GRAND OBLIQUE
Absence. — L'absoncc de l'aponévrose d'inseiiion iiifériourc du ;raiul obliqiio do rabdomon a élé signalée par Beaunis et Bouchard. Dans deux cas observés par Gruber b' muscle en cause était rudimenlaire*.
Duplicité. — M. Macalister a trouvé, du côté gauche, chez un homme un muscle oblique supplémentaire s'é tendant des 9", 10" et 11'' cotes à la crête iliaque. Les libres de ce muscle avaient la môme direction que celles du grand oblique normal dont il était séparé par un tissu cellulaire lâche.
On peut rapprocher de cette malformation les rubans charnus, indivis ou segmentés, sous-jaconts au grand oblique, décrits sous divers noms, et en particulier sous celui de M, rectiis laieralis, et qui se portaient :
De la 10'- côte à la crête iliaque (Kelch'-, Gunz ^) ;
De la 11° côte à la crête iliaque (Kelly, Baker *) ;
De la 12" côte à la crête iliaque (Pye-Smith, llowse et Davies-Golley) ;
De la 11° et de la 12" côte à la crête iliaque (Macalister) ;
De la 12° côte à l'épine iliaque antérieure et supérieure (Testut) ;
De la 11° et de la 12° côte à l'épine iliaque antérieure et supérieure (Davies-Golley, Taylor et Dalton) ;
De la 10° côte à l'arcade crurale (Auvray^) ;
De la ir et de la 12° côte sur l'aponévrose du grand droit (Gruber) ;
De l'aponévrose du grand oblique sur l'arcade crurale (Gruber ^ 1 cas personnel).
Anaïomie comparée. — Dans les Vertébrés inférieurs le muscle ventral n'est formé que d'une seule couche ou de deux {Batraciens). Chez tous les Mammifères il est subdivisé en trois feuillets, qui constituent
' Gruber. Arcli. f. palhol. anal. a. phljs., t. LXV, avec 2 pi.
-Kelch. Beilrâ(/e z.path. anat. Berlin, 1813, p. -il.
'Gunz. De herniis. Lipsiie, 17i4, p. 18.
* Baker. A'o/'/Zi med . Arc/i . of ined. and chlrary. .se, 183.J, p. 306.
'^ Auvray. BitlleL de la Soc. anal, de Paris, 1896.
"Gruber. Vircliow's Arch., t. LXV, p. 16. Kelly, Macalister, etc. Loc. cil. passun.
les trois muscles pariétaux du tronc. Cette dissociation peut-elle être poussée plus loin ? C'est une hypothèse trop hardie pour qu'il soit possible de l'admettre à l'heure présente. Je reconnais toutefois volontiers que la multiplication des muscles pariétaux du tronc coïncidant plus tard avec une diminution du nombre des côtes faciliterait singulièrement le jeu des parties profondes et les protégerait davantage. Ce qui est certain, c'est que dans les Mammifères domestiques le grand oblique de l'abdomen qui s'amincit beaucoup sur le flanc et atteint à peine l'angle externe de l'ilium, est doublé extérieurement par une tunique élastique jaune dite tiinica abdominalis. A peine accusée chez le j^orc et les Carnivores^ mais épaisse et très manifeste dans les grands quadrupèdes herbivores , Ruminants, Solipèdes, Éléphants^ etc., cette tunique vient en aide aux autres muscles pour soutenir le poids des viscères digestifs et remplit ainsi un rôle tout à fait équivalent à celui du ligament cervical postérieur.
Variations des insertions. — Le grand oblique peut avoir de 6 à 9 faisceaux. Deux faisceaux peuvent se détacher de la môme côte; ceci a lieu le plus souvent pour la 8' et la 9° côte. Chez les hommes, il est fréquent de ne pas rencontrer de digitation pour la 12* côte. Il n'y a rien de fixe dans la distance qui sépare le grand dorsal du grand oblique, de sorte que le triangle situé entre les bords correspondants de ces deux muscles (triangle de J.-L. Petit) a une aire essentiellement variable.
Anatomie comparée. — Les insertions du grand oblique sont, ainsi que celles des deux muscles suivants, subordonnées à la forme du bassin et au nombre des côtes. Il ne s'étend toutefois qu'exceptionnellement jusqu'à la 1'" (ex. dauphin) ; ordinairement il commence à la 4®, à la 5" ou à la 6". Vrolik a avancé que la disposition anatomique de l'oblique externe variait dans chaque espèce ^'Anthropoïdes. La lecture des mémoires de Champneys, de Deniker, etc., témoigne qu'elle varie non seulement dans chaque espèce à' Anthropoïdes, mais encore d'un individu à l'autre de la même espèce.
Intersections aponévrotiques dans le corps charnu. — J'ai observé, du côté gauche, sur un homme une intersection aponévrotique qui coupait le muscle grand oblique. Large d'un travers de doigt, eu forme de zigzag, elle continuait la 6*^ côte, et était en rapport immé-
diat par son extrémité antérieure avec une intersection similaire du grand droit de l'abdomen '. Une anomalie du même genre a été présentée par mon saVant collègue et ami Chudzinski à la Société d'anthropologie dans une séance à laquelle j'assistais.
Anatomie comparée. — Les inlersertions fibreuses, cartilagineuses ou osseuses trouvées dans les deux obliques et le transverse de l'abdomen sont, comme celles du grand droit, du pyramidal, des intercostaux, etc., des traces de la composition métamérique de ces muscles. Qu'ils dérivent des myomères primitivement isolés, c'est ce que démontre la disposition réalisée chez les Vertébrés inférieurs où les muscles larges de l'abdomen sont divisés par dos tendons intermédiaires en de nombreux segments correspondant aux métamères [Reptiles).
Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — La continuité du grand dentelé du grand dorsal, des intercostaux externes et du grand oblique a déjà été notée par moi. En voici quelques nouveaux exemples : Budge a vu le faisceau du grand dentelé à la 9° côte s'unir au grand oblique, de sorte qu'une lame musculaire ininterrompue reliait le scapulum à l'os iliaque. Le professeur Macalister a disséqué un faisceau du grand oblique qui allait se fixer à l'apophyse coracoïde. Flesch a rencontré un trousseau de fibres sous-cutanées dépendant de la 9'^ digitation de l'oblique interne'.