‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 43 sur 116 · REGION PROFONDE · texte numérisé non relu

REGION PROFONDE

Cervico-costo-huméral.

Je ne sache pas que ce muscle ait été signalé par aucun autre anatomiste que W. Gruber-. Il ne l'a trouvé qu'une fois, chez un matelot où il provenait du bord antérieur de la première cote et de l'apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale et se terminait sur l'humérus, au dessous du deltoïde. Ce muscle existe à l'état normal dans plusieurs espèces animales oii il s'étend du basi-occipital, de l'arc antérieur de l'atlas ou des apophyses transverses des vertèbres cervicales à l'humérus. A son origine il est intimement uni au levator claviculâe et dans sa partie inférieure au trapèze et au deltoïde. Le professeur Humphry le considère comme un vestige des fibres qui dans le Mustelus ôrevis et le lépidosiren se portent du feuillet profond du stratum brachio-céphalique superficiel au stratum latéral •\ Il est bien prononcé dans le hérisson, le cochon d'Inde, le lapin. Chez le cheval, MM. Arloing et Chauveau décrivent un masto-huméral profond qui se fixe aux apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales et à l'humérus.

' W. Gruber. Virchoic's arch., Bd. LXXVIII, p. 193. Reichert's arch., 1868, p. 644. - Gniher. Mém. de l'Acad. imp. de St-Pétersboug, 1860. Mlumphry. Observ. in Myol. cit., p. 72, 86, 135.

174 VARIATIONS DU SYSTEME MUSCUf^AIRE DE L'HOMME

Droit antérieur médian de la tête.

C'est Gruber qui a appelé également l'attention des anatomisles sur ce faisceau musculaire qu'il a dénommé M. rectus anticus médius seu minwms capitis \ Situé entre le grand et le petit droits antérieurs de la tête, il s'attache, d'une part, à la masse latérale, à la base de l'apophyse transverse et à la partie la plus externe de l'arc antérieur de l'atlas et, d'autre part, à la partie postérieure de la face inférieure de l'apophyse basilaire. Sur 50 sujets, dont 45 hommes et 5 femmes, le regretté professeur de l'Université de Saint-Pétersbourg l'a rencontré 9 fois : o fois des deux côtés, 2 fois à droite et 2 fois à gauche. Chez un des sujets il était formé par deux faisceaux distincts.

Pour ma part je l'ai vu 4 fois : 2 fois chez l'homme, 1 fois à droite et 1 fois à gauche et 2 fois chez la femme, 1 fois des deux côtés et 1 fois à gauche.

Il ne m'a jamais été donné de pouvoir l'isoler entièrement en haut du grand droit antérieur. Son tendon basilaire « est parfois confondu avec le grand droit », a écrit de son côté le professeur Gruber. Il me semble donc logique d'admettre que le muscle en question n'est qu'un faisceau surnuméraire du grand droit antérieur. Je suis d'autant plus fortifié dans cette idée que le droit antérieur se prolonge anormalement chez l'homme, et normalement chez certains Quadrupèdes et chez les ^«Mro/joitV/e^ jusqu'à l'atlas et au basi-occipital.

Atloïdo-basilaire interne.

C'est encore à Gruber qu'on doit la découverte de ce muscle -. Il est situé en avant du ligament occipito-atloïdien antérieur, en dedans du grand droit et du petit droit antérieurs de la tête et fixé, d'une part, au tubercule de l'arc antérieur de l'atlas et, d'autre part, à l'apophyse basilaire : d'où le nom de M. atlantico-basilaris que lui a donné le professeur d'anatomie de l'Université de Saint-Pétersbourg. Gruber ne l'a rencontré que 5 fois sur 101 sujets, tantôt à l'état de muscle autonome, tantôt fusionné, à son origine, en partie ou en totalité, avec l'extrémité atloïdienne du long du cou. Je ne l'ai jamais vu.

' W. Gruber. Arch. f. anal. u. phys., 1876, p. 74G. - W. Gruber. Vlrchow's arch., 1881, p.- 465.

Axoïdo-basilaire .

Ce petit muscle surnumc'raire qui se termine toujours, en haut, sur l'apophyse basilaire peut naître, en bas, soit du corps de Taxis (cas de Walsham '), soit du ligament alloïdo-axoïdien antérieur (cas de Grubei'-). Il est généralement bihitéral, charnu à sa partie moyenne et tendineux à ses extrémités. Sa situation en dedans du grand droit antérieur le différencie nettement du droit médian antérieur qui est recouvert par ce dernier. Il est très rare. Gruber ne l'a rencontré que 2 fois sur 100 sujets et M. Testut l'a cherché vainement sur 18 sujets et moi sur 40. Dans un des cas observés le muscle droit et le muscle gaucho se détachaient de l'axis par un tendon commun. D'après le professeur Gruber « il représente à la partie antérieure de la colonne cervicale ce qu'est à la partie postérieure le grand droit postérieur dont il est l'antagoniste au point de vue de la fonction ». L'axoido-basilaire et l'atloïdo-basilaire se rattachent en effet au système des fléchisseurs directs de la colonne vertébrale et très vraisemblablement à la portion verticale et interne du long du cou — reclus colli, de Luschka — qu'ils prolongent vers le crâne.

' Walsham. >7 Burtholomeiv's liospUul Reporta, 1881, vol. XVII, p. 67. - Gruber. Loc. cit. suprù.

On a vu les connexions anormales qu'ont souvent les muscles du pharynx avec ceux du larynx. Elles sont légitimes : le larynx n'étant qu'une partie difTérenciée du pharynx. Les connexions plus prononcées que présentent parfois entre eux les muscles laryngés dans l'espèce humaine, les segmentations multiples qu'ils y offrent fréquemment sont aussi légitimes.

Chez une foule ^Wmphibiens et de Reptiles^ ces muscles forment un muscle unique, un sphincter entourant l'entrée du larynx. Chez les Mammifères ce sphincter s'est divisé en plusieurs parties, constituant autant de muscles distincts qui ont contracté des insertions aux différentes pièces squelettiques du larynx. Un arrêt de développement explique les rapports plus intimes que les muscles du larynx humain peuvent avoir entre eux, un excès de développement, la dissociation de ces mômes muscles en faisceaux plus nombreux.

CRICO-THYROÏDIEN

Division en deux faisceaux. — La division du crico-thyroïdien en deux faisceaux : un antérieur ou interne, presque vertical [M. cricoihijroïdien droit d'Albinus et de Winslow), un postérieur ou externe plus oblique {M. crico-thyroïdien oblique de Winslow et d'Albinus), est si commune qu'elle est considérée comme normale par divers anatomistes.

1 Et même chez l'embryon humain.

Anatomie comparée. — Le crico-thyroïdien était formé par deux faisceaux dans le Troglodytes Aubryï d'Alix et Gratiolet, dans le Gorilla giiia et le Troglodytes Tschego de Duvernoy. Dans le Troglodytes Tschego il y avait en plus un « crico-thyroïdien interne ».

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il envoie parfois un faisceau au constricteur inférieur du pharynx, au sterno-thyroïdien ou au cérato-cricoïdien (Macalister) et très exceptionnellement au premier ou aux deux premiers anneaux de la trachée. Cette dernière disposition existait dans le chimpanzé d'Aubry,

CRICO-ARYTÉNOIDIEN POSTÉRIEUR

Division en fascicules. — Cette malformation a été observée par M. Macalister.

Variations de développement. — M. Macalister l'a trouvé très mince et uni au cérato-cricoïdien. Sur un sujet du sexe masculin que j'ai disséqué, il était moins large et échancré en dehors. Ce muscle a paru à Gratiolet et à Alix moins épais chez le Troglodytes Aubryï que chez l'homme .Suivant Sandifort, «il laisse chez Y orang-outang , à découvert, une partie de la face postérieure du cartilage cricoïde en haut et en bas ».

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Je l'ai vu réuni par un faisceau musculaire au chef cricoïdien du constricteur inférieur. Tandis que Fuerbringer regarde comme très rare l'échange de fibres entre ce muscle et Finteraryténoïdien, je regarde avec Kanthack cet échange comme normal ^ .

THYRO-ARYTÉNOIDIEN

Absence. — Au dire de Sœmmerring, il ferait souvent défaut. Je n'ai pourtant jamais constaté cette absence qui rapprocherait l'homme des Animaux aglottiques^.

' Fuerbringer. Beitrar/ z. lîehl/wpfmiisculatiir, Inaug. dissertât. Erlangen, 1875. " Sœmmerring. Loc. cit., p. 138.

Segmentation du muscle. — Sandifort et Albinus avancent qu'il est composé de deux faisceaux, un gros et un petit, qu'ils appellent thyro-arylénoideus minora Sappey est également de cet avis, mais rattache le thyro-aryténoïdeus minor au crico-aryténoïdien latéral, « en sorte que les deux muscles n'en constituent réellement qu'un - ».

Henle a admis, et plusieurs anatomistes admettent encore, que le thyro-aryténoïdien est formé par deux faisceaux : un externe et un interne qui pénètre dans la corde vocale où il est intimement uni aux fibres élastiques {M. de la corde vocale, Stimmbandmuskel, de Henle), de sorte que la glotte forme une anche qui vibre « non par tension mais par contraction^ ».

Pour ma part, je crois qu'il n'est pas plus possible de séparer du reste du thyro-aryténoïdien le faisceau appelé par les Allemands Stimmbandmuskel que d'en séparer le crico-aryténoïdien latéral. En traitant, suivant le procédé de Kanthack, par la glycérine ou une solution concentrée de potasse, des coupes microscopiques de la corde vocale et par les procédés ordinaires (durcissement dans l'alcool, l'acide picrique et la gomme) des coupes microscopiques du thyro-aryténoïdien et du crico-aryténoïdien latéral j'ai constaté avec Verson, Luschka et Kanthack et contrairement à Ludwig, Harless, Kôlliker, Hermann Ranke, Jacobson, etc. \ que le thyro-aryténoïdien ne forme avec le crico-aryténoïdien latéral qu'un seul système relié au muscle interaryténoïdien, qu'il y a une transition graduelle entre les fibres du thyro-aryténoïdien et celles du crico-aryténoïdien latéral, que le thyroaryténoïdien ne prend, non seulement aucune insertion sur la corde vocale, mais encore en est séparé par un certain intervalle.

Bien que le thyro-aryténoïdien soit un muscle indivis, il est permis cependant de le diviser en trois portions en se basant sur la direction des fibres qui le composent :

a) Une portion moyenne dont les fibres plus ou moins horizontales s'étendent sans interruption du bord libre de la corde vocale au cartilage thyroïde.

P) Une portion supérieure dont les fibres, plus ou moins unies à celles du muscle inter-aryténoïdien qui contournent le cartilage thyroïde, se portent en haut et en avant.

' Albinus. Tabula 12, fig. 6.

* Sappey. Loc. cit., p. 390.

'Henle. Handbuch des Systematichen Anatomie des Menschen, 1871, t. II, p. 259.

* Pour les indications bibliograph. Voy. Kanthack, Journ. of anaf. andphys., 1892, p. 279.

y) Une portion inférieure dont les fibres, inséparables de celles du crico-aryténoïdien, se portent en bas et en avant.

Bataille, qui était à la fois médecin et chanteur habile, a distingué également dans le thyro-aryténoïdien trois ordres de fibres. D'oii le nom de triceps laryngien qu'il lui a donné. Au dire de Bataille, ces divers ordres de fibres joueraient un rôle fort important dans la production de la voix de fausset et de la voix de poitrine \

Connexions plus intimes avec l'épiglotte. — Santorini a vu quelques faisceaux de ce muscle se porter sur l'épiglotte ^ Ces faisceaux ont été retrouvés par Alix et Gratiolet dans le Troglodytes Anbrijï.

INTER-ARYTÉNOÏDIEN

Depuis Albinus, on admet que les fibres de ce muscle présentent une triple direction et forment trois couches : deux superficielles (couches en sautoir, aryténoïdiens obliques d' Albinus), une profonde (couche trans verse, ary téno'idien transverse d' Albinus). La séparation de l'interaryténoïdien en trois couches est un artifice de dissection. Fuerbringer et Kanthack ont raison de la nier formellement, L'inter-aryténoïdien est formé par deux plans de fibres inséparables : un plan antérieur de fibres transversales et un plan postérieur de fibres obliques.

Les fibres obliques les plus élevées se perdent dans l'épaisseur des replis aryténo-épiglottiques, comme Fa noté Santorini, tandis qu'un certain nombre des fibres obliques les moins élevées se prolongent dans les thyro-aryténoïdiens. Cette continuité de l'inter-aryténoïdien et des thyro-aryténoïdiens, d'une part, et celle des thyro-aryténoïdiens et des faisceaux dénommés jadis muscles crico-aryténoïdiens latéraux, d'autre part, rappellent chez l'homme adulte le sphincter laryngé des Amphibiens , des Reptiles et de l'embryon humain.

Luschka a appelé Aryteno-corniculatus obliquus et rectus sive depressores cartilaginis Santorini des faisceaux dissociés du plan des fibres obliques ou provenant de la base des cartilages aryténoïdes et se rendant aux cartilages de Santorini^. Tourtual a étudié tout spécialement

' Bataille. Nouvelles reclierches sur la phonation, p. 6 et suiv., pi. IV et V, 1861.

-Santorini. Loc. cit., p. 110.

^Luschka. ReicherVs Arch., 1869, p. 595.

ceux étendus des cartilages aryténoïdes aux cartilages corniculés'. Sur une chanteuse de café-concert dont j'ai pu examiner le larynx, le plan des fibres transversales constituait presque la totalité de l'interaryténoïdien. Les Carnassiers, les Ruminante n'ont pas « d'aryténoïdien oblique » (Arloing et Chauveau).

MUSCLES SURNUMERAIRES

Thyroïdien tr ans ver se.

Encore appelé thyroïdcus transversus anomalus (sire ijnpar) ; thyroïdeiis marginalis inferior ; masculus incisurœ [cartilagmis tJiyroïdesé) mediie transversus, il a fourni au professeur W. Gruber l'occasion de deux mémoires, publiés l'un en 1845, l'autre en 1868".

11 est situé dans le trigone crico-thyroïdien, sur les deux tiers supérieurs de la face antérieure du ligament crico-thyroïdien médian. Il s'attache à la fois aux côtés de l'échancrure médiane du bord inférieur du cartilage thyroïde et aux tubercules qui divisent ce bord en trois portions. Il est constitué par de minces fibres qui contractent toutes quelques adhérences avec le ligament crico-thyroïdien moyen, et alfeclent, les supérieures, une direction horizontale, tandis que les moyennes et les inférieures décrivent des courbes à concavité supérieure.

Depuis la publication des mémoires du professeur Gruber, ce muscle a été retrouvé par MM. Macalister, Knott, etc. Je ne l'ai jamais rencontré.

Il faut rapprocher du thyroïdien transverse le muscle décrit par W. Gruber, sous le nom de musciihis incisurœ medix [cartilaginis thyro'ideae) obliquas. Disséqué pour la première fois en 1863 par le savant anatomiste pétersbourgeois, celui-ci l'a rencontré depuis 6 fois sur IGO sujets (2 fois des deux cotés, 2 fois à droite et 2 fois à gauche), soit i fois sur 27 sujets. D'après cette statistique, où le sexe des sujets n'est pas indiqué, ce faisceau semblerait être plus communément impair.

' Tourtual. 'Seue L'nlevsuclninf) Hier clen Menslisclien schlund ii. Kehlkofs, 1846, p. 105. - W. Gruber. Œslerreich. med. Jahrb., Bd. 52, 1845, Wien, p. 148, et Reicherl's arch., 1868. p. 685.

Il se détache du tubercule du bord inférieur du cartilage thyroïde, se dirige en avant, sous ce bord, puis en dehors de lui et se termine sur l'une ou l'autre des deux branches de l'incisure médiane. Il est aplati, fusiforme, et quelquefois divisé en deux faisceaux ou remplacé par une bande fibreuse.

Luschka croit avoir trouvé l'homologue du muscle thyroïdien transverse dans un faisceau du muscle crico-thyroïdien qui, de la base de la corne inférieure du cartilage thyroïde, est tendu le long du bord inférieur de ce cartilage, jusqu'au ligament crico-thyroïdien moyen ^

Je ne saurais accepter cette m.anière devoir. Le faisceau signalé par Luschka, pour si réel qu'il soit, n'est qu'une dépendance du muscle crico-thyroïdien et non un muscle spécial, et de plus s'étend, en arrière, au delà du tubercule du bord inférieur du cartilage thyroïde, jusqu'à la petite corne de ce cartilage, ce qui n'est pas le cas du muscle thyroïdien transverse.

Le thyroïdien transverse existe, du reste, dans la série animale. Un muscle absolument identique a été trouvé par M. Eschricht dans VHylobates alblfrons où il semble être constante

Quant au faisceau Incisîirœ médise obliqims^ il doit, suivant qu'il est impair ou pair, être évidemment considéré comme représentant une moitié ou les deux moitiés du thyroïdien transverse. C'est le même muscle que ce dernier, mais à un état de développement moins parfait.

Thyroïdien inférieur.

Krause, qui l'a observé le premier, le nomme musculus subthyroïdeus. Il s'insère, en avant, au bord inférieur du cartilage thyroïde, près de la ligne de jonction des deux lames, et, en arrière, à la base de la petite corne de ce cartilage.

Krause dit l'avoir rencontré 15 à 20 fois sur 100 sujets. M. Knott ne l'a vu que 2 fois sur 43.

Syndesmo-thyroïdien.

Il a été également découvert par Krause. Il s'étend de la partie antérieure et supérieure de la face postérieure du cartilage thyroïde au ligament thyro-hyoïdien postérieur.

' Luschka. Die analomie, etc. Ilalses, 1862, p. 275. 'Eschricht. MuUer's Arch., 1833, p. 218.

D'après Krause, il existerait chez 1 sujet sur 100. M. Knott l'a disséqué deux fois.

Le si/ndesmo-thyro'ideus de Krause dilTère du tlii/rro-syndesmicus de Sœmmerring- par sa situation en arrière de la membrane thyro-hyoïdienne et son insertion à la partie antérieure de la face interne du cartilage thyroïde.

Thyroïdien propre.

Krause a encore décrit, sous le nom de thyroïdeus proprius, un muscle situé en dedans du cartilage thyroïde dont il mesure toute la longueur ^ J'ignore si ce faisceau anormal a été, ainsi que les deux précédents, retrouvé dans la série animale.

Crico-thyroïdien interne.

Syn. : Çrico-tln/roideiis superior (Macalisler ; Ci'icoidlen inlei-ne (Pruner-Bey).

C'est un petit faisceau musculaire situé en dedans du crico-thyroïdien auquel il est parfois relié par quelques fibres. Ainsi que le cricothyroïdien. il s'attache, en bas, à la face externe du cartilage cricoïde et, en haut, au bord inférieur et à une petite portion de la face postérieure du cartilage thyroïde.

Il est unilatéral ou bilatéral et se rencontre dans l'un et dans l'autre sexe. Je l'ai vu cinq fois : une fois des deux cotés (chez un homme), trois fois du côté droit (une fois chez l'homme et deux fois chez la femme) et une fois du côté gauche (chez la femme).

J'ai eu la bonne fortune de pouvoir disséquer dans un cas le ramuscule nerveux provenant du laryngé externe qui lanimait.

« Il y a dans le chimpanzé Tschego, dit Duvernoy, un petit muscle crico-thyroïdien interne qui se porte sur le cricoïde au point d'attache du crico-thyroïdien latéral -. » Un muscle semblable existe dans \ Hylobates albifrons (Eschricht).

La race blanche, les Peaux-Rouges et les Mongoloïdes exceptés, le crico-thyroïdien interne est-il constant chez tous les Primates et chez les nègres, comme quelques savants, Pruner-Bey entre autres, l'ont affirmé? C'est une assertion que je n'ai pu vérifiera

' Krause. Ilandbuch tl. Menschl. anal, el '^Uzunfiber. d. Preiiss. Ahad., 1886.

'Duvernoy. Loc. cit.. p. 199.

'Bordier. Mémoires de la soc. d'anihropol. de Paris, 1875.

Cérato-ericoïdien.

Syn. : Cnco-cornlculatus (Tourtual) ; second faisceau du crico-thyroidien double (Vésale, Rolfincius, Tarin, Courcelles, Gunz) ; Kerato-cricoïdeus, Horn-Binrjknorpelmuskel (Merkel) ; CrlcO'thyroideus posticus (Bochdalek jeune) ; Muscle de Merkel.

Signalé pour la première fois en 1846 par Tourtual', ce muscle a été, onze ans plus tard, décrit en ces termes par le docteur Karl Merkel dans son traité De Vanatomle et de la pJnjsiulogie des organes de la voix et de la parole {Sthmn und sprach organs., 1857^-).

« Mîiscuhis kerato-cricoïdeus. Horn-Ringknorpelmiiskel. — Cette petite bandeJeite contractile, qui n'a pas été indiquée jusqu'ici, manque souvent, et quand je l'ai rencontrée, c'est seulement d'un seul côté : aussi la rangerai-je parmi les muscles impairs du larynx. Large de 1 à 1,1/2 mm., ce faisceau musculaire est confondu, à son origine, avec les fibres les plus externes (ou antérieures) du crico-aryténoïdien postérieur dont il semble être un faisceau additionnel.

« Au lieu de se porter directement en haut comme le crico-aryténoïdien postérieur, il se dirige en haut et en dehors et s'attache au bord postérieur de la corne inférieure du cartilage thyroïde. Il recouvre le nerf laryngé inférieur et est recouvert par le ligament cérato-ericoïdien qui le croise à peu près à angle droit. Sa longueur est d'environ 3 à 4 millimètres. »

Le docteur Goodsir ayant appelé l'attention du professeur Turner sur le travail de Merkel, le savant professeur de l'Université d'Edimbourg résolut d'en vérifier les conclusions. Il a publié le résultat de ses recherches dans le numéro de février 1860 du Journal de médecine cT Edimbourg . En voici le résumé :

Sur 33 sujets qu'il a disséqués, M. le professeur Turner a trouvé ce muscle 7 fois, soit dans la proportion de 21,8 p. 100. Dans 4 cas, il existait seulement du coté droit, dans 2 du côté gauche et dans 1 cas, des deux côtés (chez un homme). La règle établie par Merkel, que ce faisceau iie se développe que d'un côté, pour si générale qu'elle soit, souffre donc des exceptions.

M. le professeur Turner a trouvé chez l'homme la plupart des cas

' Tourlual. 'Seue Untersucltuufj ûher den Bau des Menschltchen Schlund u. Kehlkofs. Leipzig, 18 i6, p. ll.j.

^ Consultez également : Merkel, Anlhropophonik, p. 132, fig. 44.

de cérato-cricoïdieiis qu'il a observés ; mais, remarque judicieuscmenL cet émincnt anatomiste, « l'examen d'un plus grand nombre de cadavres peut cbanger les cliiiïres ».

Si la longueur du cérato-cricoïdien est toujours mesurée par la distance qui sépare son insertion au cartilage cricoidc de son insertion à la grande corne du cartilage thyroïde, sa largeur oscille entre 2 ou 3 millimètres (la grosseur d'un lil) à un huitième de pouce. Le nerf récurrent passe en avant de lui et lui envoie un petit ramuscule. Comme tous les muscles surnuméraires, il est plus souvent unilatéral que bilatéral.

En 18G4, Bochdalek jeune, de Prague, a publié également une monographie très intéressante sur ce muscle qu'il appelle crico-tlujroïdeus pos liens '.

Bochdalek ne l'a vu que chez des femmes.

Il ne faudrait pas en induire cependant que M. le professeur Turner ne soit pas de bonne foi lorsqu'il affirme avoir rencontré le cérato-cricoïdien chez des hommes. Dans une note qui suit l'exposé publié par AL Bochdalek, M. le professeur Patruban ajoute qu'il a pu trouver ce muscle o fois sur 20 cadavres : 3 fois à gauche, 1 fois à droite et 1 fois des deux côtés sur un homme. M. le professeur Macalister a également constaté la présence du cérato-cricoïdien chez un homme, mais d'un seul côté. Ma statistique est aussi d'accord avec celle de M. le professeur Turner.

Dans 3 cas, appartenant à MM. Macalister, Gruber et Luschka^ le muscle en question coïncidait avec une atrophie des grandes cornes du cartilage thyroïde.

Sur 28 sujets (14 hommes et 14 femmes) j'ai trouvé le cérato-cricoïdien 5 fois : 3 fois chez l'homme, 1 fois des deux côtés, 1 fois à droite, 1 fois à gauche; 2 fois chez la femme et toujours à gauche'.

Le cérato-cricoïdien a une direction inverse du crico-lhyroïdien dont il est séparé par la grande corne du cartilage thyroïde. Tandis que le crico-thyroïdien est innervé par un filet détaché du laryngé externe du laryngé supérieur, le cérato-cricoïdien est animé par un ramuscule provenant du nerf laryngé inférieur ou récurrent. Le cérato-cricoïdien n'est donc pas un faisceau aberrant du crico-thyroï-

' Bochtlalek Junior. Œslerreich Ze'ilscltrift, 1864, n" 4. -Lusc'hka. Vlrchow's Arch., 1868, p. 744.

^ Le Double. Ami. de larynffolof/ie et de rhinologie, 1894. Dans ce mémoire figure le dessin d'un des muscles céralo-cricoïdiens que j'ai trouvés.

dien, mais d'un des muscles appartenant au groupe auquel se distribue les rameaux terminaux du récurrent. Duquel de ces muscles ? Evidemment du crico-aryténoïdien postérieur avec lequel, ainsi que nous l'avons dit, il est souvent fusionné a son origine. C'est d'ailleurs l'opinion de Gegenbaur, de Milne-Edwards, de Fuerbringer, de Kantliack, etc.

Cérato-aryténoïdien.

C'est le professeur ^Y. Gruber qui l'a décrit le premier \ Situé sur la face postérieure du larynx, entre le bord externe du muscle cricoaryténoïdien postérieur et le cartilage thyroïde, il s'insère, en bas, à l'apophyse postérieure et externe (processus musciilaris) du cartilage aryténoïde, à côté du muscle crico-aryténoïdien postérieur, et, en haut, au milieu du bord postérieur de la corne inférieure du cartilage thyroïde, près du ligament cérato-cricoïdien postérieur et inférieur.

Dans les cas observés par Gruber il était charnu seulement dans ses trois quarts inférieurs. Je ne Tai jamais rencontré, mais il a été retrouvé par Macalister et Fuerbringer cjui le rattache avec raison au crico-aryténoïdien postérieur. « De même, dit-il, que le cérato-cricoïdien est une branche de division de l'insertion terminale du cricoaryténoïdien postérieur, le cérato-aryténoïdien est une branche de division de l'insertion d'origine du même muscle. Cette branche de division de l'insertion d'origine du crico-aryténoïdien postérieur est plus commune qu'on ne l'a indiqué jusqu'ici. »

Hyo-épiglottique.

Il remplace le ligament hyo-épiglottique étendu de la partie adhérente de la face supérieure de l'épiglotte au bord postérieur de Fos hyoïde, au-dessus de la masse adipeuse, connu improprement sous le nom de glande épiglotlique.

Sa présence chez l'homme a été notée par Fabricius^ Avicenne, Yésale', Lauth % Luschka^ etc.

' AV. Gruber. lielcherl's Arch., 1868, p. 640.

"Fabricius, p. 1, cap. m.

= Vésale, p. 213 et 299.

* Lauth. Mém. de V Académie roijale de méd., t. IV, 183y, p. 112.

-''Luschka. Reicheri's Archic, 1868, p. 224.

MUSCLES DU LARYiNX 187

En dix ans je ne l'ai rencontre que sur denx sujets du sexe masculin. 11 existe normalement chez la girafe (Lavocat), le éœ/^/(Gerdy), le cheval^ Xâne, le mulet, le chien, le chat, etc.

Glosso-épiglottique.

Il remplace en partie ou en totalité le frein de l'cpiglotte [ligament médian glosso-épigloltique) (Eustachius ', Heucher-).

Il est très commun et presque toujours une continuation des fibres du génio-glosse qui normalement, dans certains Mammifères, notamment dans le chat, le phoque, les iverres, etc., vont s'attacher à la base de 1 épiglotte [m. génio-épiglottiqiie). Il acquiert son maximum de développement dans Y ours ^ où il sépare les prolongements sacciformes des deux ventricules latéraux du larynx, remontant l'un en haut jusqu'audessous de la base de la langue, l'autre s'étendant en arrière dans l'espace qui existe entre le cartilage cricoïde et le cartilage thyroïde (Cuvier').

Thyro-épiglottiques.

Tarin les a décrit en ces termes à la page G2 de sa MyograpJiie :

« Le grand lhyrO'éj)iglottique sort du cartilage thyroïde à côté de la partie supérieure externe de l'origine du Ihyro-aryténoïdien ; d'où il s'avance d'abord sur la partie externe du thyro-aryténoïdien vers sa partie supérieure; passe par un trousseau (faisceau) à travers le thyroaryténoïdien, puis monte le long de la glotte et se rend au bord latéral dé l'épiglotte en s'unissant à l'extrémité de l'aryténoïdien oblique qui se rend au même bord.

« ha petit thijro-éj)iglottique ou abaisseur de F épiglotte vient de la partie interne du cartilage thyroïde, le long de sa partie moyenne et se rend au bord latéral de l'épiglotte au-dessous de sa racine. »

Je n'ai jamais vu ces deux faisceaux coexister chez le même sujet. « Outre les trois paires de muscles constricteurs du larynx dont la présence est constante chez l'homme, dit Meckel, il en existe dans un grand nombre d'espèces deux autres, à savoir : 1" un muscle étendu

' Eustachius, Tab. 42, fig. 5.

- Heucher. Opéra, p. .j64.

' Cuvier. Leçon IV, p. 104.

de la face interne du thyroïde à la portion inférieure du bord latéral de l'épiglotte ; ce muscle abaisse l'épiglotte par son action ; 2° un second muscle {M. glotto-épiglotliqiie) qui unit la base de la langue au milieu de la face antérieure du même cartilage épigiottique : il est destiné à porter l'épiglotte en haut et en avant'. »

Les muscles thyro-épiglottiques ont été trouvés chez le Troglodytes Aîibi'ijï "^diV Alix et Gratiolet.

Crico-épiglottique.

Ce muscle a été décrit par Verheyen '-.

« J'ai trouvé en outre chez le bœuf, nous apprend Verheyen, de chaque côté du larynx, un petit muscle qui se détache de la partie supérieure du cartilage cricoïde, en arrière et latéralement, et va se terminer à la base ou le bord latéral droit ou gauche de l'épiglotte... Je m'excuse de n'avoir pas cherché à vérifier si ce muscle existe chez l'homme, et je demande qu'on veuille bien le faire. »

J'ai obéi au désir de Verheyen. Pendant le semestre d'été de l'année 1891, j'ai cherché sur 40 larynx d'hommes et de femmes, d'âges divers, le crico-épiglottique : je ne l'ai jamais rencontré. Si ce muscle existe dans l'espèce humaine, il y est donc excessivement rare. Je ne sache môme pas qu'il ait été signalé jusqu'ici par d'autres que par Verheyen chez les Animaux de grande stature qui ruminent et dont les muscles hyoïdiens élévateurs et les muscles thyroïdiens abaisseurs de l'épiglotte sont très manifestes.

Aryténo-épiglottique.

On rencontre dans l'épaisseur des replis ary téno-épiglottiques quelques fibres musculaires, en général très pâles, qui se portent de la partie supérieure des cartilages aryténoïdes aux bords latéraux de l'épiglotte, et qui constituent le muscle aryténo-épiglottique proprement dit [aryténo-ejnglotticus minor de Santorini). A ces fibres rares viennent se joindre, ainsi que nous l'avons dit : 1° des fibres plus nombreuses provenant du muscle inter-aryténoïdien [aryleno-epiglotticus major de Santorini) ; 2° des fibres rétrogrades du thyro-aryténoïdien

' Meckel. Anal. comp. Paris, 1838, t. X, p. 639. .

^ Verheyen, p. 188.

{thyro-epig lotlicus major, de Tarin) ; 3" des fibres fixées dans l'angle rentrant du cartilage du thyroïde [ihyro-cpir/lollicus minor, de Tarin). De tous ces faisceaux un seul est normal, c'est celui qui continue rinteraryténoïdien,

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