‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 37 sur 116 · RÉ&TON SOUS-HYOIDIENNE · texte numérisé non relu

RÉ&TON SOUS-HYOIDIENNE

STERNO-CLÉIDO-HYOÏDIEN

Absence. — Je ne sache pas qu'on ait signale l'aijsence totale du sterno-cléido-hyoïdien, mais celle de luii ou l'autre de ses deux faisceaux et, en particuliei', du faisceau stenial peut se rencontrer. D'après Schwcgl, le faisceau sternal manquerait chez 3 sujets sur 100'.

Anatomu-: comparée. — Le muscle en question n'a qu'un faisceau claviculaire dans les Cliéloniens, et qu'un faisceau sternal dans les Lémuriens (Milue-Edwards), les Edeiiti's (Cuvier) et le founniUer (Meckel).

Cléido-hyoïdien accessoire. — On peut trouver en dehors du cléidohyoïdieu un faisceau complètement indépendant, dit clcido-Jii/oïdien accessoire. Au lieu de constituer un muscle autonome, le cléido-hyoïdien accessoire est parfois représenté par un trousseau de libres provenant du sternum ou de la clavicule et inséré sur le bord externe du slcrno-cléido-hyoidicn. Quand le cléido-hyoïdien accessoire forme avec le sterno-cléido-hyoïdien un triangle à sommet supérieur, le ventre antérieur de l'onio-hyoïdien est quelquefois absent. Des cléido-hyoïdiens accessoires ayant Tune ou l'autre des dispositions que je viens d'indi({uer ont été observés par Oribasius'-, Sœmmerriug', (Iruber, Macalister, Gegenbaur, Schwegl, Testut, Schmidtmuller, Chudzinski, Cuyer\ Souligoux% etc. Chez le sujet disséqué par Schmidtmiiller l'omoplat-hyoïdien faisait défaut et chez celui, disséqué par M. Chudzinski, le sterno-cléido-hyoïdien était aponévroti([ue au-dessous du point oi^i il recevait le faisceau anormal.

L'étude des muscles de la région sous-hyoïdienne me fournira l'occasion d'écrire que dans certaines espèces animales et même chez l'en-

' Schwcgl. SUzinir/sOer, d. K. Akud., Wicu, lîd XXX IV.

-Oribasius. O^^erw, p. 202.

■' SœiiiineiTing. Loc. cit., p. î 15.

* Ciiycr. Bullcl. delà Soc. d'Anthrop, de Paris, ot:lohrc 1893, p. 466.

" Souligoux. Bullet. de la Soc. anal, de Paris, clécembre 1895, p. 660.

fant nouveau-né les muscles sous-hyoïdiens constituent une couche musculeuse indivise. Le cléido-hyoïdien accessoire est un reliquat de cette couche musculeuse indivise dont l'omo-hyoïdien forme le bord externe et le sterno-cléido-hyoïdien le bord interne. Dans la noctidina de l'ordre des Chéiroptères un faisceau de fibres rouges se porte de la clavicule au sterno-cléido-hyoïdien (Macalister).

Intersections fibreuses dans le corps charnu. — Le sterno-cléidohyoïdien est assez souvent divisé par une intersection aponévrotique étroite ou large, oblique ou horizontale, linéaire, en chevron (Chudzinski) ou en zigzag, unilatérale ou bilatérale, comprenant une partie ou la totalité de l'épaisseur des fibres et siégeant au niveau du tendon moyen de Fomoplat-hyoïdien auquel elle peut plus ou moins adhérer.

Dans un cas observé par M. Macalister, cette intersection était située tout près de l'os hyoïde. Ces intersections sont les vestiges de la division primitive du muscle en différentes portions correspondant aux métamères du corps. i^Pour détails complémentaires, voy. le muscle suivant.)

Union des deux muscles. — Les deux muscles peuvent être confondus dans toute leur longueur ou depuis l'os hyoïde jusqu'à 3 centimètres au-dessus de la fourchette sternale (Macalister, Testut), ou réunis seulement par un faisceau charnu plus ou moins large (Schwegl).

Anatomie comparée. — Chez le dauphin les sterno-cléido-mastoïdiens sont représentés par un muscle impair et médian. Dans les Mammifères domestiques le sterno-hyoïdien et le sterno-thyroïdien se joignent sur la ligne médiane et couvrent plus ou moins la face antérieure de la trachée et du larynx. Et même chez les Solipèdes, les quatre muscles en question sont confondus en un seul faisceau dans le moitié inférieure du cou. Dans les Chauves-souris les sterno-cléidomastoïdiens sont fusionnés, « assez intimement, en certains endroits, pour faire croire au premier abord à un seul muscle impair » (Maisonneuve). Les deux sterno-cléido-hyoïdiens du gorille de Bischoff étaient inséparables à leur origine au sternum.

Variations des insertions. — Le sterno-cléido-hyoïdien se fixe d'ordinaire sur l'extrémité interne de la clavicule et du ligament sternoclaviculaire postérieur et au pourtour de la circonférence de la facette

claviculairc du sternum. Mais il peut aussi se fixer en dehors de l'cxtrémité interne de la clavicule ou en dedans, à quelques millimètres de la ligne médiane de la face postérieure du manubrium. L'insertion fréquente à la face postérieure du cartilage de la première cote a été notée par Albinus.

Anatomie coMPARÉiL. — Daus le chien et le châtia muscle en question se détache du cartilage de la première côte. Chez les Pangolins et les Fourmiliers, il s'insère à la face interne des cotes et au sternum jusqu'à l'appendice xyphoïde'.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins :

A). Avec l'omo-hyoïdien (voy. ce muscle);

B). Avec le mylo- hyoïdien. Mac-Whinnie et Chudzinski ont vu le mylo-hyoïdien relié au sterno-cléido-hyoïdien par quelques trousseaux musculaires qui passaient au dessus de l'os hyoïde.

Anatomie comparée. — Chez les Fourtniliers, les Pangolins et les Tatous les fibres des sterno-hyoïdiens ne se fixent pas à l'os hyoïde, mais se portent plus en avant dans la substance de la langue (Owen).

C). Avec le sterno-thyroïdien (voy. ce muscle).

D). Avec le sterno-cléido-mastoïdien, Schwegl a noté la présence d'un faisceau de communication entre le sterno-cléido-hyoïdien et le sterno-cléido-mastoïdien .

E). Meckel a disséqué un homme chez lequel le sterno-cléido-hyoïdien recevait un faisceau de renforcement provenant de l'apophyse coracoïde -. Ce faisceau n'est certainement que le muscle coraco- cervical de Krause prolongé. (Voy. M. péri-clavicidaires surnuméraires.)

STERNO-CHONDRO-THYROiDIEN

Absence. — L'absence complète du sterno-chondro-thyroïdien coïncidant avec un épaississement de la portion sous-thyroïdienne du sterno-cléido-hyoïdien a été notée par Otto et Chudzinski. Walsham a vu le muscle en question remplacé par deux faisceaux dont l'un, l'inférieur, s'étendait du sternum à la partie supérieure de la gaine

' Owen. TmnsacL of Zool. soc, t. IV, p. 128, pi. XXXVII, fig. 2. = Meckel. Arch., vol. VIII, p. 585.

des vaisseaux carotidiens et Tautre, le plus élevé, de l'os hyoïde au lobe gauche du corps thyroïde. J'ai constaté plusieurs fois le défaut de présence du faisceau qui s'insère au cartilage de la première côte.

Anatomie gompaiîée. — Walsham dit que l'anomalie qu'il a observée « était l'effet d'un défaut de développement d'un des myomères ». Le sterno-chondro-thyroïdien n'avait qu'un faisceau sternal dans le gorille de Duvernoy. Il n'en a toujours qu'un dans le ?nu?'in.

Variations de volume. — Chez les goitreux le sterno-chondro-thyroïdien est généralement plus large et plus mince.

Division en deux faisceaux. — La division en deux faisceaux ayant les mômes dimensions transversales a été observée par Hallett et Tarin*, et celle en deux faisceaux dont l'interne était plus étroit, par Cowper.

Anatomie comparée. — Le sterno-chondro-thyroïdien du poi'C a « une branche supplémentaire qui se rend à la face inférieure du thyroïde >> (Arloing et Chauveau).

Le dédoublement du sterno-chondro-thyroïdien et l'énorme développement du sterno-hyoïdien compense, sans doute, chez cet animal, la gracilité de l'homo-hyoïdien, réduit à une étroite et mince bandelette présentant les mêmes insertions et les mêmes rapports que dans les Solipèdes.\

Faisceaux surnuméraires. — Humphry, Kelch, Gunz -, Macalister, Curnow ont disséqué un faisceau qui se portait de la face postérieure de la clavicule, immédiatement en dehors de son extrémité interne au bord externe du sterno-chondro-thyroïdien. Wood a vu deux fois ce faisceau provenir du tiers moyen de la clavicule.

Au lieu de se porter sur le bord externe du sterno-chondro-thyroïdien, ce faisceau peut se porter sur le bord interne. Gruveilhier a signalé la coexistence chez le même sujet d'un chef surnuméraire pour le sterno-cléido-hyoïdien et d'un chef surnuméraire pour le sternochondro-thyroïdien •''.

Anatomie coMi'AnÉE. — Audired'llumphry lemode de conformation du

'Tarin. Mi/of/iap/iie, Paris, 1703, p. 59, fig. 37.

^Gunz. Méiii. de VAcacl. des Se, Paris, 1753, p. .ô9, fig. 37.

=" Gruveilhier. Trait, d'anat., 2' édit., p. 173.

sterno-chondro- thyroïdien observé chez rhommc par Kelch, Gunz, etc., serait constant chez le lézard.

Union des deux muscles. — Ils peuvent être entièrement confondus sur hx ligne médiane ou seulement reliés [)ar un ou plusieurs trousseaux de fibres entre-croisées (Girardi ', Wood).

^Yalsham a fait meuli(Ui d'un cas dans lequel une moitié des fibres du sterno-chondro-thyroïdiendroit était confondu avec celles du sternochondro-thyroïdien gauche qui était atrophié et une moitié fixée sur le premier cartilage costal gauche et le bord gauche du sternum.

Anatomie coMPAuiiE. — Les sternochondro- thyroïdiens s'entre- croisent sur la ligne médiane dans toute leur longueur chez YEciireuil et les Ronqeurs voisins et dans une partie de leur longueur dans \q fourmilier (Owen).

Intersections fibreuses dans le corps charnu. — Une intersection filu-euse, unilatérale ou bilatérale, libre ou souciée à une intersection analogue du sterno-cléido-mastoïdien ou au tendon intermédiaire de l'omoplat-hyoïdicn, coupe assez souvent une partie ou la totalité des fibres musculaires du sterno-chondro-thyroïdien. M. Chudzinski a vu sur un nègre de la Guadeloupe et j'ai vu sur une négresse d'Angola les fibres musculaires du sterno-chondro-thyroïdien situées au-dessous de cette intersection s'attacher en bas, sur une arcade ligamenteuse très forte, étendue du quart interne du bord postérieur de la clavicule à la partie supérieure de la seconde pièce du sternum. Il est très rare de trouver dans le muscle en question deux intersections fibreuses superposées,

Anatomie COMPARÉE. — M. Dcnikcr dit « que les intersections aponévrotiques manquent très souvent sur les muscles sous-hyoïdiens tlu gorille et àw chimpanzé y> . Dans les dessins très soignés de Duvernoy, deVrolik et de M. Eudes-Deslongchamps - concernant ces Aqxw Anthropoïdes on ne trouve pas, en elTet, les intersections indiquées et il n'en est pas fait mention dans le texte. Alix et Gratiolet ont signalé, dans leur mémoire sur le Troglodytes Aubri/t, l'intersection du sterno-cléidohyoïdien, mais non celle du sterno-chondro-thyroïdien.

'Girardi. De Re AnalomJcn o/y(/<w, Paniia, 1781, p. 36.

'Les dessins de M. Eiides-Deslongehamps, professeur à la Faculté des sciences de Caen, représentant toute la niyologie du chimpanzé, sont encore inédits.

Par contre dans les Singes Pithéciens les deux muscles dont je viens de parler se détachent d'une arcade ligamenteuse rétro-sternale analogue à celle que nous avons rencontrée, M. Chudzinski et moi, dans la race nègre.

Les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens sont normalement digastriques dans les Solipèdes et dans les espèces où ils ne le sont pas d'ordinaire, telles que les Ruminants, le porc, le chien, le chat, il n'est pas entièrement rare de trouver des individus dont les muscles en question sont coupés par une ou plusieurs intersections tendineuses (Lesbre). Chez la girafe il semble y avoir toujours plusieurs intersections tendineuses.

Variations des insertions. — Le sterno-chondro-thyroïdien peut descendre jusqu'à la deuxième côte. J'ai dit que cette prolongation sur le thorax du sterno-cléido-hyoïdien qui appartient à la même couche embryogénique que le sterno-chondro-thyroïdien, est normale chez les Pangolins et les Fourmiliers.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins.

A). Avec le sterno-cléido-hyoïdien. Le sterno-chondro-thyroïdien et le sterno-cléido-hyoïdien peuvent être entièrement ou partiellement unis chez l'homme comme chez les Monotrèines, les Ruminants, les Carnassiers, etc.

5). Avec le thyro-hyoïdien. J'ai noté :

a). La continuité du sterno-chondro-thyroïdien et du thyro-hyoïdien ;

[^) La présence d'un ou de plusieurs faisceaux du sterno-chondrothyroïdien se portant à l'os hyoïde.

Dans un cas observé par Walsham le trousseau de fibres reliant le sterno-chondro-thyroïdien et le thyro-hyoïdien recevait un petit filet nerveux du rameau que le grand hypoglosse fournit au thyro-hyoïdien. M. Macalister a vu le ventre antérieur du digastrique détacher quelques fibres au sterno-chondro-thyroïdien dont une portion se prolongeait en dehors jusqu'à la grande corne de l'os hyoïde oii elle se fusionnait avec l'hyo-glosse et le constricteur moyen du pharynx. .

Le cartilage thyroïde dérive du quatrième arc du squelette branchial ou viscéral. Seule partie persistante de cet arc, ses rapports avec les puissances musculaires qui l'entourent et qui le meuvent subissent de nombreuses transformations pendant la vie embryonnaire de l'homme.

C). Avec l'omo-hyoïcUen. (Voy. ce muscle.)

D). Avec le constricteur moyen ou le constricteur inférieur du pharynx (Haller '). (Voy. ces muscles.)

E). Avec rélcvateur de la glande thyroïde. (Voy. ce muscle.)

F). Le sterno-chondro-thyroïdien envoie quelquefois un faisceau musculaire soit à la gaine des vaisseaux fémoraux (Virchow, Macalister, Walsham). soit à l'aponévrose d'enveloppe de la glande sousmaxillaire, soit au cartilage cricoïde.

THYRO-HYOÏDIEN

Absence. — Elle a été notée par Pye-Smith, Howse et Davies Colley. D'après Meckel, le thyro-hyoïdien ferait défaut dans le buffo-agua et le Crocodilus lucius- .

Segmentation du muscle. — Cette anomalie, observée plusieurs fois par M. Macalister, est appelée par lui « variation par fission ». Elle est, je crois, assez commune. J'en possède pour ma part plus de vingt cas dont onze ont trait à la division du muscle en deux faisceaux indépendants dans toute leur étendue. Dans le r/orille de Duvernoy le thyro-hyoïdien était également formé par deux faisceaux, d'abord juxtaposés, puis superposés, dont l'un provenait de la corne hyoïdienne, et l'autre du corps de l'os hyoïde. 11 convient, je crois, de regarder également comme des faisceaux du thyro-hyoïdien segmenté les muscles dont la description suit :

I. Le tliyro-hyoldeus supcrior or minor or azijgos de Sa^mmerring'\ de W^eber-Hildebrandt '*, de Morgagni% de Haller ^ de Luschka" et de Gruber*, qui naît à côté du thyro-hyoïdien, du bord supérieur du cartilage thyroïde pour se rendre au corps ou à la grande corne de l'os hyoïde ;

'Haller. Élém. de phijs.. vol. ill. 1761, p. 381.

-Meckel. Anal, comp., \. Y, p. 522.

:' Sœmmerring. Loc. cit., p. 117.

' Weber-IIlklobrandt. Handbiic/i, p. 358.

■•Morgagni. Episloht anal., II, art. 43, pat. 176i, p. 112.

"llaller. Élém. de pliijs. cil., t. 3, lib. IX, p. 383.

'Luschka. Anal, des .Menschlichen Ilalse.s, Tubitigeu, 1562, p. 275-

"Grubcr. Reicherl's a Du Bois-Reymond Arc/i., 1868 avec une planche. (Tab, XV. fig. B. B.)

II. Le thyro-hyoïdeus lateralis or cerato-hyoïdeus de Gruber, qui se porte de la grande corne de l'os hyoïde à la grande corne du cartilage thyroïde ' ;

IIÏ. Le tJiyreo-syndesmicus de Sœmmerring et de Knott- ;

IV. Le thyreo-triciticealis de Macalister", qui ont l'un et l'autre les mêmes insertions inférieures que le cérato-hyoïdien de Gruber, mais qiiisefixent en haut, le tliyreo-syndes:micits à la partie postérieure delà face externe du ligament thyro-hyoïdien, le tliyreo-triùcealis sur le noyau cartilagineux ou osseux (corps triticéal) que contient ce ligament ;

Y. Le ihyro'uleus siiperior du Morgagni, qui se détache du sternothyroïdien au niveau du bord supérieur du cartilage thyroïde et va se terminer sur les grandes cornes de l'os hyoïde'.

De tous ces faisceaux je n'ai trouvé que le ihyro-hyoïdeiis siiperior (à droite, chez une vieille femme) et le thyreo-syndesmicus (deux fois, à droite, chez deux hommes ").

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — J'ai noté les connexions qu'il peut avoir avec les constricteurs du pharynx et le sterno-chondro-thyroïdien. J'ajouterai qu'il peut échanger aussi un plus ou moins grand nombre de fibres avec l'omo-hyoïdien, l'élévateur de la glande thyroïde, l'hyo-trachéal, prendre quelques insertions sur le cartilage cricoïde.

OMO-HYOIDIEN

Les variations de l'omoplat-hyoïdien ont été étudiées dans trois mémoires importants :

Le premier, dû au professeur Turner, a paru en mai 1861 dans \ Edinburcjh médical Journal sous le titre On irregiilarities of ihe omo-Jiyoïd muscle; ivith remarks iipon their hearijigs on the surgical Anatomy of the muscle. Dans ce mémoire, qui s'adresse principalement aux chirurgiens, l'auteur a relevé 20 cas d'irrégularités de l'omo-

' Gruber. ^pue anoiiudien, Berlin, 1849, p. 14.

* Sœmmerring. Loc. cit.. p. 117. — Knott. Conlribiit. lo the abnormal anal., Dublin, 1881, p. 6.

^Macalister. Loc. cif. passim.

■'Morgagni. Epis/ol. anal, ci/., X, p. 362.

''Le Double. Annale'^ île la/-ijiif/olor/ie el de l'hinolof/ie, 1894.

liyoïdion dans son trajet, dans ses insertions et sa texture. Ces 20 cas ont été rencontrés sur 373 sujets, soit approximativement cliez o ou 6 sujets sur 100. Dans ces 20 cas, 11 fois (11 fois chez la femme et 6 f(ùs chez Ihommei, l'anomalie portait sur le renllement postérieur. Cette statistique, qui prouve que le ventre postérieur de l'omo-liyoïdien est plus souvent mal couformé que le ventre antérieur, ne prouve pas toutefois que ce vice de conformation existe plus communément chez la femme que chez l'homme. Dans les 373 sujets disséqués par le professeur Turner il y avait, en elTet, deux fois plus de femmes que d'hommes.

« L'omo-hvoïdien étant, dit le professeur Turner, divisé en deux ventres, un ventre antérieur et un ventre postérieur par un tendon, il est tout naturel de classer les irrégularités de ce muscle :

« 1. En irrégularités du ventre postérieur:

M 11. En irrégularités du ventre antérieur. »

Nous ne suivrons pas ce plan adopté par M. Turner. Excellent au point de vue de l'anatomie chirurgicale, il laisse à désirer au point de vue de l'anatomie descriptive.

Le second mémoire concernant les anomalies de l'omo-hyoïdien est l'œuvre de Cegenhaur. Il est intitulé : Ueber den omo-hijoïdeus und seine Schùsselbeinvcrbindinig [Morph. Jalivh. \, 2, 1876, p. 243) et ses conclusions, hasées sur de sérieuses recherches d'anatomie comparée et d'emhryogénie, donnent la clef de pres([iie toutes les anomalies de l'omo-hyoïdien.

Les voici :

l. L'omoplat-hyoïdien appartient à un groupe musculaire qui se compose chez l'homme de l'omoplat-hyoïdien, du sterne-hyoïdien, du sierno-chondro-thyroïdien et du thyro-hyoïdien.

IL Chez les Vertébrés inférieurs, et en particulier chez les Reptiles, ce groupe musculaire indivis prend son origine dans la région sternale et de là s'étend à la clavicule, puis à l'omoplate '.

m. C'est par une scission des différentes parties de ce groupe que se forment les muscles sus-mentionnés.

IV. C'est par une régression des hhres musculaires moyennes de ce

' Diins les Sauriena {uromasli.v, plulf/ilaclijltis, etc.), cette lame contractile unique qui sinsère à la fols h. répistcrnum et à la clavicule est décrite par Fuerbringer sous le nom de M. e}iisfenio-clei(/o-hi/ouleiis subliniis. — Elle se fixe dans le scinqiie à la clavicule et au scapulum, et dans le phoque, parmi les Maininif'ères : elle a pour limites, en haut, l'os hyoïde et en bas une arcade fibreuse comprise entre le sternum et le tubercule interne de rhumérus. (Ilumphry. Obs. in m>joIof/>j. cil., p. liG.)

groupe que l'on doit expliquer la présence du fascia qui unit chez l'homme l'omo-hyoïdien à la clavicule.

V. Chez l'enfant nouveau-né ce fascia, qui à l'œil nu semble de nature aponévrotique, montre, lorsqu'on l'examine au microscope, des fibres musculaires striées.

Le troisième mémoire concernant l'omo-hyoïdien appartient à Albrecht. Comme celui de Gegenbaur, c'est une longue étude morphologique. (Albrecht, Beitrag zur morphologie des m. ojno-hyoïdes iind des ventralen innen inierbranchïalmusculatur in devReiheder Wirhelthiere^ Kiel 1876.) Albrecht rapporte le muscle omo-hyoïdien au 6" muscle interbranchial et assimile l'intersection au 6^ arc branchial.

Pour ne rien omettre de ce qui a été écrit sur l'omo-hyoïdien je terminerai en ajoutant que Henle et quelques autres anatomistes rattachent le ventre antérieur au sterno-cléido-hyoïdien et le ventre postérieur au grand dentelé, et ne voient dans le tendon intermédiaire que le rudiment de la 7'^ cote cervicale. (Henle, Handbuch der System anatomie des menschen, t. I, abtb. 3, p. 123, T édit. 1871.)

Absence totale ou partielle. — L'absence totale des deux omo-hyoïdiens a été signalée par Buchner', von Behr-, Cruveilhier'^ et celle de l'omo-hyoïdien droit ou gauche par Hallett % Cheselden", Schwegl^ Schultze, Otto, Gruber, Testut et moi (à droite chez une femme).

Hallett a vu le ventre postérieur réduit à quelc[ues fibrilles. Les professeurs Gruber "^ et Macalister ont noté l'épanouissement en éventail sur l'aponévrose omo-claviculaire des fibres inférieures du ventre antérieur du digastrique dépourvu de tendon intermédiaire et de ventrepostérieur. J'ai rencontré cette malformation, des deux côtés chez un homme, et du côté gauche chez une femme.

Walsham, Kôlliker et Knott ont disséqué des sujets de l'un et l'autre sexe où le ventre antérieur était représenté par un cordon tendineux.

Le professeur Testut a écrit ceci : « L'absence du ventre antérieur .s'observerait une fois sur 100 d'après Hallett; cette proportion est

' Buchner. ili/sceZ/e«, 1727, j). 252.

- Von Behr, p. J 18.

= Cruveilhicr. Anal, descript., 2' édit., t. II, p. 172.

' Hallett. Ediiibarrjh med. and chirurr/. journ. 1849.

^ Cheselden. Analomy, 1740, p. 79.

''Schwegl. Loc. cil. siiprà.

'Gruber. Vij-chow's arch., vol. LXXIV, p. 454.

assurément trop forte si je m'en rapporte aux dissections de Macalister qui n'a pu rencontrer ce cas une seule fois sur 600 sujets. Quoi qu'il en soit , dans une pareille anomalie, le ventre postérieur se termine sur un tendon qui vient se perdre sur l'aponévrose cervicale, et l'on aie type parfait du muscle cor«co-ce;*?;/c«//.9 de Krause '. » Il n'y a rien de tel dans flallett. Ce que Ilallett a trouvé une fois sur 100 sujets et ce que le professeur Macalister a cherché vainement sur GOO sujets, c'est le coraco- cervical de Krause. Assimiler le coracocenncal de Krause au ventre postérieur de l'omo-hyoïdien, c'est également commettre une erreur.

Hallelt l'a toujours vu coexister avec le ventre postérieur de l'omohyoïdien et Krause qui l'a signalé le premier, en a donné la définition suivante :

« C'est un petit muscle supplémentaire, tenseur de l'aponévrose cervicale ; il fait souvent défaut. Il s'insère à l'apophyse coracoïde, en avant du muscle omo-hyoïdien, s'incurve en avant et en haut vers la fosse sus-claviculaire et passe au dessous du ventre postérieur de F omohyoïdien. Il se termine par des fibres tendineuses qui vont se perdre dans l'aponévrose cervicale'". » Le coi'aco-cervical n'est pas l'homologue du ventre postérieur de l'omo-hyoïdien, mais une variété du muscle scapulo-claviculaire, ainsi que nous l'avons écrit dans le travail sur /e.s muscles surnuméraires péri- clamculaires que nous avons publié il y a longtemps dans la Revue d' Anthropologie.

Anatomie comparée. — Si dans l'espèce humaine on dccril isolément lesterno-hyoïdien,lesterno-thyroïdien etl'omoplat-hyoïdien, c'est, nous l'avons dit, parce que les fibres charnues qui unissent ces muscles disparaissent après la naissance. Anormalement la régression du muscle triangulaire sous-hyoïdien dont l'omo-hyoïdien, le sterno-hyoïdien, le sterno-chondro-thyroïdien et le thyro-hyoïdien forment les bords, peut être plus ou moins marquée. Si elle est très marquée, l'omo-hyoïdien ou l'un de ses ventres fait défaut ; si elle est peu marquée, l'omo-hyoïdien ou l'un de ses ventres est double ; des faisceaux cléido-hyoïdiens, costo-hyoïdiens, coraco-hyoïdiens persistent; l'omoplat-hyoïdien est relié par des faisceaux au sterno-cléido-hyoïdien, au sterno-chondrothyroïdien, etc.

' Testât. Trail. desanom. tnuscul. cit., p. 255.

-Krause. Manuel cVunatomie Itumaine, trad. franr. par L. Dollo, Paris, 188S, fasc. If, p. 169.

Normalement l'omo-hyoïdieii manque dans le Myrmecophaga tamandua (Owcn) \, le Dasi/pi/s sexcmclus [Galion), les Paresseux [Cuvier, Meckel), la taupe, le pécari, les Chauves-souris, etc.

L'assertion de Cuvier « qu'il n'existe pas chez tous les Mammifères clavicules » est toutefois inexacte. On ne le rencontre pas, il est vrai, dans les Carnivores, mais on le rencontre, à peu près conformé comme chez l'homme dans les Chevaux et les Sangliers. « Dans les Rwninants, dit M. Lesbre', l'omo-hyoïdien n'a point d'attache scapulaire; il paraît réduit au ventre supérieur de celui de l'homme. Si nous le suivons à partir de l'hyoïde, nous le voyons croiser en dedans la gouttière de la jugulaire et le sterno-mastoïdien, immédiatement au-dessous du larynx, et venir se perdre sous le mastoïdo-huméral en s'épanouissant à la surface d'une aponévrose, en regard de la 3° et de la 4® vertèbre cervicale. Il ne prend aucune attache sur les apophyses transverses de ces A'^ertèbres ; aussi le nom de trachélo-hyoïdien qu'on a proposé de lui donner ne nous paraît pas justifié. »

Duplicité totale ou partielle. — On a trouvé d'un seul côté ou des deux côtés :

a) Un omo-hyoïdien supplémentaire identique à l'omo-hyoïdien normal (Cruveilhier'', Kelch, un cas personnel).

1^) Un omo-hyoïdien supplémentaire qui naissait près de l'angle supérieur et externe du scapulum (Cruveilhier).

y) Un omo-hyoïdien supplémentaire qui naissait de l'apophyse coracoïde et du ligament coracoïdien (Testut).

o) Un omo-hyoïdien supplémentaire qui se terminait sur le bord externe du sterno-cléido-hyoïdien (Koster) '" .

z) Un omo-hyoïdien constitué par un tendon intermédiaire, deux ventres postérieurs et deux ventres antérieurs (Gurnow).

!.).Un omo-hyoïdien constitué par un tendon intermédiaire, deux ventres postérieurs et deux ventres antérieurs dont le supérieur se terminait sur le bord externe du sterno-cléido-hyoïdien (Gruber', un cas personnel;.

' Owen. Traris. zool. soc, july IS.ji.

- I>esbre. Loc. cil. p. 30.

^flruveilhier. Loc. ci/., sup>'à,]).112.

^ Rester. Verslar/en en mededeelhirjen der konuik Akad. van Welenschappen, afdeelinr/ Naturk, 12 nd Keeks, IV, Deel.

° Gruber. Vier Ablinndl, Tj}.\'à.

x). Un omo-hyoïdicn du venlrc postérieur duquel luiissail près du seapulum, un faisceau musculaire qui se terminait sur le bord externe du sterno-clcido-hyoïdien (llallett).

a). Un omo-hyoïdien du ventre postérieur duquel naissait, près du seapulum, un faisceau musculaire qui se terminait sur le bord externe du sterno-cliondro-thyroïdien (Sels)'.

Sur 70 sujets dont 40 hommes et 30 femmes, Wood a trouvé i fois (2 fois des deux côtés et 2 fois du côté droit) et toujours sur des sujets du sexe masculin, le ventre antérieur double -. La duplicité de ce ventre s'observerait donc chez l sujet sur 17 et beaucoup plus communément chez l'homme que chez la femme. Comme toutefois, parmi ces 70 sujets, il y avait un homme dont ce ventre était composé de trois corps, Wood a formulé cette proposition plus générale : « La multiplication du rendement antérieur de l'omo-hyoïdien existe chez o sujets sur 70, ou approximativement chez 7 sujets sur 100. »

Dans un des cas de duplicité du ventre antérieur observé par Wood, le chef supplémentaire était relié au stylo-hyoïdien par une aponévrose lamelleuse. Dans le seul cas de triplicité rencontré par le même anatomistc le faisceau moyen avait les insertions du ventre antérieur normal, le faisceau supérieur était fixé à l'aponévrose cervicale et le faisceau postérieur à la corne supérieure du cartilage thyroïde.

Le professeur Macalister a vu le ventre antérieur de l'omo-hyoïdien composé de deux corps dont le supérieur, après avoir reçu des fibres de renforcement du sterno-thyroïdien, allait se perdre dans l'hyoglosse et le constricteur moyen du pharynx. W. Gruber s'est trouvé en présence d'un vice de conformation identique ^ Sur un sujet disséqué par Bradley * le ventre antérieur était formé de deux chefs dont l'interne était attaché au corps de l'os hyoïde et l'externe à l'extrémité postérieure de la grande corne de cet os.

La duplicité du ventre postérieur a été constatée par Winslow et Duillc^ Je possède un moulage de cette malformation. La duplicité

' Sels. De muscul. variet. Berlin, p. 6. — Kelcli. llallett. Carnow, Teslut. Passiin.

• Et non le ventre postérieur, comme le dit M. Testut clans son Trailé des Anomalies tiiasculaires (vov. AVood, Variations in human Myologv, l'ruceecliuf/s of l/te Royal Socieh/, u' 104, 1868, p. "485).

^ Gruber. Vier Abhandl, p. 13.

'Bradley. Jour, of an. and phijs., t. XIV, p. 420.

* Duille. Disserlalio anatoinica nonnullus inusculoriun varielales ej.hibens, Landshuti,

du renflement postérieur de l'omo-hyoïdien est presque toujours due à l'adjonction d'un faisceau venant de la clavicule.

Variations de volume de l'un et l'autre des deux ventres. — Je ferai remarquer — et cette remarque s'applique à tous les muscles digastriques : au digastrique proprement dit, à l'occipito-frontal, au hiventer cervicis, etc., — que les deux corps charnus d'un muscle digastrique ne sont pas solidaires l'un de l'autre quant à leur développement. Ainsi, pour l'omo-hyoïdien, un ventre scapulaire fort répond quelquefois à un ventre hyoïdien faible ou inversement.

Variations du tendon moyen. Omo-hyoïdien monogastrique. — « Le tendon qui forme la partie moyenne de l'omoplat-hyoïdien, dit le professeur Sappey ^ présente une longueur très variable. Il n'est souvent sensible qu'en avant. Je l'ai vu réduit à l'état de simple intersection aponévro tique. Son étendue pour ce muscle comme pour tous ceux du môme ordre est généralement en raison inverse du développement et de la vigueur du système musculaire. »

Ce sont là, en effet, les anomalies les plus communes de ce tendon. M. le professeur Macalister l'a vu constitué par un cordon fibreux, cylindrique, d'un pouce de long, et Hyrtl -, Haller ^ etc., par un tractus fibreux, linéaire, presque imperceptible.

Quelquefois même il disparaît en partie ou en totalité. L'omohyoïdien sans tendon central a été rencontré par Walsham, Testut, Wood et moi.

Les anatomistes ne sont pas d'accord sur la raison d'être du tendon médian.

Pour Albinus ce tendon n'existerait pas à la période initiale de la formation du muscle. Ce ne serait que peu à peu, par suite des pressions exercées en sens opposé sur l'omo-hyoïdien entièrement charnu par le cléido-mastoïdien, d'une part, et le scalène antérieur et la jugulaire interne, d'autre part, dans le point où l'omo-hyoïdien est enclavé entre ces organes, que le tendon en cause se produirait pendant l'évolution fœtale '\ C'est là une assertion à priori. Gegenbaur a noté la présence de ce tendon sur le cadavre de 7 nouveau-nés et

' Sappey. Traité d'analomie descriptive, t. II, 2^ édition, p. 106. -Ilyrti. Anatomia del uomo, trad. ital., p. 341. MIaller. Éléments de physiologie, liber IX, p. 415. ■'Albinus. Hlstor musc, cit., p. 200.

sur un certain nombre d'embryons de 12 semaines. Une seule fois sur un fœtus de 14 semaines le tendon intermédiaire était absent. Sur 60 fœtus de 4 à 9 mois appartenant à l'un et l'autre sexe, que j'ai examines avec mes prosecteurs MM. Danseux et Bougrier. je l'ai vu seulement manquer 3 fois : 2 fois chez deux fœtus masculins (l'un de 5 mois et l'autre de 8), 1 fois chez un tœtus féminin de 7 mois.

Pour Humphry, ce cordon nacré est dans l'espèce humaine un vestige de l'insertion tendineuse de l'omo-hyoïdien à la clavicule dans divers Vertébrés '. Si cela était, on devrait le rencontrer chez tous les animaux clavicules et jamais chez les animaux non clavicules. Or, cela n'est pas.

Les assertions émises par Gegenbaur, Albrechtet Henle sur ce point spécial et que j'ai notées au début de cette étude, ne sont guère plus satisfaisantes. Ainsi chez le gibbon, comme chez le gorille et le chimpanzé^ l'intersection intermédiaire manque souvent au muscle omohyoïdien ; on serait donc en droit d'admettre que ce dernier ne représente que le ventre postérieur du même muscle chez l'homme, homologue au 6" muscle interbranchial des Poissons. D'ailleurs, chez l'homme, à l'état embryonnaire, le ventre antérieur est très court par rapport au postérieur et ne se développe qu'avec l'âge '". Ces faits ne cadrent avec aucune des théories existantes sur le muscle omohyoïdien. L'absence normale du tendon intermédiaire chez les Anthropoïdes peut servir d'argument en faveur de la théorie de Gegenbaur qui rattache l'omo-hyoïdien au système du sterno-hyoïdien ; tandis que l'insertion près de l'angle de l'omoplate et l'absence de faisceaux cléidiens (voy. plus loin ces anomalies) donnent un appui aux théories de Henle, d'Albrecht qui rattachent ce muscle, l'un au dentelé et au sterno-hyoïdien (en assimilant le tendon moyen à une côte), l'autre au 6'' muscle interbranchial (en assimilant le tendon au 6'' arc branchial).

Pour moi le tendon moyen du muscle omo-hyoïdien est l'homologue de ces intersections aponévrotiques que l'on observe souvent dans les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens. Ces intersections sont les vestiges de la division primitive de ces muscles en ditTérentes portions correspondantes auxinétafnères du corps. Elles siègent au même niveau dans le sterno-hyoïdien ; le sterno-thyroïdien et l'omoplathyoïdien coexistent parfois, et sont parfois également soudées ensemble dans ces trois muscles. Au point de vue morphologique le

' Ilumphry. Obseivat. in myol. cit.. p. 126. - Albrecht. Loc. cit. si/prà, p. 96 et suiv.

sterno-hyoïdien, le sterno-thyroïdicn et l'omoplat-hj-oïdien sont équivalents au droit antérieur de. l'abdomen.

Le tendon intermédiaire a été rencontré anormalement et à un degré variable de développement dans le chimpanzé par Champneys, Macalistcr et Testut. Dans un orang disséqué par le professeur Testut il se prolongeait jusqu'à l'os hyoïde prenant ainsi la place du ventre antérieur absent. Alors que Yrolik ne l'a pas trouvé dans le macaque, le haboidn, Xinuus et le cynocéphale, il a été trouvé dans le Macacus ci/nomolgus, Yinuus, le Cijnocéphalus jjorcarius et Vhamadryas par M. Macalister, et dans le Macacus sùdcus par M. Testut. Sa présence a été signalée aussi par Alix dans Voniilhortjnque et Yéchidné. En fait l'omo-hyoïdien et normalement monogastique chez presque tous les animaux.

Variations des Insertions du ventre postérieur. — Autant les insertions du ventre antérieur sont fixes, autant celles du ventre postérieur sont variables. Il peut naître :

1° Du bord supérieur de l'omoplate, au-dessous de l'échancrure coracoïdienne ;

2° Du ligament coracoïdien. Dans ces deux cas il est perforé par les vaisseaux sus-scapulaires ;

3" Près de l'angle supérieur et externe de l'omoplate ;

4° Près de l'angle supérieur et interne. Cette anomalie que M. Testut dit n'avoir jamais rencontrée', a été rencontrée par moi chez 8 hommes (7 fois des deux côtés, 1 fois à droite) et chez 4 femmes (2 fois des 2 côtés, 1 fois à droite et 2 fois à gauche). M. Testut a donc tort de se baser sur son absence pour combattre l'opinion de Henle sur la nature de l'omo-hyoïdien.

5" De l'apophyse coracoïde [M. coraco-hyoïclien de W. Gruber). Cette malformation a été observée par Macalister, Gruber, Hyrtl, Knott, Testut et moi (à gauche chez une femme).

6'' De l'acromion [M. acromio-Jiyoïdien) . Ce vice de développement à été signalé par Macalister. Je l'ai cherché vainement sur 93 sujets.

7° De la première côte [M. costo- hyoïdien). Cette disposition anormale a été observée par Theile, Wagner'-, Gruber % Bellini, Sclîwegl, etc.

' Teslul, Tru'il. des an. maacal.., p. 2.!>2.

- Wagner. Ileiisinr/o-'.s Zeitschrift, p. 335.

^ W. Gruber. Abhandl. uus dem r/ebiete der med. chir. anal.. Berlin, 1847.

8" Des apophyses U'ansvorscs clos deux dernières cervicales [M. cervico-hyouiien). J'ai trouvé ce mode de confornialion sur deux hommes (1 fois des 2 côtés, 1 fois à droite).

9° De hx clavicule [M. cléido-Iujo'tdien).hQ. muscle cléldo-hyoïdien a été très hien étudié par le professeur Schmidtmûller, de Landshut*. Il a été disséqué par Petsche-, Rosenmiiller, Luschka '^ Ilallett, Wood, Mac-Whinnie, Turner, KnoU, Gegenhaiir, etc.

Il est presque toujours monogastrique — (9 fois sur 10 cas que j'ai vus) — et quand il est digastrique son tendon intermédiaire n'est, en général, représenté que par une intersection aponévrotique linéaire. Il échange parfois, près de l'os hyoïde, quelques fibres avec le sternocléido-hyoïdien. Comme le coraco-Jiyoïdien, Y acromio-hyoïdien, etc., il peut être unilatéral ou bilatéral, peu prononcé ou très développé. Sur un sujet disséqué par Ch. Richet il occupait toute la région sous-hyoïdienne '*. Gegenbaur avance que chez les nègres l'origine exclusivement claviculaire de l'omo-hyoïdien est plus fréquente que dans la race blanche °.

Anatomie comparée. — L'insertion scapulaire de l'omo-hvoïdien monogastrique du gorille et du gibbon se trouve tout près de l'angle supérieur de l'omoplate (Deniker). L'omo-hyoïdien du c7^(»y(7/ s'étend de l'angle scapulo-huméral au fond de l'auge. Nous avons indiqué plus haut (voy. M. sterno-cléido-hyoïdien) qu'il existe un certain nombre de Mammifères dans lesquels le sterno-hyoïdien descend plus ou moins bas sur les côtes. Dans les Serpents proprement dits (la vipère, la couleuvre, le boa, etc.), les muscles sus-hyoïdiens ont pour antagonistes des muscles costo-Jiyoïdiens et verlébro-hyo'idiens^ .

Faisceau cléidien surnuméraire. — On lit dans VAnatomie de Cruveilhier : (( Chez un sujet très vigoureux, il existait un faisceau claviculaire plus volumineux que le faisceau scapulaire, qui naissait du bord

' SclimidtinuUer. Reîl u Autenrielh'à' urch., vol. VIII.

- Petsche. Loc. cil. suprà, p. 769.

^ huschka. Muller's arch., 1865, p. 284.

*Ch. Richet. Bullet. delà Soc. anat. de Paris, 1873, p. 73.

'Gegenbaur. Trait, d'anal., Trad. franc, cit., p. 411.

*■■ Dugès. Annales des sciences naturelles. 1827, t. XII, p. 368, pi. XLVI, fig. 15. — Losana. Essai sur l'os hyoïde de quelques Reptiles. Memorie delta reale Academia délie scienze di Torino, 1834, t. XXXVII. — Duveraoy. Mém. sur la langue. Mém. de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg, 1830, t. I.

postérieur de la clavicule ou plutôt de la lèvre postérieure de la gouttière du sous-clavier, se portait obliquement en haut et en dedans pour se terminer au bord inférieur du tendon moyen. Ce faisceau avait déjà été rencontré par Winslow qui l'a décrit ', »

Le renforcement du ventre postérieur ou du tendon intermédiaire par un faisceau musculaire provenant de la clavicule est, après l'insertion à la clavicule du ventre postérieur, la plus commune des anomalies de l'omo-hyoïdien, Sur les 17 cas d'irrégularité du ventre postérieur qu'a trouvés le professeur Turner sur les 373 sujets qu'il a examinés, 9 fois cette irrégularité était la conséquence de l'insertion du ventre postérieur à la clavicule et 8 fois la conséquence du renforcement du ventre postérieur ou du tendon moyen par un faisceau musculaire provenant de la clavicule.

Le renforcement du ventre postérieur ou du tendon intermédiaire du muscle en question par un faisceau cléidien a été encore observé :

o fois sur 70 sujets par Wood ;

Hallett;

Schwegl ;

Gegenbaur ;

Walsham ;

moi (2 fois, à droite et à gauche, chez deux

)mr

aes et 1 fois

gauche chez une femme, sur 30 hommes et

26 femmes).

Soit, — y compris les cas du professeur Turner (8 cas sur 373 sujets) — 21 fois sur 646 ou approximativement 1 fois sur 30. Ce chiffre diffère de celui qui figure dans le Traité des anomalies musculaires du professeur Testut. Cela n'a rien d'étonnant. M. Testut n'a pas soustrait du total de sa statistique les 9 cas d'insertion du ventre postérieur à la clavicule signalés par M. Turner.

Unilatéral ou bilatéral, rubané ou cylindrique, mince ou épais, large ou étroit, le faisceau de renforcement de l'omo-hyoïdien, se détache de la clavicule, presque aussi communément du tiers externe que du tiers moyen et excessivement rarement du tiers interne.

S'il naît du tiers interne, son insertion d'origine est cachée par les fibres claviculaires du sterno-mastoïdien. Il est d'ordinaire tendineux à son extrémité supérieure quand il se perd dans le tendon médian de l'omo-hyoïdien, et charnu quand il se jette dans le renflement posté-

' Cruveilhier. I.oco cllalo si/pni, p. 172.

rieur. Sur un sujet disséqué par Gegenbaur il se divisait, au niveau du tendon moyen en deux faisceaux dont l'un allait rejoindre le ventre postérieur et l'autre la face antérieure de l'os hyoïde. Ce n'est que très exceptionnellement qu'il se porte sur l'intcTrsection fibreuse du sternohyoïdien. Dans un cas où 1 omo-hyoïdien était déjà renforcé par un coraco-hyoïdien, le professeur Testut a vu un cléido-hyoïdien assez volumineux gagner directement l'os hyoïde. M. Cuyer a trouvé sur le même cadavre l'omo-hyoïdien droit constilué par un ventre composé de deux corps dont l'un venait de l'angle supéro-intcrne de l'omoplate et l'autre de la moitié externe du bord antérieur de la face inférieure delà clavicule et l'omo-hyoïdien gauche formé par deux chefs dont l'un avait pour origine la partie moyenne du bord cervical du scapulum et l'autre la moitié externe de la clavicule. Un vieillard m'a présenté, mais à droite seulement, trois rubans musculeux étroits séparés par des intervalles à peu près égaux et qui se rendaient l'externe, du tiers externe de la clavicule au renllement postérieur de romo-hvoïdien, le moyen, du milieu de la clavicule au tendon intermédiaire, l'interne du tiers interne du même os au renflement antérieur.

La réapparition d'une partie des faisceaux cléidiens du muscle dont l'omo-hyoïdien n'est, au dire de Gegenbauret d'autres anatomistes, que le bord externe a une grande importance au point de vue chirurgical. La sous-clavière cesse d'être sous-cutanée et sa ligature est rendue plus difficile. Sur 13 des 373 sujets examinés parle professeur Turner l'artère sous-clavière était ainsi plus ou moins masquée par un plan musculeux. Ce chiffre 13 semblera a priori extraordinaire puisque Turner n'a vu que 8 fois le faisceau de renforcement claviculaire de l'omo-hyoïdien. C'est que chez 3 des sujets disséqués par le professeur Turner la sous-clavière était recouverte par le ventre postérieur de l'omo-hyoïdien inséré à la clavicule [M. cléido-hyo'idien) ou à l'acromion [M. acromio-hijoïdien).

Anatomie coMPAr.ÉE. — Dans le Troglodytes Auhry'i le muscle en question était représenté par un muscle coraco-hijoïdœn auquel venait s'unir, au niveau de la sixième vertèbre cervicale, un faisceau clèidien naissant de la portion moyenne du tiers externe de la clavicule. Cette disposition n'ayant été signalée que par Alix et Gratiolet, elle constitue donc chez le chimpanzé comme chez l'homme une anomalie régressive.

i i8 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L'HOMME

Connexions plus intimes avec les muscles voisins.

A). Avec le sterno-cléido-liyoïdien. Sur 4 des 373 sujets qu'a examinés M. Turner le bord inférieur du ventre antérieur de l'omo-hyoïdien était confondu avec le bord externe du sterno-cléido-hyoïdien. Chez ces quatre sujets une bande fibreuse détachée du tendon moyen de Fomo-hyoïdien se prolongeait à travers le sterno-cléido-hyoïdien qu'elle divisait en une portion supérieure et une portion inférieure. Cette union du ventre antérieur et du sterno-cléido-hyoïdien en changeant la configuration des deux triangles sous-hyoïdiens (triangle omo-hyoïdien et triangle omo-trachcal de Velpeau) change aussi les conditions des opérations chirurgicales qui s'y pratiquent.

B]. Avec le sterno-chondro-thyroïdien. On a vu une bandelette musculeuse se porter du sterno-chondro-thyroïdien sur le ventre antérieur (Sels) ou le ventre postérieur de l'omoplat-hyoïdien (Macalister).

C). Avec le sterno-cléido-mastoïdien. Schwegl a disséqué un omoplat-hyoïdien qui avait deux faisceaux aberrants dont l'un se perdait dans le sterno-cléido-hyoïdien et l'autre dans le sterno-cléido-mastoïdien. Dans les Équidés Fomo-hyoïdien adhère au sterno-mastoïdien.

D). Avec le stylo-hyoïdien. L'union de Fomo-hyoïdien et du stylohyoïdien a été observée par Sœmmerring et Wood.

E). Avec le mylo-hyoïdien. Cette anomalie est signalée sans aucun détail par le professeur Macalister.

Enfin Mac-Whinnie a trouvé un faisceau de Fomo-hyoïdien qui allait se fixer à la symphyse du menton près du génio-hyoïdien. Sels et Rudolphy ont vu un cordon musculeux détaché de l'omoplat-hyoïdien gagner la 2° vertèbre cervicale. La description assez confuse que ces anatomistes font de cette malformation me donnent à penser qu'il s'agit là d'une fusion de Fomo-hyoïdien et de l'omo-trachélien^ Dans un cas cité par M. Macalister un trousseau de. fibres de l'omoplat-hyoïdien se perdait sur la gaine des vaisseaux du cou.

Anatomie comparée. — Dans les Herbivores [Solipèdes, Ruminants) les deux omo-liyoïdiens s'unissent l'un à l'autre en couvrant la terminaison des sterno- hyoïdiens et toute la face antérieure du larynx. Les omo-hyoïdiens de V ornithorynque se composent de deux faisceaux dont l'un provient de l'os hyoïde et l'autre de la partie postérieure et interne de la mâchoire inférieure. Dans le caïman {crocodilien) ces

' Sels. Loc. cil., p. 4, Rudolphy cité par Otto, Path. cmat., p. 247.

muscles se divisent en deux portions « dont l'interne se détache de bonne heure de la suivante et va s'insérer à la membrane palatine près de la mâchoire » (Cuvier et Duvernoy, Leçons danalomie coinparce, t. IV).

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