‹ Traité descriptif des maladies de la peauChapitre 29 sur 100 · IV · texte numérisé non relu

IV

Névrites survenant J i.. , .

j , 1, j, \ INevrites des ataxiques.

dans le cours daf- 1 . . ^

ferlions cérébro- ^^^^''^^^'^^^ névrites périphériques survenant dans le cours de spinales et parlis- [ , certaines affections encéphaliques.

sant indépendantes de celles-ci.

Névrites a frigore.

Névrites de cause indéterminée.

Pseudo-tabès.

Aiguës.

Chroniques.

4° Les Affections cutanées d'origine spinale secondaires a des lésions nerveuses PÉRIPHÉRIQUES forment un groupe important de dermatoneuroses, constituant en quelque sorte une liaison entre les affections cutanées secondaires à des lésions de la moelle et les affections secondaires à des lésions des nerfs périphériques.

Il ne s'agit pas ici de phénomènes réflexes, phénomènes essentiellement passagers et ne produisant aucune modification appréciable dans la cellule nerveuse centrale excitée par l'impression centripète, mais bien de lésions de la moelle secondaires aux altérations nerveuses périphériques.

Ces dermatoses d'origine spinale secondaires à des lésions nerveuses périphériques présentent les caractères suivants, comme l'a montré l'un de nous dans son mémoire sur ce sujet (1). Les voici rapidement résumés :

« A. Siège. — Limitées d'abord au territoire cutané innervé par le ou les nerfs crâniens, elles peuvent s'étendre à des territoires tégumentaires innervés par d'autres branches ou par toutes les branches nerveuses du plexus auquel appartiennent le ou les nerfs altérés; elles peuvent (sous l'influence de l'envahissement progressif de la moelle) s'étendre au tégument du membre homologue symétrique ; elles peuvent même à la longue (de nouvelles régions spinales étant atteintes) frapper d'abord d'autres régions cutanées innervées par des nerfs ayant leurs centres trophiques

(1) H. Leloir, Leçons nouvelles sur les affections cutanées d'origine nerveuse. Recherches cliniques et anatomo-pathologiques sur les affeclions cutanées d'origine spinale secondaires à des lésions nerveuses périphériques. Annales de dermatologie, 23 décembre 1889.

DERMATONEUROSES GUM MAÏERIA.

dans des régions spinales sus ou sous-jacentes aux points spinaux primitivement frappés.

« B. Ces dermatoses s accompagnent le plus souvent iV atrophies musculaires. — Ce sont en général les masses musculaires englobées dans le tégument du membre atteint qui sont prises. Ces atrophies musculaires présentent dans leur aspect et dans leur évolution un cachet particulier sur lequel j'ai insisté dans mon travail de 1881 (1).

« C. Vautres phénomènes nerveux, indiquant une lésion spinale plus ou moins prononcée , précèdent ou accompagnent ces dermatoses. — Ce sont des douleurs fulgurantes, térébrantes ou autres, des soubresauts musculaires, des altérations diverses de la sensibilité culanée, des altérations des réflexes tendineux, etc., en un mot diff'érents phénomènes que l'on observe dans les myélites diffuses plus ou moins étendues et parfois même dans les myélites systématisées. Ces dermatoses peuvent être compliquées d'arthropathies.

<( D. Date d'apparition. — Dans la pUipart des cas les altérations cunanées et les autres phénomènes avec lesquels elles coïncident le plus souvent ne succèdent pas immédiatement au traumatisme nerveux, mais n'apparaissent au contraire que plusieurs mois, une année, plusieurs années même après celui-ci. Il est des cas où elles ne se montrent qu'après de très longues années.

« Le fait de ne se montrer que des mois et même de longues années après la lésion nerveuse vient encore distinguer les dermatoses que nous avons étudiées des dermatoses réflexes proprement dites, lesquelles apparaissent presque aussitôt après l'excitation nerveuse. Exemple : érythème consécutif à une cautérisation du col utérin, urticaire secondaire à la rupture d'un kyste hydatique, éruption consécutive à une indigestion, etc. Il faut en effet un certain temps au nerf lésé pour déterminer dans la moelle des altérations. Il ne faut qu'un instant à l'influx nerveux centripète partant d'un nerf excité pour gagner la moelle et y produire une impression plus ou moins généralisée, à laquelle il ne faudra de nouveau qu un instant pour parcourir la voie centrifuge.

« E. Ces lésions cutanées sont en général précédées, accompagnées ou suivies de phénomènes d'origine vaso-motrice : rougeur, cyanose, abaissement ou élévation de la température, œdème mou et même purpura. Ces phénomènes vaso-moteurs semblent parfois annoncer l'envahissement des régions médullaires et les troubles trophiques cutanés et musculaires qui en sont la conséquence.

( I) H. Leloir, Contribution à Vétude des atrophies musculaires d'origine spinale produites par des lésions nerveuses périphériques. Progrés médical, 1881.

DERMATONEUROSES.

« F. Les lésions des ongles s'observent assez fréquemment dans ces dermatoses. lien est de même des troubles secrétoires glandulaires.

« G. Les variétés objectives d'affections cutanées d'origine spinale produites par des lésions nerveuses périphériques que l'on pourra observer sont très nombreuses. » (Leloir, loc. cit.^ p. 727).

S° Aux classes précédentes où les lésions du système nerveux central ou périphérique ont été constatées anatomiquement, nous devons adjoindre la classe des Dermatoneuroses par lésions du sympathique.

Au point de vue anatomo -pathologique, cette classe est bien moins connue que les précédentes, l'étude des altérations des nerfs sympathiques (nerfs sans myéline) étant entourée de la plus grande difficulté. On peut dire que tout est à faire dans l'étude de cette classe (1).

En résumé, les lésions du système nerveux qui paraissent présider aux lésions trophiques de la peau sont :

Des lésions de l'encéphale.

Des lésions de la moelle (en particulier des zones radiculaires postérieures et de la substance grise postérieure et centrale). Des lésions des racines postérieures.

Des lésions des ganglions spinaux.

Des lésions des nerfs périphériques (nerfs sensitifs et peut-être sympathiques).

Si l'on devait tracer le trajet anatomique des fibres nerveuses qui président à la production des troubles trophiques cutanés précités, on pourrait, en se fondant sur l'expérimentation, l'anatomie normale et pathologique, la clinique, admettre avec MM. Vulpian,Charcot,Eulemburg, etc., que ces fibres ne se distinguent pas des fibres sensitives cutanées. Que ces fibres courent à la périphérie, mêlées aux nerfs moteurs (nerfs mixtes) pour se terminer dans le derme et l'épiderme par des terminaisons spéciales. Que leurs terminaisons spécifiques dans la peau et en particulier dans l'épiderme sont encore peu connues malgré les travaux de Langerhans, Ranvier, Hensen, Unna, Eberth, Poucet (de Cluny), Pfitzner, etc. Que d'autre part leur trajet central est encore indéterminé, qu'elles semblent traverser les ganglions spinaux (sans toutefois être toutes, comme on l'a affirmé, originaires des cellules de ces ganglions). Qu'elles arrivent

(1) Signalons à ce propos une très minutieuse et importante étude des lésions du sympathique faite par Polotebnoff et Sarsky, dans leur très remarquable et tout récent mémoire sur le pemphigus vulgaire. Polotebnoff et Sarsky, Études dermatologiques de la clinique du P-" Polotebnoff. Saint-Pétersbourg, 1886-87.

DERMATONEUROSES SINE MAïERIA.

dans la moelle avec les racines postérieures, probablement avec les faisceaux internes de ces racines [mediale fmennmscn der Hiiiterivurzeln, Rôlliker), et pénètrent après avoir traversé les cordons postérieurs dans les cornes postérieures. La substance grise postérieure et centrale de la moelle semble jouer par rapport à la peau un rôle analogue à celui des cornes antérieures pour les muscles.

En somme, il est démontré que les affections cutanées que nous avons étudiées dans notre tableau de la page 178 dépendent, dans certaines circonstances, de lésions du système nerveux. En est-il toujours ainsi? Il est difficile de le dire pour plusieurs d'entre elles tout au moins (eczéma, ectliyma, pemphigus, états ichtbyosiformes, œdèmes durs, callosités, etc.) ; car des causes diffcrentes peuvent produire des effets semblables.

Page 1