MOYENS DE COMPRESSION
■ prolongée, et suffisammenl forte, mm imposer aux malades une Contrainte trop pénible. La respiration est toujours un peu gônée pendant
■ les premiers jours, parce que le bandage entrave les mouvementd de^ côtes; mais le jeu du diaphragme reste parrailement libre, et les malades s'habituent peu à peu à respirer suivant le type que les physiologistes appellent le type abdominal.
Les tumeurs des membres peuvent aussi être assez exactement comprimées par des bandages circulaires. 11 n'est pas toujours facile de les refouler contre un plan osseux; mais, alors m^rae qu'elles s'enfonceut dans les chairs, celles-ci leur transmettent de toute part l'actiOD concentrique du bandage.
On peut aisément établir une compression permanente sur !a région du front, et sur les autres points de la circonférence horizon- ^ taie de la tête.
f Dans les autres régions du corps, Tapplicatlon des moyens com'pressifis est plus difficile et plus iticortaine. Des appareils mécaniques ou des bandages spéciaux, imaginés par le chirurgien pour chaque cas particulier, peuvent au besoin permettre de comprimer
■ une tumeur de la face, du slnciput, de raisscUe, de Taine, du péfi née, de Tabdomen, et même du col de l'utérus. Ces ressources peuvent avoir leur utilité lorsqu^on emploie la compression comme moyen palliatif, ou lorsqu'on s*en sert pour favoriser la résolution des engorgements ganglionnaires chroniques et non spécifiques. Dans
■ ee dernier cas, il n'est pas indispensable que la compression soit générale et complète. Les parties les mieux comprimées s'aflîussent sous le bandage; c'est toujours cela de gagné; et on n'a pas à crain-
H dre que le reste de Tengorgemenl fasse des progrès en se propageant aux parties profondes. Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsqu'on se propose seulement de pallier les accidents d'une tumeur maligne inopérable, de réprimer des champignons fongueux, de faire disparaître la douleur ou ta tendance aux béraorrhagies, on comprime tout ce qu'on peut atteindre sans trop de peine, et, en mettant obstacle aux progrès d'un mal qu'on n\i pas la prétention de guérir, on n'a pas à se préoccuper de Tavenir des parties qui échappent à 1 action du bandage.
k Mais lorsqu'on est en présence d'une tumeur encore opérable, de " ta nature de celles qui ne peuvent guérir qu*à la condition d'être complètement anéanties, toute tentative de compression incomplète serait intempestive, et remploi de cette métbode est conlre-indique dans toutes les régions dont la conformation ne se prÊle pas h l'application permanente d'une compression répartie sur tous les
points de la tumeur, au moyen d'un bandage bien serré, solide, fih cile à supporter, facile à renouveler.
Occupons-nous enfin des moyens de compression. Les plus simples sont les meilleurs, et les appareils mécaniques sont moÛH bons que les bandages, parce que ceux-ci peuvent bien plus aisément être gradués , resserrés , et accompagner exactement la tumeur dans sa marche rétrograde, parce qu'en général ils sont moins gônants , parce qu'enfin ils permettent de répartir la compression sur une plus grande étendue. Ajoutons que la compression ne doit pas être trop forle, et qu'on apprécie la striction produite par des tours de bande, bien mieux que la force déployée par un ressort ou par une vis de pression. Les appareils mécaniques doivent donc être réservés pour les régions où il serait difficile ou impossible d'agir avec des bandages ordinaires. Ainsi j'ai déjà parlé du brayer à pelote très-large, dont on se sert pour comprimer les bubons strumeux du pli de l'aine et de la fosse iliaque interne. Récamier comprimait le col de l'utérus au moyen d'un tampon de charpie, poussé et maintenu par un pessaire en bilboquet(l). Dans un cas de prolapsus ou procidence chronique de la langue, qui paraissait ne pouvoir guérir que par l'amputation, Fréteau, de Nantes, appliqua patiemment sur cet organe un petit bandage roulé, recouvert de deux lames de caoutchouc, et un beau succès couronna ses efforts (2). Pour comprimer un naevus congénial de la racine et du dos du nez, chez une petite fille de dix-huit mois, j'ai fait construire une pelote concave, supportée par un ressort vertical qui s'insérait supérieurement sur une couronne en cuir (3), etc. Je n'en puis dire plus long sur ces appareils spéciaux que chacun disposera à sa guise, suivant la conformation des parties.
Les bandages me paraissent mériter la préférence, toutes les fois qu'ils sont applicables. Young se servait souvent de bandelettes em-
(1) Récamier, Recherches sur le traiiement du cancer. Paris, 1829, ln-8, 1. 1, p. 87.
(2) Journal de Sédillot.i. LVII, p. 291. Paris, 1816, in-8.
(3) Cet appareil, que je fis construire en province, et dont je ne pua diriger l*applleation que pendant quelques jours, faUgua bientôt l'enfant, et fut abandonné. La tumeur érectile, qui était trop étendue pour être traitée par la cautérisaUon, et qui, Jusqu'alors, avait fait des progrès continuels, resta stationnaire pendant plusieurs mois à partir du jour où la compression fut appliquée. Puis elle commença à diminuer, à s'affaisser, et lorsque je revis l'enfant au bout de deux ans, il n'en restait presque aucune trace. Je pense, néanmoins, que le mérite de cette guérison ne doit pas être attribué à la compression, qui, au dire des parents, n'a pas été maintenue plus d'une semaine. On sait que, cbez les jeunes enfants, certainea tumeurs érectiles disparaissent peu à peu, spontanément, et je suis disposé à croire que moneaiai de compression a coïncidé avec un de ces cas heureux.
plaslique^s, au moyen desquelies il Axait sur la tumetir une lame de plomb, 011 d'étaîn, ou un lampon de ïinge. Ce fut par ce procédé qui! put maintenir pendant près de deux mois une compression sur la lèvredu nommé Lea, dont il a été question plus haut. MM, Trousseau et Velpeau ont montré tout le parti qu'on peut tirer de ers bandages en sparadrap, dans le traitement des înïïammations de la mamelle. Maïs on sait que, chez beaucoup de sujets à peau fine et délicate, le contact prolongé du sparadrap produit des éry thèmes et des ej^coriations. Lorsqu'on emploie la compression pour combattre un état inflammatoire, on ne la laisse en place que pendant peu de jours, et Tinconvénient que je signale estasses minime; il est plus sérieux lorsqu'on se propose de faire atrophier une production accideotelle; car alors, le bandage doit ûite maintenu plusieurs semaines, ou même plusieurs mois. Dans la région mammaire, les bandages circulaires en sparadrap ont un autre désavantage; étant privés d'élasticité, ils gênent la respiration bien plus que les bandages en toile. Je ne m'en suis servi qu'une fois» pendant une seule semaine, et j'ai été obligé d'y renoncer; la malade avait entièrement [kirdu le sommeil; elle supporta, au contraire, très-hten les bandes de toile que j'employai jusqu'il la fin du traitement,
La région mammaire étant celle où on est le plus souvent appelé li pratiquer la compression, soît pour guérir des adénomes ou des engorgements chroniques d'origine inflammatoire, soit pour combattre les douleurs de la mameile irritaùle, soît pour pallier certaines complications des cancers inopérables, je crois devoir donner ici quelques conseils sur le mode d'application qui m'a paru mériter la préférence.
L'appareil se compose de deux parties, le bandage proprement dit, qui entoure toute la poitrine, et le disque compresseur qui repose sur la tumeur et lui transmet Taction du bandage,
Young employait ordinairement^ comme disque compresseur, une plaque de plomb ou d'étain, exactement moulée sur la tumeur, M* Raimbert, il y a quelques années, s'est servi d'une plaque de ferblanc pour comprimer la mamelle enûammée* Ces moyens me semblent défectueux, parce que les corps motalîiqucs ne sont pas asseï flexibles poursuivre le retrait quelquefois rapide de la tumeur. Les rondelles superposées d'agaric, préconisées par llécamicr, me paraissent bien préférables. J'ai une fois interposé entre le bandage et les rondelles d'agaric une lame de plomb. La malade, qui était atteinte d'adénome, a bien guéri; mais, en comparant ce cas aui autres, il m'a paru que la plaque métallique était une complication
inutile. Elle sert seulement à fixer les rondelles d'agaric, qui ont de la tendance à glisser au-dessous de la tumeur, lorsque le bandage vient à se relâcher, et on peut atteindre ce but bien plus simplement en épinglant les rondelles sur les premiers tours de bande.
Je ne décrirai pas l'application du bandage, ni les précautions nécessaires pour protéger, avec de Touate, la peau fine et bumide des aisselles, pour protéger surtout la mamelle du côté sain. Celle^ doit être relevée au-dessus du bandage, et on peut le plus souvent la laisser presque entièrement libre. Chez beaucoup de femmes, et en particulier chez celles qui sont maigres, les tours de bande circulaires, ou à peu près circulaires, suffisent parfaitement; mais il est des cas où Ton est obligé d'y joindre quelques tours de bande obliques, passant sur l'épaule du côté sain.
Une précaution tout à fait indispensable consiste à fixer les unes sur les autres les bandes imbriquées, à l'aide d'un très-grand nombre d'épingles. Sans cela, le moindre relâchement permettrait aux bandes de glisser, et la compression deviendrait illusoire au bout de quelques heures. Les épingles donnent au bandage une telle solidité, qu'il peut rester en place pendant huit et même quinze jours, sans subir le moindre dérangement. Enfin, il va sans dire que deux fortes bretelles, semblables à celles du bandage de corps ordinaire, doivent être fixées sur les bandes supérieures.
Le traitement des tumeurs mammaires par la compression exige de la part du chirurgien beaucoup d'attention et d'assiduité, et de la part des malades une certaine résignation. Les femmes, habituées par l'usage du corset à respirer suivant le type costo-supérieur, souffrent en général beaucoup, pendant les premiers jours, d'une constriction assez forte pour empêcher la dilatation de la partie supérieure de la poitrine. Plusieurs éprouvent dans le décubitus horizontal une véritable dyspnée, et j'en ai connu une qui, pendant la première semaine, ne put dormir qu'assise dans un fauteuil. Il faut tenir compte de ces conditions pour ne pas décourager les malades. J'ai donc pris l'habitude de procéder d'abord avec beaucoup de modération, au risque de rendre le traitement un peu plus long. D'un autre côté, il ne faut pas que la constriction soit trop légère, parce que le meilleur moyen d'entretenir la confiance des fenoimes, est de leur faire constater que leur tumeur a déjà subi, au bout de peu de jours , une diminution notable. Lorsqu'elles sont une fois convaincues de l'utilité de ce traitement, on peut agir avec plus de force, sans craindre de les décourager.
Les premiers effets de la compression sont rapides ; il est rare