CHAPITRE PREMIER
CUSSrPÎCATÎON DES MÉTHODES.
Je ne puis avoir la prétenlîon de soumellre à des règles générales toutes leâ indications Ihérapeutiques que réclament les affcclîoossi diverses qu'on est convenu de réunir dans le groupe des tumeurs. Beaucoup de questions, telles que l'opportunité de rexpectation ou de llntervcution cbinirgicale, TulîMlé des remèdes inlernes ou des applications résolutives, Tefficacité de cerlaines méttiodes opératoires autres que TexUrpation, etc, ne peuvent être résolues d'une manière générale, et doivent ôtre étudiées spécialement à roccâsion de chaque espèce de tumeurs»
Mais il y a des préceptes, opératoires ou autres, qui sont applicables, sinon à loules les tumeurs, du moins à un certain nombre d'entre elles. Il y a des méthodes dont la description et Tappréciation sonl indépendantes de la nature des productions accidentelles iju'oa se propose d^enleverou de détruire. Enfin, il y a des espèces de tumeurs assez voisines les unes des autres pour réclamer à peu prés le même traitement. On s'exposerait donc à des répétitions continuelles, si Ton ne consacrait pas un chapitre général à Fétude de certaines méthodes, à Tapprécialion de certaines opérations, h la discussion de certaines indications ou contre-indications*
Quant auï méthodes spécialet qui ne sont applicables qu'à «ne seule espèce de tumeurs, elles ne trouveront pas place kî; elles
seront indiquées, s'il y a lieu, dans la seconde partie de cet ouvrage. Les moyens thérapeutiques auxquels on peut avoir recours dans le traitement des tumeurs, sont médicaux ou chirurgicaux, curatiis ou palliatifs.
Nous parlerons d'abord des moyens médicaux; ils ne nous arrêteront pas longtemps, parce qu'ils sont malheureusement peu efficaces, excepté dans quelques cas où les tumeurs dépendent de causes constitutionnelles toutes spéciales. D'une manière générale, ces moyens sont plus souvent palliatifs que curatifs. Le traitement palliatif irouyersL donc naturellement sa place immédiatement après le traitement médical.
Nous insisterons davantage sur le traitement chirurgical, qui comprend un grand nombre de méthodes très-diverses.
Pour mettre quelque ordre dans cette élude compliquée, nous diviserons les mélhodes en plusieurs groupes basés sur leur mode d'action, et non sur la nature des agents qu'on emploie pour les appliquer. Ainsi le môme agent, l'électricité, peut être utilisé de deux manières essentiellement différentes, tantôt pour modifier la structure et la nutrition des tumeurs, tantôt pour chauffer des instruments métalliques, destinés à en pratiquer l'extirpation. Il serait tout à fait irrationnel de rapprocher deux méthodes aussi disparates. Ainsi encore, le même caustique, le chlorure de zinc par exemple, peut être employé, soit pour désorganiser d'une manière uniforme toute la masse d'une tumeur, soit pour en cerner la base, pour en détruire les connexions, et pour l'extirper, comme on pourrait le faire avec un instrument tranchant. Ces deux mélhodes de cautérisatioaagissent donc suivant des mécanismes très- différents, et nous leur consacrerons deux chapitres distincts. Enfin la ligature en masse d'une tumeur et la ligature de ses vaisseaux nourriciers, malgré la similitude de leurs noms, sont à peine comparables; toutes deux, 11 est vrai, opposent un obstacle à l'abord du sang; mais la première supprime complètement la circulation, et agit à la fois en déterminant la f^angrène de la tumeur, et en coupant son pédicule, tandis que la seconde se borne à modifier plus ou moins la nutrition locale, et n'a d'autre prétention que de faire atrophier la tumeur.
Les méthodes que nous avons à étudier forment trois groupes très-distincts.
Les unes ont pour but de modifier la structure ou la nutrition de la tumeur, soit pour en arrêter le développement, soit pour en ame* ner la résolution.
Les autres ont pour but de détruire la vitalité des tissus malades,
et de transformer la tumeur en une escharc qui est ensuite éliminée par un travail naturel.
Le troisième groupe, enfin, comprend les méthodes qui ont pour but d'extirper la tumeur, c'est-à-dire de la séparer de toutes ses connexions par une section plus ou moins rapide.
Tableau des méthodefl chtr«rgtealefl>