I. — Variations du peaucier cervieo-faeial
Absence. — Cette absence, qui rentre dans le cadre des anomalies évolutives ou progressives, a été constatée d'un seul côté et des deux côtés par M. Macalisteret moi. Gegenbaur a observé un cas d'atrophie complète de toute la moitié inférieure du peaucier, « fait qui est important, dit-il, parce que la partie supérieure de ce muscle qui est innervé également par le nerf facial, paraît la plus primitive * » . Une anomalie analogue a été notée chez un Parisien par M. Chudzinski.
Variations de texture. — Les pcauciers cervicaux peuvent être constitués par des fibres très minces et très pâles séparées par des interstices celluleux plus ou moins larges ou, au contraire, par des fibres très denses et très rouges rappelant les fibres du platijsma myoïdes des animaux. Il n'est pas rare de disséquer des sujets chez lesquels les peauciers cervicaux sont inégaux en force. Avec Meyer, je crois qu'ils sont plus épais et plus larges chez l'homme que chez la femme ^
Anatomie comparée. — Dans le mouton, le bœiif^ la chèvire et môme assez souvent chez les Solipèdes le peaucier est réduit, au cou, à un mince fascia aponévrotique sur lequel se perdent un ou deux faisceaux charnus. Dans le porc il est, par contre, relativement épais.
Dédoublement du muscle. — Henle a signalé le premier la possibilité de l'apparition au cou de faisceaux musculeux sous-cutanés transversaux ^.
Anatomie comparée. — Les Mammifères inférieurs possèdent deux peauciers cervicaux, à droite et à gauche : un peaucier superficiel ou externe composé de fibres longitudinales et un peaucier profond ou interne [sphincter colli) formé par des fibres transversales. « Chez le chien et le chat, dit M. Lcsbre \ le peaucier du cou se dédouble en
' Gegenbaur. Irait, d'anal. ïmm. cit., p. 15. » Meyer, t. III, p. 203.
' Henle. Muskeîlefire.
* Lesbre. Loc. cit., p. 12.
doux couclios prineipîik's : Yiiuc naissant du slerniim et disposant ses libres transversalonicnL sur le devant du cou, Taulrc ju'océdant de la face externe de l'épaule et du bord postérieur du cou. Ces deux couches se rencontrent encore chez les Mafds (Gegenbaur, Rabl, Ruge, Wiedersheim ', etc.).
Chez un gibbon entelloïde disséqué par M. Clmdzinski, le pcaucicr, forme par un double plan charnu, présentait deux entre-croisements dont un était placé au niveau de la fourchette sternale, et l'autre au niveau du bord inférieur de l'os hyoïde".
Entre-croisement des deux muscles sur la ligne médiane. — L'entrecroisement des deux muscles, au niveau du menton, peut faire défaut ou être plus étendu. Zagorsky % Gantzer '' et Flcischmann '" ont siirnalé l'existence de faisceaux d'union sous-mentonniers entre les deux muscles. Kclch a disséqué deux sujets chez lesquels un ruban musculaire étroit, détache de l'apophyse mastoïde, allait rejoindre audessous du menton, après avoir croisé la glande parotide, le masséter et l'artère faciale, un ruban de mémo nature venant du côté opposé. Ce ruban contractile auquel Kelch a donné le nom de M. menti accessorias a été retrouvé par Wood ^ Dans deux cas observés par Froriep les peauciers entre-croisés se continuaient dans les triangulaires des lèvres. Sur deux nègres M. Chudzinski '' a vu les muscles on question commencera s'entre-croiser au-dessous de l'os hyoïde et s'envoyer une bandelette charnue formant, au niveau de la saillie du cartilage thyroïde, un angle ouvert en bas. La fusion complète des deux peauciers en avant a été notée par M. Macalister. J'ai eu quelquefois l'occasion de rencontrer des trousseaux de fibres reliant, au-dessous de la pomme d'Adam, le peaucier droit au peaucier gauche. 11 me semble que Quain a raison de prétendre « que lorsqu'il y a chez l'homme une décussation des fibres des peauciers, ce sont les fibres du peaucier gauche C|ui sont les plus superficielles » .
Anatomie comparée. — .Je rappelle pour mémoire que dans diverses
' Wiederslieiai. Manuel iranaL des Vertébrés, 1890.
-Chudzinski. Quelques observations sur les muscles peauciers, p. 71.
^Zagorsky. Méin. de l'Acad. impêr. de St-Pétersbourg, t. I, p. 357.
* Gantzer. Dissert. anal. musc, variet. sislens, p. 6.
" Fleischmann. Erlangcn Abhandlungen, vol. I, p. 28.
° Kelch. Beitrage, XX, p. 30.
' Chudzinski. Bulle t. de la Soc. d'unlhrop. de Paris, 1875, p. 5.
espèces animales, notamment dans les Cynocéphales et les Cercopithèques, l'entre-croisement des peauciers sur la ligne médiane du cou et leur terminaison dans les muscles du menton constituent une disposition normale. « Si dans le gibbon, dit M. Deniker, les bords internes du peaucier sont divergents en bas, comme dans la majorité des cas chez l'homme, ils se rencontrent sur la ligne médiane chez le gorille et chez le chiinpanzé \ » Cette fusion a été signalée en effet chez le gorille et chez le chimpanzé par Duvernoy, Ehlers, Yrolik, etc., et chez Yhapale par Ruge.
Variations de largeur et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le peaucier qui chez l'homme s'étend en haut jusqu'aux dents inférieures et, en bas, jusqu'au creux sous-claviculaire, possède à peu près la même extension chez le gibbon. Chez le chimpanzé il remonte jusqu'à l'arcade zygomatique et môme au-dessus. « J'ai observé un cas, dit M. Hartman -, oi^i le peaucier des Anthropoides envoyait un faisceau large d'environ 18 millimètres jusqu'à l'origine des lignes temporales inférieures. » M. Deniker a rencontré le peaucier de la nuque une fois sur six chez le gorille adulte. Dans le fœtiis de gorille le peaucier de la nuque est constant et empiète sur la région parotidienne.
Dans Vorang, le peaucier envoie des faisceaux supérieurs vers la face et des faisceaux inférieurs sur l'aponévrose deltoïdienne. Le muscle dont il s'agit embrasse toute la nuque, toute la partie supérieure du cou et se prolonge jusque sur le dos et sur la partie latérale du thorax dans les Cynocéphales (Broca) ', le wz«</o^(Guvier), le bonnetchinois et quelques Singes du Sénégal (Testut).
Ces prolongements du peaucier vers la partie supérieure de la face et vers la nuque et le thorax se rencontrent souvent dans l'espèce humaine. On a vu le peaucier de l'homme remonter jusqu'à la parotide (Chudzinski), au muscle petit zygomatique (J. Cloquet, Macalister, Cruveilhier), à l'orbiculaire des paupières (Cruveilhier), au front (Chudzinski, Rolfmcius) '', a l'apophyse mastoïde (Zagorsky) ', à l'apophyse zygomatique (Turner) ^ à la partie inférieure et externe de
' Deniker. Loc. cil. suprà, p. 172.
- Hartman. Les Singes anthropoïdes et Vllomme cit., p. 123.
^ Broca. L'ordre des Primates cit., p. 313.
* Rolfincius. jDmer/a/. atiat. Noriberfj£e,iQo6, p. 521.
' Zagorsky. Loc. cit. suprà.
''Turner. Journ, of anal, and plnjs., 1879, p. 382.
la conque du pavillon de l'oreille (Fallopc ', Cliudzinski), à la partie inférieure et externe de la conque et à la partie autérieure du lobule de l'oreille (Albinus ", Barkow'^), au tiers supérieur du sterno-clcidomastoïdien (Halett), à l'auriculaire postérieur (Ilenle), au transverse de la nuque, à l'occipital (Zagorsky), etc. J'ai dit antérieurement que le corrugator posticus ou M. occipitatis tcres vel minor de Sanlorini, et les peauciers soiis-occipltau.r. de In nuque de Cruveilliier sont des variétés du trans verse de la nuque. A mon avis, il faut rapporter au r'isol'ius et aux libres parotidieunes du peaucier la portion du pcaucier décrite par Riolan sous le nom de « porlio niusculi culanei supra parotidem ad aurcni ascendeiitis ».
MM. Bcaunis et Bouchard ont fait mention dans leur Traité d'anatomie d'un faisceau musculaire sous-cutané qui, provenant de la ligne courbe supérieure de l'occipital, passait derrière l'oreille pour aller se perdre au-dessus de l'arcade zygomatique. Theiie a vu le même faisceau naître du raplié cervical postérieur, un peu au-dessous de la protubérance occipitale externe \
Voici pour l'extension du peaucier humain en haut. En bas Sœmmerring Ta vu se prolonger jusqu'à la quatrième côte ^ \Yood a disséqué, des deux cotés, chez un homme une bandelette musculeuse qui, détachée du bord interne du peaucier, près de l'insertion inférieure du sterno-cléido-mastoïdien, croisait la clavicule et la partie supérieure du grand pectoral avant de s'insérer au niveau du troisième cartilage costal, sur l'aponévrose présternale ^ Le peaucier descendait jusque sur l'épaule chez un nègre (Cliudzinski.
Ilenle a trouvé des trousseaux de fibres rouges qui avaient la même origine que la bandelette précédente, mais qui se terminaient, au niveau des troisième et quatrième articulations synchondro-slernales, en formant des X en avant du sternum ^ (Voy. M . préslernal.) Dans un cas signalé par M. Macalister le peaucier cervico-facial naissait inférieureraent par trois faisceaux : un interne fixé au sternum, un moyen à la clavicule, un externe à l'acromion '■. Ibsen a décrit, sous
' Fallope, p. 63.
-Albinus. Hislor. ma.scul, p. 19i.
'Barkow. Munstru duplk-iu, Loipsick, 1828. p. 10.
* Theiie, p. 1S3.
'■^ Sœminerriiig, p. 110.
'' Wood. Variations in Innnan m)jolo(jij. Proc. of tite Uoy. Soc, iv 80, 1866, vol. XV, p. 229.
' Ilenle. Mustiellelire, p. 108.
* Macalister. Proceed. of tlie Roy. Irisfi. Acad. cit.
le nom de tensor fascise brachii, un faisceau musculaire sous-cutané étendu de l'extrémité sternale de la clavicule au fascia sus-deltoïdien *. MM. Gantzer - et Macalister ont disséqué un faisceau analogue, mais qui provenait du corps de la clavicule. Chez deux femmes, j'ai vu le peaucier descendre, adroite et à gauche, jusqu'au pourtour du mamelon.
II. — Peaueiers dorsaux, axillaires, thoraciques, abdominaux.
Dans le chat, Strauss-Durckheim décrit, en plus du peaucier du cou et du peaucier releveur de la vulve et du scrotum, trois autres peaueiers :
I. Le sus-cervico-cutané qui « ne semble être que la continuation du peaucier du cou vers la nuque ».
II. Le dermo-huméral ou dorso-humérien qui recouvre presque toute la poitrine, l'abdomen, les fesses et la racine de la queue et se fixe à la partie antérieure de l'humérus en se confondant avec le grand dorsal.
III. Le dermo- gastrique qui est composé de quelques fibres se portant de la ligne blanche au derme de la peau de la région latérale de l'abdomen.
Le dorso-humêrien dont la connaissance remonte à Cuvier (voy. Leçons d'anal, comp.) conserve son insertion à l'humérus dans les SoUpèdes I^Arloing et Cbauveau;, le chien (^Y. EUenberger et II. Baum^), \q pigeon 'WoWQ'àiow''), les Cercopitlièfj[nes, le macaque, Yours, le loup- (Testut;, le renard Teslut, Le Double), le Cynocéphale Anubis (Champneys), etc.
Dans les Chéiroptères le peaucier du dos est formé par deux larges bandelettes très minces, reliées l'une à l'autre au-dessus de l'épine dorsale par un tissu cellulaire extrêmement fin, et qui prennent naissance, au niveau de chaque aisselle, dans l'intervalle des deux lames cutanées qui constituent le plagio-patagium. Le professeur Macalister l'appelle dorsi-patagialis.
Les lambeaux de peaueiers axillaires, dorsaux, costaux, etc., de
' Ibsen, VfiPslrlf't for Laer/e)-, Copenhngiie, 18 i2. Bd 7, p. 456. 'Gantzer. Disserl. anat. muscul. varle/al. sislens, p. G.
^ W. Ellenberper et II. Baum le nomment « Grand peaucier oa peaucier du thorax et de l'abdomen >>.
*Rolleston. Transact. lin. soc, juin 1868. pi. 2.
rhommc qui n'ont aucune connexion avec le peaucier cervical doivent être rapportés soit au dorso-Juimérien, soit au dermo-gastriqiie. Décrivons-les brièvement :
Peaucier axillaire. — Il n'est pas rare de rencontrer dans le creux de l'aisselle des trousseaux de fibres rouges, dites fibres de Lucas. dirigés parallèlement au bord inférieur du grand pectoral. Wood a trouvé, à droite et à gauche, dans la région thoracique latérale une bandelette musculeuse qui naissait, entre le deuxième et le troisième cartilage costal, de l'aponévrose présternal et allait s'insérer sur le tendon du grand dorsal '. Cette bandelette a été observée aussi par Henle, Macalister et Turner. l.e professeur Testut a appelé peaucier dorso-huméral une série de libres contractiles qu'il a trouvées chez un nègre où elles s'irradiaient de la face externe de l'aponévrose axillaire, en partie sur la peau du dos, en partie sur la peau du bras"-.
Peaucier costo-abdominal. — MM. Macalister-' et Turner' ont noté la présence de lambeaux de platysma, le premier sous la peau qui recouvre les quatrième et cinquième digitalions du grand dentelé, le second sous la peau qui recouvre la partie moyenne et antérieure du grand oblique de l'abdomen.
Peaucier du dos. — M. Tuiner a disséqué^ :
a) Un faisceau musculaire couché sur l'aponévrose sous-épineuse ;
,3) Un faisceau naissant de l'aponévrose sus-acromiale et se confondant avec le trapèze, au niveau de l'apophyse épineuse de la première dorsale ;
y) Un faisceau sus-lrapézien, parallèle à la colonne vertébrale, et ayant pour limite supérieure une ligne passant par la deuxième dorsale et pour limite inférieure une ligne passant par la sixième. Perrin a vu un faisceau analogue fixé sur les parties droites des apophyses épineuses de la huitième et de la neuvième dorsale. Il l'a appelé M. dorso-fascialis.
En 1873. Popoiï a fait mention d'un muscle tensor fasciœ^ deltoïdese s'é tendant de l'aponévrose deltoïdienne à l'aponévrose sous-épineuse.
' Wood. Lof. cit. sup/-à, p. "^'19.
"Testut. Coniribiition à Vanatomie des races nèf/res.
'Macalislor. Cat. cit.. p. 17.
* Turner. Jotirn. of anat. and plvjs., vol. I. p. 252.
"^ Tuiner. Ibid., vol. V, p. 117.
Un muscle du même genre a été' signalé en 1877 par Zincone ^ Sur deux sujets disséqués par Flesch, le peaucier dorsal qui avait pour origine la ligne courbe supérieure de Foccipital se terminait par trois dentelures sur la peau de là nuque, l'aponévrose parotido-massétérinc et le peaucier cervico-facial -. Pendant Tliiver de 1887-1888, j'ai rencontré chez riiomme et chez la femme, d'un seul côté ou des deux. des îlots de platvsma : {a) sur le sus-épineux, tout près du bord vertébral du scapulum, 'b) sur le sous-épineux, entre l'acromion et le trapèze (les libres sous-cutanées, formant avec celles du trapèze un angle de 60° et n'avant aucune connexion avec elles;, (c) sur le grand dorsal, d sur le trapèze.
STERNO-GLÉIDO-MASTOÏDIEN
Absence. — L'absence des deux sterno-cléido-mastoïdiens coïncidant avec l'absence des deux clavicules a été notée par Rappeler ^ M. Macalister a constaté le défaut de présence du chef sternal.
Indépendance des deux chefs. — Depuis la publication de mon article sterno-cléiJo-mastoïdien, dans le Dictionnaire de Dechambre et Le Reboullet, j'ai acquis la conviction que ce mode de conformation, que j'avais considéré comme anormal est, au contraire, normal. Le. sterno-mastoïdien et le cléido-mastoïdien sont bien deux faisceaux distincts comme l'ont prétendu Aibinus et Theile \
AxATOJiiE COMPARÉE. — La séparation du sterno-cléido-mastoïdien en deux corps « est la règle chez tous les Anthropo'ides « (Deniker\ Dans la série animale le sterno-mastoïdien et le cléido-mastoïdien sont d'autant mieux séparés et indépendants que la clavicule est plus fortement développée. Le sterno-mastoïdien est également libre de toute adhérence dans les Équidés, — où il est connu sous le nom ào, slernomaxillaire ou slerno-inandibiilaire , — parce que son tendon terminal
' PopofF et Zincone cilés par Froriep in Arch. f. an. u. ph'js., 1877, p. 46.
* Flesch. Varielœlen BeobaUhungen uus dem Pvœparai'saale zu Wurzburfj, 1879, w IG. ^ Rappeler. Mjjologie.
* Theile, p. 16-2. — Theile a appelé abaisseurs de la lêle [nulatores capitis) le steri.oniastoïdien et le cléido-mastoïdieu, dont il a fait, à l'exemple d'Albinus, deux inuscies autonomes.
MUSCLES DU COU 10b
se fixe à l'angle du maxillaire inférieur ; mais ce terme exprimant une particularité secondaire a le défaut de faire supposer que l'attache essentielle n'existe pas, tandis qu'elle est bien représentée par une aponévrose qui émane du tendon terminal, passe sous la parotide, et va se fixer avec celle du cléido-mastoïdien à l'apophyse mastoïde. Une disposition analogue se retrouve chez les Chamraux.
Fusion des deux chefs. — Cette fusion peut être plus ou moins complète. Lafusion complète aéléobservéeparMM. Mac-Whinnie, Macalister et moi des deux côtés, chez une jeune fille}. Dans mon article stcrnocléido-mastoïdien, du Dictionnaire de Dechanibre, j'ai donc déclaré qu'elle était « très rare ». Dans son Traité des anomalies musculaires imprimé après la publication de mon article M. Testut a avancé qu'elle n'était pas « très rare ». Lequel, de M. Testut ou de moi, a raison? Un des prosecteurs du professeur de Lyon s'est chargé de la réponse ':
« Sur soixante sujets examinés, dit- il, il ne nous a pas été donné de trouver cette disposition... Nous nous sommes adressés à des sujets fortement musclés et toujours il y avait isolement des deux faisceaux, au moins à leur origine. » Dans la taupe le chef claviculaire très grêle se confond immédiatement avec le chef sternal dont on ne peut le séparer (Meckcl).
Variations de volume des deux chefs. — D'ordinaire le chef sternal est plus prononcé que le chef claviculaire, mais on peut observer une disposition inverse.
Anaïomie comparée. — Le chef sternal était plus gros que le chef claviculaire dans les chimpanzés disséqués par MM. Macalister, Wilder, Wyman et Champneys, et moins gros dans le gorille disséqué par Duvernoy. Le chef sternal est le plus faible chez le Cynocéphale Anubis, les CercopitJicques et les Macaques {Macacus rhésus, sinicus, nesmeslrimts, cf/notnohjus, etc.). Il est le plus fort dans Vinuus (Yrolik;.
Intersections aponévrotiques dans le corps charnu du muscle. — Ces intersections occupent, en général, d'un côté ou des deux côtés la partie inférieure des deux faisceaux ou d'un seul. Elles peuvent comprendre toute la profondeur et toute la largeur des fibres charnues,
' Maiibrac. Hecherches anatomiques el plvjslolofjiques sur le muscle slerno-cléido-maslo'idlen , th. inaiig. Paris, 1883, p. 10.
OU seulement une partie de leur largeur et de leur profondeur, être rectilignes ou en zigzags, etc. M. le professeur Testut en a observé un cas très net chez un nègre dont les sterno-hyoïdiens et les sternothyroïdiens étaient coupés par des intersections analogues ^ J'ai disséqué une démente dont le chef sternaldu sterno-cléido-mastoïdien droit était divisé en trois parties égales par deux tractus aponévrotiques linéaires comprenant toute son épaisseur. Les autres muscles étaient normaux.
Tout en observant que les intersections fibreuses du sterno-cléidomastoïdien ont la même signification que celles des autres muscles du cou, je note pour mémoire que le sterno-mastoïdien (sterno-maxillaire) de la girafe est un muscle di gastrique (Lavocat).
Breschet a donné le nom d'o.s.s« suprasierncdla sive epislernalia à des osselets qu'on trouve quelquefois en nombre double au-dessus de l'échancrure claviculaire de la partie supérieure du sternum -. Otto a considéré ces os comme des rudiments des septièmes côtes cervicales'', et d'autres anatomistes comme des sésamoïdes encastrés dans les tendons d'origine des nutatores capitis\ Ce sont simplement des vestiges de la partie interne ou médiane de l'épisternum si développé encore chez les Monotrêmes.
Variations des insertions inférieures du chef sternal. — Ce chef peut s'attacher sur la face antérieure du sternum, plus ou moins près de la fourchette sternale, sur la fourchette sternale, sur l'angle externedu manubrium. Observons à ce sujet que plus les sterno-mastoïdiens se rapprochent de la ligne médiane, plus leur union est intime, et qu'entre l'entre-croisement de la totalité ou de quelques-unes de leurs fibres tous les types se rencontrent. Ils sont môme quelquefois entièrement indépendants. L'insertion des sterno-mastoïdiens sur le bord supérieur du manubrium constitue une disposition normale chez les Mammifères dont les pectoraux sont très développés.
Quelquefois le tendon du chef sternal envoie chez l'homme, comme chez le castor, le talon, Véchidné, etc., une expansion aponévrotique
'Testut. /-oc. cil., p. ii!I.
^ Breschet, Anii. des se. nul., 2* série, X, 91, t. Vill.
^ Otto. De rai'iorihus quibasdam scelell humani cuin animaliain sceleti anulorjus, Breslaii, 1820, p. 20.
* Voy. Lusclika, Zeilsck /'. vissenschafll Zool. VI, 36, Tafl. II ; Gegenbaur, Jenaische Zeitschr, f. med. u. nalur, 1,175; Poirier, Journal de l'anal., 1890, etc.
qui donne insertion a des fihrcs du grand pecloral (KnolC, Maubrac % plusieurs cas personnels).
Connexions plus intimes du chef sternal avec les muscles voisins.
A). Avec le cléido-masloïdicn. Nous les avons indiquées ; />;. Avec le présternal (voy. ce muscle);
C). Avec l'omo-hyoïdien. Ces connexions anormales assez rares onl été signalées par MM. SchwegP et Macalister.
Muscle sterno-occipital. — 11 existe parfois en dehors du slernomastoïdien un faisceau musculaire qui se porte du sternum à l'occipital, et qu'on a appelé 7n. slenio-occipilal.
Le sterno-occipital peut être entièrement libre ou bien se confondre plus ou moins avec le sterno-mastoïdien ou le cléido-occipital (voy. ce muscle). 11 a été signalé par Theile, Ch. llichet \ Macalister, Ehlers% Wood, Testut, Maubrac et moi.
MM. Maubrac et Testut ont trouvé trois chefs sternaux : un sternomasloïdien, un sterno-occipilal et un sterno-mastoïdien profond naissant du bord supérieur de la fourchette.
M. Walsham" a rencontré deux fois et M. Testut une fois une bandelette musculaire qui se portait de l'apophyse mastoïdc à la gaine des vaisseaux carotidiens [m. masto-carotidicn de Testut).
AiNATOMiE coMPAHKi:. — Lc stemo-mastoïdien du chimpanzé de Champncys et celui de Vorang de Vrolik naissaient du sternum par deux tendons. Le sierno-occipital, libre ou fusionné avec le sternomastoïdien, existe dans le daiipinn, Y hyène, le blaireau {^iQckQl), Vouis bran (T Anicrique (Testut).
Variations des insertions inférieures du chef claviculaire. — D'après Hallett, ce chef se prolongerait jusqu'au tiers externe de la clavicule chez un sujet sur liuiL Des meiisurations prises sur 14 chefs claviculaires par M. Maubrac il appert :
' KMott. Joarn. of an. and p/njs., t. XV, p. 150.
■Maubrac. Loc. cit. fiaprà, p. 12.
' Schwegl. Silziinf)beflclile dcr K. Akail. in ^Vien. Bd XXXIV, p. 51.
* Ch. llichet. Bidlel. delà Suc. anal., Paris, 1873, t. XVlll, p. 137.
^Elilers. Uenle u. Pfet/fert; Zeitschrifl, vol. XXI, p. 297.
" Walshani, ïe&f ut, Maubrac, Wood, Macalister, Theile. Loc.cil, passim.
« I. Que ce chef s'insère sur la clavicule à une distance de 1 centimètre et demi au plus de l'articulation sterno-claviculaire, mais peut s'en rapprocher jusqu'à s'accoler au chef sternal.
« II. Que la largeur de l'insertion variable peut se rapprocher du tiers de la longueur de la clavicule, même l'atteindre 2 fois sur 14 (c'est à peu près la proportion indiquée par Hallett).
« III. Que la ligne d'insertion ne dépasse jamais en dehors le milieu de la clavicule. »
Variations des insertions supérieures du chef claviculaire. — Dans un cas observé par Gruber ce chef s'arrêtait à l'apophyse transverse de l'axis. A cette occasion Gruber a rappelé que II. Owen a trouvé le môme mode de conformation sur un orang [Jaresbiicher de Gruber, t. XVII).
Connexions plus intimes du chef claviculaire avec les muscles voisins.
A). Avec le trapèze (voy. ce muscle) ; B). Avec le cléido-occipital. Elles seront notées ci-dessous.
Muscle cléido-occipital. — Je n'ai que quelques adjonctions à faire à la description que j'ai donnée de ce muscle en 1881 dans les Bulletins de la Société (T Anthropologie de Paris ^.
Le cléido-occipital est un muscle situé en dehors du cléido-mastoïdien ou du sterno-occipital, — quand ce dernier existe, — dans le triangle sus-claviculaire qu'il rétrécit. Ordinairement distinct du cléido-mastoïdien, il peut être uni inférieurement à ce muscle et en être détaché supérieurement ou, au contraire, lui êtie uni supérieurement et en être détaché intérieurement. Sur un sujet disséqué par M. Maubrac il formait avec le sterno-occipital et le cléido-mastoïdien un faisceau nettement différencié du sterno-mastoïdien. Il coexiste parfois aussi avec un sterno-occipital, un slerno-mastoïdicn et un cléido-mastoïdien autonomes. J'ai montré, en mai 189G, à MM. P. Barnsby, Thomas et Verbeck un cléido-occipital bilatéral dont l'extrémité supérieure était divisée en deux languettes aponévrotiques dont l'antérieure était fixée à la ligne courbe supérieure de l'occipital, en arrière du cléido-mastoïdien et la postérieure sur le trapèze, près de l'occiput. Wood a vu
'T. IV, p. 654 et suiv.
ce muscle fusionner ses insortions inférieures avec celles du cléiclomastoïJien et se perdre supérieurement dans le trapèze. Wood, Testul elMaubrac onl trouvé, cluicun, un cléido-occipital qui avait une seconde t(Me d'origine provenant de l'extrémitc sternale de la clavicule. Dans un cas observé par M. Macalisler le muscle en question, bien conformé en bas, allait rejoindre, non loin de rocci])ut, le bord antérieur du trapèze. Il est quelquefois très grùle ou divisé en fasciculi. M. Walsham a noté la présence d'un cléido-occipital qui se partageait, à deux pouces au-dessous du crâne en deux corps cliarnus dont l'un s'insérait sur la partie moyenne de la clavicule et l'autre sur le même os, près du trapèze. Un sujet a offert à M. Nicolas un cléido-occipital segmenté vers le milieu de son trajet en trois branches dont l'une se perdait sur le splénius, l'autre sur le trapèze et la troisième sur l'occipital'.
Wood a publié, en 1869, un travail fort important sur ce muscle dans les Trafisac lions of ihc Royal Society of London. Sur 102 sujets, dont 68 hommes et oi femmes il dit l'avoir rencontré 37 fois, 27 fois chez l'homme et 10 fois chez la femme; 34 fois il existait des deux côtés et 3 fois d'un seul. Dans les 3 cas d'unilatéralité, 2 fois le cléidooccipital avait pour homologue, du côté opposé, un omo-trachélien. D'autre part, le professeur W. Gruber a trouvé 2 fois sur 40 sujets le muscle dont il s'agit entièrement indépendant, 1 fois sur 3 sujets plus ou moins uni au cléido-mastoïdien et 7 fois sur 70 sujets au trapèze ^ Le cléido-occipital a encore été observé par Sœmmerring \ Kelch % MeckeP, Theile^ Hallett', Wagner*, Henle, Quain ^ Mac-Whinnie, Flower et Mûrie'", Bradley", Curnow'", Bardeleben ", Chudzinski, Krause, Gegenbaur, Kolliker '', Knolt, Giacomini ''', Giovanardi '^, etc.
' Nicolas, in Prenant. Loc. cil., p. 26.
■ W. Gruber. Abhandlungen, S. Iti, 17, 18.
" .Sœmmerriug. De corpor. lunnaii. fahric. p. 112. ' Kelch. Deitflir/e, XXI, p. 31,
■ Meckel. De Duplic. monstr, p. 40-41.
'• Theile. Encycl. aiiat., p. 163 et suiv.
'' Ilallett. Eduibiii'fj med. and surf/ Joi/rn., 1816, p. 6.
* Wagner. Heusinger's Zeilsclirif/, Bd 111, L. 337.
"Quain. Artéries, pi. XXV.
'"Flower et Marie. Joitrn. of an. and plijjs., vol. 1, p. 189.
" Bradley. Ibid., 1872, p. 420.
"Curnow. Ibid., 1874, p. 376.
''Bardeleben. Jahresbericht fia an. u.phys., 1877 cl Jenaische Zeitscltrift, 1881.
'* Kolliker et Flesch, Varitœten Beobachlungen, W'urzburg, 1879.
"'Giacomini. Arch. itul. de bioloyie, t. VI.
"'Giovanardi. Lo Spalanzanni, fasc. 3 et 4, 1876.
C'est Wood qui a soupçonne le premier qu'il représentait chez l'homme une portion du céphalo-huméral des animaux.
Wood dit l'avoir rencontré chez le Macacus radiatus, le slender, les Lorh, le Maki vari. Il est figuré avec une notice explicative dans les planches myologiques du marmouset, du sajou et du caUhrix de l'atlas de Cuvier et Laurillard. Il existe également, plus ou moins différencié, dans le fourmilier, le tenrec^ le Itérisson, la taupe^ le lapin, le cochon dinde, la marmoLle, le blaireau, Xa belette, le chien, le chat, etc. Chez l'écureuil il est uni, en haut, au trapèze, mais en est séparé, en has, par Fomo-trachélien. Chez le surmulot il s'attache près de l'acromion.
Chez les Chauves-souris qui n'ont pas de clcido-mastoïdien,le cléidooccipital serait représenté, d'après Wood, par le muscle occipital ou portion de la nuque du long extenseur des ailes, appelé par Cuvier dorso-occipital. Dans le tatou M. Gallon a décrit sous le nom de levator claviculse un muscle commençant à l'aponévrose occipitale et se terminant à la clavicule, à côté du cléido-mastoïdien, en avant du trapèze. Ce muscle est signalé aussi chez cet animal par Cuvier et Laurillard. Il s'agit là évidemment d'un cléido-oceipital et non d'un omo-trachélien (voy. ce muscle).
Meckel a ohservé chez la marmotte et la sarigue deux cléido-mastoïdiens ; le second cléido-mastoïdien de ces Mammifères, le plus externe, répond entièrement au cléido-oceipital. Il a été appelé par Meckel accessoire du sterno -cléido-mastoïdien ^ « 11 est cependant bien, plus vraisemblable, remarque M. Maubrac, de le considérer comme dépendant du céphalo-huméral. L'intervention de l'insertion acromiale de l'acromio-trachélien entre le cléido-oceipital et le trapèze propre, l'insertion du cléido-oceipital sur l'intersection fibreuse du masto-huméral, le point d'émergence des branches du plexus cervical superficiel, semblent séparer le cléido-oceipital du trapèze et le rattacher à l'ensemble du sterno-cléido-mastoïdien.
« Chez l'homme, par exemple, lorsque le cléido-oceipital manque, le plexus cervical émerge derrière le bord postérieur du cléido-mastoïdien ; qu'intervienne un cléido-oceipital, et l'émergence n'aura lieu qu'à son bord postérieur, comprenant dans son anse les trois faisceaux sterno-mastoïdien, cléido-mastoïdien, cléido-oceipital". »
'Meckel. HandbucJi der Meiisch anat., 1816, p. 474.
-Maubrac. Tli. cit., p. 21. M. Maubrac ajoute à tort au cêphalo-Jiuméral le faisceau claviculaire du grand pectoral : ce faisceau est supprimé chez les animaux peu ou point cla-
Chez les animaux dépoin'vus de clavicule les fiNres antérieures du trapèze, unies à celles du cléido-masloïdicn ou à celles du cléido-occipital et du cléido-mastoïdien, concourant à la formation du céplialohuniéral, la question n'a, en somme, qu'un intérêt relatif; que le sternocléido-mastoïdicn soit constitué par deux, trois ou quatre faisceaux, le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze n'en appartiennent pas moins, au point de vue embryogénique, au mémo groupe musculaire (Humphry, Gegenbaur, etc.).
Faisceaux aberrants, — J'ai trouvé chez deux hommes le chef sternal divisé à 4 centimètres au-dessus du sternum en deux faisceaux digastriques dont l'externe se portait à l'apophyse mastoïde, l'interne à l'angle de la mandibule. Cette anomalie a été observée par Brugnone \ Macalistcr, Theile, Maubrac, etc. Meckel déclare avec raison qu'elle est assez commune'-.
On a vu encore des faisceaux des nulatores capilis se perdre :
a) Sur l'anneau tympanique (Macalistcr) ;
p) Sur le pavillon de l'oreille (Macalister) ;
-,) Sur le ligament stylo-maxillaire (Macalister, 1 cas chez une femme) ;
o) Sur la peau de la nuque (2 cas chez 2 hommes) ;
s) Sur la cloison aponévrotique inférieure de la loge parotidienne [M. masioïdo-parotidien de ^I. Chudzinskii;
'-) Sur l'os hyoïde (Barkow ').
Anatomie compauée. — J'ai dit plus haut que dans les Ecjuidés et les Chameaux le sterno-mastoïdien était appelé slerno-maxillaire ou sterno-mandibulaive, parce que son insertion la plus apparente avait lieu à l'angle de la mâchoire inférieure.
Chez les Ruminants le sterno-mastoïdien se termine généralement par un tendon lamelleux fixé à la crête qui réunit les apophyses mastoïde et basilaire. D'où le nom de sterno-basilaire sous lequel il est désigné dans ces Mammifères. En outre, dans le brmif, la chèvre, les cerfs^ — mais non dans le mouton, — ce muscle est recouvert pai- une forte
vieilles, en même temps que l'espace sieruo-scapulaire est rétréci et le thorax comprimé latéralement. De plus, la velue céphalique monte entre le deltoïde et le faisceau sternal du grand pectoral.
' Brugnone. Cit. in Anal, de Meckel.
'Meckel. Trail. cVanal., 1825.
^Barkow. Monslra duplicia, Leipzig, p. 20.
bande musculaire qui s'étend du sternum au masséter et à la crête zygomatique, depuis l'orbite jusqu'à l'apophyse malaire. Les zootomistes qui, depuis Bourgelat jusqu'à Rigot, se sont spécialement occupés des Quadrupèdes domestiques, ont admis que cette couche superficielle constitue le sterno-mastoïdien des Ruminants . Ouant à la couche profonde — qui est le véritable sterno-mastoïdien — elle a été assimilée à fomo -hyoïdien, bien que ce muscle ait pour homologue le corps contractile qui se porte de l'os hyoïde vers la 3" vertèbre cervicale sans l'atteindre (voy. M, omo-hyoïdien). Ces erreurs de détermination ont cessé d'être, dès qu'il a été reconnu que la couche superficielle en question appartient au sous-cutané au cou.
Le sterno-mastoïdien a également des connexions intimes avec la mâchoire inférieure dans Y éléphant, Xhyrax, le tapir, les oiseaux, etc.
\)dJis>Vhipj)opotame il envoie un faisceau à l'apophyse transverse de l'atlas.
(( Envisagé dans la série animale, le sterno-mastoïdien, dit M. Lesbre, ne varie pas dans ses insertions inférieures qui se font toujours sur l'extrémité sternale ; mais il n'en est pas de même de ses attaches céphaliques qui peuvent se transférer de l'apophyse mastoïde à l'angle de la mâchoire inférieure, à la crête zygomatique ou sur l'apophyse basilaire de l'occipital... Il est clair que, eu égard à la variété de ses insertions supérieures, le nom de sterno céphalique lui conviendrait beaucoup mieux en anatomie comparée que celui de sterno-mastoïdien. Ici, comme dans bien d'autres cas, une bonne nomenclature ne saurait être déduite d'une seule espèce \ »
A l'état normal le muscle mastoldo-parotidien de M. Ghuzinski me paraît être représenté par Y aponévrose cVinsertion faciale du sternocléido-mastoïdien du professeur Richet.
Nutatores capitis à quatre chefs. — Des sterno-cléido-mastoïdiens composés par un sterno-mastoïdien, un sterno-occipital, un cléidomasloïdien et un cléido-occipital entièrement distincts ont été trouvés par Hallett, Wood, CurnoAv, KoUiker, Farabeuf. M. Maubrac en a observé six cas et moi trois (deux chez l'homme, un chez la femme et toujours des deux cotés). Une disposition semblable se rencontre normalement dans Y hyène, la genette, le putois, la marmotte (Meckel ; Cuvier et Laurillard, Atl. cVanat. comp., pi. LXVIII).
' Lesbre. Loc. cit., p. 183.
Considérations générales sur le sterno-cléido-mastoïdien. — C'est au professeur Krause de l'Universilé do Berlin que revient l'honneur d'avoir établi, en 1876, en se basant sur l'anatomic comparée, que le sterno-cléido-mastoïdion est, en réalité, composé par quatre muscles, (le slerno-mastoïdien, le stcrno-occipital, le cléido-nlastoidien et le cléido-occipital) et qu'on doit l'appeler M. quadrijumeau de la t(He\
Dans l'espèce humaine les quatre faisceaux formant le quadrijumeau du cou se sont simplement plus ou moins soudés au lieu d'être restés à l'état de complète indépendance comme dans quelques espèces animales. Les anomalies du sterno-cléido-mastoïdien do l'homme s'expliquent par l'isolement ou l'absence du sterno-mastoïdien, du sternooccipital, du clcido-mastoïdien ou du cléido-occipital. Les portions sterno-mastoïdienne et cléido-mastoïdienne sont les plus fixes.
Dans ces dernières années, Ws\. Farabeuf et Maubrac, s'appuyant sur la direction, les insertions, l'innervation, la physiologie et même la pathologie ditïérentes du groupe constitué par le sterno-mastoïdien le slerno-occipital, le cléido-occipital et du groupe constitué par le cléido-mastoïdicn, ont proposé justement àa ?,\\hà\\i's,QY\e quadrijumeau de la tête en deux muscles que l'on désignerait, le superficiel sous le nom de sterno-cléido-jnastoïdo-occipilal, le profond sous celui de clndomastoïdien ^