‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 23 sur 116 · RELEVEUR DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

RELEVEUR DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE

Absence. — Elle a été constatée par M. le professeur Macalister chez un individu qui n'avait pas présenté de symptômes de ptosis pendant la vie.

Ajxatoaiie comparée. — Les muscles droits et obliques existent seuls chez les Ophidiens^ les Squales, les Poissons, et en particulier chez le Scomber merluccius {Téléostéen) et YAcipenser-slurio du groupe important des Ganoïdes ^ Chez la chauve-souris, si bien partagée en ce qui concerne l'ouïe, la vue ne joue qu'un rôle très amoindri, comme appareil destiné à la diriger soit dans le dédale des cavernes, soit à la chasse des insectes dont elle se nourrit. Aussi « les muscles destinés à l'organe de la vision sont-ils peu compliqués, ou plutôt réduits à une très grande simplicité. Nous en trouvons deux seulement qui sont : l'orbiculaire des paupières et l'abaisseur de la paupière inférieure ; mais le muscle surcili-tragien envoie quelques fibres dans son épaisseur * ».

' Motais. Anatomie de l'appareil moteur de l'œil de l'homme et des vertèbres. Paris, 1878. " Maisonneuve. Loc. cit.. p. 146.

Duplicité du muscle. — Elle est signalée par Vésale.

Un releveur surnuméraire de la paupière supérieure est appelé par Albinus cornes obliqid superioris. Le graciUimus orbitis de Bochdalek ' et un faisceau noté par Sandifort ^ sont également des reJeveurs accessoires.

Une bandelette de ce genre a été montrée à Molinetti par Boldrini '' et considérée par lui comme un cinquième droit. Des lames musculaires identiques ont été observées par Albinus (p. 176) et par Kulmus {Descriptio anatomica fœtus monstrosi, 1724, p. 14). Dans ces trois derniers cas, le muscle supplémentaire se fixait, en avant, à la trochlée.

Le tensor trochlese, découvert par M. le professeur Julius Budge % et qui est constitué par des fibres détachées du corps du releveur de la paupière qui se rendent à la trochlée, est évidemment un muscle de la même nature que ceux: trouvés par Albinus, Molinetti et Kulmus.

Le tensor trochleœ a été rencontré par M. le professeur Macalister avec deux modes de conformation différents :

1° Distinct seulement à son insertion orbitaire du releveur de la paupière supérieure ;

2° Séparé dans ses deux tiers antérieurs du releveur de la paupière supérieure.

D'après Denonvilliers, une bourse séreuse existerait chez quelques sujets entre le releveur de la paupière et le droit supérieur. Je l'ai cherchée en vain.

Anatomie comparée. — Je ne nie pas absolument qu'il puisse se développer, dans l'espèce humaine, deux releveurs de la paupière supérieure, mais je crois que la plupart — sinon la totalité — des faisceaux énumérés ci-dessus ne sont que des faisceaux supplémentaires d'union, analogues à ceux qui existent normalement entre les muscles de l'orbite ^ chez divers animaux.

Variations des insertions. — Au lieu de s'attacher en arrière à la face inférieura de la petite aile du sphénoïde ou à la gaine du nerf

1 Bochdalek. Prager Vierleljahrsschrifé, 1868, t. IV. -Sandifort. Loc. cit., p. 80.

^ Boldrini. Dissertât, anat. et pathol. Batave, 1669, p. 29. * Budge. Henle a. Pfeufer's Zeitschrift. Reihe, 3 Bd., VII. ** Voy. plus loin : Connexions des muscles de l'œil entre eux.

optique, M. le docteur Kelly, démonstrateur au collège royal de chirurgie de Dublin, l'a vu émaner de la portion frontale de la voûte orbitaire, au-dessus et en avant du nerf optique. Sur une vieille femme, j'ai noté, à droite et à gauche, l'insertion du releveur de la paupière supérieure sur la suture sphéno-frontale.

En avant, au lieu de se fixer sur le bord du cartilage tarse, ce muscle peut s'attacher :

1° A la fois sur ce cartilage et à la face profonde de la conjonctive, au niveau du cul-de-sac oculo-palpébral supérieur ;

2° A la face profonde du cul-de-sac oculo-palpébral supérieur ;

3° A la portion ciliaire de l'orbiculaire des paupières ;

4° A la fois sur le cartilage tarse, à la face profonde du cul-de-sac conjonctival supérieur et à la portion ciliaire de l'orbiculaire des paupières.

Anatomie comparée. — Le releveur de la paupière supérieure a, dans les Vertébrés, des insertions variables et en rapport avec le degré de développement de la paupière supérieure, en avant, et du canal optique ou sphénoïdal, en arrière. Dans les chats, il s'attache, en avant, à la muqueuse de la paupière, à 2 millimètres du bord de cette dernière. « C'est de la disposition de ce muscle et de l'absence du cartilage tarse, auquel il se fixe chez l'homme, que dépend la courbure anguleuse que prend la paupière de ces animaux lorsqu'ils ouvrent fortement les yeux : c'est à l'endroit de l'angle que s'insère le muscle. » (Strauss-Durckheim.)

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