II. - FAVUS DES RÉGIONS GLABRES
Le favus des régions glabres peut être primitif ou se développer consécutivement à un favus du cuir chevelu. Cette auto-inoculation, produite le plus souvent par le malade lui-même, en se grattant, peut se faire après un temps qui varie de quelques mois à quelques années.
Tous les points de la face, le front, les paupières, le nez, les joues, l'oreille, et même le conduit auditif peuvent être atteints. Sur le tronc, le favus occupe le dos, les épaules, les fesses ; sur les membres toutes les régions, mais de préférence les coudes, les genoux et le côté externe des membres. Bazin attribuait cette prédilection pour le côté externe à ce que le système pileux y est plus développé. Nous l'avons vue aussi manifeste sur des enfants d'une dizaine d'années et nous nous demandons si on ne doit pas plutôt l'attribuer aux frottements auxquels ces régions sont plus exposées et qui faciliteraient l'auto-inoculation.
Le début se fait par des cercles érythémateux de petit diamètre, à extension périphérique lente, mais qui parfois, en se réunissant, s'étendent sous la forme initiale érythémato-pityriasique. Ces cercles rouges sont le siège d'une desquamation furfuracée, parfois plus abondante à la périphérie qui est aussi plus colorée, ce qui donne à la plaque une ressemblance avec celle de la trichophytie circinée. Mais bientôt de petits points jaunâtres caractéristiques ne tardent pas à se montrer. D'abord en petit nombre et irrégulièrement semés sur la surface érythémato-pityriasique, ils prennent graduellement la forme typique de godets et font relief au dessus de la peau urcéolaire) Ces godets, d'abord isolés, discrets, deviennent.
[\) E. Besnier et A. Doyon, Leçons de Ka^yosi, 2= édition de la traduction française 1891, t. II, p. no, note 2.
FAVUS DES ONGLES.
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plus nombreux, s'élargissent par leur périphérie et peuvent devenir cohérents et former des plaques dont la surface inégale, comme gaufrée, et les bords polycycliques indiquent encore la forme des godets primitifs. Le développement est plus rapide que sur le cuir chevelu. Si le faviis est abandonné à lui-même et surtout s'il fructifie sur un organisme débilité, on le A'oit arriver, en vieillissant, à l'état squarreux et occuper de larges surfaces. C'est dans ces cas de favus généralisé, durant depuis plusieurs années, qu'on voit ces énormes concrétions faviques ressemblant à des amas de vieux plâtres effrités et pulvérents, atteindre jusqu'à 2 centimètres d'épaisseur comme sur la pièce 1232 de la Collection générale de l'hôpital Saint-Louis, que l'un de nous (E. Vidal) a fait mouler sur le bras et sur la région du coude d'un enfant de douze ans, et comme sur la pièce 149 du Musée de l'hôpital Saint-Sauveur.
Le godet du favus des parties glabres est facile à détacher ; parfois même il tombe accidentellement. La dépression cupuliforme dans laquelle il est enchâssé revient rapidement au niveau de la peau. Le fond en est rouge marbré ou rouge intense. La végétation favique ne tarde pas à reparaître sur cette surface si elle n'a pas été modifiée par un traitement local. Si le derme a été profondément envahi par l'achorion, si la dermite que provoque ce parasite a duré assez longtemps pour amener la sclérose et l'apparence cicatricielle, en voit, comme nous l'avons décrit pour le cuir chevelu, des cicatrices permanentes succéder au favus et en indiquer la trace. Ces cicatrices lisses entourées d'une zone colorée en brun, plus ou moins clair, peuvent ressembler à des cicatrices d'origine syphilitique.