MUSCLES DU VOILE DU PALAIS
PÉRISTAPHYLIN INTERNE
Le péristaphylin interne peut :
a) N'avoir qu'un chef, soit pétreux, soit salpingien ;
,S) Avoir ses deux chefs indépendants ;
y) Avoir son chef pétreux divisé complètement ou partiellement en deux faisceaux.
Deux nouveaux muscles du voile du palais ont été décrits par Tourtual, en 1841, sous les noms de M. pterygo-palatiniis et M. levator
' Lacauchic. Traité d'hijdrotomie, p. 20. -Macalister. Cut. d'aiiat cit.. p. 38. 'Knox. Tr., p. 28.5.
' Buclulalck. Reicherfsarch., 1866, p. 744.
pclati tnollis anterior ^ Ce sont des faisceaux profonds du péristaphylin interne. L'élévateur du voile du palais n'a qu'un chef d'origine dans les Équidés et le chien, et trois chefs dans le chat. Je ferai remarquer incidemment que les épithètes d'interne et d'externe au moyen desquelles on distingue les deux péristaphylins de l'homme sont inexactes en ce qui concerne l'élévateur et le tenseur du voile du palais de la généralité des animaux.
PÉRISTAPHYLIN EXTERNE
Le péristaphylin externe peut :
a) Etre formé par deux faisceaux ;
P) Etre tendineux à sa partie moyenne et charnue à ses deux extrémités ;
y) Recevoir un faisceau de renforcement provenant du hord externe de la fosse scaphoïdienne ;
ci) Avoir une partie de ses fibres insérées à la base du crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde ;
s) Envoyer quelques fibres au ptérygoïdien interne, au buccinateur (Sœmmerring) ou à la bourse de Gerlach.
Dans la Bibliotheca anato?nica, imprimée à Londres en 1712, il est question d'un muscle péristaphylin externe qui était attaché, d'une part, au maxillaire supérieur, près de la 3° molaire et, d"autre part, au bord latéral de la luette (?).
Les modes de conformation si divers du gosier dans la série animale se traduisent dans l'espèce humaine par le déplacement fréquent des insertions ou la segmentation des muscles de l'arrière-bouche ou le renforcement de ces muscles par des faisceaux surnuméraires [M. spJiéno-pharijngien , pétro-pharyngien, salpingo-pharyngien, azijgos du pharynx, stylo-pharyngien inférieur, etc., etc.). Si les anomalies des muscles du voile du palais sont moins complexes, c'est parce que — les Crocodiles exceptés — ce voile ne se rencontre que chez les Mammifères et qu'il est môme dépourvu de luette, et par conséquent de glosso-staphylins, chez la plupart d'entre eux. En réalité, à part le palato-pharyngicn qui est à la fois un muscle du voile du palais et du
'Tourtual. MiiUers arch., 1841, p. 152.
pharynx, ce voile n'a que deux muscles propres : un tenseur et un élévateur.
PALATO-STAPHYLIN
Absence. — Sur une fille dont la luette était rudimentaire j'ai noté l'absence du palato-staphylîn droit. Il ne s'agissait pas là d'une fusion des deux releveurs de la luette, car le faisceau musculaire unique était très faible et distant de la ligne médiane du voile du palais.
Anatomie comparée. — La luette est bien prononcée chez tous les Anthropoïdes, sauf chez Voram/\ Le professeur Hartmann a toutefois observé un orang- qui avait la luette, les piliers du voile du palais bien apparents et la base de la langue voûtée. Cruveilhier dit, du reste, que la luette manque quelquefois chez l'homme.
Fusion des deux muscles. — Les releveurs de la luette sont si souvent fusionnés que les anciens anatomistes, Morgagni entre autres, les avaient décrits comme un seul muscle sous le nom de M. azygos uvidœ. Entre la fusion complète et l'indépendance absolue j'ai rencontré tous les degrés.
Variations des insertions. — J'ai vu les deux palato-staphylins d'un aliéné se détacher de la face supérieure du voile du palais, à deux centimètres des os palatins. M. Macalister a vu de son côté, à « Adélaïde Hospital », un individu dont la luette se repliait sur elle-même comme un doigt de gant, quand, la bouche ouverte, cet individu provoquait par une large inspiration la contraction des muscles palatostaphylins. « Il est évident que pour produire cette involution il était nécessaire, dit M. Macalister, que le motor uvulœ fût attaché tout à fait à l'extrémité de la luette et n'eût avec cet organe aucune autre connexion". »
Anatomie comparée. — Dans le cheval et presque toujours dans Y âne
'Bischoff. Anat. des f/orilla cit., p. 37 et Reicherl, Pharynx ah sprach und schluckap parai. Munchen, 1882, p. 24, pi. IK, fig. 10.
- Duvernoy. Loc. cit., p. 201.
'Macalister. Loc. cit., p. 41.
et le mulet les palato-staphylins prennent leur origine, non pas aux palatins, mais à l'aponévrose du voile du palais. (Chauveau et Arloing^)
Faisceaux surnuméraires. — Au dire de Diemerbroecket de Heister, (( les palato-stapliylins sont secondés par deux autres petits muscles placés sur les côtés appelés cérato-staphylins et surnommés éjnstaphylins latéraux. Ils ont leur attache fixe au bec osseux que termine l'aile interne de chaque apophyse ptérygoïde et couchés sur la face supérieure de la cloison ils vont se perdre à la luette » .
Ces épistaphylins latéraux me paraissent être des faisceaux aberrants des péristaphylins externes.
PALATO-GLOSSE
Il est quelquefois rudimentaire. M. Macalister l'a vu échanger quelques fibres avec l'hyo-glosse et le pharyngo-glosse. Le glosso-staphylin droit est souvent relié au gauche par un faisceau qui croise à angle droit le raphé médian de l'aponévrose du voile du palais. Cette disposition est considérée peut être avec raison comme normale par le professeur Leidy, de Philadelphie-. Dans le Troglodytes Aubryï le muscle dont il s'agit, n'était représenté que par de « faibles tractus'^ ».
CONSTRICTEUR SUPÉRIEUR
Variations de développement des faisceaux. — Le constricteur supérieur est formé par la réunion des muscles ptérygo-bucco-mylo et glosso-pharyngiens Selon Verdier le mylo-pharyngien ne se rencontre
' Arloing et Chauveau. Loc. cil., p, 409.
''Leidy. Elementary Irealise on hi/man analomy, 2« édit., 1889, p. 281.
^Alix et Gratiolet. Loc. cit., p. 213.
pas chez tous les sujets'. Le bucco-pliaryngien est quelquefois rudimentairc. Chez le chai qui ne possède pas de mylo-pharyngien, j'ai dit que le buccinateur élait « mince et grêle ».
Variations des insertions des faisceaux. — Le ptérygo-pharyngien peut naître de tout le bord de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde, de la moitié supérieure ou inférieure de ce bord ou seulement du crochet piérygoïdien. Il est parfois formé par deux faisceaux dont l'inférieur provient de ce crochet (M". ptéri/go-pJiarijngien exlrinsègue de Cruveilhier). On a vu le mylo-pharyngien constitué par les fibres les plus externes du mylo-hyoïdien (Andersen-) et le glosso- pharyngien par un prolongement de l'hyo-gloSse, du génio-glosse et du lingual transverse. Il faut, sans doute, chercher la raison d'être de plusieurs de ces substitutions dans ce fait que le mylo-hyoïdien, le génio-hyoïdien et le glosso-pharyngien dérivent de la même couche du muscle ventral que les muscles du voile du palais ( Humphry).
Isolement des faisceaux. — Le bucco-pharyngien a été considéré comme un muscle autonome par Rowley\ le glosso-pharyngien, par Santorini ■*, le ptérygo-pharyngien, par Santorini et ^Yinslo^v^
Broca a donné le nom de M. amygdalo-glosse à un petit faisceau qu'on trouve entre le bord inférieur de l'amygdale et la partie correspondante du bord de la langue et qui n'est vraisemblablement qu'un faisceau aberrant du glosso-pharyngien ^ W inslow a appelé M. géniofharyngien un faisceau du génio-glosse qui se perd sur les parties latérales du pharynx. Dans le chai le glosso-pharyngien et le géniopliaryngien sont séparés des constricteurs supérieurs du pharynx par le constricteur moyen et ne font pas, par conséquent, partie du premier (Strauss-Durckheim).
CÉPHALO-PHARYNGIEN
Le céphalo-pharyngien dont les traités classiques d'anatomie française ne parlent pas ou ne parlent que d'une façon confuse bien
' Verilier. Abréf/é de l'analomie du corps /(innain, Bruxelles, 17ô9, t. 1, p. 213.
- Andersen. Jourii. of anal, and phijs., 1888.
•^Rowley. Schola Medic Universcdis Nova, Londres, 1794, vol. I,. pi. XVIII, fig. 4, K.
^Santorini. Observât, anaf. cit., p. 213.
^ Winslow. Expos. Anat. Amsterdam. 1793, p. 350 et 708.
■* Bonamy, Broca et Beau. Allas d'anatom. descripf., t. III, pi. VII bis.
qu'il soit constant, est un muscle qui s'attache, en haut, sur les inégalités qu'on remarque sur la face inférieure de l'apophyse basilaire de l'occipital, en avant de ses condyles et, en bas, sur la partie postérieure du pharynx. (Yerheyen \ Yerdier -, Albinus ', Sandifort % Rolfmcius^, etc.) Rigoureusement parlant le céphalo-pharyngien type est donc un occipito-pharyngien.
Segmentation du muscle. — Meckel l'a vu formé par deux faisceaux qui semblaient être une dépendance du stylo-pharyngien.
Variations de forme. — A l'état normal il est plat comme un ruban; à l'état anormal, rond comme un cordon.
Variations des insertions. — Il se termine le plus souvent sur le ptérygo-pharyngien, principalement dans la variété dite M. pétro-pharyngien dAlbimis; mais il peut se terminer aussi sur la muqueuse du pharynx en passant entre le constricteur supérieur et le constricteur moyen (Albinus, Macalister, 1 cas personnel), sur l'aponévrose pharyngienne, etc.
En haut le déplacement de ses insertions donne lieu aux formations anormales appelées M. pétro-oharynrjien , M. salpingo-pharyngien et M. sphéno-pharyngien. Je vais les décrire succinctement.
A. Pélro-pharyngien d'Albinus. — Il naît de la face inférieure du rocher, en dedans de l'apophyse styloïde et se perd généralement dans le ptérygo-pharyngien. Macalister l'a vu se détacher de l'apophyse vaginale, Lutchmans " du canal carotidien ; Debierre du temporal, au niveau de l'angle de jonction des aponévroses céphalo et pétro-pharyn- ^iennes {M. ?nastoido-pharyngie)i de Debierre).
B. Salpingo-pharyngien de Sandifoi^t et de Santorini. — Encore appelé M. levator pjharyngis intermis ; il se porte du bord inférieur de la trompe d'Eustache sur les parois latérales du pharynx où il se confond avec le palato-pharyngien. En raison de ses connexions intimes avec ce muscle et de sa non-insertion aux os du crâne les professeurs
' Yerheyen. yl«fl/. Bruxelles, 1710, 2» édit., t. I, p, 205.
- Yerdier. Loc. c!7., p, 210.
•^Albinus. Annot. Acad., lib. lY, cap. iv, p. 26.
'Sandifort. Exercit. Acad. Lugd. Batav., 1783, lib. II, cap. vi, p. 61.
^Rolfincius. Dissertai, anal., p. 534.
" Lutclimans, cil. p. Sandifort.
Leidy, Macalister et plusieurs autres en font une dépendance du palato-pliaryngion. La question sera jugée le jour où il sera prouvé sans conteste que la portion osseuse et la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustachc ont une origine embryogénique ditTérente.
Au dire de Haller ce qu'on nomme M. saipinr/o-pharyngien est un amas glandulaire et non un faisceau contractile. On rencontre, sans doute, des glandules muqueuses ou en grappes, disposées linéairement dans la partie supérieure de la paroi postérieure du pharynx et principalement dans le voisinage de la trompe d'Eustache, mais ce n'est pas une raison pour nier l'existence du salpingo-pharyngien.
.Je l'ai trouvé deux fois et les coupes histologiques que j'en ai faites après durcissement, ont témoigné péremptoirement qu'il était bien constitué par des fibres musculaires striées.
G. Sphé7io-pharyngien de Riolan. — Il a été décrit en ces termes par Riolan. « Le premier des muscles du pharynx se nomme sphéno-pharyngien et sortant d'une petite pointe de l'os sphénoïde (l'épine) qui est proche de l'apophyse styloide et se baissant finit aux cotés du gosier '. » M. Macalister l'a vu provenir de l'épine du sphénoïde et du ligament de Civinini et se terminer dans le constricteur inférieur du pharynx. Il peut être remplacé par un ligament.
Yalsalva et Winslow l'appellent spJu'no-salpingo-phanjngien, « en raison, disent-ils, de son attache fixe à l'apophyse épineuse du sphénoïde et aussi à la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache ». C'est là, au contraire, un mode de conformation exceptionnel.
Faisceau surnuméraire. — Le céphalo-pharyngien reçoit quelquefois un faisceau de renforcement provenant de l'aponévrose du voile du palais. Ainsi conformé, il constitue le M. occipito-stajjhijUn de Sappey \
De l'étude des anomalies du muscle en cause il appert : L Que le terme générique sous lequel on le désigne n'est pas absolument à rejeter. Il s'applique aussi bien à lui qu'à tous les faisceaux ses dérivés, qui se portent de la base du crâne au pharynx. Mais, dirat-on, le ptérygo-pharyngien et le stylo-pharyngien sont également des céphalo -pharyngiens ? Nullement. Dans les mammifères la lame
' Riolan. i\/««MeZ anal, el palhol. ou Abrérjé de toute l'anatom., trad. franc. Paris, 1661» liv. Y, p. 527.
*Sappej'. Tralt.iVanat. descript., 1857, t. III, p. 38.
interne de l'apophyse ptérygoïde est un os distinct, tos ptérygoide, qui fait partie de la face. L'apophyse styloide (stylhial) regardé pendant longtemps comme une dépendance du crâne, appartient à la chaîne hyoïdienne ;
II. Que les anatomistes qui décrivent l'occipito-pharyngien avec le ptérygo-pharyngien, qui ne font pas de l'occipito-pharyngien un muscle autonome, commettent une erreur.
Anatomie comparée. — Km muscle ptérygo- pharyngien s'adjoignent normalement dans nos quadrupèdes :
Des faisceaux venant de la hase de la langue et dits glosso-jiharyngiens qui sont les homologues des pharyngo-glosses des anthropotomistes ;
Des faisceaux procédant du voile du palais et qui vont au pharynx et au cartilage thyroïde et qui sont, par conséquent, équivalents aux pharyngo et thyro-staphylins de l'homme ;
Et quelquefois un faisceau grêle qui se porte au conduit guttural du tympan ou aux parties qui l'avoisinent et qui peut être assimilé au céphalo-pharyngien de Verheyen et de Rolfincius et à ses différentes variétés.
CONSTRICTEUR MOYEN
Variations de structure. — La partie moyenne du constricteur moyen est parfois si rudimentaire qu'il semhie être formé par deux corps. Le faisceau qui s'attache à la grande corne de l'os hyoïde [grand cérato-pharyngien de Winslow) peut manquer. Il était « mince et grêle » dans le gorille de Duvernoy.
Variations des insertions supérieures. — Chez deux hommes et chez une femme, j'ai vu le constricteur moyen remonter, à droite et à gauche, sur toute la longueur du ligament stylo-hyoïdien. La même malformation a été ohservée par M. Macalister.
Faisceaux surnuméraires. — Il est renforcé quelquefois par un faisceau provenant du corps triticéal. Dans des cas ohservés par Masse* et
'liasse. Mijotomie spechnen. Leipsick, 1784, p. 28.
Sœmmcrring ' il était formé par trois faisceaux naissants : le premier des cornes de l'os hyoïde, le deuxième du corps triticéal, le troisième du ligament tliyro-hyoïdien. Ces faisceaux ne sont vraisemblablement que des faisceaux détachés de la masse commune des constricteurs qui se sont soudés aux parties molles qui relient les arcs hyoïdiens et thyroïdiens au lieu de se souder à ces arcs eux-mêmes.
Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il peut être inséparable du constricteur inférieur, échanger quelques fibres avec le stylo-glosse et le thyro-hyoïdien. Dans le chat, d'après Strauss- Durckheim, quelques faisceaux du thyro-hyoïdien passent directement dans le constricteur moyen.
CONSTRICTEUR INFÉRIEUR
Faisceaux surnuméraires. — Meckel et Winslow appellent muscle œsophagien et muscle thijro-adénoUlien des trousseaux de fibres du constricteur inférieur du pharynx qui se portent sur l'œsophage et la glande thyroïde iVoy. M. élévateur de la glande thyroïde).
Douglas nomme muscles sijndesmo-pharyngiens des faisceaux de fibres qui naissent « tout le long des ligaments par lesquels les cornes supérieures du cartilage thyroïde tiennent aux pointes des grandes cornes de los hyoïde et qui viennent en arrière se rencontrer sur la ligne blanche - » .
Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le constricteur inférieur peut être plus ou moins uni par quelques fibres aux muscles sterno-hyoïdien, thyro-hyoïdien et crico-thyroïdicn, et même à la trachée et au crico-aryténoïdien postérieur (voy. ce muscle).
AxATOMiE COMPARÉE. — Daus Ic Troglochjtes Aubry'i le constricteur inférieur se détachait du cartilage thyroïde et du premier anneau de la trachée. Chez un chimpanzé disséqué par M. Testut, les faisceaux externes du sterno-thyroïdien s'inclinaient en haut et en arrière pour aller se confondre avec le constricteur inférieur \ D'après Kanthack
' Sœmmerring. Loc. cit., p. 130.
- Winslow. Loc. cit., p. 709.
'Testut. Trait, des anom. musc, p. 247.
le crico-thyroïdien de l'homme est encore, vers le quatrième mois de la vie intra-utérine, si intimement uni au constricteur inférieur du pharynx qu'il est impossible de les séparer'.
STYLO-PHARYNGIEN
Bôhmer a donné le nom de stylo-phanjngeus aller à un second stylopharyngien situé au-dessous et en dedans du stylo-pharyngien dont il partage les insertions. C'est pour moi le faisceau profond du stylopharyngien dédoublé.
PALATO-PHARYNGIEN
Luschka décrit à ce muscle deux portions : une portion thyro-palatine et une portion pharyngo-palatine "^ qui peuvent anormalement être entièrement distinctes.
Avant Luschka ces deux portions ont été signalées par Winslow et appelés par lui M. pharyngo-staphjlin et M. thijro-staphylin. Mieux encore Winslow en avait indiqué une troisième, le « M.périsict'phylipharyngien, qui est attaché entre la luette et l'extrémité inférieure de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde et se termine sur les côtés du pharynx ». Cette troisième portion, très difficile à trouver chez les sujets maigres et fort jeunes, est l'homologue du M. hypéro-pharyngien de Santorini.
MUSCLES SURNUMÉRAIRES
Azygos du pharynx
Ce muscle dont Meckel et Santorini'^ ont donné une excellente description est impair, médian, en rapport avec les des muscles constricteurs supérieur et moyen du pharynx sur lesquels il repose et dont il est quelquefois inséparable.
*Kanthack. Jauni, of anal, and yhys., 1892, p. 219.
-Luschka. Anatomie des Menschlichen, llolsas^ Tublngen, 1862, p. 200.
^Santorini. Observ. anat. cit., p. 121.
C'est donc bien un muscle parlicuUeretnon une variété du céphalopharyngien qui est bilatéral et par conséquent double.
Il s'étend du tubercule pharyno-ien de l'apophyse basilaire de l'occipital au raphé du pharynx, « Sa longueur, dit M. Macalister, dépasse rarement un quart de pouce ou un demi-pouce, mais je l'ai vu atteindre un pouce ^ » Je l'ai rencontré un certain nombre de fois et j'incline volontiers à croire qu'il est beaucoup moins rare qu'on ne le prétend. J'ignore quel est son homologue dans la série animale.
Pharyngo- cutané
M. Lejars a désigné sous ce nom un muscle creux, formé de fibres striées qu'il a trouvé dans la région sous-hyoïdienne et qui s'étendait du bord supérieur du cartilage thyroïde à la peau recouvrant l'articulation sterno-claviculaire ^ C'est un vestige de ces diverticula pharyngés, pourvus d'une couche contractile, dont la littérature anatomique cite maints cas chez l'homme.
Stylo-pharyngien inférieur
En recherchant le .stijlo-pharijngieii al ter « de Bohmer » mon chef des travaux anatomiqaes, M. le docteur Revol, un de mes prosecteurs, M. Cuvier et moi, avons trouvé un stylo-pharyngien surnuméraire.
Premier cas. (Note communiquée par M. le docteur Revol, chef des travaux anatomiques.) Homme, cinquante ans, aliéné, décédé en janvier 1885. — A droite et à gauche du pharynx, on rencontre une bandelette charnue, plate, étroite, qui se détache du sommet, de l'apophyse styloïde, descend en croisant obliquement d'avant en arrière le stylopharyngien normal, sous le constricteur moyen et le faisceau thyroïdien du constricteur inférieur et va se perdre, non loin du raphé aponévrotique postérieur, dans la partie moyenne du faisceau cricoïdien de ce dernier constricteur.
Deuxième cas. (Observé par M. Cuvier en 1878.) — A un centimètre et demi environ du sommet de l'apophyse styloïde, on trouve, à droite,
' Macalister. Catal. cVanotom. cit., p. 39.
-Lejars. Bullet.de la Soc. cVAnthropol. de l'aris, J890, p. 155.
une lamelle musculaire très mince qui se dirige en bas, en formant un X avec le stylo-pharyngien et se termine en arrière, à deux travers de doigts du raphé médian postérieur, dans le chef le plus élevé du constricteur inférieur.
Le sujet qui présente cette anomalie est une fille de vingt-cinq ans, morte phtisique.
Troisièjne cas. (Personnel.) — C'est la reproduction du vice de développement précédent. Je l'ai observé également à droite et sur une personne du sexe féminin.
Anatomie comparée. — Ce n'est pas là évidemment un stylo-pharyngien dédoublé. Il s'attache au sommet de l'apophyse styloïde au lieu de s'attacher à sa base, est dirigé d'avant en arrière au lieu d'être dirigé d'arrière en avant et n'a aucune connexion avec le cartilage thyroïde. Qu'est-ce donc ?
Chez les Éguidés, il n'est pas rare de rencontrer un second muscle stylo-pharyngien. Celui-ci procède de l'extrémité inférieure de la grande branche hyoïdienne ou os styloïde, au lieu de la partie supérieure ; ces fibres s'engagent sous les muscles hyo et thyro-hyoïdiens, se dirigent de bas en haut en croisant la direction du précédent et se terminent sur le raphé fibreux médian de la face supérieure. Il attire la paroi supérieure du pharynx en arrière et en bas. Certains anatomistes l'appellent, disent MM. Arloing et Chauveau, stylo-pharyngien inférieur et le considèrent comme un constricteur du pharynx. Ce muscle n'existe quelquefois que d'un seul côté. Entre le stylo-pharyngien inférieur des animaux et le faisceau précité que j'ai disséqué chez l'homme, la similitude me semble absolue.