‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 22 sur 116 · TEMPORAL · texte numérisé non relu

TEMPORAL

Syn. : M. erotaphile; M. lemporo-maxillaire (Chaussier); Temporo-maxillien . Élévateur de la mâchoire; Temporalis (N. a.)-

Dédoublement en deux plans. — Massa a rencontré un temporal formé par deux couches superposées ^ La couche superficielle du temporal anormal décrit par Massa répond au M. temporal superficiel de Sappey qui est une dépendance de l'auriculaire antérieur. (Voyez ce muscle.)

Variations de volume. — Je l'ai vu très épais sur des sujets où il était plus large et plus long que d'ordinaire.

Variations des insertions. — Il peut se rapprocher assez près du

' Massa. Liber hilroductorius, cap. xxxv, p. 77.

vertex. En mars 1886, un de mes élèves, M. Allain, a trouvé chez une femme, morte de fièvre typiioïdc, le muscle temporal droit très épais, et seulement distant de deux travers de doigt de la suture sagittale. Très fréquemment quelques-unes des fibres postérieures du temporal s'insèrent directement à la face interne et au bord postérieur de l'apophyse coronoïdc (Bellini ').

Une conformation beaucoup plus rare est celle observée par M. le professeur ^lacalister : Textension du muscle le long du bord antérieur de la branche montante du maxillaire inférieur jusqu'à la dernière molaire. J'ai eu la bonne fortune de la montrer une fois à mon cours. « Plus le temporal est puissant, dit M. F. Regnault. plus l'apophyse coronoïde s'élargit pour donner une plus grande surface d'insertion. Chez le vieillard dont les fonctions masticatoires déclinent, l'apophyse coronoïdc est mince et longue-. »

Anatomie comparée. — De tous les Mammifères, quelques Tardigrades exceptés, c'est l'homme dont les muscles destinés à mouvoir les mâchoires ont le moindre développement et les surfaces d'insertion de ces muscles, le moins d'étendue. Quelle dilTérence entre sa petite fosse temporale, circonscrite en haut par une ligne courbe peu indiquée et la fosse profonde des Atithi'opoïdes! Non seulement chez ces derniers toute la surface latérale du crâne sert d'insertion aux fibres du muscle temporal, le muscle masticateur par excellence, mais encore sur la ligne médiane de la tète du mâle se dresse une crête forte et haute qui permet à ces fibres de se multiplier. Aussi l'élévation de la ligne temporale, l'étendue de sa courbe et son rapprochement de la ligne médiane sont-ils dans le groupe humain un caractère d'infériorité. Sur certains crânes préhistoriques de la Floride et des crânes de Néo- Galédoniens modernes les deux lignes, distantes normalement chez le blanc de 8 à 10"' n'arrivent à s'écarter que de 2".

Ce sont là, comme toujours, des caractères généraux. Dans les races préhistoriques et dans les races inférieures actuelles, aussi bien que chez les Anthrojioïdes , le temporal n'est pas un muscle invariable. Dans les Troglodytes Aubry'i il ne différait pas sensiblement de celui da l'homme, et dans le gorille de Duvernoy il se fixait, comme M. Macalister et moi l'avons vu chez l'homme, à tout le bord antérieur de la

• Bellini. Bullet. de la Soc. anal, de Paris, 1892, p. 457.

- F. Regnault. Ballet, de la Soc. anal, de Paris, 1896, p. 799.

branche montante de la mâchoire jusqu'à sa base. Il semble môme résulter des recherches de M. Deniker sur les fœtus de gibbon et de gorille que le muscle en cause ne diffère pas sensiblement chez les Anthropoïdes, pendant la vie fœtale et pendant la première jeunesse de celui de l'homme bien conformé. « Dans le fœtus de gibbon il n'occupe que la 10° partie de l'os pariétal , dans le fœtus de gorille il

n'occupe la partie inférieure du pariétal que sur une longueur de 16 millimètres, ce qui fait moins d'un quart de la hauteur totale de cet os, tandis que chez le jeune gorille il occupe déjà plus d'un tiers de la hauteur totale et chez l'adulte la hauteur entière du pariétal \ »

Segmentation du muscle. — J'ai vu parfois le faisceau zygomatique signalé par Sappey- séparé du faisceau temporo-sphénoïdal.

Henke a donné le nom de M. temporalis minor à de petits faisceaux musculaires indépendants qui se portent du ménisque temporo-maxijlaire sur l'échancrure sigmoïde\

Anatomie comparée. — Le temporal est divisé en plusieurs faisceaux dans quelques Mammifères , notamment dans le chat où il est composé de trois chefs : deux superficiels juxtaposés et un profond (Strauss- Durckheim).

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — D'ordinaire il est intimement uni au masséter mais séparé du ptérygoïdien externe et du buccinateur par du tissu cellulo-adipeux qui se prolonge vers la région de la joue. Horner indique cependant un cas où les libres les plus inférieures de ce muscle étaient fusionnées avec celles du bord supérieur du ptérygoïdien externe''. M. le professeur Macalister a observé la môme malformation avec passage de l'artère maxillaire interne au-dessous du ptérygoïdien externe ^

Anatomie comparée. — M. le professeur Humphry, par des dissections minutieuses pratiquées sur le cryptobranche et le lépidosiren, a dé-

' Deniker. Loc. cil.,]). 114-118.

"■' Sappey. Anu/. dcscripL, 2" édit., p. lio.

' Ilenke. Zeilschr. ziir rat. med., 3 R. \IU, 76.

' Ilorner. Spect. anat. Plnladelphia, vol. I, p. 372.

"' Macalister. Loc. cit., p. 18.

" IluriJphry. Observ. in m/jolor/y. Cambridge, 1872, p. 117.

montré que le muscle temporal n'est que le prolongement du muscle dorsal vers la nuque et la mâchoire et qu'il en est probablement de même du masséter, du ptérygoïdien externe, du buccinateur, etc/. M. le professeur Mathias Duval a prouvé d'autre part que les muscles masticateurs dérivent tous des masses musculaires de l'arc maxillaire.

MASSETER

Syn. iM. manducatorius; M. mandibularis extevnus ; M. zijf/omato-maxillaife (Chaussier) l'retiiier mdcheur ;Diemerbroeck) ; Élévateur inférieur de la mâchoire; Masséter (N. a.) Muscle du plat de la joue.

Absence. — Duméril a noté cette absence dans un cas de monstruosité (phocomélie').

Anatomie comparée. — Dans les Vertébrés inférieurs les masséters, je viens de le dire, manquent ou sont confondus avec les temporaux. La mâchoire inférieure énorme des Toucans [oiseaux) est retenue simplement par un ligament élastique-.

Variations de volume. — 11 est plus ou moins prononcé dans le genre Homo aussi bien que dans les diverses espèces animales. C'est lui qui, très épais, donne à la physionomie de quelques individus l'expression d'énergie brutale qui la caractérise.

Le masséter acquiert un volume considérable chez certaines races noires d'Océanie (Chudzinski).

Anatomie gompahée. — C'est chez les Rongeurs dont le maxillaire inférieur est porté en avant pendant la mastication, que le muscle en cause acquiert son maximum de développement. Il est très fort aussi dans les Carnassiers et principalement dans les Félins oîi sa masse, réunie à celle du temporal, forme cette saillie qui arrondit la tête du chat, du lion, etc.

Isolement complet des deux faisceaux . — Les deux faisceaux qui composent le masséter sont souvent entièrement indépendants.

' Dunicril. Bullet. de la Soc. philomatique. vol. III, p. 122.

- Milne-Edwards. Leçons sur Vanat. et la phys. comp. de l'homme et des animaux, 1861, t. VI, p. 57.

40 VARIATIOiNS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L'HOMME

Sœmmering les a même vus un peu distants l'un de l'autre, et Monro, séparés par une bourse séreuse \ Une autre bourse séreuse a été trouvée par Hyrtl entre les fibres profondes et l'articulation temporo-maxillaire ^

A>;atomie comparée. — Le masséter est partagé normalement en deux faisceaux distincts chez le chat, Y éléphant, le hérisson, les Martes, etc., etc. Dans le môme genre animal ces deux faisceaux peuvent môme, comme chez l'homme, être complètement ou incomplètement différenciés : ils sont complètement différenciés dans Xhyhie rayée et Vhyène brune et incomplètement différenciés dans l'hyène tachetée^.

Faisceaux surnuméraires. (Masséter trigastricus de W. Gruber.j — Les professeurs Gruber et Macalister ont vu quelquefois les fibres de la couche profonde renforcées par un faisceau musculaire détaché du ligament latéral externe de l'articulation de la mâchoire. M. Chudzinski a très fréquemment retrouvé ce faisceau chez les nègres. Je l'ai observé également sur une Angolaise.

J'ai disséqué, à diverses reprises, un faisceau supplémentaire venant de l'os malaire, en arrière du grand zygomatique et une fois, à droite, un trousseau de fibres pâles qui s'étendait de la partie postérieure du maxillaire supérieur au bord antérieur du masséter. Le professeur Gruber a donné le nom de masséter trigastrique au masséler de l'homme qui présente ces divers vices de conformation.

Anatoimie comparée. — A l'état de complet développement, chez les Rongeurs, [le lapin \ V agouti^, le castor^, le cobaye'^), le masséter est formé par trois faisceaux bien isolés en haut et qui pourraient être et ont été considérés comme autant de muscles particuliers : le. jugo-jnaxillien, lemaxillo-mandibulaire elle mandibulo-maxillaire . Dans le cobaye le mandibulo-maxillaire '&e fixe en avant du trou sous-orbitaire qu'il traverse.

Chez le chat, d'après Slrauss-Durckheim, un faisceau du masséter

' Monro. Icônes bursarum, édit. Ilosenmuller, 1799, p. 32, t. II.

^ Hyrtl. Topofjmphische Anat., Band I, p. 299.

^ Yoiing et Robinson. Journ. of An. and. phys., 1889, p. 187.

* Cuvier et Lauiillard. Allas cVanal. comp:, pi. 232. '' Eodem loco, pi. 248, fig. I.

* Eodem loco, pi. 219.

' Duvernoy, in Cuvier. Leçons d'anal, comp., t. IV, p. 66.

qu'on pourrait considérer même comme un muscle particulier est placé dans la fosse externe de l'apophyse coronoïde. Il prend son origine par une large aponévrose intérieure, fixée en pointe au-devant de la cavité glénoïde.

Le masséter des chauves-souris se compose de deux faisceaux : un interne, et un externe séparé du précédent par l'arcade zygomatique et divisé lui-même en deux corps charnus (Maisonneuve).

« Le masséter est conformé chez les Anthropoïdes comme chez l'homme, » dit le professeur Hartmann. Oui, si on entend par là qu'il reproduit fidèlement les dispositions normales et anormales do celui de l'homme, même le masséter trigastrique. Le masséter du fœtus de gorille et celui du fœtus de gibbon de Deniker ressemhlaient à celui de l'homme ; celui du gorille de Duvernoy était uni au temporal par des trousseaux musculeux ; celui du gorille du professeur Elilcrs, avait un faisceau supplémentaire antérieur ; celui du chimpanzé d" Aubrij possédait un faisceau charnu accessoire « qui, de la face externe de l'arcade zygomatique se portait presque directement sur la face externe de l'apophyse coronoïde, au-dessous de l'insertion du temporal )^ ; celui d'un orang que Broca m'a montré (1875) était divisé en deux corps entièrement distincts. Ce dernier vice de conformation existait aussi sur un orang de Duvernoy.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Divers anatomistcs ont cité des cas de fusion des fibres les plus internes de la couche profonde avec quelques-unes des fibres inférieures du muscle temporal. Haller a signalé l'union de ce muscle et du buccinateur '.

Anatomie comparée. — Je rappelle encore — et une fois pour toutes — que les connexions qui existent souvent chez l'homme entre le ptérygoïdien externe, le temporal et le masséter sont justifiées par ce fait que ces muscles dérivent, au point de vue embryogénique, d'une masse musculaire commune. Ces connexions constituent, d'ailleurs, l'état normal chez divers Mammifères. Dans le gorilla gina la première portion du temporal est, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le dire, jointe en arrière au temporal par des faisceaux musculaires. Dans le cheval et dans \ hyène elle se confond d'une manière si intime avec le crotaphite qu'il est impossible de préciser la limite des deux

1 Ilallcr. Op. anal, arçjumenl. mtnor, vol. 111. Lausanne, 1768, p. 18.

muscles. Chez le chat, les fibres les plus externes du faisceau le plus superficiel du masséter contournent la mâchoire et se fixent à un raphé qui lui est commun avec le ptérygoïdien externe (Strauss-Durckheim).

PTERYGOIDIEN EXTERNE

Syn. : V lerygoideus m'inor ; Petit ptéri/go'idien : Petit pléryr/o-maxillaire ; Alaire extérieur (Diemerbroeck) ; Petit spJiéno-maxillien ; Fallopien (Courteille) ; Plerygoideus externiis (N. a.).

Isolement des deux faisceaux constituants. — Le faisceau supérieur et ]e faisceau inférieur peuvent être séparés dans une partie ou dans la totalité de leur étendue. Le chef sphénoïdal peut être tendineux. J'ai vu aussi la moitié externe du chef inférieur entièrement aponévrotique.

AisAT03iiË COMPARÉE. — Suivaut Ics cspèccs animales le ptérygoïdien externe est plus ou moins large, long et charnu indivis ou divisé en deux faisceaux. « Dans la chauve-souris il s'insère au fond de la fosse zygomatique, en dehors de l'apophyse ptérygoïde, parallèlement à elle, et aussi à la surface voisine du temporal. Ces deux insertions d'origine sont très distinctes l'une de l'autre et semblent constituer deux muscles séparés; entre eux se voit un gros nerf, mais bientôt les deux faisceaux se réunissent en un seul corps musculaire qui va se terminer dans la fosette située en dedans et au-dessous du condyle de la mâchoire. » (Maisonneuve.j

Faisceaux surnuméraires. — Fâsebeck a vu un faisceau détaché du chef inférieur du ptérygoïdien externe qui se rendait à la capsule de l'articulation temporo-maxillaire \ J'ai rencontré ce même faisceau, à droite chez un homme, à gauche chez une femme. Dans l'un et dans Tautre de ces deux cas l'artère maxillaire interne passait entre le ptérygoïdien externe et le tractus musculeux supplémentaire. M. le professeur Macalister a trouvé à six reprises différentes une bandelette curieuse, une sorte de ptérygoïdien propre, étendue, en dehors du ptérygoïdien externe, de la tubérosité maxillaire à la crête externe de la

' Fdsebeck. MuUer's Arch , 1842, p. 475.

grande aile du sphénoïde, qui sépare la fosse temporale de la fosse zygomatique.

Connexions plus intimes avecles muscles voisins. — 11 peut être plus ou moins uni au temporal et même au digastrique. (Meckel, De duplicilate ?nonstrosa, p. 42.)

Est-il inadmissible de supposer que cette fusion du ventre postérieur du digastrique avec le ptérygoïdien externe est due à un déplacement du digastrique qui, chez les Carnassiers, se fixe au bord inférieur de chaque mâchoire dans le voisinage du masséter : en arrière, dans \'d musaraigne cïeau; en avant, dans la ^a«/je; au-dessous, dans le chafl (Cuvier).

PTÉRYGOÏDIEN INTERNE

Syn. : Tolit/s mitsciili/s qui in ore lalitul ^^'ésale) ; l'terijfjouleus major ; Grand palatin ; Masséter interne (Winslow) ; Grand pférijrjo-niaxillaire (Chaussier) ; Second niâcheur ; Alaire intérieur (Diemcrbroeck) ; Grand spliéno-maxillien ; Élévateur inférieur de la

mâchoire ; Pferijf/o'ideus inlernus (N. a.).

Faisceau surnuméraire. — Très fréquemment le ptérygoïdien interne est renforcé par un faisceau détaché de la facette inférieure de l'apophyse pyramidale de l'os palatin.

Anatomie comparée. — Chez les Oiseaux * et chez le canard- notamment, le ptérygoïdien interne, très développé, est constitué par trois et môme quatre portions plus ou moins séparées dont la première se fixe à l'os maxillaire supérieur, la seconde, à l'os palatin, la troisième, à l'os, ptérygoïdien, la quatrième, au sphénoïde ; mais ce démembrement est dû seulement à l'écartement des différentes parties de la charpente céphalique qui constituent la partie postérieure de la voûte palatine.

Dans les SoUpèdes le masséter interne comprend deux plans de fibres comme l'externe ; les fibres du plan profond débordent les autres en arrière, et, vu leur obliquité, sont certainement capables de contribuer à la propulsion de la mâchoire. Cette couche profonde déjà peu mani-

' Milne EdwarJs. J.oc. cit., t. YJ, p. 58.

* Hérissant. Mém. de l'Acad. des se, 1848, pL XXIII, lîy. 2, B. ''

4i VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L'HOMME

feste dans le porc est tout à fait indistincte dans les Riuninants et les Carnivores (Lesbre).

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il échange quelquefois, à son origine, quelques fibres avec le péristaphylin externe. Moser l'a vu donner naissance au stylo-giosse ' et Gruber, envoyer un faisceau à la bande ligamenteuse qui s'étend de l'épine du sphénoïde à l'angle de la mâchoire inférieure ^

Je l'ai vu (une fois des deux côtés chez l'homme, une fois du côté droit chez une femme) relié au masséter par des trousseaux de fibres qui passaient au-dessous de la mâchoire inférieure.

Anatomie comparée. — M. le professeur Macalister m'a écrit qu'il avait vu chez un gorille le stylo-giosse provenir du ptérygoïdien interne. Dans les Carnassiers et en particulier dans le chatlQ ptérygoïdien interne s'unit au masséter sous le bord inférieur du maxillaire inférieur.

BUCCINATEUR

Syn. : Buccinator; Conlrahens communis buccarum labîorum (Spigel) ; M. buccœ (Colombus) ; Biicco (Riolan) ; Biicco-labial (Chaussier) ; Alvéolo-maxillaire (Dumasj ; Trumpeter- Muscle ; Buccinator (N. a.).

Dédoublement en deux plans. — Sur deux sujets du sexe féminin j'ai vu, en arrière, immédiatement au-dessous du maxillaire supérieur son dédoublement en deux couches.

Anatomie comparée. — Dans l'espèce humaine le buccinateur n'est formé que de fibres longitudinales convergeant à la commissure des lèvres, tandis que dans nos animaux domestiques, il pi'ésente en outre une couche superficielle, pré-masséterine dont les fibres vont de haut en bas d'une mâchoire à l'autre ; cette couche superficielle est particulièrement développé dans les Herbivores où elle affecte une disposition pennée ; les Allemands la décrivent à part sous le nom de buccinateur, tandis que la couche profonde constitue leur muscle malaire

'Moser. MeckeVs arch., voL VII.

-Gruber. ^eue Anomalien, t. II, p. 218.

Amincissement du muscle. — Sa portion moyenne peut être très peu épaisse, pour ainsi dire absente. Elle est peu prononcée chez les Singes quadrupèdes, sauf chez le papioii et quelques autres pourvus de grandes abajoues.

Variations des insertions. — On a constaté des modifications dans l'étendue relative des insertions maxillaires supérieures et inférieures du buccinateur. Il en est de môme dans la série animale où le muscle en question est forcé de s'adapter à la forme et à la longueur essentiellement variables des mâchoires.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Son union avec le masséter à été notée chez un monstre (professeur Macalister). Le buccinateur échange souvent des fibres avec la portion du constricteur supérieur du pharynx qu'on désigne sous le nom de hucco-pharyngienne. 11 reçoit parfois un faisceau détaché du conduit de Sténon ou du grand zygomatique. Dans le chat la partie moyenne du constricteur supérieur se continue directement avec la portion moyenne du buccinateur constituant un seul muscle, mince et grêle que Gourcelles a nommé M. bucco-pharyngien (voy. M. constricteur supérieur du pharynx) .

MUSCLES SURNUxMERAIRES

Ptérygoïdien propre.

Sous le nom de Pterygoideus proprius le professeur Henle et divers aiiatomistes ont décrit un faisceau musculeux qui s'étend de la crête située sur la face externe de la grande aile du sphénoïde, qui sépare la fosse temporale de la fosse zygomatique, au bord postérieur et à une petite portion de la face externe de l'aileron externe de l'apophyse ptérygoïdc.

Le ptérygoïdien propre a été trouvé par Henle ', Gruber -, Theile %

' Henle. Loc. cit., p. J64.

* Grubei". Neue Anomalien, p. 12,

'Theile, p. 59.

Shephcrd \ Macalister % Wagstaffe % Poland '% etc.. M. le professeur Macalister Ta rencontré douze fois. Il peut être remplacé en partie ou en totalité par des fibres conjonctives.

Je le crois assez commun. S'il est peu connu c'est, sans doute, parce qu'on le détruit souvent en détachant l'apophyse coronoïde et le temporal ou le chef supérieur du ptérygoïdien externe auxquels il est parfois uni.

Je l'ai vu trois fois : deux fois chez des femmes et une fois chez l'homme, et toujours des deux côtés et avec ses attaches habituelles.

Ce muscle, suivant MM. Wagstaffe et Macalister, présenterait, en effet, quelques variétés dans ses insertions inférieures. Ainsi, il pourrait se fixer à l'apophyse pyramidale du palatin, à l'os maxillaire supérieur, au ligament ptérygo-maxillaire, à l'os maxillaire inférieur, au muscle buccinateur.

Dans deux cas appartenant à M. Wagstaffe le chef supérieur du ptérygoïdien externe faisait défaut et le chef inférieur de ce muscle se détachait du ptérygoïdien propre aponévrotique.

Ces déplacements ne sauraient nous étonner puisque nous savons que tous les muscles masticateurs sont dérivés d'une masse musculaire commune.

Le ptérygoïdien propre, compris entre deux portions d'un même o? et ne pouvant provoquer aucun mouvement, a attiré vivement la curiosité des anatomistes. Je ne sache pourtant pas que personne, jusqu'à ce jour, ait essayé d'en donner la signilication.

Moi-même, je ne puis rien dire de positif à cet égard. J'avoue n'avoir rien trouvé chez les Mammifèi^es qui soit l'analogue du petit sphéno-ptérygoïdien de l'homme. Je suis donc réduit à faire des suppositions, en les appuyant sur les dispositions ostéologiques des ptérygoïdcs, très modifiés dans les différents Vertébrés.

Sauf les Crocodiles et les Tortues, les animaux ovipares, depuis les Pomo;i.s jusqu'aux Oiseaux, ont les ptérygoïdes et les palatins mobiles, pour concourir au relèvement de la mâchoire supérieure. Par conséquent, les muscles ptérygoïdiens sont divisés en deux parties : l'une supérieure ou sphéao-pténjgoïdienne ei palatine ^ qui agit sur la tige

' Shcpherd. Jourii. of anal, and phys., vol. XV, p. 293. -Macalister. Trans. irish. acacl., vol. XXV, 1872. ^WagstatFe. Journ. of anat. and phys., vol. V, p. 281. * Poland. Journ. of anat. and phys., vol. XXIV, p. 567,july 1890.

"M. le professeur Macalister a vu le ptérygoïdien propre de l'homme s'attacher à la fois, «n bas, à l'apophyse pyramidale du palatin et à l'apophyse ptérygoïde externe.

ptérygo-palalinc ; l'autre inférieure ou ptéri/r/o-inaxillairc, qui relève la mâchoire inférieure (comme chez les Mammifères).

Telle est la disposition primitive dans le plan général des Vertébrés, disposition nécessairement modifiée lorsque les os ptérygoïdes et palatins deviennent fixes : alors les muscles ptérygoïdiens sont simples et non divisés en deux portions.

Il est donc permis d'admettre que le petit faisceau sphéno-ptérygoïdicn observé chez l'homme est un vestige de ce qui existe chez les Vertébrés ovipares à ptérygoïdes mol)iles.

Ptérygo-épineux.

Le muscle ptérygo-épineux est un muscle étendu de l'épine du sphénoïde au bord postérieur de l'apophyse ptcrygoïde externe, entre les deux ptérygoïdiens.

Ce muscle a été trouvé par Thane, Schmidt ', Theile -, Poland ', Quain \ Macalister "% etc.. Je ne l'ai disséqué qu'une fois, et seulement du côté droit, chez un enfant de douze ans.

M. John Poland, dans son mémoire sur les Variations of the externat pterygoïd muscle, paru en juillet 1890 dans le Journal of analomy and physiologij, donne une description intéressante et complète du ptérygo-épineux qu'il a rencontré douze fois.

Si, ainsi que l'ont avancé Thane, Theile, Schmidt, M. le professeur Macalister, et ainsi que je l'ai vu moi-même, le ptérygo-épineux est constitué par les deux faisceaux ou l'un des deux faisceaux — le plus généralement par le faisceau inférieur — devenus charnus du ligament ptérygo-épineux de Civinini, il peut exister en môme temps que ce ligament et entièrement indépendant de lui. Alors il a des attaches supérieures différentes et coïncide, dans beaucoup de cas, avec une absence ou un arrangement anormal du ligament sphénomaxillaire. Tantôt il se fixe à la fois à l'épine du sphénoïde et à la scissure de Glaser, tantôt exclusivement à la scissure de Glaser, soudé au ligament sphéno-maxillaire ou relié par un tissu cellulaire plus ou

1 Schmidfs Jahrbuch. Bd. 23, p. 277.

' Theile, p. 60.

= Poland. Loc. cit., p. 568.

* Qtiain's miatomy, \0' édition, vol. 2, p. 295.

'Macalister. Iluman anatomy, p. 229, et Loc. cit. supn'i.

4S VARIATIONS Dl SYSTÈME MUSCULAIRE DE L"HOMME

moins dense à ce ligament atrophié, et inséré, lui aussi, seulement à kl scissure de Glaser.

Ces dernières dispositions sont curieuses, car elles viennent à l'appui de la théorie du professeur Humphry et de M. Poland qui considèrent le muscle ptéryg'o-épineux comme une dépendance du ligament latéral interne sphéno-maxillaire formé, lui-même, aux dépens du prolongement vers l'oreille, entre les deux ptérygoïdiens, de l'arc cartilasTÎneux de Meckel du maxillaire inférieur.

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