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IV. - ÉRYTHÈME INDURÉ

Bazin (2) a distingué de l'érythème noueux et considéré comme une variété à'érythèmc chronique spéciale aux scrofuleux, et plus particulièrement aux jeunes filles scrofuleuses, un érythème induré dont nous discuterons l'individualité morbide et qu'il décrit ainsi :

«L'érythème induré, de nature scrofuleuse, n'est pas rare; il se caractérise par les plaques rouges indurées, sur lesquelles le doig t appliqué fait momentanément disparaître la rougeur qui ne tarde pas à reparaître au bout de quelques instants. On sent à la peau et sous la peau une induration qui s'enfonce plus ou moins profondément dans le tissu cellulaire sous-cutané. La rougeur plus ou moins foncée, assez souvent violacée, plus marquée au centre, se fond insensiblement sur la circonférence avec la couleur normale de la peau. 11 n'y a sur ces plaques aucun prurit; la pression avec le doigt y est à peine douloureuse, w

« Cette affection s'observe communément sur les jambes, plus souvent peut-être chez les filles que chez les garçons. Je l'ai souvent rencontrée sur les jambes des jeunes blanchisseuses, chez des jeunes filles offrant tous les attributs de la fraîcheur et de l'embonpoint scrofuleux. Son siège de prédilection est la partie externe et inférieure de lajambe. On la voit quelquefois aussi siéger au-dessus du talon, le long du tendon d'Achille. Enfin on peut la remarquer encore sur la face, et je l'ai vue, sur cette région, alterner avec l'ophthalmie scrofuleuse. »

(1) Bohn, Jahrbiich fur Kinderheilkicnde, 1878.

(2) Bazin, Leçons théoriques et pratiques sur la scrofule, 2" édition. Paris, 1861, p. 146.

ÉRYTHÉMES.

Dans une publication ultérieure, Bazin (1) fait la différenciation entre l'érythème noueux et l'érythème induré des scrofuleux « caractérisé par de larges plaques dont la coloration est la même sur tous les points, l'induration sous-cutanée sensiblement égale et qui ne donnent naissance à aucune douleur quand on la presse entre les doigts tandis que l'érythènie noueux, affection avec laquelle on pourrait la confondre, présente successivement toutes les nuances de l'ecchymose et est douloureux à la pression, etc. ».

« Enfin l'érythème noueux ne persiste pas au delà de dix-huit à vingt jours tandis que l'érythème induré se perpétue pendant des mois. »

Hardy (2) pense aussi que Ycrythème induré scrofuleux est une espèce spéciale différente du véritable érythème noueux.

Nous n'admettons pas que ces plaques indurées, décrites par Bazin, appartiennent à une variété d'érythème chronique, à un érythème induré idiopathique ou secondaire. Nous pensons que ces indurations tégumentaires sont des lésions chroniques symptomatiques de diverses affections telles que :

1° Des pachydermies consécutives à l'œdème chronique [œdème induré) (Voy. Œdème cutané et pachydermie);

2° Des gommes scrofulo-tuberculeusos en nappe (Voy. Gommes et Tuberculose cutanée);

3° Des gommes syphilitiques en nappe, dans un certain nombre de cas relevant pour la plupart d'une syphilis héréditaire, à manifestations tardives.

Dans les cas d'œdème chronique, les deux jambes sont symétriquement tuméfiées autour des malléoles et l'induration pachy dermique se forme à la partie externe et antérieure du bas de la jambe, parfois en arrière autour du tendon d'Achille et en un certain nombre de cas circulairement. Les pieds sont souvent plus ou moins œdémateux.

Cet œdème chronique, avec induration pachydermique, se rencontre surtout chez des adolescents d'une constitution très lymphatique, chez des jeunes filles débilitées, mal réglées, anémiques, vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques, et principalement chez celles que leurs travaux obligent à la station debout, longtemps prolongée, dans des ateliers humides.

Les cas de soi-disant érythème noueux passant à l'état chronique et se terminant après plusieurs mois par des ulcérations n'appartiennent pas

(1) Bazin, Leçons théoriques et cliniques sur les affections génériques de la peau, 1862, 1. 1, p. 73.

(2) A. Hardy, Traité pratique et descriptif des maladies de la peau. Paris, 1886, p. 63b.

ÉRYTHÈME DES PELLAGREUX.

à l'érythème noueux idiopathique : ce sont des faits de gommes scrofulotuberculeuses ou de gommes syphilitiques nodulaires. Les observations d'érythème induré aA'ec processus ulcératif doivent être rapportées aux gommes en nappe dont les caractères cliniques sont actuellement bien connus (Voy. Gommes).

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