‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 36 sur 116 · RE&ION SUS-HYOIDIENNE · texte numérisé non relu

RE&ION SUS-HYOIDIENNE

DIGASTRIQUE

Le digastrique est généralement décrit par les anatomistes vétérinaires comme un muscle de la mâchoire inférieure tandis que les anthropotomistes le considèrent comme un muscle de l'os hyoïde. Ainsi qu'on va en juger, les deux manières de voir peuvent- se défendre ; mais celle des vétérinaires est certainement plus judicieuse.

* Krause. Centralblatt fur die medicinischen Wissenchaften. 'Maubrac. Loc. cit., p. !23 et suiv.

En fait, le digastriqiie est, dans la série animale, un muscle qui, suivant les espèces, peut soulever l'appareil hyoïdien, la mâchoire inférieure ou la tirer en arrière.

Absence du ventre antérieur. — Platner a appelé^ M. digastricus maxillœ infenoris un faisceau musculaire qui se porte de l'apophyse mastoïde à la branche de la mandibule inférieure. Ce faisceau, qui n'est rien autre que le ventre postérieur du digastrique, a été rencontré aussi par Mac-^Yhinnie-, Testut' et moi des deux côtés chez une femme).

En 1890. mon chef des travaux anatomiques, M. Revol, a disséqué un homme chez lequel le digastrique droit était seulement constitué par le ventre postérieur ayant gardé ses rapports, sa direction, ses insertions, ses filets nerveux normaux \

AxATOMiE COMPARÉE. — Lc veutre postérieur du digastrique est innervé par le facial, le ventre antérieur par le nerf mylo-hyoïdien, c'est-àdire par la racine motrice du trijumeau. Ce fait montre que le digastrique représente primitivement deux muscles bien distincts, l'un 'futur ventre antérieur) appartenant à l'arc maxillaire, et par suite inners'é par le nerf masticateur, l'autre appartenant au premier arc branchial, et par suite, comme tous les muscles styliens, innervé par le facial. En somme les deux ventres se développent séparément et le ventre postérieur s'étend d'abord chez l'embrvon humain, de la base du crâne à l'angle de la mandibule.

Chez presque tous les Vertébrés, le digastrique de Ihomme a, du reste, pour homologue un muscle unique qui s'étend d'un point très variable de la base du crâne à l'angle de la mandibule (Monotrémes, Chéiroptères, le chien, le chat, etc.). Chez certains, sa direction est à peu près parallèle à celle de la mâchoire inférieure ; ce qui lui permet d'agir puissamment comme rétropulseur (Ex. : le porc).

Dans le purpoise on trouve un muscle qui se porte de la face inférieure du temporal à l'os hyoïde et auquel Rapp ' Die Cetaceen Zoolofjisch-anatoraisch dargestellt, S. 132) et Stannius ont donné le nom de M. occipito-hyoïdien et qui. d'après Stannius*, correspond au ventre

' Platner. be musculo digastnco maaillas inferio/is. Leipzig, p. 14.

-Mac-Whinnie. Quain's anatomy.

= Chez un microcéphale. Testut. Trait, d'anat.

*Le Doable. Bibliorjraphie anat., mai-juin 1896.

"Stannius. Mullers arch.. 1849. S. 7.

postérieur du digaslriqiio de l'homme. « Outre les stylo-hyoïdiens, il existe dans V hyène striée^ disent Cuvier et Laui'ilhird, un petit riihan musculaire, tout à fait externe, qui se rend de l'apophyse mastoïde à l'os hyoïde. » Ce masto-hyoïdien, qui est indiqué par les lettres SS sur le dessin des planches CXXXI et CXXXII de l'Atlas de myologie comparée de Cuvier et Laurillard, n'est pas mentionné par Meckel ni par Young et Ilohinson. (Voy. plus loin pour détails complémentaires : Variations des insertions inastoïdiennes et faisceaux surnwné- 7'aîres.)

Excepté Vorang ', tous les Singes possèdent un digastrique à deux ventres.

Duplicité du muscle. — Albinus a trouvé deuxdigastriques du même coté. On a noté la présence d'un ventre antérieur surnuméraire naissant soit du ventre antérieur, soit du tendon intermédiaire {nuiscuhis trigastricus de Gruber, musculo interdigastrico de Blanchi) . Quand le corps charnu provient du ventre antérieur, il peut se terminer soit :

a) Sur la fossette digastrique du môme coté;

,3) Sur la fossette digastrique du côté opposé;

y) Sur l'aponévrose du mylo-hyoïdien du même côté ;

ô) Sur le raphé sus-hyoïdien ;

s) Sur l'os hyoïde (NYeber-Hildehrandt, p. 139);

•-) Sur un faisceau semblable venu du côté opposé. Cette anomalie est moins commune que les autres, qui sont presque toujours unilatérales.

Quant au ventre antérieur surnuméraire naissant du tendon intermédiaire, il a une structure, une configuration et une étendue très variables. Il se prolonge souvent tout le long de l'arcade fibreuse qui relie les tendons intermédiaires des digastriques. Il a été rencontré avec des modes de conformation les plus divers par Ilallelt, Fleischmann^, Gantzer \ Sœmmerring, Theile, Henle, Knott, Macalister, J. Gloquet, Wood, ^Y. Gruber, Monro '*, Weibrecht^ Testut, Cruveil-

' Owen, Sandifort, Bischoff, Testut.

-Fleischmann. Anat. Vahrnem in Erlançi. Abliandlunçj, Bel. I,p. 26.

' Gantzer. Dissertât . Anatoin. )mtscHl. varie fatis sistems,i&l3 .

* Monro. Essays of a Society at Edinburgh, vol. II, p. 266.

"Weitbrecht. .4c^«Pe/ro;5oL, vol. IX, p. 265. .

hier, Morestin S Giacomini % Guiria', Bovero*, Blanchi ^ Titone \ Romiti^ Allomello, Sperino^ Si^aud^ etc., etc.

En fait, la duplicité du ventre antérieur du digastrique constitue l'anomalie la plus fréquente de ce muscle. Sur 102 sujets dont 68 hommes et 34 femmes, Wood l'a trouvée 6 fois; 5 fois chez l'homme et une fois chez la femme. D'après Wood, elle s'observerait donc en moyenne chez 1 sujet sur 17 et beaucoup plus souvent chez l'homme que chez la femme.

Hallett a noté son existence chez 1 sujet sur IS.

Sur 110 sujets dont 80 hommes et 30 femmes, je l'ai observée 7 fois : 6 fois chez l'homme et 1 fois chez la femme. Chez 4 hommes et chez la femme la malformation était unilatérale.

M. Bovero déclare de son côté que sur 112 sujets qu'il a disséqués il a rencontré 30 fois (12 fois des deux côtés, 9 à droite et 9 fois à gauche) des faisceaux musculaires détachés des digastriques dans l'espace interdigastrique.

M. Testut attribue la duplicité du ventre antérieur du digastrique « à la tendance que possèdent tous les muscles obliques ou transversaux à s'entre-croiser sur la ligne médiane ^^ » . Si cela était, pourquoi l'anomalie serait-elle plus souvent unilatérale que bilatérale?

Fusion des ventres antérieurs. — Les ventres antérieurs des digastriques peuvent ne former qu'un seul corps charnu figurant un triangle isocèle dont la base correspond à l'arcade fibreuse qui réunit les tendons intermédiaires et le sommet à la symphyse de la mâchoire. Quelquefois les ventres antérieurs juxtaposés sont seulement soudés au niveau de leur insertion au maxillaire inférieur.

Ces anomalies ne sont qu'une exagération de la précédente.

* Morestin. BuLlel. de la Soc. anat. de Paris, LXIX^ année, 5' série, t. VIII, fasc. 24, p. 801.

- Giacomini. Giorn. délia Accad. di Medicinadi Torino, 1882, p. 32. ^ Guiria. Atli. délia R. Univers. diGenova,lSSQ, p. 63-65. 'Bovero. Monitore zoolog. iteZ.,1895, p. 25. » Cianchi. Ibidem, 1890, n» 2.

'^Tdone. Anomalie anatomische. Palermo, 1893, p. 10-12. ' Romiti. Trait, anat., Myologie,\}. 602. 8 Allomello, Sperino. Cit., par Bovero.

"Siraud. Province médicale, p. 219.

"Testut. Trait, des anom.musc, p. 295.

Anatomie coMPAiiÉE. — CIicz Ics Mcicciques (Morestin) \ le papion et le callithrix (Ciivicr et Laiii'illavd), le Cercopilhecus sabœits (Rudolphy)^ le Macacits dccumanus (Wood) ^ il existe normalement une nappe musculaire indivise étendue de l'arc libreux hyoïdien à la mandibule. Si on veut se donner la peine de préparer les digastriques, chez les Buminaiils et en particulier chez le bœuf, le vrai/, le jnoutou, etc., on constatera que ces muscles émettent dune façon constante un grand nombre de faisceaux qui se dirigent vers la ligne médiane et se continuent d'un côté à l'autre sans aucune interruption.

L'origine embryogénique différente des deux ventres et labsence du ventre antérieur chez beaucoup de Mammifères expliquent la plus grande fréquence des anomalies de ce ventre chez l'homme.

Anneau fibreux pour le tendon intermédiaire. — Cet anneau, dont Richct, Mathias-Duval, Morel, Krause ne font pas mention, est regardé comme constant par Bourgery, Sappey, Tillaux, Testut, Debierre, Sebilcau. Cruveilhier dit qu'il manque souvent, c'est-à-dire par conséquent que son absence est l'exception. Laquelle de ces opinions est la vraie? Aucune. La poulie du digastrique existe, mais elle est plus souvent absente que présente. Les recherclies que M. Morestin a faites sur 60 sujets à cet égard sont absolument d'accord avec les miennes \ Ce qui maintient le tendon intermédiaire du digastrique, c'est, comme l'avait déjà l'emarqué Albinus, « un ligament aponévrotique et non une gaine ou espèce de poulie, comme il paraît d'abord à cause de son trajet par l'extrémité d'un petit muscle nommé stylo-hyoïdien ».

Anatomie compauée. — Chez les Macaques [Macacus rliesus), le mandrill, le papion, le mangabey, les digas triques n'ont pas de poulie de réflexion.

Intersections fibreuses dans le ventre postérieur. — J'ai rencontré plusieurs fois ces intersections qui peuvent être unilatérales ou bilatérales, siéger dans un point quelconque du corps charnu, comprendre une partie ou la totalité de ses hbres. Chez un sujet disséqué par

' Morestin. Loc. cit. siiprà.

' Ruclolphy. Heusinger's Zeitschrifl.

'Wood. Proceed. of Uie Roy. soc, 1868, vol. 16, n" 104.

*Morestin. Loc. cit. supm, p. 80.

ils VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L'HOMME

Walsham, elles étaient constituées, à droite, par un tractus fibreux, linéaire, à gauche par un tendon cylindrique.

Anato.mie comparée. — Dans plusieurs espèces de Chauves-souris telles que le cephalotes, le megaderma, le Pteropus ef/«/z5(Macalister), le Plecotus auriiiis^ le Bhinoloptus ferrum equinum (Bovero) et dans Vours brun d' Amérique (Testut) le faisceau musculaire, étendu du temporal à l'angle de la mâchoire, est complètement divisé par un étranglement fibreux. Cet étranglement est moitié fibreux, moitié musculaire dans la loutre, le rat, le cavias, le chien.

Variations des insertions mastoïdiennes et faisceaux surnuméraires. — Il est question dans la bibliotheca anatomica d'un sujet chez lequel le ventre postérieur provenait de l'apophyse styloïde \ Le ventre postérieur peut naître d'une partie ou de la totalité de l'étendue de la rainure digastrique, se prolonger même jusqu'à la ligne courbe supérieure de l'occipital.

En 1811, M. Perrin a décrit dans le Journal of anatomij and phijsiology sous le titre : On a peculiar additionnai digastric muscle, un faisceau musculaire étendu de l'occipital à l'os hyoïde et qu'il avait rencontré, l'année précédente, chez trois sujets disséqués au Kings collège. Chez le premier sujet ce faisceau, coupé par une intersection aponévrotiqiie, immédiatement au-dessous de l'occipital, était divisé, en bas, en deux languettes, dont l'une se perdait sur l'aponévrose du constricteur moyen du pharynx et l'autre sur la grande corne et la petite corne de l'os hyoïde. Chez le second sujet il était monogastrique et étendu de l'occipital à l'os hyoïde. Chez le troisième il était également monogastrique mais fixé d'une part à l'occipital et à l'apophyse masloïde, et, d'autre part, à l'os hyoïde, en avant de l'omohyoïdien. Chez les deux premiers il n'avait que des rapports de continuité avec les muscles sus-hyoïdiens normaux, chez le troisième il échangeait quelques fibres avec le digastrique.

Depuis Perrin, il a été retrouvé, dans l'un et dans l'autre sexe, d'un seul ou des deux côtés, formé d'un ventre ou de deux ventres, par West-, Curnow', Flcsch \ Bovero* et moi (à gauche, chez une

' Blhliollieca analomica^ t. I.

"West. Journ. of an. and. plujs., 1873, p. 150.

^ Curnow. Ihid., 1874, p. 379.

* Flesch. Varietieten beobacJilinn/en, etc. Wurzbourg, 1879.

'Bovero. Loc. cit. stiprù, p. 6.

femme). Dans le cas de Flesch et dans le mien, il se terminait par deux languettes sur le tendon intermédiaire du digastrique et le constricteur supérieur du pharynx et dans celui de Bovero sur le stylopluu'yngien et le constricteur supérieur.

Pouvant naître de la ligne courbe supérieure de roccij)ita] seule, de l'apophyse masloïde seule (voy. plus haut M. masto-hijo'idifin) ou à la fois de la ligne courbe supérieure de l'occipital et de l'apophyse masloïde, être interrompu ou non par une intersection fibreuse, se terminer dans le digastrique ou lui être plus ou moins uni, le faisceau musculaire anormal en question doit être regardé comme une dépendance du digasirique dont le ventre antérieur a avorté'. Loccipitohyoïdien est regardé, il est vrai, comme une dépendance du stylohyoïdien par C.uvier, Perrin, Milne-Edwards, Ellenberger et Baum, et comme une dépendance du digastrique et du stylo-hyoïdien par le professeur Ilumphry-, mais cchi importe peu puisque ces muscles appartiennent au même groupe embryogénique. L'occipito-hyoïdien a été décrit dans le phoanc commim par Perrin et Cuvier. Dans nos Animaux domestiques \\ s'insère, d'une part, à l'apophyse jugulaire de l'occipital et, d'aulre part, à la pointe du slylhial. Très frêle chez les Carnivores et le porc, il est très prononcé chez les Ruminants et les Solipèdes où il comble l'angle que l'apopliyse jugulaire forme avec le slylhial entièrement osseux et élargi à sa partie supérieure. Les anatomistes vétérinaires le connaissent bien, car c'est à travers son épaisseur que l'on ponctionne la poche gutturale des Solipèdes dans l'opération classique de l'hyo-vertébrotomie.

Gruber^, Beaunis et Bouchard \ Gegenbaur^, ont observé, dans l'espèce humaine, des cas dans lesquels le ventre antérieur du digastrique recevait un faisceau de renforcement de l'angle de la mandibule. Henle " a vu un faisceau de même nature qui allait se jeter dans le ventre postérieur en passant au-dessous du ptérygoïdien interne. En outre de l'occipito-hyoïdien, on décrit chez les Solipèdes un gros faisceau musculaire, qui se jette du ventre postérieur du digastrique sur

'J'ajouterai que dans le cas que j'ai observé il était innervé par un filet provenant du rameau du facial rjui se perd dans le stylo-hyoïdien et le ventre postérieur du digastrique.

* Huiuphry. Observ. in myol. cit., p. 137 et Brilish med. Joitrn., 1873, p. 695. MM. Lesbre, Chauveau et Arloing, Lavocat, font même de l'occipito-hyoïdien un muscle antonome.

^ Gruber. Virchow's arch., Bd. LXXXI, p. 445 et 449.

* Beaunis et Bouchard. Trait, d'unat., p. 355.

* Gegenbaur. Trait, d'anat., p. 405-406. « Henle. Muskellelire, p. 112.

l'angle de la mâchoire et que Boiirgelat a appelé M. stylo-maxillaire. Lee et White ont trouvé, chez un homme, des faisceaux anastomotiques entre le ventre antérieur et le ventre postérieur du digastrique (Lee et White, Proceed. of the anat. Soc. of great Britain anlreland^ nov. 1891).

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — A). Avec le mento-hyoïdien (voy. ce muscle).

/?). Avec le splénius. Le professeur Macalister a trouvé, près de l'apophyse mastoïde, un faisceau d'union entre le splénius et le ventre postérieur du digastrique.

C). Avec le mylo-hyoïdien. Le ventre antérieur du digastrique elle mylo-hyoïdien qui échangent souvent de nombreux faisceaux musculaires, sont parfois même complètement soudés. La fusion du ventre antérieur du digastrique et du mylo-hyoïdien que Casserius ^ me semble avoir signalé le premier, se rencontrerait, d'après Hallett, chez 1 sujet sur 5. Lovegrove ^ a fait mention d'un cas dans lequel le digastrique gauche envoyait un trousseau de fibres au mylo-hyoïdien droit, Mac-Whinnie, Horner et Macalister ont noté l'insertion d'une portion du mylo-hyoïdien droit sur le tendon intermédiaire.

D). Avec le stylo-hyoïdien. Haller^ Mac-Whinnie\ Macalister et Knott ont vu le stylo-hyoïdien détacher quelques fibres au tendon intermédiaire. Sur un sujet disséqué par Wood un faisceau provenant de l'apophyse styloïde allait se fixer sur le tendon intermédiaire du digastrique dans le ventre postérieur duquel se jetait le stylo-hyoïdien.

E). Avec le génio-hyoïdien. M. le professeur Macalister a noté l'échange de trousseaux fibrillaires entre le génio-hyoïdien et le ventre antérieur du digastrique.

F). Avec l'occipito-hyoïdien (voy. ce muscle).

G). Avec le trapèze. M. Bovero a disséqué des fibres qui se portaient du trapèze au ventre postérieur du digastrique".

Anatomie comparée. — En parlant des constricteurs du pharynx, j'ai déjà eu l'occasion de citer les recherches du professeur Humphry

' Casserius, voL I, Tab, I, fig. I, E.

'Lovegrove. Med. Times and gaz., IV, S. voL XVIII, p. 198.

"Ilaller. Élém. de jjhys., III, p. 416.

*M. Whinnie. Journ. of an. a}id phys., vol. V, p. 29.

' Bovero. Loc. cit. suprà, p. 5.

sur le développement des muscles du cou. Ces recherches, en même temps qu'elles confirment celles de MM. Duval, Gegenbaur, Yanucci', Sebileau % etc., touchant le développement des ventres du digastrique, expliquent les connexions anormales que ces ventres peuvent avoir avec les autres muscles cervicaux. Voici les conclusions générales du professeur Humphry^ :

I. L'hyo-glosse, le génio-glosse, les hyo- et thyro-pharyngiens, le constricteur inférieur du pharynx ainsi probablement que le styloglosse, le stylo-hyoïdien, le ventre postérieur du digastrique, le slylopharyngien, le constricteur supérieur du pharynx, les muscles faciaux et palatins ont pour origine commune le stratum moyen du muscle ventral qui, dans les Vertébrés inférieurs, se continue jusqu'à la langue, la mâchoire et le pharynx.

II. Entre les deux feuillets de la portion cervicale du stratum lu-achio-céphalique — (le feuillet externe aux dépens duquel se forme le peaucier du cou, le feuillet interne aux dépens duquel se forme le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze) — se développent quatre autres muscles, le cervici-submaxillaris, le depressor mandibulœ, le mylohyoïdien et le génio-hyoïdien. Ces quatre muscles sont très variables et deux d'entre eux, les deux premiers, manquent chez les Vertébrés supérieurs.

III. La conformation spéciale du digastrique chez l'homme et l'intersection aponévrotique de ce muscle ont excité l'attention et suscité beaucoup d'hypothèses. Il faut en chercher la raison dans ce fait que les deux ventres du digastrique émanent des deux strata du muscle brachio-céphalique. Le ventre postérieur émane du stratum moyen avec le stylo-hyoïdien, le ventre antérieur du stratum superficiel.

Le mylo-hyoïdien, le génio-hyoïdien, le ventre antérieur du digastrique dérivant du même stratum on comprend que par suite d'un vice de développement leurs éléments anatomiques se dissocient mal ou ne se dissocient pas. On peut en dire autant du ventre postérieur du digastrique et du stylo-hyoïdien qui proviennent, l'un et l'autre, d'un feuillet plus profond que le précédent.

Du reste, dans le porc, le muscle qui correspond au stylo-hyoïdien envoie' au niveau de l'angle de la mâchoire, un faisceau au digastrique et dans le paca le stylo-hyoïdien n'est qu'une portion du digastrique.

' Vanuci'i. BuUelliiw délie se. Mediche. Bologne, 1889, p. 106-113. -Sebileau. Démonstrations d'anal. Paris, 1892, p. 74, 75 ; 146,147. ' Iluniphry. Observ. in myol. cil., p. 126 et 136.

STYLO-HYOÏDIEN

Les anomalies de ce muscle ont été l'objet d'un travail très intéressant de la part du professeur Macalister [Joiirn. of an. and jilnjs., vol. Y, p. 28).

Absence. — Il faut distinguer l'absence virtuelle, c'est-à-dire celle dans laquelle le stylo-hyoïdien étant resté confondu avec le ventre postérieur du digastrique, celui-ci est plus volumineux que d'ordinaire (cas de Mac-Whinnie ', un cas personnel), de l'absence réelle, c'est-àdire de celle dans laquelle le ventre postérieur du digastrique a ses dimensions normales (cas de Bohmer-, d'Otto, de Kolliker, de Knott, de Hallett, de Walsham, etc.). Le professeur Macalister a vu et j'ai vu moi-même — (chez une femme, à gauche) — le muscle en cause remplacé par le stylo-hyoïdien profond de Sappey. Au dire de Ilallett, le stylo-hyoïdien ferait défaut sur 1 sujet sur 200.

Anatomie comparée. — J'ai écrit plus haut que dans le paca « le stylohyoïdien n'est qu'une portion du digastrique » (Cuvier) . Selon Duvernoy, le digastrique et le stylo-hyoïdien sont inséparables dans le paresseux et, selon Watson et Mayer, dans Yéléphant. Le professeur Testut a disséqué une guenon chez laquelle le stylo-hyoïdien manquait d'un côté.

Imperforation du stylo-hyoïdien. — La non perforation du stylohyoïdien par le digastrique est une anomalie qui a été signalée par maints anatomistes et que j'ai observée plusieurs fois.

Anatomie comparée. — Chez tous les Animaux domestiques, les Solipèdes exceptés, le stylo-hyoïdien est imperforé. Dans le fœtus de gibbon de M. Deniker le digastrique ne perforait pas le stylo-hyoïdien^ contrairement à ce qui existait chez le Gibbon cendré de Bischoff.

Duplicité et triplicité du muscle. — Le stylo-hyoïdien est souvent

'Mac-Whinnie. Lofulon med. rjaz., 1846, vol. H, p. 18G.

^Bohiner. Observaliones analomicae raviorum, Vvœfalium fusciculus aller, Hcdie. Magdeburg, 1712, p. 5.

accompagné par un stylo-hyoïdien surnuméraire. Ce second stylohyoïdien a été appelé stijlo-hyo'ideus novus par Santorini, shjIo-Jnjoïdeiis aller par Albinus, stijlo-cliondro-hyo'ideiis par Douglas, stylo-hyo'idien profond par Sappey, pelit stylo-Jnjoïdien par Gavarde, stylo- hyoïdeus seciindus par Macalister, etc.

Il a des modes de confinnUion divers. En voici un certain nombre :

I. 11 est formé par la porlion profonde du stylo-hyoïdien dont la fente destinée au passage du digastrique s'est prolongée jusqu'à l'apophyse styloïde (cas de Mac-Whinnie, de Macalister, de Testut ; — un cas, à droite et à gauche chez une femme^.

II. Il a les mêmes rapports, la niT-mo direction, les mêmes insertions, la môme structure que le stylo-hyoïdien normal (cas d'Eustachius ^, d'Albinus, de Bidloo", de Santorini', de Wistar\ etc.; — un cas, à droite et à gauche, chez un homme).

llï. Il naît à C(Mé du slylo-hyoïdien, mais se confond avec lui au-dessus de los hyoïde (cas de Testut^).

IV. Il a les mêmes insertions et la même structure qne le stylohyoïdien normal, mais il est placé en arrière de la carotide interne et le stylo-hyoïdien en avant (cas de Quain^ de Kolliker'', de Shepherd*).

V. Il remplace le ligament stylo-hyoïdien (cas de Drake', de Santorini '°, de Weilbrecht ", de Blandin'-, de Gavarde^"^ de Gruveilhier'*, de Beaunis et Bouchard ; — deux cas : un des côtés chez un homme, un, à gauche, chez une femme).

VI. Il se termine sur l'extrémité mousse de la grande corne de l'os hyoïde (cas de Beaunis et Bouchard^').

' Eustachius. ïab. XII, fig. 5.

-Bidloo. Tah. XIV.

^Santorini. Oh.serc. aiiat. Vcne/., i'rll, p. 117.

* Wistar. Analom)j l'ennsi/lvania, 18'23, p. 189.

"Testut. Trait. (les r/iiO))i. int/sc.,\). 279.

" Quain. Anatomij ami operalice surr/ery of llie arlcries.

' KôUiker. Loc. cil. snprà.

" Shepherd. Monireal's f/eneral liospital Reporis.

'•* Drake. Antliropoçivaplna, lib. III. cap. xvii.

'"Santorini. l.oc. cil.suprà.

" Weibrccht. Comment. PetropoL, IX, p. 256.

'- Blandin. 'Souv. Elém. d'anal, descript., 1838, p. 374.

'^ Gavarde. Traité de mijolor/le suivant la méthode de Desaall. Paris, an VII.

" Cruveilhier. Jmc. cit. suprà.

'"Beaunis et Jionch^vA. Anat. descripL, 2^ édit., p. 361.

VIL II se termine sur le cartilage triticéal (cas de Petsclie \ de Reid et Taylor-).

YIII. Il se divise inférieurcment en deux faisceaux dont l'un se termine sur l'extrémité mousse de la grande corne de l'os hyoïde et l'autre sur le cartilage triticéal (un cas, à droite et à gauche, chez une femme) .

IX. Il se divise inférieurcment en deux faisceaux dont l'un se termine sur la petite corne de l'os hyoïde et l'autre sur le cartilage triticéal (un cas, à droite, chez un homme).

X. Il se divise inférieurcment en deux faisceaux dont l'un termine sur rextrémilé mousse de la grande corne de l'os hyoïde et l'autre sur la petite corne (un cas, à gauche, chez un homme).

XI. Il naît de la face inférieure du rocher entre l'épine du sphénoïde et l'orifice externe du canal carotidien (cas de Calori)\

XII. Il naît du corps charnu du stylo-hyoïdien (cas de Gegenbaur) ''.

XIII. Il naît du corps charnu du styloïdien et se divise inférieurcment en deux faisceaux dont l'un se termine sur la grande corne de l'os hyoïde et l'autre sur le mylo-hyoïdien (Chudzinski).

De ces divers modes de conformation les plus communs sont ceux indiqués sous les numéros II et V.

Hyrtl et Grubcr ont trouvé, de chaque côté, trois stylo-hyoïdiens ayant les mômes insertions, la même structure, les mêmes rapports que le stylo-hyoïdien normal. Chez un sujet disséqué par M. Chudzinski le stylo-hyoïdien se partageait inférieurcment en trois faisceaux dont l'un se portait sur la grande corne de l'os hyoïde, l'autre sur la petite corne, le troisième sur l'aponévrose du mylo-hyoïdien.

AisATOMiE COMPARÉE. — Au poiut dc vuc dc l'anatomie comparée il faut distinguer le stylo-hyoïdien surnuméraire qui coexiste avec le ligament stylo-hyoïdien de celui qui remplace ce ligament.

M. Macalister partage ma manière de voir à ce sujet et voici la lettre qu'il m'a écrite il y a plus de quinze ans dans laquelle il apporte l'appui de sa haute autorité à mes opinions :

« Je pense que vous êtes entièrement dans le vrai en regardant le stylo-hyoïdien surnuméraire qui coexiste avec le ligament stylo-

^ Petschc. Haller's dispul. ana/. Seleclœ, YI, 767. - Reid et Taj'lor. Loc. cit. siiprà.

^ Calori. Variela dei muscoli di //o/ico. Bologne, 1868. ■•Gegenbaur. Loc. cit., p. 407.

hyoïdien,' comme un faisceau du muscle normal, car, ainsi que vous, j'ai trouvé ces deux muscles innervés par les deux branches d'un seul et même nerf.

« Je partage également voire manière de voir sur le stylo-hyoïdien surnuméraire que vous avez étudié spécialement, sur le stylo-hyoïdien surnuméraire qui se substitue au ligament stylo-hyoïdien. Il représente un des faisceaux musculaires qui existent entre l'épihyal et le cératohyal dans certains Poissons osseux et correspond au orlhe foremost muscle du suspensorium chez Vcsturrjeon. Comme l'apophyse styloïde n'est elle-même qu'un rudiment du système des arcs branchiaux des Vertébrés inférieurs, il n'est pas étonnant que ses muscles offrent beaucoup de variai ions. Mes recherches d'embryogénie me donnent même sérieusement lieu de croire que les constricteurs du pharynx ne sont que les reliquats des muscles qui ouvrent et ferment les fentes branchiales chez ces Vertébrés, des élévateurs et desabaisseurs des arcs branchiaux. »

Dans le jeune chimpetnzéle stylo-hyoïdien se fixe à la base de l'apophyse styloïde indépendamment du stylo-pharyngien et du stylo-glosse qui proviennent de cet apophyse par un tendon unique. « Les insertions du stylo-hyoïdien et du stylo-glosse sur le cartilage stylo-hyoïdien sont très éloignés l'une de l'autre chez le fœtus du gorille; elles se rapprochent avec les progrès de l'âge par suite de l'atrophie du cartilage stylo-hyoïdien. » (Deniker.) Ce rapprochement des deux muscles sus-mentionnés s'explique d'autant mieux qu'ils continuent à croître alors que le cartilage stylo-hyoïdien décroît de plus en plus.

Insertion à l'angle de la mandibule. — 1. Muscle stylo-maxillaire. On donne ce nom à un faisceau musculaire étendu du sommet da l'apophyse styloïde à l'angle de la mâchoire inférieure. Il a été observé par Alessandrini, Mayer', Macalister, Calori, etc. Au dire de Calori, l'honneur de sa découverte reviendrait au professeur Mondini'. Je l'ai trouvé trois fois : deux fois chez l'homme, une fois à droite, une fois à gauche, et une fois des deux côtés chez une femme.

II. Le professeur Macalister et le docteur Kelly ont vu le stylohyoïdien avoir une seconde tête d'insertion à l'angle de la mandibule {M. hyo-angularis du professeur Macalister).

*Mayer. Beschr des menschl Korpers, III, p. 547. ' Calori. Loc. cit. suprà.

Anaïomie comparée. — Le muscle stylo-maxillaire est très vraisemblablement l'homologue du muscle, étendu du suspensorium à la mandibule, décrit dans le ceratodus par Huxley.

Dans les Mammifères']Q ne vois pas, en effet, de faisceaux du digastrique qui s'y rapporte, mais chez les Oiseai/xle digastrique est formé de trois portions distinctes nommées par Hérissant : grand pyramidal triangulaire, carré droit. l\ en est à peu près de même chez les Satiriens et les Batraciens. Enfin chez les Poissons ces faisceaux du digastrique sont remplacés par des muscles dont l'origine est commune avec ceux de l'appareil hyoïdien ^

Connexions plus intimes avec les muscles voisins, A). Avec le digastrique (voy. ce muscle) ; B). Avec l'omo-hyoïdien (voy. ce muscle) ;

C). Avec le stylo-glosse, l'hyo-glosse, le génio-giosse (voy. Muscles de la langue).

MYLO-HYOIDIEN

Absence. — Hallett et le professeur Macalister ont vu le mylohyoïdien remplacé par le ventre antérieur du digastrique plus épais et étalé en éventail. Il n'est pas nécessfiire d'insister sur cette fusion totale du mylo-hyoïdien et du ventre antérieur du digastrique qu'explique leur origine embryogénique commune.

Fusion des deux muscles. — Le raphé fibreux sus-hyoïdien est quelquefois interrompu en partie ou en totalité par suite de l'entrecroisement des fibres du mylo-hyoïdien droit et du mylo-hyoïdien gauche,

Anatomie comparée. — La fusion des deux mylo-hyoïdiens sur la ligne médiane a été notée dans le Troglodijtes Tschego et le Gorilla gina par Duvernoy, dans le Troglodytes Aubryï par Alix et Gratiolet, et le fœtus de gibbon par M. Deniker.

Variations des insertions inférieures. — Ces insertions peuvent être

' Pour détails complémentaires voy. M. di(/astrîque.

très rcslfeiiites ou comprendre toute la portion du bord supérieur de l'os hyoïde comprise entre les pelites cornes. Sur deux nègres et une négresse MM. llamy et Cliudzinski ont observé l'attache du mylohyoïdien sur l'arcade fibreuse reliant les tendons intermédiaires des digastriques.

Anatomie coMP.uiÉE. — Daus la sor'Kjne, le fourmilier, le muscle en question n'a aucun rapport avec l'os hyoïde (Cuvier) chez un grand nombre iV Oiseaux, quelques Repli /es ai Y élrphant Indien, le mylo-hyoïdien est formé par deux faisceaux, dont l'antérieur constituant le diaphragma oris n'atteint pas l'os hyoïde.

Division en plusieurs faisceaux. — On a signalé la division du mylo-hyoïdien en :

a) Un grand nombre de fasciculi ;

P) Deux faisceaux (Mac-AYhinnie) ;

y) Deux faisceaux entre lesquels passait le stylo-hyoïdien (Macalister) ;

o) Deux faisceaux entre lesquels passait le canal de Wharton (Macalister, Knott; — un cas personnel).

Anatomie compauée. — Nous venons de dire que, chez beaucoup d'oiseaux, divers Reptiles q[V éléphant Indien, le mylo-hyoïdien est composé par deux faisceaux. Il en est de même chez les Rongeurs^ « chez Yéchidné il y a trois portions dont la dernière remonte sur les côtés de la partie occipitale du crâne » (Cuvier, Leçons d'anat. comp., t. IV, p. 49). Dans les Ruminants le mylo-hyoïdien présente au fond de l'angle des deux branches maxillaires deux plans de fibres de direction différente.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins :

A). Avec le digastrique (voy. ce muscle);

B). Avec le sterno-hyoïdien (voy. ce muscle);

C). Avec le stylo-hyoïdien, M. Macalister a noté l'échange de quelques fibres entre les deux muscles, au voisinage de la grande corne de l'os hyoïde.

D). Avec l'omc-hyoïdien (voy. ce muscle).

E). Avec le mylo-pharyngien (voy. ce muscle).

F). Avec le génio-hyoïdien (voy. le muscle suivant).

GÉNIO-HYOIDIEN

Fusion des deux muscles. — Les génio-hyoïdiens qui, chez les Cétacés et les Fourmiliers, sont représentés par un muscle médian qui n'offre pas de division dans la plus grande partie de son étendue, (Milne-Edwards ^), sont souvent, chez l'homme, intimement unis.

Division en deux faisceaux. — « Régulièrement , dit Theile, on trouve encore, en dehoi's du génio-hyoïdien, un faisceau grêle qui se dirige en avant, au hord inférieur de la grande corne de l'os hyoïde ^ »

Je partage cette manière de voir. Pour moi, Horner, Mayer^ et Chudzinski'' croient à tort que la division du génio-hyoïdien en deux faisceaux est un vice de développement. Elle a été rencontrée, au surplus, dans le gorille adulte par Duvernoy et dans le fœtus de gorille, et celui de gibbon par M. Deniker.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins :

A). Avec le mento-hyoïdien. Dans un cas d'absence partielle du mylo-hyoïdien, M. Macalister a vu le mento-hyoïdien inséré sur le génio-hyoïdien ;

B). Avec le ventre antérieur du digastrique (voy. ce muscle) ;

C). Avec le mylo-hyoïdien. Le mylo-hyoïdien et le génio-hyoïdien sont parfois complètement unis au niveau de leur point d'attache à l'os hyoïde.

D). Avec le génio-glosse et l'hyo-glosse (voy. ces muscles).

Les deux génio-hyoïdiens accolés ou même fusionnés sont particulièrement développés dans les animaux qui ont la langue prétractile, tels que les Rwninants^ les Carnivores et même le /jorc.

* Milne-Edwards . Leçons sur Vanat. et la phys. comp. de V homme et des animaux, t. VI, p. 85.

* Theile. jE«c;/c/. anat. myolog., p. 74.

'Mayer. Beschreibung des mensch. Korpers. Bd. 111, p. 547. * Chudzinski. Rev. d'Anthrop., 1873.

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