares dans Thistoire du cancer proprement dit. Il est dans la nature de l'infection cancéreute ai produire dans l'économie une perturbation assez profonde, pour faire naître promptemenl des symptômes généraux révélateurs, qui précèdent presque toujours la généralisation. Mais c'est tout à M gratuitement qu'on a admis que les infections produites par les antres espèces de tumeurs devaient présenter la mômeTnarche. Je reviendrai plus loin sur cet important sujel, et on verra que les infections non cancéreuses restent le plus souvent latentes, non-seulement jusqu'au moment de la généralisation, mais encore jusqu'au dernier jour de la vie, et qu'on ne les admet que par induction, pour expliquer la généralisation que l'autopsie permet de constater.

Le phénomène de l'infection et de la généralisation est de beancoup le plus grave de tous ceux qui figurent dans la description de ce qu'on appelle la malignité des tumeurs. On en a méconna h signification lorsqu'on a voulu en faire la pierre de touche du cancer. Cette opinion, à la rigueur présentable lorsqu'on ne connaissait, en dehors du cancer proprement dit, d'autre généralisation que celle des tumeurs fibroplastiques, est devenue simplement absurde depuis qu'on a vu se généraliser les fibromes, surtout les myéloïdes et les chondrômes, que leur bénignité presque constante retire bien éfidemment du groupe des cancers. Au reste, plus on attache d'impo^ tance au fait de la généralisation, et plus il est essentiel d'établir one distinction entre les espèces de tumeurs qui ont la propriété d'infe^ ter constamment ou presque constamment l'économie, celles qui ne se généralisent que peu souvent, et celles, enfin, dont la généiaUiation est tout à fait exceptionnelle. Nous allons donc indiquer approsmativementle degré de fréquence relative de la généralisation des diverses tumeurs. Dans cette revue sommaire nous dirons, par abréviation, qu'une tumeur est infectante lorsqu'elle produit, soit une infection manifeste, avec ou sans tumeurs secondaires, soit une infection sans symptômes propres et révélée seulement par le fait visible et tangible de la généralisation.

FÏBROIDES, FIBROMES, ÉPITIIÉLIOMES, 289

Les tumeurs les plus infectantes sont évidemment les canceri. C'est le cancer qui nous a servi de type dans la description sommaire que nous avons* donnée de l'inreclion générale, au début de ce chapitre, L^infection cancéreuse survient à des époques trés-variabïes suivant le sîége, ie volume, la marche plus ou moins rapide, et la structure particulière du cancer primitif; elle se manifeste tantôt au bout de quelques mois, tantôt seulement au bout d'un Dombre asseï considérable d*années; mais elle peut être considérée comme faisant piirtie intégrante de révolution du cancer; elle constitue une période naturelle de cette évolution. Le cancer tend à déterminer tôt ou tard Tinfecliôn, quoique beaucoup de malades puissent succomber avant cette période, soit*à une affection intercurrente, soit aux accidents provoqués directement par la présence de la lunienr* En laissant de côté les cas où la vie est abrégée par des circonstances iiccidentelles, et les cas, encore sujets à contestation, où la guérison radicale aurait été obtenue, suivant beauroup d*autcurs. par les moyens chiruri^icaux, on peut dire que l'infection

■ est le terme inévitable de la maladie cancéreuse* Si, au lieu de considérer les symptômes de Tinfection générale, on ne considère que les cas où des tumeurs secondaires multiples se sont formées sous Tinfluence de l'infection, on trouve que le cancer se généralise au moins une fois sur deux (cinquante-six fois sur cent , diaprés M. Lehert (I)*

Tout permet de croire que les fthrotâes^ ou tumeurs llbroplastiquesi» sont, après les cancers, les tumeurs les plus infectantes. On a publié depuis dix ans bon nombre d'exemples de généralisation libFoplasUque, j'en ai moi-même observé plusieurs, et on ne peut élever aucun doute î)Ur ce point. Mais il résulte en même temps desobsenations modernes que la généralisation est bien moins fréquente ici que dans le cancer. Il n*est pas possible encore d'en déterminer

I exactement le degré de fréquence, c^ir les relevés statistiques font entièrement défaut. Il est certain toutefois qull y a sous ce rapport moins de différence entre les Gbioïdes et les cancers» qu'on ne IV %ait cru dans Foriginc,

Les fibfémei ont beaucoup moins de tendance que les fibroïdes h produire rinfection. Quoique ces tumeurs soient asseï communes, on ne cite encore qu'un petit nombre de cas dinfection fibromateuse. Le premier exemple en a été publié par M, PaKet(âJ; depuis

(1) l.rbçrl, Tmiié de^ mftîfidies mneéreuif^f, t'aris, JS5I, in-S, p. 85. iîl P»|et, Lectures on Tummi^â. Lonilon, tSS?, ln-8, p. ibU

lors on en a observé quelques autres. Mais ces cas malheureux ne constituent qu'une faible minorité dans le noo^re total des Sbromes.

Quoique Tétude clinicïue des pseudadénômes soit CDCore très-peu avancée et quoique, sur les neuf malades observés jusqu'ici^ cinq seur lement aient été suivis jusqu'à Tautopsie, tout permet de croire que ces tumeurs sont très-disposées à se généraliser. Deux fois, sur ks cinq autopsies, on a trouvé des tumeurs secondaires dont le siège spécial sera mdiqué plus loin.

Dans les autres espèces de tumeurs le phénomène de rinfeclîoa est Irùs-exceptionnel.

Je pense qu'en réunissant toutes les observations d'épttAéiiàme f^ néralisé qui ont été recueillies depuis quinze ans en France, en Anglelerre, en Allemagne, on ne dépasserait pas le chiffre de neuf (1)^ Il y a des réser\es à faire sur quelques-uns de ces faits (2) , mais acceptons-les sans contrôle et comparons le chiffre qui précède ao nombre immense des cas d'épithéliôme qui ont été observés dans ce môme laps de temps. Ici, toute statistique est impossible. Il n'est pas, à Paris, un seul chirurgien d'bôpital qui ne voie, chaque année, to moins une dizaine de cas d'épitbéliùme. Or, depuis 18-45, époque o& la Physiologie pathologique de M. Lebert mil cette question à l'ordre du jour, et où commencèrent des discussions, parfois passionnées» sur la distinction de l'épithéliômc et du cancer, on a fait avec lesoin le plus scrupuleux, Tautopsie de tous les individus qui sont morts d'épithéliùmc dans les hôpitaux de Paris, et une seule fois, surao nombre d'observations impossible à déterminer, mais éTidemmeol très-considérable, on a vu un épithéliôme se généraliser, chez une

(1) M. Heartaux, dans sa très-savante thèse, soutenue en 1860, n'en a réoiU |M huit csLif mais il n*a compris dans ce relevé qu'une seule des deux observttiou de M. Paget. (lleurtaux, Du cancroXde en général, thèse inaug. Pari», i860, tai-4«i p. 70-72.) L'observation supplémentaire de M. Paget se trouve dans ses Leetuntm Tumours, p. 448.

(2) Je n'ai Jamais pu comprendre comment M. Virchow, qui n'admet pas de dtfférence absolue entre les cellules du cancer et celles de répithéli6me« a reconna h nature épithéiiale des tumeurs dans les trois cas qu'il a recueillis à l'hôpital JoUai. de Wùrzburg. Cet auteur a eu une bonne fortune singulière, puisqu'il a tu, eo oatre. dans le mé:iie hôpital, un quatrième malade atteint d'épithéliôme gënéraliié, cl dont l'observaUon, recueillie par M. Dupuy, a été publiée, avec les troia autres, dai la thèse de ce dernier. (J. N. bupuy, Du cançrcUde au point de vue de sa gét&tUr sation. Th^se inaug. l^aris, 1856, in-4'', p. 36 i &8.) A lui seul, par conséquent, dai le même hôpital, et en deux ans et demi, de novembre 185? à mai 1855, M. Yiidwff a Yt] plus de la moitié des cas d'épithéliôme généralisé qui existent dans la i Mais le liasard a res caprices.

CeONDROMES, MYÉLOÎDES,

vieille femme de la Salpélrière, Celte observation a été communiquée à la Société anatomique^ en 1856, par M» Topinard {\}. Pour ma part, j*ai cherché toutes les occasions de compléter par J'autopsie Fétude de répithéliôme, et ces occasions ont été fréquentes surtout pendant les deux années de mon service à Bieêtre, où sont admis, comme on sait, les cancéreux ou pseudo-cancéreux inopérables ; et les rccher-

kches les plus complètes ue m'ont jamais permis de trouver la moindre lésion épitliéliale ailleurs que dans la tumeur primitive et dans les ganglions correspondants. La généralisation de I*épitliéliôme est donc un fait Irès-exceptionneL

il existe trois observations de c^iP«rfMmés généralisés, 3e rapporterai

• plus loin les deux faits de MM, Rîelict et Paget(â) ; le troisième» indiqué en deux lignes dans une lettre de M. Vîrchow (3), est relatif à une tumeur cartilagineuse développée au milieu du poumon, chez un malade atteint de chondrôme costal* Maintenant, personne n*ignore que le chondrôme est une affection assez fréquente- J*en ai certainement vn depuis douze ans plus de trente cas» soit dans les hôpitaux, soit à la Société de chirurgie, soit à la Société anatomique, et ce n'est sans doute qu'une partie de ceux qui ont été observés à Paris, lorsque M. Richet communiqua son importante observation à la Société de chirurgie, Lenoir, qtii depuis plusieurs années s'occupait deTéttide des chondrômes avec un soin particulier^ mît en doute Texactitude du diagnostic anatomique en se basant sur ce fait : qu'il avait rassemblé cinquante à soixante observations de chondrôme», el que» dans tous ces cas, la marche de raffeclion avait été bénigne (\). Cela suffit pour montrer la grande rareté de ïa généralisalion du ebondrôme.

■ Les iumiurê putêmmi osmi^es peuvent-elles se généraliser? On de- B vraill^admettre, siTons^en rapportait aux observations publiées par B Lauh en Mil (5), par Baillie en 1793 (6) et à quelques pièces sèches déposées dans des musées» Mais Mu lier a décrit en (843, sous le nom àBcmïcermtéfiide, une espèce de tumeur qui, sans être cancéreuse et tout en ne renfermant que des éféments osseux, les uns tout formés eu les autres en voie de formation^ peut affecter dans sa marche la

(Il 0ir//. de la Sf>c anuiomique^ 2* lédf , 1 1, IS&6, p. 96 {3« ittné^). (2) Voy, pluiïoin, p. 390.

{%) t^tlrt itj rédattettr de la GateHe hehdùmuâairt, din^ le ntim^ro de ce Jî^ucoal du le té\ïï\mx J85S, 1. 11, p. 12&. {%) Bu(L du h Soc. de chirurgie, t. ?l, p. U, 3& juillet td&5. (h) AHn Phift. med, nûL cun Vti!* l, p. 318, m IVS, Nur^^nberg, 1127, \n-\^, (0) liait lie. Traité tl'anahmic patholopfjm ^ Irad* frunç, Paria» J 803, lii-8, p. Til .

plupart des caractères de la malignité (I). 11 a donc cru pouvoir, par des interprétations rétroactives et le plus souvent arbitraires, retirer du groupe des ostéômes purs et faire rentrer dans celui des ostéoldes tous les cas de tumeurs osseuses généralisées qui avaient été pablifa avant lui. Je reviendrai sur cette question spéciale dans le chapitre des ostéômes. Quoi qu'il en soit, nous sommes autorisés à ajouter i la liste des tumeurs généralisables au moins une espèce de tumeurs osseuses.

Les tumeurs myéloïdes n'ont fourni jusqu'ici qu'un seul exemple de généralisation; c'est celui de M. Wilks, qui sera reproduit lowtà l'heure (2). Ces tumeurs cependant sont loin d'être rares. Quoiqu'elles aient été découvertes en 1849, il n'y a guère plus de cinqoa six ans qu'elles sont l'objet de l'attention des chirurgiens, et déjà plus de vingt-cinq obsenations en ont été recueillies à Paris (3). Ôi Angleterre, où elles ont reçu leur nom de myéloïdes, on en a également observé beaucoup d'exemples; et je répète que le fait de M. Wilb est encore unique dans la science (4). La généralisation des myéloïdes paraît donc tout aussi exceptionnelle que celle des chondrômes.

Enfin, je rapporterai tout à l'heure une observation qui permet d'ajouter les lipomes h la liste des tumeurs qui peuvent se généraliser. Je n'ai pas besoin de dire que cette généralisation est lapins exceptionnelle de toutes. C'est aussi celle qui diffère le plus de U généralisation du cancer.

On voit que l'infection, et la généralisation qui en est à la fois h conséquence et la preuve , n'appartiennent pas spécialement et exclusivement à une certaine espèce de tumeurs; comme les antres caractères de ce qu'on appelle la malignité, celui-ci constitue seulement une tendance, qui est à son maximum dans le cancer, mais qui

(I) J. Muller, Ossificiretule Scfiwamme oder Osieoxd Gesdtwùlsfe dans ArMv /fr Anat. PhysioL^ etc. Herlin. 18i3, in 8, p. 390-4t2. [7) Voy. plus loin, p. 300.

(3) M. Eug. Nélaton, dans son importante thèse sur les tumeurs à myélopiam, Paris, 1800, a cité 48 observations de tumeurs myéloïdes ou réputées telles. Il a Irit flijurer dans ce nombre beaucoup de faits antérieurs à la découverte des mjâoldM, en se basant sur des caractères qui ont sans doute beaucoup de valeur, mais qui se sont pas absolument démonstratifs. En ne prenant qce les cas où l'examen micrwcoplque a été fait par des observateurs compétents, on arrive i un total de 25 olM^ vallons parfaitement positives qui. presque toutes, ont été recueillies à Paris.

(4) Il faut fe mettre en Rarde contre une confusion de mots qui pourrait tain croire qull exUte plusieurs cas de myéloiJes généralisés. Plusieurs auteurs angUii M. Paget entre autres, ont compris, sous la déirlgnation commune de myéloida^ kl myéloïdes proprement dits et les tumeurs flbroplastiques. (Voy. le chapitre dei myéhAde9 dans la deuxième parUe de ce volume.)

DES DIVERSES ESPÈCES d' INFECTIONS.

existe aussi, à des degrés inégaux, dans plusieurs autres espèces, et qui, dans quelques-unes de ces dernières, ne se manifesle que trèsexceptionnel IcmeiiL C'est ici le lien de faire une remarque peu Tavorable à TopinioD de ceux qui ont voulu faire une classe de lununirs dites malignes : c'est que les divers caractères de nialignilé, tels que les tendances à la propagation, à Tulcération, à l'invasion gangïionnaire, à lagéoéraîïsalion, et, pour le dire par anticipation, h la rècidive^ ne sont nullement soli^laires Tun de Taulre, La malignité se manifeste sous une forme particulière dans chaque espèce* Ainsî^ la lendance à rulcération est plus prononcée dans Vépilbéliônie que dans toute autre tumeur; et cependant la tendance i la généralisalion, qui est exlrômemcnl fréquente dans le cancer, ne constitue dans lépithéliôme qu'une Irés-rare exceplion* De môme, Tèpilhètiôme envahit beaucoup plus souvent les ganglions que ne le font les tumeurs fitiroplasLîques, quoique ces dernières aient bien plus de tendance que lui à se généraliser.

Après ces remarques préliminaires sur Tinfection générale et sur la généralisation, nous aurons à étudier ces phénomènes sous le rapport de robservation clinique, de Tanatomie et de la physiologie pathologiques.

On vient de voir que des tumeurs appartenant à des espèces IrèsdiCTérentes peuvent produire l'état que nous désignons sous le nom d'infection générale. Quelques auteurs, se basant sur une obsenalion superficielle, ont pensé que l'infeclion générale était toujours la méme« quelle que fût la nature de la tumeur primitive; mais il est bien certain qu'il y a autant d'espèces d^infeclions qu'il y a d^espèces de tumeurs capables d'infecler l'économie. Et, en effet, Fanalomie pathologique faite soit à l'œil nu, soit au microscope, a toujours démontré jusqu'ici qu'il y avait identité de nature entre la tumeur primitive et les tumeurs multiples développées sous Pinftnence de llnfection. Cette vérité a pu être méconnue à l'époque où on ne se servait pas du microscope : on pouvait croire alors que les tumeurs généralisées n'étaient pas toujours de même nature que la tumeur primitive* Ainsi, les tumeurs viscérales qui naissent fréquemment k la suite un xguirrke de la mamelle, sont presque toujours encéphahidm. L'encéphaloïde mélanique, eo se généralisant» donne lieu à des tumeurs viscérales qui ne sont pas toujours noires comme la tumeur primitive, et qui sont quelquefois blanches, comme Tencéphaloîde ordinaire, etc* Mais, depuis que le microscope a découvert l'existence d'un élément commun au squirrhe, à rencéphaloïde simple et à la mélauose cancéreuse, ces exemples prouvent précisément le

INFECTION GÉNÉBALE ET GÉNÉftAUSATI02S*-

contraJrê de ce qu'on crojait autrefois : ils rDOnlXËnt que réléuseat

auLogéae eàt le même dans les cancers primitifs et dans les eâncers consécutifs à l'infection.

On a reconnu, d'un an Ire côté, que lorsque la tumeur primitiTe n'est pas cancéreuse» les tumeurs conséculives à [Infection ne le soni pas davantage, et réciproqueraenL. Les tomeura viscérales mulliple^ d'un cancéreux ne sont jamais Obroptastiques» ni fibreuses, nichondïômateuseSj ni épithéiifilesî toutes sont cancéreuses, «ans aucuoe exception. Les tumeurs consécutives à l 'infection sont toujours fibroplastiques si la tumeur primitive est fibropkstique, fibreuses « elle est Ûbreuse, cartilagineuses si elle est carlilagineusey pseiidiliénîques si elle est pseucladénîque, etc.; ce n'est donc pas le basait qui détermine la structure des tumeurs par infectiofi. La nature ût cette infection, révélée par la nature des lésions qu'elle produit, ^t en rapport conslant avec celle de la lésion qui Ta produite elle-même. ou qui, du moins, Ta précédée. Un état général qui fait naître du» les parties les plus diverses de Téconomie un grand nombre de tumeurs cancéreuses, n*est pas le môme que ceux qui enfantent dans ces mômes parties un grand nombre de tumeurs fibmplastiques, oo de tumeurs ûbreuses, ou de tumeurs cartilagineuses, etc, 11 y a àùut autant d'espèces d'infections générales qu'il y a d'espèces de tumeurs capables de devenir infectantes; et quand même ces diverses espk» d'infections se ressembleraient par tous leurs autres c^iractèrtî, notre conclusion, pour cela, n'en serait pas ébranlée : car cent ailMïtéres communs ne sauraient établir rïdentité là où un aeoJ can^* 1ère dis tinctif bien constaté établit la diversité.

Mais est-il vrai que l'infection générale, abstraction faite de la nature des lésions organiques qu'elle détermine, soit la même, sotti tous les autres rapports, dans toutes les espèces de (umeurs? La il* militude des symptômes eit-eile bien démontrée? J'ose dire qwe personne n'a pris la peine de chercber cette démoaslration. On a dit que, dans tous les cas, les malades maigrissaient, s'aflaiblissaieût, s'anémiaient, et fmissaient par tomber dans un étal c^cbectiqsft. Supposons que cela soit exact. Mais iî y a vingt maladies sani ' tumeur qui produisent ramaigrissement, raffaiblissement, rauém^e et cet état avant-coureur de la mort qu'on appelle Télat cacbee^ tique. Le simple épuisement par une suppuration continue d" abondante, ou par des hémorrliagies répétées, sutTit, avec ou saw tumenr, pour faire naUre ces phénomènes. Nous avons dit plus ha combien il est difficile, dans beaucoup de cas, de dîslingaer Vé général déterminé directement par les complications locales d'

DES DIVKRSES ESPÈCES d'iNFECTIONS,

tumeur, de rinfection produite par Tâction spéciale qu'elle exerce sur rensemble de l'écononiie. Telle est la difficulté de celte distinc* | lîon, qiie beaucoup d'auteurs ont pu croire que Pinreclion n'était j nullement spécifique; opinion qu'on aiirail quelque peine h réfuter, si la production des tumeurs viscérales multiples ne permettait pas de lui opposer un argument péremploîre. S'étonnera-l-on maintenant que des symptômes généraux assei peu caractéristiques pourqu*on ail pu confondre rinrection cancéreuse avec le simple épuisement par suppuration ou par hémorrhagie, laissent confondre également celte infection avec les troubles fonctionnels qui accompagnent la généralisalion de cerlaines tumeurs fibroplasliques, ou cartilagineuses, ou fibreuses? 11 faut bien le dire, et ceci ne s'applique pas j seulement à la question actuelle, les analogies et les différences de beaucoup de maladies générales seraient presque impossibles à cléterminer, si Ton ne tenait compte que de leurs symptômes généraux et si Ton n'avait pas la ressource de comparer les lésions locales qui ] accompagnent la plupart d'entre elles, telles que les éruptions cula* nées, les ulcérations intestinales, etc. Combien de maladies [l'a-l-oû ' pas confondues sous le nom de phlhisie, jusqu'à ce que ranalomie patbologique d'une part, d'une autre part ranscnltatîon et la percussion, qui sont en quelque sorte une anatomie patbologique vivante, eussent permis de consliluer Thistoire des tubercules pulmo*] naires, et d'opposer à la similitude des symptômes généraux la] diversité des phénomènes locaujt ! De même, la similitude des symp-| lômes généram[ des diverses infections produites par les tumeurs, quand même elle serait réelle, ne saurait prévaloir contre la diversilé des lésions locales qu'elles détermînenL

Mais il s'agit de voir, avant tout, sll est bien vrai que la généralisation des tumeurs non cancéreuses soit précédée, accompagnée ou suivie de symptômes généraux semblables à ceux de l'infection cancéreuse*

J'ai étudié attentivement les oàsêrvafions relatives à la généralisation des flbroîdes, des épitbéliômes, des cbondrômes, des fibrônies, des myéloïdes, et j'ai trouvé que les signes spéciaux de l'infection,] qui sont la régie dans la généralisation du cancer, font le plus sou* ireot défaut dans la généralisation des autres tumeurs. Je ne me base ici que sur les observations régidières, en laissant de côté les cas ou l'on s*est borné à mentionner le fait anatomique de la généralisation, saas parler des symptômes observés pendant la vie du malade. Ces faite, qui sont nombreux, sont loin d'être insignifiants; car il est

InfecUon avaient été constaté*.

per

que.

jgnes I

on aurait jugé nécessaire d'en parler : le silence ici semble indiquer qu'on n'a pas été frappé de l'état général du malade. Mais je répète que je ne me suis basé que sur les observations accompagnées de quelques détails.

La plupart des malades atteints de fibroïdes ou d'épithéliômes généralisés sont morts sans avoir présenté de symptômes imputables à une infection; si l'on a dit le contraire, c'est parce qu'on a pris pour des signes d'infection des troubles fonctionnels dépeDdantsde la lésion des viscères envahis par la généralisation, ou dépendants des hémorrhagies, de l'excès de suppuration et des autres complications locales des tumeurs primitives largement ulcérées. Je ne prétends pas que les symptômes généraux aient été dus, dans iousla cas^ à la seule influence de ces causes; je dis seulement que cela a eu lieu évidemment chez la plupart des malades, très-probablement chez plusieurs autres, et que dans aucun cas les symptômes eo question ne se sont montrés lorsque la tumeur primitive était exempte de graves complications et lorsque les tumeurs viscérales étaient trop peu développées pour nuire aux fonctions d'organes importants.

A l'appui de ce qui précède, je citerai en abrégé quelques observations de généralisation fibroplastique. Je parlerai d'abord d'an malade que j'ai pu suivre pendant plusieurs années, et que j'ai vu à l'Hôlel-Dieu quelques jours avant sa mort : c'est celui dont M. WoîUei a très-longuement publié Vhislo'ire ddins les Archives générales^ dxet quelques erreurs de détail qu'il est inutile de relever. Cet homme, atteint dans l'origine d'une tumeur fibreuse de la cuisse, opérée une première fois par Blandin en 1848, eut successivement plusieurs récidives locales, qui furent opérées par MM. Velpeau et Malgaigne; à chaque récidive, le tissu fibreux des tumeurs renfermait une proportion croissante d'éléments fibroplastiques. Finalement, Roux pratiqua à l'Hôtel-Dieu l'amputation de la cuisse pour une récidive nouvelle, qui, cette fois, était presque exclusivement fibroplastique. Ici, je cède la parole à M. Woillez : a Six mois de santé, en appar (( rence parfaite, s'étaient écoulés depuis la sortie du malade de « l'Hôlel-Dieu, lorsque, à la fin de juin 1851, sans prodromes géné- « raux ou locaux d'aucune espèce, apparut une dyspnée habituelle, « accompagnée d'une toux sèche (1)» » Ces phénomènes thoraciques s'aggravèrent, et le malade, qu'on croyait atteint d'une affection purement médicale, fut placé dans le service de M. Louis, à l'Hôtel-

(I) WollIez, Observation de fibroplasHe généralisée, dans Ai^hives gén^raietdt médecine, 4« série, t. XXIX, p. 4S4 (août I8ô2).

INFECTION riBROrLÂSTiQUE.

Dieu; il y mourut le â^ août 185 L On l'avait examiQé et étudié avec le soin le plus scrupuleux; ranscullation et la percussion avaient révélé de Irè^-grands désordres pulmonaires; on n'avait rien pu constater de plus; on avait noté» en particulier, que la peau ne présentait pas la coloration jaunâtre des cancéreux (1). A Tautopsie, oo trouva des tumeurs mullipïes dans la plèvre, les poumons et les ganglions bronchiques. Une énorme tumeur, développée dans le niédiastîn, s'étendait du sternum à la colonne verlébrate. Toutes ces tumeurs, comme celle qui avait nécessité Tamputation de la cuisse, étiîient fibroplas tiques; il y avait une grosse tumeur fibroplastique dans le moignon.

Les lumeurs viscérales se sont formées, chez ce malade, au milieu des plus belles apparences de la santé* Il a succombé peu de temps après le début des accidents thoraciqucs, parce que les luTiieuri pulmonaires se sont développées très-rapidement; mais il n'a pré?^ sente d'autres symptômes que ceux qui étaient dus à la présence de ces tumeui-s. Dans Tubscrvation suivante, les tumeurs pulmonaires ont marché moins promptement, et le malade â pu êlre observé pendant plusieurs mois.

M, Larrey exlirpa, le iO février 1851, une énorme tumeur fîbroplasiique du jarret* Il avait consulté un grand nombre de chirurgiens, parmi lesquels je citerai MM. Velpeau, Eoux, Bégin, Laugier, Cloque t, Luslremai], etc. On avait discuté sur le mode opératoire, mais tout le monde avait été d*avis qu*il fallait opérer; personne, par conséquent, n'avait reconnu le moindre symptôme dùntection. Sept jours après ropéralton, parurent les premiers symptômes d'une lésion pulmonaire. A la tin de mars, Tétat local était fort bon, la eicatrisatjon de celle vaste plaie était presque achevée, mais t< la « toux, i*expectoration de quelques crachats rouilles et visqueux» u Poppression, gênaient eucore le malade, n Au mois d'avril, il se fit une récidive sur place, el les ganglions inguinaux s engorgèrent. ti Malgré cette récidive, It malade a repris un embonpoint très-notnhie a pendant plus de deux mois; l*élat local s*aggravant, Tétai général K est néanmoins peu modifié* Mais, vers la On de juillet ^ des symp*

PII tomes se déclarent du côté de la poitrine : loux, expeeloratioû I visqueuse, oppression, hémoptysie; en même temps, amaîgrisseflr ment rapide, leint jaumUre. Mort le 9 août *> A l'autopsie, on trouva dans les plèvres et les poumons un grand nombre de tumeurs fibropbisliques (i)*

rde ta Soaétéàt chtrurffic. U août Ift&l, t* U, p. lie

II n'est pas douteux qiie des tomeurs pulmonaires existaient dés répoque de l'opération, puisque sept jours après parurent les premiers symptômes, qui, en s'aggravant plus tard, firent périr Icmilade au bout de cinq mois et demi. Cet homme était donc en proie à la généralisation et de plus à la récidive, lorsqu'il reprit tmaxtapoint très-notable. Ce fut seulement quelques jours avant sa mort qu'il commença à maigrir; cet amaigrissement, qui fût lrès-rapi(k pouvait dépendre exclusivement des graves lésions viscérales q« révéla l'autopsie. En môme temps, le teint devint jaunâtre, ccqœ était peut-être un symptôme d'infection ; mais une teinte subîctériquc, qui ne paraît que dans les derniers jours de la vie, peut dépendre de causes très-diverses, et est loin d'être caractéristique. En tout cas, on peut dire que, si l'infection a pris quelque part à la mort du malade, cette infection était bien différente de l'infection cancéreuse; car, ayant été la cause des tumeurs généralisées, existint par conséquent depuis le mois de février, au moins, elle n'avait pe empêché le malade de survivre à une opération extrêmement graîe» de se rétablir parfaitement et de prendre un embonpoint notable.

Dans l'observation de M. Chassaignac nous voyons encore les symptômes se réduire à des accidents pulmonaires. Amputation de la jambe gauche, en juin 1854, pour une tumeur fibroplastiqae du pied. En mars 1855, récidive dans le moignon, et formation dephsieurs tumeurs au flanc gauche, à la main droite , au bras poche, etc. En janvier 1856, la tumeur du flanc, devenue très-vdinnineuse, est enlevée ; guérison. Quelque temps après, la tumeur dn bras, très-volumineuse également, est enlevée; aucun accident, guérison. Enfin la tumeur de la cuisse fut extirpée à son tour avec k même succès. La santé du malade s'améliorait. « On se proposait ce de poursuivre une à une les tumeurs dans Tordre de leur manifes^ « tation, lorsque, dans les derniers jours de juillet, le malade épronvi « une gône assez notable de la respiration. » La dyspnée s'accrut itpidement, et le chirurgien, ayant reconnu la présence d'une tomear thoracique, renonça à pratiquer l'extirpation d'une autre tumeur qui s'était formée dans le flanc gauche. « L'existence du malade, « pendant tout le mois d'avril, n'a été qu'une longue agonie. Laresn piration devenait de jour en jour plus gênée. L'œdème envahit sa^ « cessivement le cou, le thorax et le bras gauche, mais les membres « inférieurs restèrent dans leur état ordinaire. » Le malade moant le !•' septembre 1856 ; depuis trois joui-s la dyspnée était extrême. — A l'autopsie, on trouva dans la poitrine une tumeur fibroplastiqne grosse au moins comme la tôte d'un adulte ; cette tumeur compri-

INFECTION GHONDROMATEUSE,

maitles vaisseaux, el availaîfisi produîl l'œdème du cr»u, du bra^ gauche et du thorax {!}.

K Ces obsenalions, que je pourrais multiplier» montrent que, dans ^Uës cas de généraliîialion fibroplasliquc» les malades ue présentent B»*M^^n syïnptôme paHiculier jusqu'au jour oh leur vie est conipro- ^ mise par la lésioo des viscères que la généralisation enTahit.

En analysant de la même manière les observations d'épilhéliôme généralisé} on reconnaît aisément que les symptômes dépendent des faémonbagies, de rabondaucc de la suppuralion, de la corruption du pus dans des cavités aufrac tueuses, de la déglutiliou d'une salive sanieuse, etc., et que les malades meurent exactement de la môme manière que ceux qui succombent à des épithéliômes ulcérés et non généralisés.

Je connais trois cas de chondrôme généralisé» mais Tun d'eux» simplement mentionné dans une lettre de M. Virchow% ne se prèle pas à ranalyse. Dans les deux autres cas, Tétude des observations prouve qull n'y a eu aucun signe d'infection. Le seul et unique fait de myèloîdegéuLTalisé qui existe dans la science, dépose dans le même sens* On me permettra de citer ici en résumé ces trois observations,

M. Hichet enleva, le 5 juin 1855, une volumineuse tumeur de l*omoplate. 11 avait diagnostiqué un chondrôme» L'absence complète

» de symptômes généraux était un des motirs qui l'avaient empêché de considérer comme cancéreuse cette tumeur, qui datait déjà de quatre ans, qui, depuis un an, avait tait des progrès rapides, et qui était ulcérée. La pièce fut examinée à ToDil nu et au microscope; I c'était un bel exemple de choncîrôme. Le diagnostic de M. ïlichet H était donc parfaitement exact. L'opéré alla bien pendant quelques ^ joui^, puissurvinrenl des symptômes thoraciques qui firent croire à la formation d'abcès uinltiples dans le poumon. La mort survint h 19 juin, cVst-à-dire quatorze jours après Topération* A l'autopsie, on trouva dans les poumons une trentaine de tumeurs dont Tune, la plus grotte, avait le volume d'une grosse noix (^}, La généralisation était é video te, et pourtant les signes généraux de rinfectîon avaient ^ fait complètement défaut

H Un malade atteint de tumeur du testicule entra, le 5 janvier 1853, " dans le service de M. Skey. La tumeur avait dix pouces et demi de circonférence (mesure anglaise) et remontait jusqu'à l'anneau ingui*

(1) BtMdinx (k la Société de chirurgie, $ sfpL 18&6, I^* série, t, VII, p, m. (ï) BniiHtns de la Société de chirurgie, i" série, L V, p. 428, êI t. VT,!). S». (Séant. €4 des G juin et !>' août iS&â.)

nal. Elle datait de deux ans. Elle fut enlevée par M. Skey et i née par M. Paget; c'était un chondrôme des mieux caractérisés. a L'opéré guérit remarquablement bien de cette opération ; il qoitli « rhôpilal au commencement d'avril, affaibli, mais parfaitemeat a bien guéri. » Cela veut dire évidemment qu'on n'avait constaté cbo lui aucun signe d'infection. Le 20 avril il rentra à l'hôpital pour des accidents thoraciques ; il respirait avec la plus grande difficulté et ne pouvait faire le moindre effort. On l'examina attentivement tll c( ne présentait de signes de maladie que dans les poumons, et k (( principal symptôme qu'il éprouvait était une suffocation crms- (( santc. » La percussion révéla de la matilé dans plusieurs parties de la poitrine, l'auscultation fit reconnaître l'existence d'un soofle tubaire, etc. L'homme mourut subitement le i" mai. A l'autopsie, on trouva dans les poumons un si grand nombre de tumeurs cartilagineuses, que ces organes pesaient ensemble onze livres et demie. C'étaient ces tumeurs, dont le volume variait d'une ligne à dix-huit lignes de diamètre, qui avaient donné lieu aux syniptômes consittfs pendant la vie. Le malade avait succombé aux conséquences locales de la généralisation, mais il n'avait présenté d'ailleurs aucun synqh tome propre à révéler l'existence d'une infection générale (1).

M. Wilksa publié dans les Transactions of the Pathologicat Sociitf une obsenation de myéloïde généralisé qui n'est pas moins signilcative : Amputation de la cuisse faite en 1854 par M. Cock, pournne tumeur myéloïde de la tête du péroné. Au bout de quatre ans, trois tumeurs se forment dans le moignon. La santé générale est exeeileiUL M. Cock enlève d'abord deux de ces petites tumeurs, et, bientM après, la troisième. Huit jours après la dernière opération, le ma* lade meurt, et à l'autopsie on trouve dans les poumons, avec le plus grand étonnement {most unexpectedly), sept ou huit tumeurs mj& loîdes des mieux caractérisées, dont la plus grosse avait un volume égal à celui du cœur du sujet (2). U est clair que la généralisatioD

(1) J. Paget, Account of a Growth of Cartilage in Testicle and ti* r^mjMiki, dans Medico-Chirurgical Transaclions,\o\, XXXVIU. Mémoire lu le 12 Juim 186S àli Boyat Médical and Chirurgical Society of London, J'ai passé sous tUenee [ détails de l'autopsie ; luais Je crois devoir ajouter ici qu'un gaDgUon lombolra, c cartilagineux, avait perforé la paroi de la veine rave, qu'un gros champignoD ( lagineoi faisait saillie dans cette veine, où la circulation n'était pourtant pas I rompue, que les ramiflcatlonff de l'artère pulmonaire étaient remplies de m cartilagineuses, et que la mort subite avait probablement été produite par Vo Uon de ces vaisseaux.

(2) Transactions of the Pathologicat Society of London, vol. X, p. J44. 1 1858, iD-8.

DES DIVERSES ESPÈCES D*INFECT10iNS.

était déjà antienne, à en juger diaprés le volume énorme de Tune des tumeurs pulmonaires. On n'avait pourtant constate pendant la vie aucun signe d'infection.

Je ne serais nullement surpris d'apprendre, par quelque observalian ultérieure, que la généralisation du chondrôme ou du mvéloïde puisse être précédée ou accompagnée des signes de rinfettion gétiéffile; mais il est bien digne de remarque que cela n*a eu lieu ni dam le seul fait connu de mjéloltde généralisé, ni dans les deux seules obsenations de cbondrôme généralisé qui soient accorapaj^ées de la description des symptômes.

KDans ces trois observations, les malades ont été exempts des sympômes généraux de rinfeclion, non-seulement jusqu'à l'époque de la fénéraiisationde leurs tumeurs, mais encore jusqu'au jour de leur mort. On peut se demander ce qui serait advenu, s'ils avaient pu survivre plus longtemps à la généralisation. L'un est mort asphyxié, soit par les tumeurs du poumon, soit pur robsiruclion de Tarière pulmonaire ; les deux autres sont morts prompte ment h la suite d'opérations. Ces fins rapides ne permettent pas de savoir s'il était dans Tordre naturel des choses que les signes d'une infection générale, aboutissant à la cachexie, fussent destinés à paraître plus tard. Lorsqu'un cancéreux succumbe dans les mômes conditions, nul n'hésite k dire qu'une mort accidenlelle l'a soustrait à une infeclion et à une cachexie qui, sans cela, raltendaient inévitablement; et on a raison de le dire, parce qu'une immense série de faits a prouvé que telle était la terminaison naturelle du cancer; mais, pour tes tumeurs qui se généralisent rarement^ on ne peut pas nusonner de la sorte, parce qu'on possède trop peu de faits, et cela est interdit surtout lorsqu'il s'agit des myéloïdes et des cbondrômes, qui jusqu'ici, en se généralisant, n'ont produit ni cachexie, ni înrcclion manifeste. Quelques personnes^ il est vrai, ont jugé superflu d'examiner de si prés les choses, et ont dit que, puisque ces tumeurs pouvaient

»Be généraliser, elles ne difTéraient pas des cancers, que par conséquent rinreclion qu'elles produiçîaienl devait commencer, marcher et finir comme Tinfection L^ancéreuse, Mais c'est supposer démontré ce qui est en queslion. Si robservation clinique venait à étiihlir qu'il o*y a aucune difTérence symptomatologique entre Tinrection cancéreuse et l'état général des malades che;5 lesquels les cbondrômesou les myéloïdes sont suivis de généralisation, les unitaires pourraient invoquer cette ressemblance, qui sans doute n'elTacerait pa% les caractères dîstinctifs tirés de la pathologie et de l'analoniie patholojgique, mais qui du moins founiirait à leur docLriue un argument

sérieux. Jusque-là leur raisonnement ne sera qu'un cercle Yiciem. Loin que Tidentité de Tinfection cancéreuse et des autres iofeclioos soit démontrée, il est fort probable au contraire, d'après les faits actuellement connus, que les tumeurs non cancéreuses qui se généralisent n'infectent pas Téconomie de la même manière que le cancer. L'infection cancéreuse est une maladie mortelle, et morteiie par elle-même, car elle tue les malades, dans beaucoup de cas, aTaot que les tumeurs secondaires généralisées aient pris un dévelqipe ment suffisant pour devenir nuisibles, ou môme avant que ces lomeurs aient commencé à se former. Rien ne prouve, au contraire, que l'infection chondrômateuse , ou l'infection myéloide, soient mortelles par elles-mômes. L'observation de M. Paget et celle de M. Wilks, montrent qu'on peut succomber à d'énormes tumeon pulmonaires; celle de M. Richet montre qu'on peut périr quelquefois après une grande opération. Le reste est du domaine de l'hypothèse.

Qu'on me permette d'emprunter à l'histoire des abcès multiples un exemple qui jettera peut-être quelque jour sur la question précédente. Un amputé est pris d'un grand frisson, et présente bimtôt les autres signes de l'infection purulente. Il meurt en trois ou quatre jours et à l'autopsie on trouve dans ses poumons un grand nombre de petits abcès. Quelle est la cause de la mort ? Ce ne sont pas les abcès, qui sont à peine formés, c'est donc l'infection elle-même. Et les cis de ce genre sont assez fréquents pour qu'on ait été conduit à admettre, non-seulement que l'infection purulente peut être morteDe par elle-même, mais encore qu'elle l'est le plus souvent. Lesabcii viscéraux aggravent sans doute l'état des malades; ils peuvent &iit périr ceux qui ont eu la chance exceptionnelle de ne pas succomber directement à l'infection proprement dite, mais celle-ci, abstnetioa faite des lésions locales qu'elle fait naître, n'en est pas moins mK des maladies les plus graves de la pathologie.

D'un autre côté, voici un varioleux qui a heureusement tnverrf la période aiguC de sa maladie; les croûtes commencent à se détacher, la fièvre est tombée et le malade paraît en convalescenee, lorsqu'un jour des abcès de toutes dimensions se forment sons la peau, dans un grand nombre de régions. La multiplicité de ces abcès, leur formation inattendue et soudaine, prouvent qu'ils naissent sous l'influence d'un état général, qu'on appellera comme on voudra,^ mais qui est bien évidemment tout autre que Tinfection punh lente des amputés. Le malade peut succomber à l'abondance de II suppuration ; mais il a bonne chance de guérir s'il est traité conte-

DES DIVERSES ESPÈCES D'iNFECTIONS.

PnablemeQi; il peut guérir ra^ïme saas aucun traitemenl cUirurgi' cal» eLf lorsqu'on a obsené un certain nombre de cas de ce geare, on en conclut légitimement que TéLit général pyogénique qui se mauifesle quelquefois dans la convalescence du la variole n'est Bgue médiocrement grave par lui-mi^iiie. Rien n'en révèle Texistence avant la formation des abcès, et, lorsque ceux-ci sont une fois formés, cVst d'eux, et non de leur cause, que résulte tout le danger. ^k Le premier de ces exemples est parallèle à celui de Tinfection ^cancéreuse. Celle-ci est mortelle, abstraction faile des tn meurs secondaires, comme l^iufection purulente est mortelle, comme elle l'est du moins presque toujours, abstraction fuite des abcès multiples. Le second exemple ne peut être comparé avec autant de précision à celui des chondrômes et des myéloïdes généralisée, parce que l'étude de ces tumeurs n*est pas encore assez avancée, mais il permet de comprendre qu'un état général particulier, aussi difTérent de rinreclton cancéreuse que la cause des abcès multiples des va- ^jioleui convalescents est difft rente de rinfection purulente, puisse Hiaire naître des tumeurs viscérales multiples ei tôt ou tard mortelles, sans être pour cela capable de déterminer directement la mort»

Isatis mîime troubler les fonctions de l'économie autrement que par rintermédiairedes tumeurs locales gu*elle produit. Supposousque les abcès multiples des varioleux^ au lieu de se former sous la peau, se forment dans le foie ou dans les poumons ; le cas serait presque inévitablement mortel, et la cause de ces abcès ne sérail pourtant ni plus ni moins grave que dans les cas ordinaires. Il est dans la nature de cette cause de se localiser dans les parties superficielles, et de produire des lésions curables, voil^ pourquoi on a pu en reconnaître la bénignité. Il est, au contraire, dans la nature de l'état général qui ^ produit la généralisation des cbondrdmes et des myéloïdes, de se H localiser dans des viscères essentiels, et de produire des lésions în- " curables, voilà pourquoi on Ta supposé malîn; mais j*ose dire que les faits connus jusqu'ici ne prouvent pas Texactitude de cette supposition.

Qu'arriverai t-il, par exemple, si une de ces tumeurs, au lieu de se I généraliser dans les poumons, se généralisait dans des organes su- ■ perûciels et insîgniûants? Le malade, échappant au danger des tu- ^ meurs viscérales, n'ayant que des tumeurs compatibles avec la vie^ pourrai t4l résister à l'altération lolim suhtanfiœ qui s'est manifestée parla généralisation? pourrail^il en triompher et y survivre? ou Ibien cet état, s'aggravant peu à peu, se traduirait-il un jour par des [ iytnptômes généraux qui aboutiraient enûn à une cachexie mortelle?

Je me borne à poser ces questions sans chercher à les résoudre. L*exp6rience permettra peut-être un jour d*y répondre. Quoique jusqu'ici la généralisation des chondrômes et des myéloldes ne se soil faite que dans les poumons, il est possible que tôt ou tard l'aneoB l'autre de ces tumeurs vienne à se généraliser dans les organes aternes , comme le fait quelquefois le cancer. En attendant que l'observation ail prononcé, je citerai un fait que je crois unique dans k science, et qui vient à Tappui des remarques précédentes sur la diversité et rinégale intensité des causes de la généralisation des£verses tumeurs. II s'agit d'un cas de lipome généralisé. Le^ phénomènes sont loin, sans doute, d'avoir présenté la marche et la succession qu'on est habitué à considérer comme inséparables de la généralisation, parce qu'on veut toujours prendre pour type ezdnsif de la généralisation, celle des tumeurs cancéreuses. Mais le lipdOM occupe le plus bas degré d'une échelle dont le cancer occupe le sommet, et si un cas insolite permet d'établir un rapprochement entre ces deux lermes extrômes, il n'est pas nécessaire que ce rapproclwment soit poussé jusqu'à l'identité, pour mériter de trouver place dans l'étude des tumeurs.

Observai ION. — Le nommé Vendre, âgé de 70 an», fut admis le 7 avril IMiin» flrmerie de Bicélre pour y être traité d'une dysphagie, qui datait de plosieon mm, et pour laquelle, à la un de Tannée précédente, il avait séjourné quelque tempite mes salles, i^ surrace du corps de cet homme était couverte d'une innombiA quantité de lipomes de toutes dimensions. Une longue cicatrice existait d^h région de la hanche et de la fesse du côté droit. Cet homme, qui avait cooserfétitf son intelligence, nous raconta ce qui suit.

Quarante-cinq ans auparavant, en 1817, il s'était aperçu de Texistence d'une tonte petite tumeur, à peine grosi^e comme une noisette, située à quelques travenà d()igt au-dessous delà crête iliaque droite. Cette tumeur s'accrut rapidement; dk était unique, et resta unique jusqu'en 18*23, époque où elle fut enleyée pirBevchéne, chirurgien de l'hôpital Saint-Antoine. C'était, suiVunt l'expression da wlade, « une énorme masse de graisse. « Elle fut pesée : elle dépassait le poidi ëi cinq livres (2 500 grammes). 1^ large plaie de l'opération se cicatrisa sans accidtf^ et le malade se croyait guéri lorsque, cinq mois après TopéraUon, il lui Tint, dn4l| « une poussée. » Un grand nombre de toutes petites tumeurs superficielles sa i rent à la fuis dans toutes les régions du corp.«. Quelques-unes s'accrurent, la i restèrent stationnaires, ou à peu près ; et depuis lors, chaque fois que le i passait son corps en revue^ il découvrait quelques nouvelles tumeurs. Sa santé aéné^ raie était excellente ; à l'âge de 55 ans, il fut pris d'un tremblement nerreox fri moUva l'année suivante son admission à Bicétre, mais qui disparut peu à pen ifièi son entrée.

Lorsqu'il Tint à l'inOrmerie, les internes eurent la patience de faire la ttatliUqM des tumeurs qui couvraient presque toute la surface de son corps. Ils en troQTèrcat: à la tête et au cou, 480 ; sur le tronc, 9!;5; aux membres supérieurs, a^O- ammc» bres inférieurs, 365 ; en tout, 2 080.

GÉNÉRALISATÎON DU Lll'OME,

Cei tumeun étalcnl pLug nombreuses sur la face antérieure du corps que sur là race postérkure. Les um& étaient saui-eulai)i-es, lus autrcâ cutanées.

Les tumeurs sous-cutanée» avaient Ja con^Lt tance ordinaire du lîiHl^iiie. Leur fduine variait depuis celui d'un liarlcot, Jasqu'i celui d'un ŒUf de pooie. Leur Dotobi e étaii de 40 environ.

Les tumeurs cutanée* formaient une sorte de semis irrégulier Lei plus peiltei étalent gros^s comme des grîilns de chèneyis: les [ilus grosses n'atteignaient pas le ifolume u'uniï noisetle. Quelques-unes étaient pêdiculées : une de ces tumeurs cutanées* surmontant un gros Upume tous-cutané» simulait Tapparencc d'une mamelle.

La dysphagie. pour laquelle le malade était entré à l'inllrmerie, existait déjà depuis plusieurs mms et avait produit un amaigrissement notable. La voix éUit éteinte comme dans la laryngite chronique ulcéreuse.

Je me demandai si la dînicullé de la déglutition n'était pas due â la présence d'une tumeur (csopLagienne i mais la tonde pénétrait librement Jusque dans l'ci^ tomac

Pendant les premières semaines de son séjour dans mes salles, le malade aTait pu avaler des aUmeuts liquider. Cette ail m enta lion, quoique însufûâanle^ le s<mtenail encore un peu^ mais il continuait à maigrir très-rapidement. Bientôt lea liquides eut -mêmes ne furent admis qu'avec dtfûculté. L'émaciation de» muîcîes était arrivée an dernier degré. Les lipomes^ qui avaient jusque^ïà consente leur Tolume, commencèrent alors à s'atrupliler; ilâ devinrent mous, fiasques, et dlmlnuèlenl de plus de moitié. Lorsque la déglutition des liquides fut devenue Inipossitile, il fallut reciiUTlr à l'alimentation par la sonde œsophagienne, mais celle ressource fut Intuf^âante, et le matade mourut le iri mai 186?, dans un éiat de miigreur inexpriuiaUe.

À l'autopiic nous n'avons truuvé^ ni dans le mésentèrei ni dans aucun autre organf", aucune triicc delà grnlfse normale.

Les nombieuses tumeurs cutanées ou souseuianécs que nous avons ei aminées ■Taient perdu la plus grande partie de Itur graisse. Les unes étaient Jaunes; lea AîlUc*^ d'une couleur grise ou rosée. Celles-ci ne renfermaîÉnt que du tissu conjoneltf« det gouttelettes huileuses, et des myriades de granulations graisseuses. Cellf-s qui étaient jaunes renfermaient en outre une p élite quantité de vésicules adipeuses. Malgré I évidence des caractères des tumeurs graisseuses, caractères que j'avais constaiéâ avant rémacialion, et mal^^ré le rensfignerneni t»l£^n positif donné par le malade, qui avait raconté, d'après 1 opinion de Beaucliénef que sa première tumeur étîiit> une masse de graisse, » Je commençais déjà à eoncevolr des doutes sur retactUude de cea diagnosiics, lors |ue la continuation de i'autopiie me prouva iiu'il a'agl&iail Iiif-n réellement d'une généralisation graUseuse.

Dans la gaine du siemo^maHuidien droit eKtalalt une niasse graUsease eirconferlle, jnumt et composée de vésicul^^ adipeuses. Une autre tumeur eiiilaii djins la gaine de fart ère carotide. Il y avait, dans la partie supérieure du stemo-majstf idien droit, une pvlile collection de matière crémeuse , grosse comme un haricot, que nous prîmes d aliord puur un al^cè^j ou pour un inhérente ramolli; mais au mieroicopei DOUi n'y troii^âme^ que des granulatluns gralfscruses.

La paroi de l'œ^uphage, dans la plus grande partie de son étendue, était devenne graUteuse^ les libres mu«:ulalre? en certains poinht avalent entièrement disparu. C'était la cau^ de la dy^ptiagie.

Une mllitraUou graisseuse circulaire^ épaisse d'un centimètf e, occupait roorerture pylorique.

Enfin, des députa de graine exiiUient dans l'épaisaeiir de toutea les valvules du

cœur ; celui da la yalva-e bicuspide éuit plua gros qn'ira barleot. Le cœur n'Haï pas été auscalté pendant la ^le.

Il y avait quelques granulations tuberculeaies au sommet des poaiBOiii. La ■■queusedu larynx présentait un grand nombre de petites ulcérations. La eaviUle rarachnoide, celle des ventricules cérébraux, qui étaient très^Iatés, et les espsM sous-araclinoidiens renfermaient une énorme quantité de sénAté. Le eenms, égoutté pendant 34 heures, ne pesait plus que 1110 grammes. II était donc très-Hitphlé, mais ne présentait d'ailleurs aucune léi>ion.

Les pièces ont été présentées à là Société de chinirgiey dans h séance du 1 i mai 1862 (i). Analysons maintenant cette observatioi rare el curieuse. Un lipome unique parait, en 1817, chez un homme de 25 ans; il s'accroît d'une manière continue, et atteint en 6 ansk poids de 2,500 grammes. Pendant ce laps de temps il ne se foroe aucune autre tumeur. Jusqu'ici, rien de particulier dans TobservatioiL

Mais la tumeur, devenue gênante par son volume, est enlevée. L'opéré reste guéri pendant cinq mois, puis il voit naître de toates parts, et par centaines, de petites tumeurs superficielles de môme nature que la première. La cause de celte poussée^ pour emprunter au malade une expression très-significative, était-elle h môme que celle du premier lipome? On répondra négativement, si l'on juge de la différence des causes par la différence des effets. On peut se demander toutefois s'il ne s'agissait pas seulement d*ùne diathèse lipômaleuse, diathèse partielle, limitée à un seul système anatomique, et faisant naître successivement, dans le tissu [co&jouctif sous-cutané, plusieurs tumeurs graisseuses formées à des intervalles indéterminés, comme tous les chirurgiens en ont vu des exemples. Mais les choses, chez notre malade, se sont passées tout autrement. Après la formation de la première tumeur, six ans et cinq mois se sont écoulés sans tumeurs nouvelles ; il n'y avait donc pas encore chez lui de tendance à la multiplicité des lipomes. Cette tendance s'est révélée tout à coup, sous une forme inconime jusqu'ici dans l'histoire des lipomes, par une sorte d'éruption qm s'est faite simultanément dans toutes les régions du corps, et cela est sunenu assez peu de temps après l'ablation de la première tumeur pour qu'il soit difficile de voir dans la succession de ces deux bits une pure coïncidence. Lorsqu'une pareille poussée de tumeurs 8^ condaires se produit quelques mois après l'ablation d'un cancer, personne n'hésite à admettre la généralisation. Si l'on hésite ici, c'est parce que le lipome a une réputation proverbiale de bénignili et j'avoue que, tout d'abord, j'ai reculé devant l'idée d'une généra-

U) BuUefin de la Société de chirurgie, 2» sér e, t. III, p. 1k^,

CÉNÉIUUSATIOÎf rm LÎPÔME.

lisalîon. Mais les résaltals de Tautopsie ne m'ont plus persil is ûe confondre ce cas avec ceux qui kowI relatifs à la dialhése iipùnialeuse ordinaire. Les dép^!)ls de graisse ne s'étaient pas çfleciués dans un seul système analomique; it y en avait dans le tissu conjonclif souscutané, dans répaisseur de la peau, dans Je muscle slei ao-oiastoî- #&n, dans la gaine de la carotide, dans les parois de l'œsopliage, dans Je p} Jore, enfin dans Jus valvules du cœur. La cause de ces dépôts éUtit donc g^mérale^ dans lu sens le plus rigoureux de ce mot» et ne pouvait être comparée à nos dialhèsus pariiclJes (voy. pJus haut, cliap, di, p, 147). C'esl à ce caractère qu'on reconnaît la généralisa Lion, il n*y a pas eu, il e^l vrai^ de syinplômes analogues à ceux qui ré vu Jent au chirurgieri 11 orectioa cancéreuse, car le dépérissement tardir et la mort du malade doivent être imputés à Jlnanîtion qui a été la conséquence de J'altéraliou graisseuse de lœsophage. Mais cela prouve simplement que le lipome n*est pas un cancer, et o'avons- Dous pas Fu manquer de môme les symptOraes généraux de l'infection, dans Jes cas de cliondrômes et de myéJoïdes généralisés que nous avons rapportés? Il y a touleFois quelque chose de curupara* lile entre la cause de nos Jipùmes généralisés cl Jinfcction caucéreuse* Celle-ci, on le sait, va toujours en s'aggimant, et une fois qu'elle est déclarée, elle laisse rarement vivre les malades une année entière. Or, Lien que le malade aux lipomes ait vécu trenteneuf ans après le début de la généralisation, l'étal général qui le dominait s'est aggravé jusqu*à la fin, puisque les dépôts- secondaires longtemps limilés à la peau et à la couche sous-cutanée^ oui fini p:i|' envahir les muscles et les organes internes.

Je dois ajouter maintenant que !a quantité de tissu conjonctif et fibreux qui existait dans les lipomes extérieurs de mpn malade, m'a paru bien supérieure à celle qui se rencontre dans les lipomes ordinaires. J'avais vu, pendant les derniers temps de la vie, ces tumeurs diminuera vue d*œil, par suite de la résorplion croissante du tissu adipeux, phénomène û'auiophngie bien connu de tous ceux qui ont étudié les elfets de Finanition. A l'autopsie^ toutes renfermaient encore une très-grande quantité de granulations graisseuses et de < gouttelettes huileuses^ et beaucoup renfermaîenl en outre des vésicules adipeuses; mais il était évident que la plus grande partie de la*| graisse avaîl disparu, que ces Iip6mes étaient presque réduits 5 leur] trame de tissu conjonciîf et fibreux, que celle-ci n*avaît pu s'accroître pendant la période d'inanîlii»n, et qu'elle était très-abondante, eu égard au volume primitif des lipomes. Il m'a donc pam* que ces productions graisseuses extérieures n'avaient jamais été des

lipomes purs, mais plutôt des tumeurs flbro-adipeuses; Yariétéde lipomes aujourd'hui bien connue.

Je n*ai pas de renseignements histologiques sur la première tumeur extirpée on i 823 par Beauchône. Le malade se souvenait psN faîlement d'avoir entendu dire par son chirurgien que c'était un gros paquet de graisse ; mais Beauchône pouvait très-bien donner ce noffli une tumeur iibro-adîpeuse. Je me demande donc si la marche exceptionnelle et la malignité relative de cette affection ne dépendaient pas de l'association de l'élément fibreux à l'élément adipeux. Je pose celte question, parce que la généralisation des productions fibreuses est un fait aujourd'hui démontré par plusieurs observations; mais il y a toujours ceci de particulier, que les dépôts secondaires des muscles et des viscères^ qui se sont formés dans les derniers temps de la vie, étaient franchement graisseux.

Ce point, au surplus, n'est qu'accessoire. La généralisation d'one tumeur fibro-adipeuse ne serait pas moins remarquable, ne serait pas moins signiûcative que celle d'un lipome pur; car ces deux variétés de tumeur sont de même espèce; on passe de l'une à Tautxf par des transitions insensibles, et toutes deux sont connues pour leur bénignité habituelle.

Ainsi, tandis qu'à l'une des extrémités de la série des tumeurs, nous voyons la généralisation du cancer se manifester très-fréquemment, comme conséquence d une infection générale évidente, constante, et inévitablement mortelle, à l'autre extrémité de la même série, nous voyons la généralisation des lipomes, pqrs ou fibreux, s'efTectucr très-exceplionnellemcnt sous l'influence d'un état général qui n'a pas d'autres symptômes, qui ne peut être étudié indépendamment de ses localisations, qui est compatible avec une lougœ vie, qui ne parait même pas porter directement atteinte à la saoté, et qu'on n'ose pas désigner sous le nom d'infection, — quoiqu'on donne ce nom à l'empoisonnement syphilitique, qui, lui aussi, ne se révèle que par ses localisations, qui, lui aussi, peut persister indéfiniment dans l'organisme,

InvîBible, et présent comme l'air qu'on respire. (BARTRÉLEaT.^

Les autres tumeurs susceptibles de se généraliser se placent entre ces deux termes extrêmes. Sous ce rapport, comme sous tant d'autits, les diverses espèces de tumeurs présentent des analogies et des différences. Les analogies se réduisent à ceci : que, sous l'influence d'une modification générale de l'économie, qui sunient à un certiin moment, des tumeurs secondaires se forment dans divers organes.

rDÊS DIVERSES ESPÈCES d'iPJFECTIDN.

Ce phéiioméïie frappant indique que le mal est entré daas une nouvelle phase. Mais Tobsena lion clinique des svnsptômes permettrait déjà de dire que toutes les tumeurs ne se généralisent pas de la même manière, et de considérer même comme probable que chaque espèce se généralise à sa manière, — quand même ranatomie pathologique ne nous montrerait pas que les tumeurs secondaires sont toujours de môme nature que la tumeur primitive, et qu'elles dépendent par conséquent d*un éUt général qui varie suivant la

■ nature de cette dernière.

Ainsi, soit qu'on se place au point de \ue anatomique, soit qu'on se place au point de vue clinique, on est conduit à reconnaître que l'infectiôo cancéreuse diffère notablement de Tétai général qui préside à la généralisation des autres espèces de tumeurs. Mais il n'en résulte pas que le phénoniène de la généralisalion soit dû^ dans les^ divers cas, à des influences d'ordres diD'érents. L'analogie des résul- K tats matériels nous conduit, au contraire, à admettre Fanalogie dôj "^ leurs causes, et l'exemple du cancer, en nous permettant d'attribuer] la génératisalion k une infection qui, dans ce cas, est presque con- [ stamment manifeste, nous permet de considérer comme ioQniment |

I probable que la généralisation des autres tumeurs est aussi due à ^ ttne infection, quoique les symptômes de celte dernière fassent le plus souvent défaut.

Nous allons maintenant nous efforcer de déterminer la nature des rapports qui existent entre la tumeur primitive et les tumeurs secondaires; et, dans cette étude délicate, nous considérerons seulement les cas où l'existence de l'état général que nous appelons rinfcction, e^l incontestable et incontestée, La solution d'un problème est d'autant plus difOcile qu'on possède moins de données, moins d'éléments observables. Si nous prenions pom- Ivpe la généralisation des cbondrôraes, ou des myéloïdes, nous ne connaîtrions que deux éléments, savoir : la tumeur primitive, et rapparilîon des tumeurs secondaires. En prenant pour type le cancer, nous aurons un troisième élément, savoir : rallération générale de l'économie qui, se manifestant après la tumeur primitive, et avant la gétiéralisation^ sert pour ainsi dire de trait d'union entre elles.

Nous chercherons donc à établir les bases de la doctrine de Pinfection cdfieereu«e, et de la généralisation du cauc^; nous parlerons comme si le cancer seul était en cause, et s'il nous arrive quelquefois de faire allusion k la généralisation des autres tumeurs, on ne devra pas perdre de vue que notre argumentation ne s'applique directement qu'ii la généralisation du cancer.

§ 3. — De rinfectlon cancéreuse en (uirticulier. — État du aang. — Prétendu cancers du sang.

La description des principaux symptômes de l'infection cancéreuse a été donnée en abrégé au commencement de ce chapitre. 0 n'est pas nécessaire de la développer davantage pour le but que nous nous proposons ici. Mais nous donnerons quelques détails flor l'état des liquides chez les individus arrivés à la dernière période de cette infection, qui prend alors le nom de cachexie cancéreuse.

La composition chimique du sang de ces individus a été étudiée par M. Andral (I). La proportion de la fibrine ne lui a pas para modifiée sensiblement par le fait seul de Texistence de la maladie cancéreuse. Celte proportion est à peu près normale dans les cas ordinaires. Lorsqu'il existe une complication inflammatoire, accompagnée de Ûôvre, le chiffre de la fibrine s'élève quelquefois, et même d'une manière nobiblc; il peut diminuer, au contraire, chez certains cancéreux épuisés par dos hémorrhagies continuelles, ou chez ceux dont les fonctions nutritives sont directement compromises par le siège spécial de la tumeur; mais, somme toute, la fibrine du sang ne semble pas altérée par le fait seul de Tinfection cancéreuse. Tontes 1rs fois qu'on a rencontré cet élément en proportions anormales, il a été possible de trouver la cause de ce phénomène dans des circonstances particulières qui ne faisaient pas partie essentielle de h maladie cancéreuse.

Il parait résulter, au contraire, des analyses de M. Andral, et de celles de M. Simon (^), que le chiffre des globules diminue dans h dernière période de l'infection. Ce chiffre peut descendre de 127 à 46 (Simon), et même à 21 (Andral). Lorsque la diminution est excc^ sive, elle est due en partie à des hémorrhagies, comme cela avait Heu dans le cas, où il n'y avait que 21 millièmes de globules. Mais II déglobulisation a été constatée en l'absence de toute complicatioi^it alors on est obligé de la considérer comme la conséquence directe de l'infection.

La quantité d'albumine dissoute dans le sérum du sang parait

fl) Andral, Hématologie pathologique, Paris, 1843, Id-8, p. 165.

{2) Frai» Simon, Physiologùche und palhologische Anthropochemte. Beriln, iHL Je ne connais cet ouvrage que par la traduction anglaise de Georges Day : AntÊÊèd Chemistry wit h Référence to the Physiology and Pathology of Mon, LoDd.. 184^ 2 vol. in-8. Le passage cité se trouve à la pag. 309 du tom. 1 de celte édIUoD. — Voy. aussi t. I, p. 284, pour l'analyse du sang d'une hémorrhagie foonite par n cancer ulcéré du col de l'utérus.

LE SANG DES CANCËREl'X.

3tl

dimîouer en même lemps que les globules. Ainsi, dans le cas où M, Simon trouva les glolmies réduits à 46 mUliémes (au lieu de !â7)| ralbumÎDe du sérum était réduite à 55 (au lieu de 68), Le sang était j dûBc beaucoup plus aqueux qu*àl'élat normal, Il renfermait 887 mil* lîèmes d'eau, au lieu de 791* Cet état du sang explique la tendance aux bjdropisies qui se manifeste chez beaucoup de cancéreux,

Toul permet de croire que ce n'est pas seulement la composition < chimique du sang qui est modifiée, et que la quantité absolue de ce ! liquide diminue notablement dans la dernière période de l'infectioa cancéreuse, môme chez les malades qui n'onl pas été épuisés par 1 des béniorrhagies. On sait combien il est difficile d'évaluer, même approximativement, la quantité de sang contenue dans le cor[>s d\m , iodividu. Les procédés employés par les physiologistes, pour faire celle détermination chez les animaux, laissent encore beaucoup k\ désirer; et d'ailleurs ils ne sont pas applicables à Fhomme, Il est donc tout à fait impossible de savoir quelle est la quantité aàsolue de ,||lig chez uB individu quelconque, sain ou malade. Mais on doit à * M. Louis un moyen d'évaluer indirectement, après la mort, le volume r^/a/t/ du sang dans les maladies chroniques qui ne s'accompagnent d'aucune lésion de Tapparêil circulatoire central Ce moyen consiste k mesurer les dimensions de roniice vcntriculo-aortique, sar un certain nombre d'individus de m^me sexe, de même âge, et morts de k même maladie. En pratiquant la même mensuration che^E d'autres individus morts de maladies aiguOs, on obtient des moyennes qui permetlent d*apprécier assez bien rinfluence des maladies chroniques ^ur le volume total du sang* La moyenne normale du diamètre de cel orifice, chez l'horarae adulle, est, en cenlimétres, 2,87, Elle n'es^t que â,66 chez les phtbt.^iques; elle descend à â,50cbrz les malades qui succombent aux progrès nalurels de Tinfeclion cancéreuse* Or, le calibre réel d'une ouverture est représenté par le carré de son diamètre; si Ton fait le carré des nombre^i précédenls, et qu*on réduise tout en et nlicmes pour faciliter la comparaison j on trouve que» le calibre de rouverture aort que élant représenté par 100 h TéLat normal, ce calibre u*est plus que de 85,8, chez les i^hlbisiques, et 75,8, chez les cancéreux. Cela permet de penser que, chez ces derniers, la masse totale du sang est diminuée d'environ un quart.

La coloration jaune-paille de la peau parait due à une altération particulière et inconnue du sang. On a pensé que cette altération était de même nature que celle qui produit l'iclère, et que c'était la matière colordnle de la bile qui &e déposait dans la couche su[ erli-

cielle du derme; on a môme supposé que la teinte jame des cancireux était la conséquence de cancers secondaires multiples, dére^ loppés dans le foie. Mais elle existe très-souvent sans que le foie soit atteint; puis, elle n'occupe que le derme; elle ne colote ni les tisMi blancs, ni la synovie, ni Turine. Elle ne peut donc être confondue avec rictère. Quelques auteurs, la comparant à la teinte anémique, ont pensé qu'elle était due aux hémorrhagies qui se font si fréquemment à la surface des ulcères cancéreux; mais elle se manifeste très-souvent sans avoir été précédée d'aucune hémorrhagie, et avant même que la tumeur soit ulcérée. Il s'agit donc, selon toutes probabilitési d'une altération particulière du sang.

Des hydropisies plus ou moins étendues se produisent fréquemment chez les cancéreux pendant les derniers temps de leur vie. Oo verra tout à l'heure qu'elles peuvent être dues à des causes mécamques, telles que l'oblitération veineuse, ou la compression desveiiies parles tumeurs situées sur leur trajet. Mais lorsqu'on ne trouve,! l'autopsie, aucune lésion capable d'expliquer l'hydropîsie, cellM doit être attribuée à Tallération du sang.

Il résulte de tous ces faits que l'infection cancéreuse modifie profondément le sang sous le rapport de la quantité, et sous le rapport de la qualité. Si les autres infections fibro plastique, chondrômiteusc, épithéliale, etc., produisent dans le sang des modifications analogues, ou des modifications différentes, c'est ce que persomie ne peut savoir encore; mais il est permis de penser que le sang doit être, dans tous les cas, le siège d'une certaine altération, appréciable ou non à l'analyse chimique, puisque ces infections font naître des tumeurs secondaires multiples dans des organes qui ne communiquent avec la tumeur primitive que par l'intermédiaire de h circulation générale.

On trouve quelquefois, à l'autopsie des indindus qui ont succombé dans la période d'infection, des masses cancéreuses intravasculaires, qui ont été considérées à tort comme le résultat direct de l'altéiah tion du sang, et qui, par suite de celte théorie erronée, ont été désignées sous le nom de cancers du sang.

L'origine de ces cancers intravasculaires a déjà été indiquée plus haut, dans le chapitre de la propagation (voy. p. 210 et suiv.). On a vu que certaines tumeurs, et notamment les cancers encéphalcAdeSy ont la propriété de perforer les parois des veines, de se prolonger dans la cavité de ces vaisseaux sous forme de champignons, et qœ des fragments de cancer, détachés par le choc du sang, peuvent être entraînés, par le torrent circulatoire, le long de l'arbre veineux.

PRÉTKNDUS C^VJ^CERS DU S.VNG.

ïfti^ue dans les cavilés droites du cœur, et de là jusque dans les divisions de rartére pulmonaire. Ces cancers inlraveineux, entourés d'tin caillot prolecteur, peuvent flotter librement dans la cavité du ^système vasculaire à sang noir. D'autres fois^ ils s^arrétenl, se lisent lur la paroi veineuse, produisent «ne oblitération plus ou moins étendue , et peuvent continuer à s'accroître dans cette nouvelle situation* ^k Telle est Ja cause^ et la cause unique, des prétendus cancers du

L'eitistence de ces cancers avait été constatée avant qu'on connût le mécanisme de la destruction des veines parle cancer. J\ était donc naturel, dans l'origine, de considérer ces productions, qui souvent 5ont libres de toute adhérence, et contenues dans des veines non attelles, comme des cancers développés dans le sang. Ce fui l'opinion de M, Velpeau, qui communiqua, eu 1824, à TAcadémie de médecine, une des premières observations de cancer intraveineos (1). II supposa que la matière cancéreuse contenue dans la veine cave s'était développée d'emblée dans Hnlérieur de cette veine (2)* Mais Brescheî, Chomel, M. Andral, à qui la pièce fut montrée, constatarent que le cancer intraveineux se continuait directement, dans yne étendue longue de î pouce, et large de 3 lignes, avec une tumeur cancéreuse qui enveloppait la veine cave (3). Quoique interprétant autrement que M* Velpeau ce cas particulier, M. Apdral ne rejeta pa* pour cela d'une manière générale la théorie des cancers du sang. Il pensa que ceux qui étaient flottants se Tormajenl aux dépens de la fibrine. De môme que, dans le développement des tumeurs cancéreuses, la fibrine du sang s'organise et se transforme en cancer; ainsi, cette même ûbrine, encore contenue dans le sang, se change en matière encéphuloïde chez les individus en proie à la cachexie cancéreuse.

Carswcll a repris celle hypothèse. Ta développée et Ta érigée en doctrine (4), Suivant lui , avant Tapparition de la première tumeur, les éléments du cancer existeraient toujours dans le sang; ils ne se

t{i} Langstaffen itsU déJàrippDfté ua £]ieiiiplËCn IStT {Medif^Chirtit^gimi frmi' trtiottt. LomL, 1817, 1n-8,T0L VHI, p, 2S6). - Kug. CailliM, tllé par l.olralein, ea kftit publié une auîre olifierration en IS33, dans bû lttéfl€ maugumle (Lobstein, nai. ptithtio^iqvt^ 1. î» p. 431).

(?) Velp«au, Mémoire iendanf à pmuver Vaitération des flitûki dam tes matûdie« fncéreuifi, elc» dacia Revue métJtmie, I8Î5, 1. 1, p* îil et Siï» in) Ëetue médtcaîe, IS?S, L 1, p. âlâ.

t*J Tht Cydf^m ùf Frnctkai Midicme, Lond,» 1831, graini în-8. tôt, tlî, {u COO .#1 lulr.» ifi« ScmiKim,

déposeraient que plus tard, molécule à molécule, danslepuc» chyme des organes, donnant successivement naissance à toutes la tumeurs, primitives ou secondaires. Il n'y aurait donc aucune di^ rence entre la cause de celles-ci et la cause de celles-là. L'infcdia ne serait pas une modification consécutive de l'économie; eDeM serait que la continuation et l'aggravation de la diathèse qui a U naître la première tumeur, et les cancers intravasculaires se tr* meraient lorsque la matière cancéreuse, se trouvant en excès im le sang, se précipiterait sous forme de masses, flottantes oo idbi* rentes, plus ou moins volumineuses.

Plus loin, en cherchant à déterminer la nature de rinfecticoeai' cércuse, nous aurons à discuter plus amplement la doctrine à hqut'Ile Carswell a attaché son nom. Ici nous nous bornerons à eaminer la valeur du fait anatomique mal interprété sur lequel dk repose.

A l'époque où elle a été émise, on ignorait que la matière cane* reuse fût constituée par des éléments anatomiques globulaireSi (■ croyait que c'était une substance liquide, on pouvait donc concem que, née dans le sang, elle pût se déposer dans les tissus pareille lation pour constituer les tumeurs. Aujourd'hui, on sait que lesgkh bules du cancer, noyaux ou cellules, sont solides, et plus ifolaoineux que les globules du sang, qu'ils ne peuvent filtrer à travers hi parois ^es vaisseaux, que par conséquent, s'ils se formaient daosk sang, ils y resteraient, au lieu de se donner rendez-vous horsda vaisseaux, et de s'accumuler en un point en formant une (umcv. Cela suffit pour nous permettre de rayer d'un seul trait de plaw l'hypothèse de Carswell sur l'origine des productions oancéreua en général. Cette hypothèse serait applicable tout au plusàlafe^ mation des cancers intravasculaires. Mais il sera facile de promtf qu'elle est tout aussi fausse dans ce cas particulier que dans sei acception générale.

Les cancers intravasculaires, flottants ou adhérents, ont été Irofr vés dans les parties les plus diverses de l'appareil de la circulatioii On en a vu dans les veines du bassin, dans les veines iliaques, sois* clavières, jugulaires, brachio-céphaliques, dans les deux Tdixi caves, dans la veine porte, dans les cavités du cœur, dans Tartènd dans les veines pulmonaires. De là est venue l'idée que ces caneoi peuvent se former dans tous les vaisseaux, que par conséquent ib ne dépendent pas de causes locales, et qu'ils sont dus à une altéfition générale du sang.

Telle est du moins la conclusion qui s'est présentée k l'esprit iê

t'nÉTKNDUS CANCERS DU SANG.

irswi^U et de ses partisans. Os oui rassemblé, sans les analyser, un certain nombre de fails, et, voyant d'une part que les cancers les ^plus divers parleur sic'ge peuvent 6tre accompagnés de productions cancéreuses iiilravasculaires, d'une autre part, que ces productions peuvent exister dans les vaisseaux les plus divers, ils en ont conclu que les Uifluences locales élaient nulles^ et que les cancers du sang se formaient directeineDtj spontanément, daus Tintérieur des vaisseaux.

Si, au lieu de prendre ainsi les faits dans leur ensemble, ils avaient analysé chaque observation en particulier, ils serîiient arri- &s sans doute à une conclusion toute différente. El d'abord, il n'est pas exact de dire que les cancers intravasculiresse présenlent indifféremment dans lous les vaisseaux. Ils ont pour siège à peu près exclusif la cavité des vaisseaux à sang noir, et jusqu'ici on ne les a jamais trouvés dans les artères aortiques, 11 est possible qu'on yen trouve tôt ou lard^ puisqu'on en a vu une fois dans le co&ur gauche, et que de lii, sans doute, ils auraient pu être lancés dans Taorte- Mais il est instructif de constater qu'il n'existe aucun exemple de cancer inti^vasculaîre des artères aortiques, tandis que les cancers sontasscx fréquents dans les vaisseaux à sang noir pour qa1l rae fat aisé d'en citer plus de cinquaate observa* lions. Or, si rhypotbèse de Carswell était exacte, il n'y aurait pas de ^laison pour que les cancers se formassent plutôt dans les veines que daus les artères. Lorsque la maliùre caocéreuse se trouverait en ^kxcès dans le s;mg noir, elle ne sentit pas moins en excès dans le ^■lang rouge, et les artères par conséquent devi-aîent être, aussi sou- Hhrentque les veines, le siège des prétendus cancers du sang. Sup- " posera4-ofi qoe le contact d'une paroi veineuse soit nécessaire ^pour que les éléments cancéreux, disséminés et perdus au milieu H^es globules sanguins, puissent s'altérer, se juxtaposer, et former ^hne niasse solide? Supposera-t-on que Tagitation considérable du Kiang artériel s'oppose à une agglomération que rendrait possible la tranquillité relative du sang veineux? Ces deux explications sont renversées par un seul et même fait* Il y a un vaisseau dont les pa* rois sont .irlériclles, oà le sang est bieu plus agité, bien plus rapide que dans les veinesi et oh pourtant les prétendus cancers du sang sont plus fréquents que dans n'importe quelle veine. Ce vaisseau, c'est l'artère pulmonaire. Supposera-t-on enfin que les qualités particulières du sang rouge mettent obstacle à la juxtaposition des éléments cancéreux qu'il renferme? Une observation de Basse, que je crois unique jusqu'ici, suflit pour mettre à néant cette

^" fitofeux sans qu'il existe aucune lumcui tameur, celle-ci occupe souvent des organ calîon avec les veines obstruées par les ca rilé aucun fait à l'appui de ces deux opin à tait sans valeur, rersonne, soit avant, so avoir vu ces prétendus cancers pf^imitifs admis rcxisteoce* L'assertion de Carswi d'aucune explication, d'aucune dcscriplio chose toul à fail insolite, qu'on adraeltrai le témoignage du microscope, D*aurait d*^tre mcnlionnée ici, si elle ne nous don litude des caractères d'après lesquels il ture des cancers du sang. On nous perme certain que sescancersprimiVi/sdusang, ( sans tumeurs^ n'étaient que des caillots p décolorés, consécutifs à des phlébiles ou à autre nature. Dès loi^, il est permis d'éle litude de son diagnostic anatomique, h chez les cancéreux, des cancers du sang absolument étrangères à la circulation c lerai tout à Theure des oblitérations nm ment quelquefois dans les veines des cai riode de la cachexie » et qui peuvent quelle veine, quel que soit le siège des constiluent ces oblitérations, peuvent, av<

i^ rnlnrfilinn nn rïtmnlïissPTTipnt nui leur do

SIÈGE DES CAISCERS IvNTRWASCULAÎtîES,

pb;LJoïde une ressemblaoce grossière. Si Carswell élait Jiomme à ^ prendre de simples caillots pour des c*incers chez des indhidus non L cancéreuSj à plus forte niison devaîl-il commettre celte erreur lors- *: que rexistence d'une tumeur cancéreuse évideute rendait rilltision

plus facile ; car on se laisse aîséraenL aller à considérer comme can-

• céreuses toutes les lésions de nature inconnue qu'on rencontre sur le cadavre des cancéreux.

' Mais si Carswell est le seul auteur qui ait admis les cancers pri- '' mitif^ du sang, d'autres, après lui, ont répété que les cancers sccon- ' daires du sang pouvaient se présenter indistinctement dans toutes te les veines. Ceux-là ne nous ont pas donné, comme lui, des motifs ^ de mettre en doute leur compétence. On peut se demander toutefois ^ s'ils ont parlé d*après leurs propres observations ou d'après leurs lect tures* U a dû arriver sans doute plus d'une fois qu*on a trouvé des ' caillots suspects dans des veines tout à fait indépendantes de la tu- ' meur. Un s'est laissé aller k les considérer comme cancéreux, parce * qu*oa connaissait les idées de Carswell, et, sans y regarder de plus ' près, on a répél'é que les cancers intravasculaires n'avaient aucun ^ rapport de siège avec les cancers extravasculaires. C'est ainsi que î plusieurs auteurs recommandables ont pu dire qu'ils avaient vérifié ' l'exactitude de Tasserlion de Carswell. Mais, autre chose est un fait plus ou moins vague, dont on se souvient avec plus ou moins rcxactitude, autre chose est une obsenation qu^on recueille attenti- ^racnl pcïur la livrer à la publicité» Dans le premier cas» on apprécie le fait en passant et on l'interprète dans le sens des idées dont on est imbu; dans le second cas, on examine les détails avec soin, on tient compte de tous les éléments, et on est souvent conduit à modifier le jugement qu'on avait d^abord porté. En d'autres termes» il y a plus de chances de trouver la vérité dans des observations écrites que dans dt*s impressions qui n'ont été soumises à aucun contrôle, I Si maintenant, an lieu de chercher dans la science des asîertiomj on chercbe des /a/r«, ou trouve que, dans toutes les observations publiées f les cancers intravasculaires occupent un siège parfaitement déterminé par rapport à la tumeur primitive ou par rapport à Tune des tumeurs secondaires. Ils sont direclemcnt situés sur le trajet du sang qui, après avoir traversé la tumeur, n*a pas encore atteint les capillaires, de telle sorte que si, à partir du point oii oo les trouve» on remonte le cours du sang, on arrive toujours directement à un vaisseau veineux compris dans la tumeur, — et que Si au contraire, h partir du même point, on suit le cours du sang, 00 arrive h un système de vaisseaux capillaires au delà dtiquel

le sang ne renferme plus aucun fragment visible de substance ctncéreuse. Il n'existe pas d'exception connue à celte règle.

Ainsi, lorsque le cancer occupe le pli de Taine gaache, lescaoem inlravascuLiircs peuvent se rencontrer dans les veines propres deh tumeur, dans la parlic supérieure de la saphène et de la veine flmorale du même côté, dans la veine iliaque externe, dans riliifiK primitive, dans la veine cave inférieure^ dans le cœur droit, te le tronc et les branches de Tartùre pulmonaire, et jamais dansla autres vaisseaux. Lorsque le cancer occupe le côté droit du ooa, ta cancers du sang ne sont possibles que dans la jugulaire interne il la jugulaire externe du même côté, la sous-clavîére, le tnmc laneux brachio-céphalique droit, la veine cave supérieure, le ctBV droit et Tartère pulmonaire. Et ainsi do suite. Lorsque la tunetf occupe Tabdomen, les cancers inlravasculaires peuvent, suivant ta cas, se rencontrer dans deux ordres de vaisseaux, savoir : l*ta veines qui vont se rendre à la veine cave, la veine cave elle-méfli» et de là, comme précédemment, le cœur droit et Tarière pulnonaire; 2* les veines qui vont se jeter dans la veine porte, le tronc delà veine porte, et les veines sous-hépatiques jusqu'à leurs de^ nières divisions. Enfin, lorsque le cancer occupe le poumon, û qu'il n*y a pas d'autre tumeur cancéreuse dans Téconoinie, lespiétendus cancers du sang n'existent jamais dans le système des naseaux à sang noir; mais on peul les trouver dans le sang rooge de veines pulmonaires, de là ils peuvent gagner le cœur gauche, ft sans doute aussi le système des artères aortiques, mais jusqalri l'oreillette gauche a été la limite de leurs migrations.

En d'autres termes, et d'une manière générale, étant donnée OM tumeur, les cancers intravasculaires ne sont possibles que dan* hi points où le sang de la tumeur peut les transporter et les déposer; et réciproquement, étant donné un cancer inlravasculaire, ileziile toujours une tumeur dans une situation telle qu*on peut le eonridérer comme ayant pris naissance au niveau de cette tumeur, da» une veine directement tributaire du vaisseau où on le trouve.

J'ai dit tout à l'heure que les cancers inlravasculaires ne remOBtent jamais le cours du sang, qu'ils ne se rencontrent jamais ni « amont de la tumeur, ni dans les veines collatérales des troncs qa ramènent le sang de la tumeur. Cette règle est absolue pour ce qui concerne les cancers flottants^ dont la migration ne peut se faireque dans le sens de la circulation. Mais, lorsque le cancer intravascvlaire, et le caillot qui l'entoure presque toujours, forment une masse assez volumineuse pour obstruer complètement une veine, la cî^

SIÈGE DES CANCERS INTIUVASCUL.\mES.

culation est îotcrrompue et la matîère cancéreuse peut se prolonger dans l'intérieur du vaisseau suivant une direction opposée à là direction normale du courant sanguin. Le cancer intraveineux^ ainsi fixé, contracte avec la paroi veineuse des adhérences plus ou moins mtimes; il continue à vivre et à s*accroUre, refoulant ou détruisant les caillots passifs qui remplissent les veines atTércnles, comme pourrait le faire une injection rélrog:rade. Bans un cas de cancer du rein, que M. Pelletier présenta, en f833> à la Société anatomique, la veine cave était remplie de matière cancéreuse depuis son origine, à l'union des veines iliaques, jusqu*au luveau du fuie (!). Le cancer intraveineux avait donc remonté dans la veine cave, depuis Tem* bouchure de la rénale, jusqu^à la terminaison des iliaques. J'ai publié ailleurs Tobsenation d'un individu qui avait succombé h un cancer ulcéré du testicule avec un engorgement des ganglions inguinaux et Uiaques. La veine fémorale était perforée par le cancer au niveau du êfptum cruraie; à travers sa paroi perforée, la matière encépbaloîde faisïiit saillie dans sa cavité, qui était encore perméable au sang; en outrt% la veine cave inférieure renfermait un fragment assez volumineux de matière cancéreuse^ entouré de sang coagulé, Enais libre d'iidhérences. Jusque-là tout était parfaitement conforme à la règle; le cancer intavasculaire était situé sur le trajet centripète da sang de la tumeur. Mais la veine saphéne interne était entièrement oblitérée depuiii le pli de Taine jusqu'au niveau du genou; celte obliléralton, constituée en bas par de simples caillots, ét*iit la conséipience d*un bouchon de matière encépbaloïde qui avait pénétré dans la parlie supérieure de la veine sapîxène, et qui s*y prolongeait tïe kafii m bm^ dans une élendue de quatre travers de doigt (î). M, Rokitansky fait allusion à des cas oîi le reflux de la matière cancéreuse s'était ^^it dans une étendue plus considérable encore. Le cancer primitif occupait l'utérus, les cancers intra^'eineux se prolongeaient dans la veine bypogaslrique, et de là, gagnant les veines iliaques, ils avaient rétrogradé jusque dans la veine crurale (3). Ces faits, que je pourrais multiplier, ne prouvent pas que

(1) Bul/eiins de h Société matomiqutf i. VMÎ, p. 60 (4 avril iUUh LefaU a j eôl Indiqué que trèâ-sommairement; tubïë il est reproduit in tsten/rQ {som le nom et Pettier), daiïs la XVUl'^ Iivmbon ({>L I) de ta grunae Attatomie paîhohgiqué de M. CniyHltiter,

\% Mém. (fi rjcttd. de wAf., t. XVI, p 6M.

(a) Hokatnstky, Handèudi tkf yaHtofogisthe jind^»mi>. Bd ïï, Wien, tHH, ï. GSI. L'aulcuF inaique ce fti^iiociiéne cumme une ratnptie^Uuu du catirer de Tulérua. Il pataii t*aiolr ûbienré plu»t«uT> Ul», jualt tt u'eo cite aucun eiemple |»«rUfu1ier.

320 INFKCTION GÉNÉRALE ET éËNÉRAUSATION.

les cancers intraveineux puissent remonter le cours du sang, puisque le sang ne circulait plus dans des veines préalablement oblitt^ récs; ils prouvent seulement que la matière cancéreuse^ arrêtée dans une veine, peut continuer à s*accrottre et se développer enta sens, comme le font les cancers ordinaires.

On peut donc afûrmer que, dans tous les faits connus jusqo) ce jour, les cancers intravasculaires occupaient une situation telle qol était toujours possible de les considérer comme des dépendaneei d'une tumeur cancéreuse primitive ou secondaire. Cette interTfitation devrait déjà naturellement se présenter comme lapluspntible à lesprit de celui qui ne connaîtrait que deux ou trois obseni' tions. Mais lorsqu'on en réunit un plus grand nombre (j'en aipov ma part réuni plus de cinquante), lorsqu'on constate que, dans toa les cas, sans exception, les cancers intravasculaires étaient placbà portée de la tumeur, qu'ils étaient situés comme s'ils en provenaicBi, on est bien obligé d'admettre qu'il y a une relation anatomiqoe dé^ terminée, et un rapport de cause à effet, entre cette tumeur etki prétendus cancers du sang.

Cette conclusion est tellement claire, tellement pressante, qa'dii a eu des partisans avant même que le mécanisme de rintrodoctioi du cancer dans les veines fût connu. Quoique la théorie de Camidl fût simple et commode, on la trouvait si peu conforme à la rétiité des faits, qu'on lui préférait des hypothèses subtiles, coniipliqnta, et peu vraisemblables.

On supposa d'abord que la matière cancéreuse, primiliveoMDl formée dans la tumeur, pénétrait dans les veines par voie d'absoiption ou, si l'on veut, de résorption, et que, une fois introduite dans le sang à l'état liquide, elle ne tardait pas à se condenser, à se solidifier en formant des masses plus ou moins volumineuses. Cette hypothèse est, d'abord, indémontrable, puisqu'une matière dissoute dans le sang est invisible, et que la chimie elle-même est impni»sante, aujourd'hui encore, à caractériser la substance cancéreofe. En second lieu, lorsqu'on songe que le sang se rend, en quelques secondes, des extrémités aux poumons, on ne peut concevoir qu'une matière dissoute puisse exister dans le sang d'une veine sans passer immédiatement à travers le poumon, de là dans toutes les a^ tères, puis dans toutes les veines. On ne pourrait donc expliquer le siège spécial des cancers intravasculaires qu'en supposant que b matière cancéreuse liquide, absorbée par les veines de la tumeur, se coagulerait immédiatement après avoir traversé la paroi veineuse. Mais cette coagulation instantanée ne pourrait produire que de liés-

ORIGINE DES CANCEns ISTRATASCULAIRES.

peliles masses solides, des fragments presque moléculaires qui ne urraieni s'arrêter dans les veines, qui seratenl chassés aussitôt jusque dans les dernières ramiflcatiotis de Tarière pulmonaire» C*esl \h seulement que les cancers iiitravasculaires pourraient se fixer, c'est là seulement qu*ils pourraient êtie visibles* L'hypothèse de l'absorption est donc en contradiction avec tous les faits relatifs aujt cancers contenus dans les veine$*

Frappé de ces objeclions, M. Rokitansky a admis que les cancers intraveineux étaient la conséquence d*une phlébite particulière, qu'il a désignée sous le nom de phiéèid cancéreuse {\). Li phlébite donne* rail d'abord lieu à la formation d'un caillot, qui se transformerait ensuite m cancer. Celte hypothèse a été reprise et développée par M. le professeur Meyer, deZurich{2),qui, pour expliquer tes relations aïiatomiques de la tumeur avec les cancers intraveineux, a supposé que rirritatîoo produite sur les parois veineuses par un cancer pouvait :se propager le long de ces parois, et se manifester sous forme de phlébite à une dist>ince plus ou moins grande de la lumour (3). Dne opinion émise par deux auteurs aussi recommandables, ne peut être rejetée sans examen. Nous ferons donc remarquer, I* que l 'artère pulmonaire, dont les parois différent essentiellement de celles des veines» est Irès-sonvent occupée par des masses cancéreuses, libres ou adhérentes, qui ne peuvent être attribuées h rînllnmmation; S» que la production d'une phlébite par propagation de Tinflammalion le long des parois veineuses peut sans doute s'cfrectiicr jusqu'à une distance assez grande, mais qu'alors llnflammalion laisse des traces de son passage et des caillots évidents dans toute retendue de son trajet, tandis que, dans beaucoup de cas, il y a entre le cancer intravascuJaire et la tumeur correspondante un intervalle considérable, où les parois des veines sont dans un état parfait dlutégrilé; 3* qu'enfin, si quelquefois les cancers intravasculaîrcs sont fixés sur la paroi veineuse comme les caillots d'une phlébite, et si alors cette paroi est altérée de manière h laisser supposer qu'elle ait pu éïre précédemment le siég;e d'une inflammation, il y a beaucoup de cas ot ces cancers sont flottants, et où ta veine, incompléfcment obstruée, o'e4 leslégei à ce niveau, d'aucune lésion appréciable,

Xe pouvant admettre ni l'hypothèse de l'absorption, ni Thypo-

CM Rokitaïuky, timdifyeh éer patfwtogig^htn Amiomi^, Dd J], i, fiSL Wim. lêil, In-s.

(3) Hennifin ileyer» Utl>er krtè^tyff Phiièiiiâ, dans Imi^hrift fur HatUmeUt McéiâR von Dcnk nwd l'feutTer» l*d liï,*, 136, Heicleliicrg, iB6â, in-! S.

(3, lôc. ciL, p* liO-

thèse de la phlébite, nous sommes conduits à dire que la matière cancéreuse intravasculaire doit provenir, en nature, c'est-à-dire i l'étal de tissu cancéreux^ de la tumeur elle-même.

Cette opinion est la seule qui permette de comprendre et d'expliquer tous les faits, et c'est aussi la seule qui repose sur des preures matérielles. Les partisans de la théorie de Tabsorption eux-mêmes n'ont pu se refuser à reconnaître que, dans certains cas^ considérés par eux comme exceptionnels, les cancers intravasculaires sont dos à la perl'oration des parois veineuses et à la pénétration directe d'un prolongement de tissu cancéreux (1). Ce mécanisme ressort de c»taines autopsies avec la plus complète évidence; mais, dans beancoup d'observations, les auteurs ont négligé d'examiner l'état des veines au niveau de la tumeur, ou tout au moins ils ont négligé d*e& parler. C'est parce que les obser\ations complètes et démonstratives sont moins communes que les autres, qu'on a été conduit à admettre que les cancers intravasculaires se formaient de deux manières différentes : quelquefois par protrusion directe, et plus souvent par absorption pure et simple. Mais il serait assurément fort étrange que deux mécanismes aussi diflérents donnassent des résultats identiques; et si Ton songe que l'un est rigoureusement démontré, tandis que l'autre est entièrement conjectural; que le premier doDDe l 'explication la plus simple de tous les phénomènes, tandis que le second suscite une foule de difficultés et ne peut être concilié avec

(1) Voy. Walshe, art. Cancer de The Cyciopediu ofVracticnl Surgery, 18 H, grand in-8, vol. 1, p. C07. — .M. WaUhe admet la théorie de rabsorptioD d'W manière générale; maU il admet, en outre, que par exception la mmUère camuium peut être introduite dirrctement dans le sanv à l'état de tisiu ciDcért ax, et eeia il dvux manières: l" par suite de l'irruption d'une tumeur extra vaseolaire d«MM reine dont les paro-s sont perforées ; 2» par suite de la formation d'un cancer seeo^ daire dans les pai'ois des veines. Les cancers secondaires par infection poavaDt ■ produire dans presque tou.s les tissus, il n*y a pas de raison pour que lea ptnii in veines en soient exemptes, et on conçoit qu'un cancer développé dans cet ] devrait pénétrer dans le sang plus aisément encore que les cancers txXnm laires. Je considère donc ce phénomène comme pos^ibie, quoique Je ne aucune obserration propre à en démontrer, sans réplique, la réalité. Mmit on i quera que ces deux modes d'introduction du tissu cancéreux dana les Telnet, i par M. Walshe, sont tout à fait semblables entre eux, et rentrent dans la méDi théorie. Dans les deux cas, en efîet, la matière cancéreuiFe se forme de la méDl manière, et, une fois formée, fait saillie dans la cavité du vaisseau où elle entieci contact avec le sang. Que le champignon cancéreux ait pénétré dani le canal dl 11 veine en rerforant toute l'épaisseur de la paroi, ou seulement en perforant lai brane interne, cela ne change rien au résultat définitif. MaU je répète que la l de la génsTallsation du cancer dans les parois des veines ne me parait pas ( démontrée.

CHONDROMES INTRAVASCULÂIRES.

les faits qtî'à l'aide de plusieurs hypothèses peu vraîseniblables, on Il autorisé Jusqu'à nouvel ordre, à rejeter ta théorie de l'absorplion, Pour se résoudre à admettre celte théorie, il faudrait rencontrer un cas où l'autre théorie fût inadmissible ; Il faudrait que, après avoir constaté à rautopsie rexistence d'un cancer înlravasculaire, on se fût assuré, par une dissection minutieuse et compléle, de Tintégrité des parois de toutes les veines situées au niveau ou dans Tépaisseur de la tumeur. Or» aucun des faits pubtiés jusqu'ici ne satisfait à cette exigence; aucun observateur n'a dit avoir constaté Tiiitégrité des veines de la tumeur. Ainsi, d'une part, toutes les fois qu'on a examiné ces veines, on a trouvé leurs parois défoncées par le cancer; et> d*une autre part, on ne peut opposer à ces observations positives aucune obscn'ation négative. Cela suffi t, je pense ^ pour légitimer noire manière de voir.

Ce n'est pas seulement chez les cancéreux qu'on peut trouver âc% masses organisées, flottantes ou adhérentes, dans des vaisseaux plus ou moins éloignés de la tumeur d'où elles proviennent. J*ai cité plus haut {p, âl4)rohscnation d'un individu qui avait succombé à la récidive d'un ehondrôme du testicule* Une tumeur cartilagineuse' grosse comme un œuf de poule, développée dans les ganglions lom- ! baîres, reposait sur la veine cave, et plusieurs branches de rartère j pulmonaire renfennaient de petits fragments de cartilage, devenus^ adhérents à la membrane interne de ce vaisseau. Or, la tumeur lombaire avait perforé la veine cave et faisait dans la cavité de celte veine, qui n*élait pas oblitérée, une saillie grosse comme le bout du | doigt, irréguhère et comme bmnchue {îike \a sianted ieoflesft ihrub)^ elj M. Paget, auteur de Tobservation, constata que les masses iotravasculaires de rarlcre pulmonaire étaient semblables, non-seulement] quant à leur structure, mais encore quant à leur forme, au champignon cartilagineux de la veine cave. Ce témoignage est d'autant plus j précieux pour nous, que l'auteur, loin d'accepter notre théorie, i admettait que les chondrômes de l'artère pulmonaire étaient de*^ végétations de la membrane interne de ce vaisseau* La phrase mé* rite d'Être citée textuellement : a Dans plusieurs des principales di^ e visions de l'artère pulmonaire, de petites végétations ^ranc^Ke* dtl a cartilage, semifiaàleg â cûîhs de la veine cam inférieure^ élaicnlj u adhérentes à la membrane Interne; mais elles paraissaient avoiri ti pris naissance dans cette membrane ou à sa surface, et non y avoiri u pénétré à travers la paroi du vaisseau, comme cela avait lieu dansJ u la veioe cave. » En terminant son observation, M. Pagel remarqueij qu^aucune parcelle de matière cartilagineuse n'existait dans le sang

au delà du poumon, a Je ne puis, dit-il, expliquer ce fait et les autres « faits analogues, en supposant que les corpuscules de la prcnluctiOD a morbide soient arrêtés, à cause de leur volume, dans les capQ- « laires du poumon ; je n'ai pu trouver aucune cellule cartilagineuse « dans le sang du cœur droit, et, d'ailleurs, les noyaux cartilagineux, a aussi bien que le blastème, auraient certiinement pu traverser (( les capillaires avec les corpuscules sanguins, si la possibilité do « transit ne dépendait que du volume des éléments. Je pense donc a que ce cas ajoute à la probabilité de l'opinion qpie l'immunité (( dont jouissent les parties situées au delà du poumon, à Pégard des (( matériaux morbides introduits dans le sang veineux, est due k a l'action chimique de la respiration pulmonaire (I). » Avec une pareille théorie, Tauteur n'avait certes aucun intérêt à faire ressortir la ressemblance du champignon cartilagineux qui faisait saillie dans la veine cave et des petits fragments de chondrôme qui existaient dans l'artère pulmonaire, ressemblance relative à la forme aussi bien qu'à la structure, et d'autant plus décisive que cette forme « hran- (( chue, comparable à celle d'un arbrisseau rabougri et effeuillé, • était tout à fait insolite. Ce fait me parait donc parfaitement démonstratif.

Revenons mairitenant à l'infection cancéreuse. Je crois avoir suffisamment prouvé que les cancers intravasculaires, désignés à tort sous le nom de cancers du sang, ne sont pas imputables à l'infection cancéreuse, en ce sens qu'ils dépendent de l'action locale de la tumeur sur les parois des veines, et non d'une altération générale da sang. Pourtant, il faut reconnaître que les individus chez lesquels on les rencontre sont, pour la plupart, en proie à une infection et môme à une cachexie manifestes; mais cela prouve seulement que les circonstances favorables à la production des cancers intravasculaires sont de nature à produire également l'infection.

Ici, je dois mettre le lecteur en garde contre une cause d'erreur que j'ai déjà mentionnée en passant, et qui a probablement contribué à faire admettre l'hypothèse des cancers du sang : je veux parler des oblitérations veineuses spontanées, et non cancéreuses, qui sor^ viennent quelquefois dans la période la plus avancée de la cachexie. Je désigne ces oblitérations sous le nom de spontanées, pour les distinguer des oblitérations cancéreuses, qui sont la conséquence des cancers intravasculaires adhérents.

(1) J. Paget, Account ofa Growth of Cartilage in Testicie and its Lifwtpkùiia and in olher Parts. Lond., 1856, In-S. Extrait du t. XXXVIII des Medico- Chirurgical TraniûcHans, p. 7 et 13 du Unge à part.

OBLITÉRATIONS VEINEUSES SPONTANÉES. 325

Les oblitérations spontanées peuvent se produire, sans doute, dans les veines situées sur le trajet direct du sang qui a traversé une tumeur cancéreuse; mais elles atteignent tout aussi bien les veines qui n'ont absolument rien de commun avec la tumeur; elles ne sont donc pas dues à une cause locale, et, dès lors, elles font aussitôt naître l'idée d'une altération générale du sang.

Les veines ainsi oblitérées ne renferment que des caillots sanguins plus ou moins altérés. Tous les analomo-pathologistes connaissent aujourd'hui les modifications variées qui peuvent sun enir dans la couleur, la consistance et l'aspect des caillots dus à de simples phlébites; à la longue, ils se décolorent, deviennent blanchâtres ou jaunâtres, friables et grumeleux, et ils peuvent même devenir diffluents au point de ressembler à des produits de suppuration et de simuler des abcès veineux. Cette confusion est d'autant plus facile que la phlébite produit souvent dans les veines de véritables abcès, et il y a des cas où elle serait à peu près inévitable, si le microscope ne permettait de constater que la collection contenue dans la veine ne renferme que des débris fibrineux irréguliers et des granulations moléculaires, sans aucune trace de globules purulents.

Le caillot récent de la phlébite coagulante et le ramollissement puriforme dont je viens de parler constituent les deux termes extrêmes des formes très-diverses que peuvent présenter les caillots des veines oblitérées par une phlébite. Les formes intermédiaires peuvent offrir plus ou moins de ressemblance avec la matière encéphaloïde qui constitue les oblitérations cancéreuses; de sorte que, si une phlébite simple ou coagulante survenait chez un individu atteint de cancer, quelque temps avant sa mort, on pourrait être tenté de prendre ces caillots ramollis et décolorés pour des cancers intravasculaires; et, si cette lésion existait dans une veine tout à fait étrangère à la tumeur, on serait enclin à la considérer comme due à un cancer du sang.

Il est possible que les oblitérations spontanées des veines des cancéreux soient la conséquence de l'inflammation de ces veines. La chose, toutefois, ne me semble pas suffisamment démontrée. On lit, il est vrai, dans quelques observations, que des phlébites se sont produites spontanément chez des individus cancéreux; mais beaucoup de personnes emploient les mots phlébite coagulante et oblitération spontanée comme synonymes. Il ne suffit donc pas de trouver dans une observation le mot phlébite pour en conclure que les symptômes ou les lésions de l'inflammation veineuse ont été constatés. Ajoutons que les oblitérations cancéreuses produites par des can-

326 INFECTION GÉNÉRALE ET GÉNÉRALISilTION.

cers intraveineux ne sont bien connues que depuis quelques années; qu'aujourd'hui encore, la distinction de ces oblitérations et des oblitérations spontanées est loin d'être vulgarisée, et qu'on a pu souvent les prendre Tune pour l'autre. Ainsi, on lit dans les Bulletin» de le Société anaiomîque (IB39), à la suite d'une discussion sur les phlébilei des phthisiques, que M. Bouchacourt a vu une inflammation de la partie supérieure des iliaques primitives, chez un individu qui avait d'énormes masses cancéreuses dans le foie et dans le bassin, u Une « espèce de fausse membrane enveloppait le caillot; la paroi externe u était très -adhérente au tissu cellulaire environnant (1). » La couleur, la consistance .et le volume du caillot n'étant pas indiqués, on peut se demander si ce caillot s'était formé sur place, ou s'il ne s'a^ gissait pas d'une oblitération par embolie cancéreuse ; car l'oblitération occupait les veines qui rapportaient au cœur le sang de II tumeur cancéreuse du bassin. Ce fait, au surplus,' cité en passant, sur de simples souvenirs, ne pourrait en aucun cas être bien démonstratif. J'en dirai autant d'un autre fait plus écourté encore, qui précède immédiatement celui-là : « M. Hen^ez a \ii dernièremoit l'inflammation d'un grand nombre de veines chez un individu atteint de cancer du rectum. x> S'agit-il d'une autopsie ou d'une observation recueillie seulement sur le vivant? La brièveté du texte ne nous permet pas de le deviner. Nous ignorons même quelles étaient les veines oblitérées. Étaient-ce des veines des membres, ou des reines situées sur le trajet du sang qui revenait de la tumeur? Toutes ces questions restent douteuses. Il n'est donc pas ceilain que les deux faits qui précèdent soient relatifs à des oblitérations non cancéreuses, et dès lors ils ne peuvent ser\'ir à établir la nature inflammatoire de ces oblitérations.

Tous les documents que j'ai pu trouver dans la science sur cette question, se réduisent à des indications vagues et sommaires qui ne sauraient entraîner la conviction. Quant aux faits inédits dont je pois disposer, ils se réduisent à une seule observation clinique sans autopsie, et à deux autopsies sans obsen'ation clinique. ^ Je donne actuellement des soins à une dame qui est parvenue à la dernière période de l'infection cancéreuse, et qui en présente tons les signes de la manière la plus manifeste. Le cancer primitif occupe l'estomac; le début en remonte à dix-huit mois; depuis quatre mens, la peau présente la teinte jaune-paille de l'infection, l'émaciation est extrême, et quelques symptômes semblent indiquer l'existenee

(I) BulUHnt de la Société anatomique, t. XIV, p. 80K Dec. 1830.

OliLITfjl.VTiraS VEINEUSES SPOÎ^TANÉES.

de cancers secondaires dans le poumon gauche. Le pouraon droit paraît sain dans toute son étendue. Il y a yingt jours environ, le membre supérieur droit devint en une seule nuit le siège d'une tuméfaction douloureuse et très-considérable. Je songeai aussitôt à une obUtération de la veine sous-claviôre droite» et je sentis effeclivementdansle creux sous-clavîculaire, à travers les téguments émaciés au plus haut point, une sorte de boudin gros comme le pouce, couché derrière le bord supérieur de la clavicule^ très-douloureux à la pression, et formé par la veine sous-clavière oblitérée, La jugulaire exlerne était irés-dilatéc, ainsi que les veines de la paroi latérale droite et supérieure de la poitriiie. L*œdème occupait nonseulement le bras, Tavant-bras et la main, mais encore le moignon de Tépaule, la région parotîdiennc, et la mamelle droite, qui était énorme et dtjulûureuse à la pression. Je diagnostiquai donc une phlébite de la veine sous-claviére. Je prescrivis des onctions mercurielles et des cataplasmes au niveau de celte veine. Les jours suivants la douleur diminua progressivement. Elle est maintenant tout à fait dissipée depuis plusieurs jours, mais on sent lotijours la veine sous-claviére ferme et distendue par un caillot solide, et de plus la veine jugulaire externe forme le long du cou une corde solide et bleuâtre.

Dans ce cas, tes symptômes que j*ai constatés ont été ceux de la pbîébite.

D*un autre côté, j'ai fait k TÉcole pratique, il y a douze ans, Tautopsie d'une femme qui] avait succombé k un cancer ulcéré et trés-élendu de la partie droite de Vos frontal* Tous les os du crûne étaient extrêmement frîigiles, il n'y avait pas de cancers secondaires. Un cedéme très-prononcé, exactement limité au membre inférieur droit, attira mon attention* La veine iliaque externe était oblitérée par un caillot noir assex îvrme^ que je pus enlever d*une seule pièce, et qui n'adhérait pas à la veîne. 11 E*y avait ni pus, ni faussée membranes, et la paroi veineuse ne semblait pas altérée, lime parut certain que cette oblitération n'était pas due à une phlébite.

Je puis joindre à ces deux faits les résullals d'une autopsie qui a été faite par M, Follin. La veine asillaire était oblitérée par un caillot mou et décoloré, cheï un individu qui avait succombé à un énorme cancer de riibdomcn. L'examen microscopique montra que ce caillot ne renferma il ni éléments de cancer, ni globules de pus. En me communiquant ce fait, qui remonte h 1850, M, FolHn n*a pas pu m*indiquer Tétat de la paroi veineuse- Par conséquent je puis bien affirmer que l'oblitération de la veiae axillaire n'était pas cancé-

reuse, mais je ne puis dire si elle était la conséquence dVine pUé* bile ou d'une coagulation non inflammatoire.

Je ne puis avoir la pensée, avec aussi peu de documents» detfterminer avec quelque certitude la cause de l'oblitération sfOtUt née des veines des cancéreux. D'une part, Tautopsie que j*ai bitei rÉcole pratique, m'a permis de constater l'absence des lésioiuqDi caractérisent l'inflammation veineuse ; d'autre part, robserr^liQi que j'ai recueillie sur le vivant, semble indiquer l'existence d'oie phlébite. Pour concilier l'opposition qui existe entre ces deuxCûh je me demande si, dans le second cas, la douleur éprouvée par k malade était duc k l'inflammation de la veine sous-clavière, oaib simple distension de cette veine par des caillots. On concevrait d4 leurs qu'un ciiillot passif volumineux et non inflammatoire pût provoquer consécutivement l'inflammation d'une veine, puisque c'ot à cette cause que sont dues l'inflammation consécutive et la sapph ration fréquente des anévrysmes oblitérés par des caillots passib.

Quoi qu'il en soit, les oblitérations spontanées dos veines descacércux se distinguent des oblitérations Ctincéreuscs en ce qa'dia peuvent sunenir dans des veines entièrement étrangères à la tumeor et il est naturel dès lors de penser qu'elles sont sous la dépendantt de raltcralion du sang, qui est la conséquence de rinfectlon canoi* reuse. Mais cela n'exclut pas l'idée d'une phlébite locale, carîlâl possible que le contact d'un sangaltéré soit une cause prédisposasle de l'inflammation des veines. En tout cas, cette phlébite ne démit pas ùirc déaVf^née sous le nom de phlébite cancéreuse^ qui a été en* ployé par MM. Hokitansky et Meyer dans une tout autre acceptioi (voy. plus haut, p. 324).

Il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'on a vu plusieurs fois da veines importantes s'oblitérer chez les phthisiques. M. Gaudmoit a communiqué à la Société anatomique l'observation d'un de io amis, le docteur Vacher, chez lequel, dans la dernière période dcb phthisie pulmonaire, plusieurs veines s'oblitérèrent successiveoMiiA au bras, à la jambe et à la cuisse (i). D'autres faits semblaUn avaient été communiqués, en 1839, à la môme Société par MM. lifos et Mercier (2).

La tendance aux oblitérations veineuses, soit par simple coafabtion, soit par phlébite spontanée, n'est donc pas un caractère prapR à l'infection cancéreuse. L'obsenation ultérieure montrera û elle

(1) BnUetina de la Société anatomique, t. XXV. p. i OS. Paris, 1860, in^l.

(2) Mém9 BecMii, t. XIV, p. S03. Taris, 1809, in-S.

CAUSES ET NATtriXE DE L INFECTION.

se manifester aussi à tasuile des infecliaos qui président à la généralisation des autres espi^ces de tumeurs*

En résumé. On peut Irouver dans les veines des individus atteints d'infection cancéreuse, deux espèces très-dilllérentes de dépôts solides, savoir : J* des caillots oblitérants plus ou moins altérés mais non cancéreux, qui n'ont aucune liaison directe avec la tumeur, et qui paraissent la conséquence de raïléralion générale du sang ; 2* des fragments de matière cancéreuse, libres ou adhérents, avec ou sans oblitération, qui proviennent directement d'une tu-

I meur cancéreuse, qui coïncident avec l'infection, mais qui n'en sont

^Rias la conséquence.

§ I. ^ Dei tauseï et de ta nature de l'inrectton cancéreuse.

Ed admettant te nom û* infection pour désigner l'état général de l'économie dont je viens d'étudier les principaux symptômes et les principales lésions, J'ai supposé résolue d'avance une question de doctrine qu'il s'agit maintenant do discuter.

Et d'abord, cet état général est-il une maladie spéc[Jlque?Des auteurs presque modernes l'ont nié. Les symptômes par lesquels îl se ^ manifeste ont été considérés comme la conséquence de rintermilable suppuration et des bémorrhagies répétées qui se produisent à la surface des tumeurs ulcérées; lorsqu'il n'y avait pas d'ulcéralion^ ^on supposait que le dépérissement était la suite de l'inquiétude mo* lie, et quand la tumeur occupait un organe important, on pensait 'que les troubles fonctionnels provoqués par sa présence étaient la cause principale de la perturbation des fonctions nutritives. On peut ifuter toutes ces suppositions d'un seul trait de plume, en rappe- ^lant que des tumenrs secondaires multiples, d'une natnre délermi* née, se développent dans divers organes sous TinQuence de cet état général dont la spécifïcité par conséquent ne peut être méconnue. On peut se demander maintenant si le nom d*inf€cti(fn, dont nous Dous sommes servi jusqu'ici, convient à cette maladie spécifique* Ce l'est pas nue simple question de mots, mais une grande question de ioctrine; nous sommes donc obligés d'entrer dans quelques déve- ^loppemeuts.

Qu'est-ce qu'on nomme infcciion en pathologie ? On donne ce nom à une classe d'empoisonnements, déterminés par des substances mûràides délétères. Lorsque, par un mécanisme quelconque, par absor{>tiDn, par inoculation (ou par injection dans les expériences faites sur les animaux), ces substances se mêlent au sang, elles font

330 INFECTION GÉNÉRALE ET GÉlfÉRAUSATION^

subir à ce liquide une altération plus ou moins prompte, plus oi moins grave, appréciable ou non à Tanalyse chimique, et révéléel la fois par l'apparition de phénomènes généraux et par une t» dance à des manifestations locales semblables ou analogues à (de qui a fourni le poison morbide.

Le poison morbide qui produit Tinfection provient tantôt de Vit di>îdu lui-môme, tantôt d'un autre individu.

Inoculez à un chien la salive d'un chien enragé : il ne sunîariii aucun accident dans la plaie, mais les symptômes de la rage se» nifesteront chez l'animal inoculé, et la muqueuse des premières mia deviendra le siège des mêmes phénomènes, de la même séciâiii inoculable que chez l'autre animal. Ici le germe de rinfeetion nerf entièrement de Textérieur.

Inoculez à un homme le virus d'un chancre induré; il se direkf' pera une pustule, puis un chancre, et vous verrez enfin, aaboot'e quelques semaines, paraître les signes de l'infection syphilitiqie^ avec ses localisations ou manifestations secondaires, dont plusieoik quoiqu'on ait pu en douter, sont capables dans certaines condilioM de transmettre la syphilis, et renferment par conséquent un priinfc analogue au virus du chancre. Ici le germe primitif de l'infedioi vient encore de l'extérieur. Mais ce n'est pourtant pas le pote étranger qui a lui-même produit l'infection; car si vous avieiat' térisé la pustule d'inoculation avant le quatrième jour, si vous M ainsi arrêté le développement de l'accident local, la constitnlMi n'aurait reçu aucune atteinte. C'est donc le chancre d'inocobtis qui a sécrété le poison morbide, et celui-ci, continuellement àbuM dans l'ulcère, a fini par empoisonner l'économie.

Dans d'autres cas enfin, le principe infectant a entièrement s source dans le corps de l'individu infecté. C'est ce que montre 11" tude de l'infection purulente, consécutive à la phlébite suppnrttHei Lorsqu'il se forme un abcès dans une veine, et que le pus, séqaeilii par des caillots, s'ouvre une issue vers l'extépieur, il ne détemitf aucun accident spécial. Mais lorsque les caillots cèdent et queleps se mêle au sang, on voit paraître un cortège terrible de sympiftineik et à l'autopsie on trouve dans les viscères des foyers multiples à suppuration. On sait que les mêmes symptômes et les mêmes nt purations viscérales multiples peuvent être provoqués par ^ilyc^ tion du pus dans les veines des animaux.

Toutes les infections rentrent dans l'une ou l'autre de cestnv catégories. Dans les trois cas nous voyons une substance morUdei introduite dans le sang, produire d'une part des symptômes géat-

CAUSES ET NATURE DE i. 15FECT10N*

d'autre part des lestons locales secoblables ou analogues à I qui a fourm le germe de rmfectioo.

lectioo cancéreuse est au aooibre de celles dont le poiat lépart e^t eaticrement dans Je corps de Tiadhidu infecté, cancer primitif se développe dans un OTgane quelconque, donne lieu d'abord qu'à des phénomènes locaux; puis, au m.1 d'un temps plus ou moins long, survient un élat générât dont ^Tiavités*âccroH jusqu'il la mort, et soo$ l'influence duquel des tums secondaires multiples, de même nature que la première, se boppent dans les viscères. On voit que les phénomènes se suc^ ^nt dans le même ordre que dans les autres cas dlnfection^ et , pour cela que nous considérons comme une infection la malaaérale spécifique et mortelle qui vient s*ajouter aux accidents lit du cancer.

Ite manière de voir ne pourrait donner prise à aucune ohjecsila tumem* primitive à Tactton de laquelle nous atlribuons ::Uon était due à des causes purement locales. Mais il se trouve ^ les cancers, qui sont les tumeurs les plus infecUnles^ sont en ■ne temps des tumeurs diathésiques^ et dès lors beaucoup d'aums, très-recommandables, ont pu ôlre condulls à penser que ce 2 nous appelons une infection était simplement là continuation de Kalhèse. Cette doctrine mérite d'ôlre examinée et discutée aîec

Du n'a pas oublié que, dans le chapitre de rétiologie, nous avons iné le nom de diailièies généraies à ces dispositions inconnues de

Eomie, qui précèdent la première apparition de certaines tuj et particuliëremeut des tumeurs cancéreuses. Ces diathè^es révèlent à robservalion par aucun symptôme appréciaUle; soins on est autorisé à en admettre rexisteoee par énduciionj Kir eiEpliquer deux phénomènes qu'on ne pourrait expliquer au- :ilieoU savoir: ^hérédité et la récidive. Lorsqu'une tumeur, comblement enlevée, récidive au bout de quelques mois sur un point réeonomie tout différent du premier, lorsque c^tte nouvelle tu- Siir, opérée à son tour, récidive une seconde fois, puis uoe troîtme^ une quatrième, etc*, el lorsqu'on voit toutes ces tumeurs suc- Bsives présenter invaHiibiement la même structure, on est bien iligé d'admettre qu*une pareille maladie n'est pas purement locale, fil y a dans réconomiej sinon un principe morbide spécitiqiïe, du ■is une difpoiiUm, ou, si l'on veut, une prêdapQiitwn générala m que scùt le nom qu'on lui donne, cette disposition funeste, imiMhle à prévoir, impossible à éviter, inacees&ihle à ta chirurgie,

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pris les caocers, comme des accident rigine, ils ont été conduits par là méi dives, ou plutôt à expliquer l'hérédité et les récidives par la continuation d'ui Pour eux, Téconomie générale reste p jour où sunient l'infection conséculivi doctrine consolante n'est malheureusi avoir démontré, par un exemple sans i et quant à la réalité des récidives, el mense série de faits irrécusables, qv l'évidence.

Mais en réagissant contre cetle opii ont été conduits à exagérer le rôle d vant eux, constitue toute la maladie, mier cancer, et qui ensuite, continua organes, donne lieu à la formation d tipies. C'est elle encore qui, en s'aj nutritives et finit par aboutir à cet < nom de cachexie cancéreuse. La p:

chose que la diathèse elle-même, par^

Telles sont lea^deux doctrines oppo frages de la plupart des auteurs. On ; signant l'une sous le nom de doctrin noax.de doctrine de la diathèse. Nous toutes les deux sont trop exclusives, et que, s'il est impossible de nier la d

HÉFLTATION DE LA DOCTIUXR DE LA DLVTIîfeSE. 333

leur, avec l^infeciioii qui succède à celJe-ci, pour pltisieurs ràîsoûs ^oot roici les priDcîpales :

^ La dialhèse n'esÈ pas une maladie, ce n'est qu'une canse de ma- Bhdîe; ce n'est même qu'une cause présumée, car elle ne tombe pas i«eus les sens ; c'est une vue théorique de resprît» et non une chose iftibservée ou observable; elle se dégage du raisonnement; ceux qui rBtsonnenl comme nous l'admettent pour expliquer Théréditéel les iréddives; ceux qui raisonnent autrement ne radmellenl pas» et on tme peut opposera ces derniers que des arguments indirecla, attenrlu •qu'un état qui ne porte atleînle k aucune fonction, qui ne se mani- -Tesle par .lueun sj-mpt^me, et qui éch^ippe à l'œil le plus perçant, ne peut être l'objet d*une démonstration directe- Lin feetion cancéreuse, au contraire, est une maladie parfaitement /caractérisée* qui produit dans toute l'économie une perturbation .jinjfonde, et qui se termine constamment par la mort. Elle se révèle ^pnr des symptômes lrès*gmves, elle altère le sang, elle trouble la plupart de.^ fonctions. Pour nier ce que nous appelons la dialhèse ^cancéreuse, il suffit d'être sceptique; il faudrait ûtre aveuglé pour ^nitr ce que nous appelons l'infection cancéreuse. n£i la diatbèse et Tinfection ne formaient qu'une seule et même ^Siladie , si l'infection n'était que la dialhèse parvenue h sa seconde ^période, s'il n*y avait entre ces deux étals qu'une différence de depré ou d Intensité, il ne serait pas nécessaire qu'une tumeur se for- . mât pour élablir le passage de l'un à l'autre, et il arriverait au ( moins quelquefois que la maladie devînt apparente avant Texi^tence ém la tumeur primitive. C'est ce qui n'a jamais lieu. Celle-ci se j feitne, se développe, et dure quelquefois plusieursannées avant que

tonomte générale ait subi la moindre atteinte. L'évolution locale ne tumeur cancéreuse est le prélude obligé des symptômes de fection, et des observations bien positives ont démontré qu'en enlevant avec persévérance le cancer primitif et les tumeurs dues k des récidives successives^ on peut relarder rapparition des phénomènes d'iofection*

«Lorsqu'un individu, né de parents parfaitement sains, devient ttcéreux, par exemple, k l'âge de quarante ans, et qu*il succombe en deui ou trois ans aux progrès naturels de sa maladie, après avoir présenté pendant la dernière année tous les signes de l'infection cancéreuse, on peut supposer sans difllcuMé que, chez lui, la dialhèse n'a débuté que quelques mois avant Tapparition de la première tumeur, et qu'elle s'est accrue progressivement jusqu'à ce qu'un jour elle ait donné lieu à des symptômes appréciables. On pourrait

enfin assez grave pour se manifeste] Vires aequirit eundo. Cette interprétât flanc à beaucoup d'objections. Elle s accepter, qu'il se serait écoulé plus d la première tumeur et le début des syc en y mettant de la complaisance, on' tenter.

Mais que devient celte théorie, lors observations d'hérédité? Qu'on jette logic des descendants de madame Z..

on verra que le second fils de madame I ans, d'un cancer de l'estomac ; que mad deux ans, d'un cancer du foie; que la ci est morte, à soixante-un ans, d'un cj sœurs est morte, à cinquante-cinq ans, les cancers du foie et de l'estomac soi marche est en général rapide. D'après la durée moyenne de la vie n'est que de l'estomac, de dix mois dans le cane que la durée moyenne de tous les can espèce ne dépasse pas sensiblement vii triplons, si l'on veut, cette moyenne; n nos quatre cancéreux, le cancer héi entre cinquante ou soixante ans, et si gération excessive, que l'infection coi r.hP7 rharnn dViiY npndAnff Ipr Hpiiy

RÉFUTATION DE LA DOCTRIÎÎE DE LA OfATHÈSE, 335

inquante ans et plus pour devenir appréciable^ ne devniîhelie pas w mettre encore cinquante ans pour devenir grave, et cinquante autres , pour devenir mortelle? On répond que la maladie EODimcïIlait, et

qu'elle sVst réveillée à un moment donné- C'est une expression poé- ^^ tique; ce n'est pas une explication. Une maladie ne sommeille pas

ainsi pendant cinquante ans» Mais une muse de maladie peut rester ' ioactive dans l'économie pendant un temps en quelque sorte indé- KSni; la plupart des causes dites prédisposantes sont dans ce cûs^ et ^leaucoup de ces causes peuvent être liérédjtaires comme celle du J? cancer. Lorsque le fils d*un individu atteint de cataracte, devient l^eugle comme son père, vers Vkge de soixante-dix ans, il ne vient ^ft ridée de personne qu'il soit venu au monde avec une moîadie du ^ crislaîiin; on dit avec raison qu'il a hérité simplement d'un état or- ^ ganique qui constitue une prédisposition à la cataracte, attendu que, ^ pendant les soixante dix premières années de sa vie, son cristallin ** n'était nullement malade; et comment son père aurait-il pu lui

transmettre une maladie dont il n'était pas atteint lui-môme lorsqu'il f Va engendré? Ce que nous venons de dire sur l'hérédité des prédisi positions locale* s*applique parfaitement à celle des prédispositions fcj^ttëra/ej, et en particulier à celle de la diathèse cacieéreuse. Les JRfifants qui héritent du cancer sont presque toujours nés plusieurs I années, quelquefois même un grand nombre d'années avant l'époque It où le cancer s'est manifesté chez leur père ou chez leur mère. Le f lecteur nous permettra de remettre sous ses yeux une partie du V tableau généalogique de la famille Z.... Nous en extrayons les détails f* relaiirs à mesdames Z.<., G.*., M,,, et N..., la bisaïeule, raïeule, la I j mère et la (llîe, mortes toutes les quatre de cancer tm sein.

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