‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 14 sur 116 · ELEVATEUR PROPRE DE LA LEVRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

ELEVATEUR PROPRE DE LA LEVRE SUPÉRIEURE

iBOYER, BlCHATj

?yii. : Eléra'eur ou releveuv profond (Cruveilhieri; Moyen sus-muxillo-lahidl (Chaussier) : Elévateur commun externe de l'aile du nez et de la lèvre supérieure (Mathias Duval; : Supra-lahiat éleva tor (LevAy) -^ M. levator labii superioris proprius vel major; Superior labial elevator ; M. incisorius : Caput infra orbitale musculi quadrati labii superioris N. a.); Muscle du ])leurer [Duchenne, de Boulogne).

Absence. — Elle est très rare et signalée, dans un cas seulement, par Otto.

' Meckel. Loc. cit. p. 412.

- Strauss-Durckheim. Loc. cit., p. "210.

Anatomie comparée . — « Chez le gorille j'ai observé, dit M. Hartmann, un élévateur ou tenseur de l'aile du nez, placé à côté de l'élévateur du nez et de la lèvre supérieure mentionné plus haut : mais je n'ai pas trouvé d'élévateur propre de la lèvre supérieure. » (Hartmann,

loc. cit., p. 118.)

Faisceau pour l'aile du nez. — Nous en avons parlé amplement à propos du muscle précédent.

Variations des insertions. — M. Ghudzinski avance que dans les races de couleur le muscle en question, quand il est dissociable du précédent, peut remonter jusqu'à la suture fronto-nasale et môme jusqu'à l'arcade sourcilière.

Disposition bicipitale, duplicité et triplicité du muscle. — Ordinairement le chef supplémentaire se détache de l'os malaire (c'est le Jochbeinzacke de Henle) et quelquefois de l'orbiculaire des paupières (Gant et Henle). Sandifort et M. le professeur Macalister ont trouvé deux et môme trois élévateurs propres de la lèvre supérieure. Un de mes prosecteurs, M. André, a disséqué, en 1893, sur le côté droit du nez d'un sexagénaire, un élévateur propre de la lèvre supérieure composé de deux faisceaux séparés dans toute leur étendue

Anatomie comparée. — Si on veut relire attentivement les quelques pages qui précèdent, on y verra que, dans la série animale comme chez l'homme, les releveurs ne forment souvent qu'une masse indivise, ou se substituent l'un à l'autre ou se multiplient.

Dans le bœuf, en plus du sus-mamllo -labial qui représente, avonsnous dit, le releveur propre de la lèvre supérieure de l'homme, et dans les Solipèdes., les Ruminants et divers Carnassiers il y a deux autres muscles sus-maxillo-labiaux accessoires. Ces muscles qui partent du môme point que le sus-maxillo-labial normal, se terminent chacun par un tendon ramifié qui passe sous le naseau pour se prolonger dans le tissu de la lèvre supérieure. (Chauveau et Arloing.)

Dans le porc, le sus-maxillo-labial et le grand sus-maxillo-nasal sont remplacés par trois corps charnus à peu près parallèles, couchés sur le côté du chanfrein ' .

' Chauveau et Arloing. Loc. cit., p. 294.

MUSCLES DE LA ÏJiTE 17

L'élévateur commun du hérisson et de la taupe, fortement développé et divisé en plusieurs muscles distincts, va se distribuer en totalité au nez ' .

Le sus-majcillo- labial et le grand su^-niaxlllo-nasal du cJiien et du chat c( ne constituent qu'un seul corps charnu formé de plusieurs faisceaux parallèles, qui prennent leur origine au-dessus du trou sous-orbitaire et qui se terminent à la fois à l'aile externe du nez et dans la lèvre supérieure- ».

Les muscles de la lèvre supérieure du didelphys, au nombre de trois, sont forts, allongés, étendus de l'os maxillaire supérieur au nez et à la lèvre supérieure, oii ils s'attachent par des tendons séparés : ces muscles se succèdent de haut en bas. « Le supérieur, dit Mcckel [loc. cit.^ p. 622), représente l'élévateur commun du nez et de la lèvre supérieure, soit en entier, soit seulement en partie ; dans le dernier cas il en constitue la portion supérieure. Le second muscle est ou bien la portion inférieure du muscle précédent, ou bien l'élévateur propre de la lèvre supérieure. Enfin le troisième est l'élévateur propre ou le zygomatique : dans la première supposition, le zygomatique manque. »

Les Coatis ont un nez allongé et mobile ; aussi observe-t-on parmi les muscles de leur face un fort releveur propre de l'aile du nez. Ce muscle est partagé en deux faisceaux qui laissent voir entre leurs tendons, à l'extrémité du nez, le triangulaire ^

Dans Voranr/, les zygomatiques et les deux élévateurs sont très minces et chacun d'eux se divise de nouveau en faisceaux distincts. (Hartmann, loc. cit., p. 119.)

Enfin l'insertion du releveur propre de la lèvre supérieure de l'homme à los malaire existe parmi les Primates. Chez le Gorilla gina'* le releveur propre de la lèvre supérieure s'attache à la portion supérieure de l'os malaire sous l'orbiculaire des paupières et descend un peu obliquement en dehors jusqu'à l'orbiculaire des lèvres, audessus et en arrière de la dent canine supérieure.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il peut recevoir ou envoyer des fibres aux grand zygomatique, petit zygomatique et transverse du nez. Le releveur profond de la lèvre supérieure du

' MeckeL Loc. cil., p. 65i.

^ Chauveau et Arloing. Loc. cit. suprù.

' Ciivier et Laurillard. Atl. d'anal, comp., pi. du Coati roux.

* Duveraoy. Loc. cit., p. 192.

nègre Émilien, disséqué par M. Gluidzinski, beaucoup plus développé que chez le blanc, naissait du bord inférieur de l'orbite, en arrière du releveur superficiel avec lequel il était confondu, Il recevait aussi des fibres des muscles zygomatiques et de l'orbiculaire des paupières par son bord postérieur. En se réunissant au releveur superficiel il formait un plan musculaire, large et épais, dont les fibres, croisant celles du canin et du myrtiforme, contribuaient puissamment à l'augmentation de l'épaisseur de la lèvre supérieure.

Anaïomie comparée. — Je lis dans Strauss-Durckheim' : « L'élévateur propre de la lèvre supérieure du chat adhère fortement au petit zygomatique. »

Les grands et petits zygomatiques, les releveurs de l'aile du nez et de la lèvre supérieure du jeune gorille mâle que M. Ghudzinski a eu à sa disposition, étaient confondus presque en une seule masse musculaire. J'ai noté plus haut que Henle et Ehlers désignent, chez l'homme comme chez les Singes, sous le nom de M. quadratus labii superioris un muscle composé des élévateurs de l'aile du nez et de la lèvre supérieure et du petit zygomatique. {Caimt angulare^ capiU infraorbitale, caput zygo^naticum.)

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