‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 31 sur 116 · MUSCLES EXTRINSÈQUES · texte numérisé non relu

MUSCLES EXTRINSÈQUES

HYO-GLOSSE

Faisceaux surnuméraires. — Aux: deux faisceaux de ce muscle, le basio-glosse ou ypsilo-glosse et le céralo-glosse qu'on décrit dans les traités classiques il faut en ajouter un troisième, le chondro-glosse d'Albinus qui provient des petites cornes de l'os hyoïde. Haller, qui a fait du chondro-glosse d'Albinus un muscle particulier, a raison de prétendre qu'il est normal. Sœmmerring parle en termes assez vagues d'un quatrième faisceau'. C'est sans doute celui qui a été découvert par Bochdalek et décrit par l'éminent anatomiste de Prague sous le nom de M. triticeo-glossus '-. Le Iriticéo-glosse naît du noyau cartilagineux ou osseux [cartilage hordéiforme, carlilago-triticea, corps triticéal) contenu dans l'épaisseur du ligament thyro-liyoïdien latéral, se porte en haut et en avant et se termine à coté du cérato-glosse, en s'épanouissant dans la langue.

A Prague, M. Bochdalek l'a trouvé chez huit sujets sur vingt-deux, soit approximativement chez un sujet sur trois, tandis qu'à Dublin, M. Macalister ne l'a trouvé que chez un sujet sur six, et complètement indépendant du cérato-glosse que chez un sujet sur trente. Sur soixante-huit sujets comprenant trente-huit hommes et trente femmes, je l'ai rencontré onze fois. Chez deux hommes et chez l'un et chez l'autre, des deux cotés, il était complètement indépendant du cératoglosse, chez cinq hommes (4 fois des deux côtés et 1 fois à gauche) et chez quatre femmes (2 fois des deux côtés, 1 fois à droite et 1 fois à gauche), il était uni à ce dernier muscle.

Isolement plus complet des faisceaux constituants. — Les trois faisceaux qui composent le muscle en cause sont assez souvent isolés pour

' SœmmerriQg. Loc. cit., p. 122.

- Bochdalek. Prager Vierteljahrschrifl, lift. II, 1866.

que les Primitifs les aient décrits comme des muscles distincts. C'est, du reste, une disposition fréquente parmi les Mammifères. Sœmmerring et Kelly ont vu un faisceau de ce muscle recouvrir la neuvième paire crânienne \

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il n'est pas très rare de voir un trousseau de fibres provenant de Fhyo-glosse se perdre dans le sterno-chondro-thyroïdien. D'après Walsham, cette anomalie rappellerait le mode de conformation de l'hyo-glosse des Fourmiliers. Est-ce trop s'avancer que de supposer que le triticéo-glosse n'est autre chose que le faisceau d'union anormale de l'hyo-glosse et du sterno-chondro-thyroïdien dont l'extrémité antérieure a disparu ?

MYLO-GLOSSE

« Les mylo-giosses sont de petits plans charnus situés transversale ment l'un d'un côté et l'autre de l'autre côté, entre la branche de la mâchoire inférieure et la base de la langue. Leur attache à la mâchoire est immédiatement au-dessus de la moitié postérieure du muscle mylo -hyoïdien, entre la ligne saillante oblique de la face interne de la mâchoire, sous les dents molaires. De là ils se portent aux côtés de la base de la langue, et s'y perdent à côté du glosso-pharyngien. Ils disparaissent souvent. » (Winslow -). Ces muscles sur lesquels Rolfmcius a appelé le premier l'attention ont été depuis signalés par Diemerbroeck, Winslow, Verdier, Blancard, Wood, etc., etc. Sur douze préparations des muscles de la langue faites pour mon cours depuis 1879 je ne les ai vus manquer que trois fois. Ils sont donc normaux. Dans les neuf cas que j'ai observés ils avaient un volume assez variable ^

Anatomie comparée. — Les mylo-glosses s'insèrent à tout le pourtour de la mâchoire inférieure dans Véléphant'\ et au tiers moyen seulement de cet os dans les Didelphys,

STYLO-GLOSSE

Absence. — Albinus a vu ce muscle manquer d'un côté et Bohmer

' Kelly; Sœmmerring, in Macalister, loc, cit., p. 38.

^ Winslow. Expos, de la struct. du corps humain., 1782, t. I, p. 715.

' Milne-Edwards. Anat. et phys. camp., t. VI, p. 21.

■•Duvernoy. Mém.de la Soc. d'hist.nat. de Strasbourg, t. I, fig. A. B. C.

des deux. Dans le cas de Bolimcr les muscles styliens présents étaient plus volumineux que d'habitude.

Le stylo-glosse absent est souvent remplacé par un mylo-glosse.

Anatomie comparée. — Le stylo-glosse fait défaut chez les Founniliers et les Sarigues, même chez les sujets très forts [didelphjs virginiana ').

Duplicité du muscle. — Cette malformation a été observée par Courcelles, Cheselden, Haller. Meckel, Mac-Whinnie, Fallope, - etc. « Dans l'homme, dit Diemerbroeck, la première paire des muscles de la langue de stylo-glosse) est mince et dans les bœufs, elle est double, charneuse et épaisse ^. » Le silence des traités d'anatomie comparée touchant la duplicité du stylo-glosse dans les Bovidés permet de croire que Diemerbroeck s'est trouvé en présence d'une anomalie.

Variations de structure. — Il peut être entièrement charnu, entièrement tendineux ou en partie charnu et en partie tendineux.

Faisceaux surnuméraires. — Le stylo-glosse reçoit quelquefois un faisceau de renforcement provenant du ligament stylo-maxillaire ou de la face interne de l'angle delà mâchoire inférieure. Ces faisceaux ont été étudiés d'une façon complète par M. Macalister dans le mémoire a Sur les Variétés des muscles styliens » qu'il a publié dans le Journal of Anatomij and Physiologg (t. V, p. 28).

Dans certains cas ils sont reliés par quelques fibres au stylo-hyoïdien et au stylo-pharyngien.

Anatomie comparée. — Le stylo-glosse du chat a trois origines : une sur l'apophyse styloïde, une sur la pièce cartilagineuse de la corne céphalique de l'os hyoïde (ligament stylo-hyoïdien de l'homme), une sur le ligament stylo-maxillaire, fixé lui-même à l'os tympanique. (Strauss-Durckheim).

On peut regarder avec M. Macalister le faisceau de renforcement mandibulaire du stylo-glosse de l'homme comme un mylo-glosse dévié de son trajet.

' Duvernoy. Loc. cit. suprà.

- Fallope. lastilutiones, p. 56.

^Diemerbroeck. Analomie du corps humain, 1727, t. II, p. 421.

Variations des insertions et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Ilarrison prétend que le stylo-glosse naît du côté interne de l'apophyse styloïde, près de sa pointe ' etGray de la pointe de cette apophyse, en dehors et en avant". L'une et l'autre de ces dispositions se rencontrent, mais la seconde est, je crois, de beaucoup la plus commune. Riolan ^ Winslow \ Douglas, Theile, Macalister l'ont vu se détacher de l'angle du maxillaire inférieur ; Gloquet, du ligament stylo-maxillaire' et Moser, du M. ptérygoïdien interne (voy. ce muscle). En parlant du muscle stylo-auriculaire (voy. ce muscle), j'ai noté son insertion à la face inférieure du conduit auditif externe [M. stylo-aimcidaris de Hyrti, M. auriculo-glossus de Gruber).

Portai^ et Sandifort ^ ont disséqué, l'un et l'autre, des auriculo-glosses qui abandonnaient quelques fibrilles au pharynx et au génio-glosse.

GÉNIO-GLOSSE

Le génio-glosse peut envoyer :

a) Un faisceau à la base de l'épiglotte, M. génio-éingloltiqur\ (Voy. M. du larynx)\

|3) Un faisceau au pharynx, remplissant tout l'intervalle qui sépare sur les faces latérales de cet organe Fos hyoïde des stylo-glosses ;

y) Un, deux et môme trois faisceaux ^ au ligament stylo-hyoïdien.

Luschka a donné le nom de M. genio-glossus accessorius à un petit corps charnu qui naît de la partie la plus inférieure des apophyses géni et se termine dans le génio-glosse dont il est séparé, à son origine, par un étroit interstice rempli de tissu aréolaire.

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