IV. — ACIDE HIPPURIQUE
CO AiH — CH' — C02H.
Benzoyglycocolle
L'acide hippurique se trouve dans l'urine humaine à dose variant de 0*^,00 à 1*',30 par litre; il remplace l'acide urique dans l'urine des herbivores,
1» Eztraotion de l'urine humaine. — L'urine Traîche est évaporée presque à siccîté au bain-marie, et, au résidu de l'évaporation, on ajoute du sulfate de baryum pulvérisé et on acidifie par l'acide chlorhydrique, le mélange est ensuite traité par l'alcool. On filtre, on neutralise avec précaution la solution alcoolique par la soude, on évapore pour chasser l'alcool, puis on ajoute un peu d'acide oxalique et l'on évapore à siccité au bain-marie. La masse desséchée est épuisée par un mélange à volumes égaux d'alcool et d'éther, on distille, on ajoute à chaud un lait de chaux et on filtre. Le filtrat est concentré et acidulé ensuite par l'acide chlorhydrique. On obtient soit immédiatement, soit au bout d'un certain temps, suivant la quantité renfermée dans l'urine, des cristaux aciculaires d'acide hippurique.
Cette extraction ne peut servir qu'à rechercher et à identifier l'acide hippurique dans l'urine humaine; lorsqu'il s'agit d'en préparer une certaine quantité, il est pré-
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Les bases et les acides minéraux le dédoublent, à chaud, en glycocolle et acide benzoïque :
CH"AzH(G»H».CO)CO*H-hH*0^:K:''H ^.COaH+GHï. AHz».CO»H .
Les microbes urophages de la fermentation ammoniacale de l'urine sécrètent une diastase qui opère le même dédoublement (Van Tieghem).
Réactions. — Quand on chauffe à sec de l'acide hippurique dans un tube, on obtient des vapeurs lourdes
d'acide benzoïque qui peuvent se condenser dans les parties froides du tube, et il se dégage en même temps de l'acide cyanhydrique, reconnaissable à son odeur.
L'acide hippurique, évaporé à siccité avec quelques gouttes d'acide azotique, donne de la nitrobenzineàodeur facilement perceptible d'essence d'amandes amères ; l'acide benzoïque donne la même réaction.
Lorsqu'on ajoute quelques gouttes de perchlorure de fer à une solution d'acide hippurique ou d'un hippurate, i] se forme un précipité gélatineux couleur Isabelle.
Origine. — L'acide hippurique est formé synthéliquement dans l'organisme par la combinaison du glycocolle et de l'acide benzoïque. Le glycocolle, d'une part, fait partie de l'économie, il existe combiné à l'acide cholalique dans la bile, il semble être un des produits de désassimilation des substances protéiques ; l'acide benzoïque, d'autre part, a pour origine les dérivés aromatiques des divers aliments ingérés journellement.
11 y a plus, l'origine des petites quantités d'acide hippurique contenu dans l'urine humaine peut aussi s'expliquer par la formation de l'acide benzoïque résultant de l'acide
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évaporés. On obtient ainsi finalement l'acide hippurique, mélangé de corps gras etaassi d'acide benzoïque. On le purifie en reprenant la masse par de l'étber de pétrole qui laisse l'acide hippurique indissous. Celui-ci est dissous dans l'eau chaude ; la solution aqueuse est ensuite évaporée jusqu'à cristallisation. On recueille les cristaux que l'on dessèche et quel'on pèse.
A. Gates a modifié ce procédé de dosage et l'a rendu ainsi plus rapide. Pour cela, après le traitement à t'éther de pétrole qui enlève l'acide benzoïque, les oxacides, le phénol et la matière grasse, on dissout dans l'eau chaude le résidu cristallin de l'évaporation de la liqueur éthéroacétîque et on fait directement un dosage acidimétrique en versant dans la solution aqueuse fine solution décinormale de soude jusqu'à virage de la phénol phtaléine, eniployée comme indicateur.
Chaque centimètre cube de soude décinormale correspondantà 0*',0179 d'acide hippurique, le nombre de centimètres cubes de solution titrée employée, multiplié par ce chitTre, donnera la proportion d'acide hippurique contenue dans le volume d'urine mise en expérience.
Ce dosage volumétrique ne présente aucune difficulté, on observe facilement le terme de la saturation malgré la présence d'une certaine quantité de pigments urinaires dissous en même temps que l'acide hippurique.
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que les xanthinea méthylées [paraxanthine et hétéroxanthine}, qui sont considérées comme des produits tout à fait accessoires parmi les bases résultant du dédoublement des nucléines, et la 1-méthylxanthine représentent, au contraire, la masse principale des corps xanthiques del' urine.
Par suite, ce fait vient donc infirmer la théorie qui rattaché toutes ces bases aux nucléines et semble être en rapport avec les vues émises par Albanese, Bondzyski et Goltlieb et par E. Fischer, qui font provenir toutes les xanthines méthylées de la caféine et de la théobromine, apportées par nos aliments (café, thé, etc.). Il est un fait, c'est que ringestion de caféine et de théobromine, sans toutefois augmenter l'acide urique, amène une hyper excrétion des bases puriques ; d'après KrQger et J. Schmid, 47 0/0 de leur azote s'éliminenlà l'état de composés puriques.
Burian et H. Schier prétendent que tous les dérivés puriques, y compris l'acide urique, sont des produits intermédiaires du métabolisme des substances alhumiiiotdes et qu'une certaine partie serait excrétée par les reins avant d'avoir subi toute transformation.
Dosage des bases xanthiques. — 1° PnocÉoÉ Dbnigès. — Pn dose les corps xantho-uriques, comme on l'a indiqué précédemment (Voir p. 70 ), avec cette différence que la filtration de l'urine précipitée par la liqueur argentique et am mon iaco- magnésienne, se fait sur un filtre sans plis de 9 à 10 centimètres de diamètre. Ce précipité contient l'acide urique et les bases xanthiques. On dose (voir p. 72), dans 100 centimètres cubes du liquide tiltré, l'argent en excès, et on en déduit par différence la quantité des composés xantho-uriques. On recueille
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Le précipité est recueilli sur un petit filtre sans plis, placé sur un entonnoir à succion et lavé, à quatre reprises, chaquefois avec 10 centimèlrescubesd'eau, acidulée de 20 gouttes d'acide sulfurique pour 100 centimètres cubes d'eau.
Après dernier égouttage, le filtre est enlevé de l'entonnoir et déplié ; avec un jet d'eau bouillante, on fait tomber le précipité qu'il contient dans un grand vase à saturation ou une capsule de porcelaine d'au lïioins 1 litre ; on ajoute 10 à 1$ gouttes de lessive de soude pour dissoudre l'acide urique, puis, aussitôt après, 800 centimètres cubes d'eau et enfin 10 centimètres cubes d'acide sulfurique au 1/3° en volume.
On verse alors goutte à goutte, en agitant une solution de permanganate de potasse dé ci-normale, et on arrête les affusions lorsque la masse liquide a pris une coloration rose faible persistant au moins pendant une minute.
Le nombre n de centimètres cubes de permanganate qu'on aura consommé, multiplié par O^^jOTS, indique (correction comprise) la quantité d'acide urique que contient 1 litre de l'urine examinée. En la retranchant du poids des composés xautho-uriques déjà trouvé, on a ne qui revient auic bases xanthiques, prises isolément. [Chimie analytique de G. Dbnigès, p. 729 et suivantes.)
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