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II. — ÉRYTHÈME SCARLATINOÏDE

ErytJtème scarlatinifonne (Hardy).

Le qualilîcatif scarlat inouïe, proposé par E. Besnier (2), nous paraît préférable à celui de scarlatini forme qui peut faire con fondre la forme d'éry thème dont nous nous occupons dans ce paragraphe avec l'érythème scarlatiniforme récidivant (Erythème desquaniatif récidivant de Feréol et E. Besnier). Nous avons donné les raisons pour lesquelles cette dermatite récidivante nous parait devoir être rangée dans la classe des dermatites exfoliantes. C'est celle que nous avons décrite sous le nom de dermatite scarlatini forme généralisée récidivante (Voy. p. 1G3.)

L'érythème scarlatinoïde, presque toujours symptomatique d'un étal infectieux ou d'une toxémie (par poison, médicament, etc.), peut-il être primitif?

La question est controversée. Pour E. Besnier « le terme d'érythème scarlatinoïde s'applique à des érythèmes secondaires, vraiment scarlatinoïdes par la rapidité de l'invasion, la réaction fébrile, l'hyperthermio, les localisations muqueuses et viscérales, les accidents graves et le mode évolutif; sauf leur desquamativité souvent hâtive, l'éruption est entièrement scarlatine ».

(1) Jusqu'ici l'on n'a pas trouvé d'altérations du système nerveux central ou périphérique constatables avec nos moyens actuels d'investigations dans l'érythème polymorphe. Cependant Jahrisch [Vierteljr. f. Derm. iind SijphiL, 1880) a publié des lésions de l'axe gris de la moelle dans un cas d'herpès iris.

(2) Ernest Besnièr, Pathogénie des érythèmes, in Annales de dermatologie et desyphiligraphie, 1890, p. 13, et in Leçons de Kapési, 2'-" édition française, 1891, 1. 1, p. 337.

ÉRYTHÈMES.

Hardy (1) admet une forme primitive et bénigne caractérisée par une éruption partielle, bien que parfois très étendue, d'une courte durée, qui, soit soudainement avec ou sans fièvre, soit quelquefois après un ou deux jours de malaise fébrile, apparaît sous forme de plaques rouges à la face antérieure de la poitrine, au pli du coude, à la face interne des cuisses et généralement plus tard au cou et à la face, sans que toutefois cet ordre d'apparition soit régulier.

La rougeur écarlate, ^o'mtiWée, scm^/atiniforme qui envahit ces régions, s'accompagne d'une légère cuisson et de démangeaison. Elle pâlit ordinairement entre vingt-quatre et quarante heures; la desquamation commence dès le second, le troisième ou le quatrième jour. Elle est partielle, limitée aux régions envahies par l'érythème, peu abondante et formée de squames, petites, minces et furfuracées. La langue reste naturelle ou se recouvre seulement d'un léger enduit blanchâtre. On trouve souvent, mais non constamment, une l'ougeur légère de l'isthme du gosier. Radcliffe Crocker a constaté qu'il est ordinaire de trouver l'éruption en plaques bien limitées, tranchant brusquement par leur coloration avec la peau saine, contrairement à ce qu'on voit dans la scarlatine. Au point de vue du diagnostic différentiel d'avec cette pyrexie, Hardy fait remarquer que dans l'érythème scarlatiniforme il n'existe jamais d'éruption miliaire, épiphénomène si fréquent dans la scaidatine.

La durée est, en moyenne, de huit à dix jours; elle peut être prolongée de quelques jours par de nouvelles poussées subintrantes. Dans ce cas la desquamation est plus abondante et se fait parfois par larges lambeaux épidermiques aux mains et aux pieds.

Nous avons vu chez des individus jeunes, adolescents ou adultes, cette forme primitive, rarement observée, de l'érythème scarlatinoïde survenant spontanément en pleine apparence de santé, et en dehors de l'influence de toute substance toxique.

On peut, avec Brocq, diviser les érythèmes scarlatinoïdes en trois groupes :

1° Les érythèmes scarlatinoïdes primitifs, toujours bénins. — Ce sont ceux que nous venons de décrii'e ;

2° Les érythèmes scarlatinoïdes infectieux secondaires, observés surtout dans le puerpérisme, dans la septicémie, dans la diphthérie, etc., dont nous avons déjà parlé (Voy. p. 306) ;

3° Les érythèmes scarlatinoïdes de cause externe que nous avons étudiés

(1) A. Hardy, Leçons sur les maladies de la peau, 2" partie, 1851, p. 31 et Traité pratique et descriptif des maladies de la peau, 1886, p. 636.

ÉRYTHÈME NOUEUX.

dans les Éruptions artificielles (Voy. p. 290 et 297) et qui sont les plus fréquents. On les observe surtout à la suite de l'absorption de certaines substances toxiques, médicamenteuses, alimentaires, etc., dont l'action, toujours proportionnée à la disposition idiosyncrasique, peut tantôt être primitive, mais qui tantôt aussi s'associe à une disposition diatliésique rbumatismale ou goutteuse, ou à un état infectieux compliquant ainsi le problème étiologique.

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