‹ Traité des tumeursChapitre 78 sur 140 · CAUSES DES TUMEURS MULTIPLES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

CAUSES DES TUMEURS MULTIPLES SECONDAIRES

néraleSj aussi nombreuses que diverses, sont sous la dépendance d'une allérdUon du sang, il n'est pas nécessaire de pouvoir expliquer pourquoi el commenl ïe sang altéré dépose ou fail éclore dans Ïps tissus les germes des éruptions, des suppuralions, des ulcérations et autres manifeslations locales. On sait qu'il y a une première période qui sépare le début de la maladie du débul de ses lésions* période longue ou courte suivant les cas, pendant laquelle, les solides de Téconomie étant intacts» les liquides seuls sont altérés; cela suffît pour qu'on considère les altérations consécutives et multiples de cerlains tissus» comme des manifestations de l'état général qui les a prérédées, m^ De mOme, lorsque nous voyons cbez un cancéreux en proie à une ^^înfection générale évidente, à une cachixie profonde, naître simurtanémenl dans plusieurs organes un grand nombre de petits foyers cancéreux tout à fait indépendants les uns des autres, nous ne sommes pas obligés de déterminer le mécanisme de la formation de cescan* cers naultiples, pour être autorisés k les considérer comme la conséquence de Tinfection,

En les désignant sous le nom ûe cancers par (nfpction^ en disant que Finfection, produite par le cancer primitif, produit à son tour les cancers secondaires, que ceux-ci se forment sous rinduence de l'allération des liquides, comme les accidents secondaires de la syphilis» comme les éruptions générales consécutives à rabsorption des poisons mortiides, nous constatons un fait que nous ne sommes pas tenus d'expliquer.

^B Et comme il est impossible de méconnatti:e Tanalogîe qui existe ^ventre la généralisation do cancer et celle dos autres Itimeurs, nous ^Kdésignons d'une manière générale sous le nom de tumeurs ^mr mfvciim^ les localisations seeondairej multiples, et presque toujours viscérales, des infections produites parles fibroïdcs, les épithélidmes, ' les fibromes, les myéloïdcs et les chondrômes*

Quanta la cause immédiate, rafitérielle, mécanique des tumeurs j secondaires, quant k la nature des germes morbides qui écloscnt [ dans les tissus sous Tinflueiice de Tinfection, ce sont des prohli^mes ^^dont la solution est encore iort incertaine, et, après avoir soumis au ^ftcontrôle des faits les diverses hypothèses qui ont été proposées, ^Pj'ai dû me résigner à n'en accepter aucune-

' Parmi ces hypothèses, U en est qui ne méritent pas d'être réfu-

tées, et que je ne mentionnerai que pour mémoire. Ainsi, on a dit que lis tumeurs multiples se formaient, sous Tinfluencedu système Qerveux, dans des organes liés de sympathie avec Torgane envahi par la tumeur primitive. On a dit encore que la formation des tu-

364 INFECTION GÉNÉRALE ET GÉNÉRALISiLTlOlf.

meurs secondaires était un phénomène de métastase^ dans le vague et indéterminé que les anciens donnaient à ce mot.

Une théorie plus sérieuse est celle qui, confondant l'infection avec la diathèse, fait naître toutes les tumeurs, primitives ou secondaires, sous l'influence de la môme cause; c'est la théorie de la dialkhe. Je crois l'avoir suffisamment réfutée dans les premiers paragraphes de ce chapitre, et pouvoir me dispenser d*y revenir ici.

Mais je dois examiner avec une attention toute particulière une autre théorie qui repose sur quelques faits saisissants, et qni aurait l'avantage, si elle était exacte, de ramener à une simplicité séduisante tous les phénomènes de la généralisation des tumeurs. C'est la théorie de la migration des germes.

Cette théorie touche de près à l'ancienne théorie de la métastase, puisque toutes deux attribuent la formation des tumeurs secondaires au transport d'une substance morbide émanée de la tumeur primitive. Mais elle en diffère en ce sens qu'elle détermine d'une mtnière précise l'origine, la nature et le mode de migration des germes pathologiques. Ces germes seraient des éléments organisés, formés dans la tumeur primitive, introduits dans les vaisseaux, entraînés par le sang et arrêtés dans les capillaires, où ils conserveraient leur structure, leur vitalité et leur propriété d'accroissement, et se développeraient en constituant les tumeurs secondaires. Le phénomène de la généralisation deviendrait ainsi aussi simple et aussi clair que celui de l'engorgement spécifique des ganglions lymphatiques. L'un et l'autre seraient la conséquence de la migration des éléments spécifiques, et, de môme que l'invasion des ganglions est une complication purement locale, qui n'implique nullement l'idée d'une infection; de même, la formation des tumeurs viscérales secondaires ^ s'expliquerait par une cause mécanique, sans qu'il fût nécessaire de faire intervenir l'hypothèse d'une intoxication générale de l'économie.

On n'a pas oublié que l'infection générale qui précède, et, suivant nous, enfante les tumeurs secondaires, est évidente chez la plupart des cancéreux, mais que le plus souvent l'infection produite parles tumeurs non cancéreuses ne se révèle par aucun symptôme avant la généralisation. L'incontestable analogie qui existe entre la généralisation du chondrôme, du myéloïde, du fibrome, etc., et celle da cancer, nous a en quelque sorte contraints à reconnaître l'analogie de leurs causes; attribuant à une infection la formation des cancers secondaires, nous n'avons pu nous dispenser d'admettre une infection chondrômateuse, une infection fibromateuse, une infection myé-

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