DES
AGHROMIE
Sous les noms ôHachromie ( a privatif, y^M^j-x couleur), de leucodermie, à^atrophie pigmentaire, on désigne le défaut de coloration de la peau par absence du pigment normal. Celle décoloration est congénitale ou acquise.
1° h'achromie concjéiiilale ou albinisme peut être générale ou partielle.
L'albinisme général est caractérisé par l'absence du pigment de la ]jeau, de celui des cheveux et de celui de la choroïde.
La peau dans toute son étendue {alhinimmsuniversali^) est délicate, fine, luisante, d'un blanc généralement pâle, mais souvent un peu rosé. Les cheveux, lins et soyeux, sont blancs ou d'une teinte blanchâtre tirant un peu sur le jaune. Les poils des autres régions du corps sont fins et de couleur blanche. Les pupilles ont un aspect rosé, ou rouge brillant, produit par l'absence de pigment dans la choroïde. L'iris est d'un bleu très pàle ou rosé. Les albinos ont généralement les yeux très sensibles à la lumière, ce qui cause chez eux la mobilité ti"ès grande des pupilles et souvent le nystagmus.
\J albinisme partiel a été plus fréquemment observé chez les nègres que dans les autres races qui cependant n'en sont pas exemptes, mais chez lesquelles la difformité est d'autant moins apparente que la peau est naturellement moins colorée. Chez les individus de race noire atteints d'albinisme partiel (nègres pies, piebald negroes, nègres mouchetés), des taches blanches plus ou moins étendues, plus ou moins nombreuses, et de formes variées, se détachant sur le fond noir de la peau, lui donnent un aspect tacheté qui rappelle la robe mouchetée de certains animaux.
Les taches blanches persistent pendant toute la A ie. Elles grandissent proportionnellement au développement du corps pendant la croissance.
Leloik et Vidal. 1
ACHROMIE.
Chez les individus de race blanche elles passent souvent inaperçues, et lorsque la peau est de couleur claire, il faut un examen attentif pour les faire découvrir.
Ce qui distingue ces taches achromiques de celles du vitiligo, c'est que la zone qui les entoure n'est pas plus colorée qu'à l'état normal. Lorsqu'elles ont pour siège le cuir chevelu ou une région pileuse, les poils sont blancs et il n'est pas excessivement rare de voir, chez des enfants ou des jeunes gens, une ou plusieurs mèches de cheveux blancs rendre apparent l'albinisme partiel.
Il peut être héréditaire tout aussi bien que l'albinisme général.
2" \j achromie acquise est tantôt un phénomène concomitant à d'autres altérations cutanées, tantôt un accident consécutif. On l'observe dans la sclérodermie en plaques, dans la morphée [morphsea alha plana) ^ dans la lèpre anesthésique, dans les vergetures et dans les stries atrophiques. Elle peut se produire consécutivement à une compression prolongée pendant des années, par exemple sous les pelotes d'un bandage (Rayer). Elle survient constamment lorsque la couche papillaire du derme a été détruite et qu'il y a eu formation d'un tissu cicati-iciel. Au début ces taches blanches sont entourées d'une auréole pigmentée qui disparait à la longue.
Beaucoup d'auteurs l'ont du vitiligo une achromie acquise idiopathique; nous ne partageons pas leur opinion et, considérant que les taches décolorées sont entourées d'une zone pigmentée plus foncée que la peau saine, nous regardons le vitiligo comme une dyschromie.
Anatomie pathologique. — Dans l'achromie congénitale {Leucodermia congenialis)^ que celle-ci soit généralisée [albinismiis universalis) ou partielle [albinismus partialis), les seules lésions que l'on constate sont une disparition complète du pigment que les cellules profondes du corps de Malpighi, et en particulier la couche des cellules perpendiculaires, doivent renfermer à l'état normal.
L'on ne trouve pas dans l'épiderme qui entoure la tache achromique une augmentation du pigment, comme cela s'observe dans le vitiligo.
E. Lesser (1) a même observé dans un cas, outre la disparition totale du pigment au centre de la tache, un retour insensible vers la pigmentation noi'male, à la périphérie de celle-ci.
Ces taches achromiques congénitales suivent parfois le trajet des nerfs cutanés (comme le font certains nœvi); il serait intéressant d'examiner l'état des nerfs cutanés sous-jacents.L'un de nous a eu l'occasion d'étudier l'état des nerfs cutanés dans deux cas de taches achromiques congénitales,
(1)E. Lesser, AnomalienderHaûtfàrbung, inZiemsmisHandiuchder speciellen Pathologie und Thérapie, 1. XIV, fuse. 2, p. 184.
ACNÉ.
qui, toutefois, ne suivaient pas le trajet des nerfs. Les nerfs cutanés étaient sains, contrairement à ce qu'il avait trouvé dans le vitiligo (1).
L'histologie de Vachromie acquise idiopathique (Kaposi) sera faite à propos du vitiligo. Il ne s'agit pas ici d'ailleurs d'une achromie, mais bien d'une dyschromie, comme E. Besnier et l'un de nous l'ont fait observer contrairement à lîaposi (2).
Quant aux achromies acquises symptomatiques consécutives, bien que caractérisées également par une disparition du pigment intra-épidermique, on conçoit que leur anatomie variera un peu suivant leur cause première.
L'achromie des poils sera étudiée à l'article Canitie.
ACNÉ
Sous le nom d'acné beaucoup d'auteurs comprennent toutes les lésions et tous les troubles de sécrétion qui peuvent se produire dans les glandes sébacées.
Laissant de côté pour le moment ce qui a trait aux modifications de la sécrétion du sébum, et devant les étudier plus loin (voy. Séboriïhée), avec tous les détails que comporte cette importante question, nous ne considérerons ici que les lésions qui, en dehors des néoplasies, peuvent atteindre les glandes sébacées, et nous décrirons :
1° Uacné non inflammatoire ^ comprenant l'acné ponctuée ou acné comédon, l'acné cornée, le milium ou grutum et les tumeurs sébacées ;
2° Uacné inflammatoire , à laquelle se rattachent l'acné simple, l'acné indurée, l'acné phlegmoneuse, l'acné chéloïdienne et l'acné rodens ;
3° L'«c«e rosée, avec Vacné hijper trophique , qui forment les deux degrés extrêmes de la couperose ;
4° \^acné molluscum contagiosum [molluscum contagiosum de Bateman), que l'anatomie pathologique, malgré l'opinion de quelques auteurs, démontre être une altération — peut-être parasitaire — des glandes sébacées.
(1) Voir H. Leloir, Recherches cliniques et anatomo-patliologiques sur les affections cutanées iV origine nerveuse. Paris, A. Delahaye, 1881.
(2) Leloir, idem, ibidem.
ACNE.