‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 45 sur 110 · NŒUDS · texte numérisé non relu

NŒUDS

Les nœuds sont les points d'attache des branches sur le tronc. Au voisinage de ces nœuds, les libres sont déviées de leur direction rectiligne, et, lors de la mise en œuvre, elles

se trouvent coupées plus ou moins obliquement (/ïy, 43;. ' Il en résulte, pour les char-* pentes, une moindre résistance à la flexion et, pour les sciages, des défauts analogues à ceux des bois ronceux. Tant que les nœuds restent petits et rares, le bois n'est pas déprécié ; mais dès qu'ils se montrent nombreux et que leur diamètre dépasse A centimètres, les arbres deviennent impropres à la fente et au sciage. Pour ce motif, les pointes ou surbilles , c'est-à-dire les parties du fût situées au-dessus de la couronne des branches basses, subissent une dépréciation énorme : ce ne sont plus que des bois de traverses ou de membrures, difficiles à écouler.

Les beaux bois étant généralement découpés au premier gros nœud, on voit que la proportion de bois de service dépend de la longueur du fût sous branches. Cette longueur varie avec l'essence, le régime et la révolution. Les résineux

Fig. 43.

IWFAUTS PHT9I(^UE»

fournlsyBeHl flLu& de bois d'œuvre que les bois feuillus, et,. parmi ces derniers, les arbres proYenant des fulaies en don-» neiài beaueoi^ plus que les af b4*es crus en tadUis sous futaie ou à rétat isolé. Dans les taillis sous futaie, la qualité du soi, la durée de la révolution et Tàge des arbres jo«i<mt un très grand r^e. Cepeudaul, on peut estimer eoœofie il suit et pour le cbéae<, la proportioik ou^yeane et relative du bois d'œuvre et du bois de ciûkufiage dans nos forêts de l'Est et du Centre de la France :

ArliXM

de Uillii

■ou* fataie

Arbre* d» futaie

Modernes de 50 à 60 ans. • .

Aneieoff de grosaeiir moyenne.

(i^JSO à 2"») Anciana tr6a gros .....

Massif clairière

Massif conTenablement éclairci Maanf très sarrè

Bot* A*amrT9

Boi*

de cbaofikfe

Lorsque la branche d'un arbre est encore vivante au mo- Hient de l'abatage, le nœud est formé de bois vert, à tissu très serré et très dur ; on dit alors qu'il est vif, sain et adhé' reii/. D'autres fois, la branche est bien toujours en place, mais elle n'est plus vivante ; le nœud est formé par du bois mort, emprisonné dans les tissus vivants de la tige. Ce bois mort, en général vivement coloré et d'une dureté excessive, ne présente qu'une adhérence incomplète avec le bois vert. Alors même qu'ils sont sains, les nœuds noirs déprécient plus ou moins la valeur des pièces, suivant les usages auxcpiels on les destine.

Verts ou noirs, adhérents ou non, ces nœuds, qui proviennient de l'amputation de branches persistantes, sont toujours apparents. On peut donc facilementjuger de leur importance, escompter le déchet qu'ils entraînent et approprier le débit à remplacement (pi'ils occupent. Il n'en est plus de même des

nœuds recouverts, provenant de Télagage naturel ; ceux-ci n'apparaissent qu'en ouvrant Tarbre.

Lorsqu'une branche subit un ralentissement de croissance, les tissus en végétation forment un bourrelet annulaire qui pèse fortement sur la base de cette branche et letrangle. Le rameau meurt donc petit à petit, et tombe plus ou moins vite, suivant Tespèce végétale considérée. Chez le peuplier et le tilleul, la décurtation s'opère rapidement, la branche tombe sans laisser de traces. Chez le chêne, le tremble, le hêtre et en général chez tous les feuillus, le dépérissement se fait beaucoup plus lentement, mais le recouvrement ne s'opère (ju'après la disparition de l'écorce à la base du rameau. Par suite, le tissu vif s'applique exactement sur le tissu mort ; ce dernier forme un chicot étroitement emprisonné dans le bois sain, mais ne faisant pas corps avec lui.

Chez les résineux, l'atrophie du rameau est accompagnée de formation de bois rouge et d'épanchementde résine. Cette résine imprègne non seulement le bois, mais encore Técorce, si bien que le rameau persiste longtemps sur le fut et ne se brise qu'à une certaine distance du tronc. Les nœuds formés par les bourrelets d'accroissement sont d'autant plus volumineux que la croissance de l'arbre est plus active. Il arrive que chez les épicéas très vigoureux, cpii n'ont pas été maintenus en massif serré, les bourrelets de recouvrement prennent Taspect de véritables mamelles. La branche morte, progressivement englobée avec son fourreau d'écorce dans le bois vivant, provoque à son intérieur la formation d'une cheville, cheville qui, lors du débit en sciages, marbre la planche de noir, ou saute en laissant à sa place un trou ou une croche, tous défauts qui nuisent considérablement à la beauté et à la valeur des produits. Dans les travaux de menuiserie fine, on a soin de remplacer les nœuds noirs et non adhérents par des nœuds sains que l'on colle avec de la résine chaude.

H est à remarquer que ces nœuds renfermés et provenant de l'élagage naturel se trouvent à une faible distance du centre. C'est une des raisons pour lesquelles on décœure les arbres destinés à des débits soignés.

Les nœuds sont tantôt alternés et spirales sur. la tige (bois feuillus), tantôt disposés en verticilles ou. en rosettes, for-

DEFAUTS PIITSIOUES

mant une couronne autour du tronc {fig, 44). Cette dernière disposition s'observe chez les résineux et affaiblit considérableraentlapiècedans tous les sens. Le plussouvent, lorsqu'il s'agit de fournitures soignées, les cahiers des charges rebutent les pièces qui présentent sur la même section plus de 2 ou 3 nœuds non adhérents et offrant plus de 4 centimètres de diamè- Fig. 44.

tre.

Suivant la direction du débit, les nœuds se présentent avec des dispositions variées sur la face de sciage. En section tangentielle , le nœud, coupé perpendiculairement à son axe, offre ifig. 45 l'aspect d'une rondelle foncée, implantée dans la planche. Celle-ci perd, sinon en solidité, du moins en beauté. Et, comme les fibres sont contournées au voisinage des nœuds, les anneaux de recouvrement, très tendres, se soulèvent sous le moindre effort, s'arrachent en ^^^' ^^' esquilles, et le nœud finit par former une bosse proéminente Mathey. — Exploitation des bois. I. 8

Fi«. 4(î.

à la surface de la planche. Pour ce motif, les parquets noueux de sapin sont toujours plus ou moins écailleux et relevés de nombreuses et désagréables aspérités.

..: Sur une sec-

tion radiale, le nœud {fig, 4&} se trouve tranché suivant son axe ; il présente une partie de bois vif AB et une partie de bois mort BC.

La planche est donc comme partagée en deux, dans le

sens de sa largeur, par une cheville non adhérente de bois, ce (jui lui enlève beaucoup de sa force de résistance et de flexion.

Comme c'est en grande partie sur la présence ou Tabsence de nœuds qu'est basé le classement des sciages en catégories ou unités de vente, il importe d'éviter, par une bonne culture, un défaut (jui déprécie si fort la valeur des produits tirés d'un arbre. Or, le seul moyen d'obtenir, dans les futaies résineuses, des fûts réguliers, bien droits et point noueux, c'est de maintenir les jeunes peuplements à l'état serré. Ce qu'on perd sur la quantité est longuement compensé par ce (lu'on gagne sur la qualité.

Art. III. — FENTES.

Nous réunissons sous cette appellation générale un certain nombre de défauts d'origine physi(iue, tels que la gélivure, la roulure, la cadranuro, les fentes du ca^ur et les gerçures. Tous ces défauts se traduisent par des fentes longitudinales ou circulaires, apparaissant tantôt à l'intérieur, tantôt à l'extérieur du bois.

A. GÉLivuRE. — La gélivure est caractérisée par une fente

Fig. 47.

longitudinale ouverte à l'intérieur du bois et dans Taxe d'un large rayon médullaire. Elle est produite par le retrait des couches ligneuses sous l'influence d'une déshydratation des tissus, occasionnée par le froid. Les couches externes, qui sont d'ailleurs les plus aqueuses, se déshydratent par un phénomène bien connu de plasmolyse, et se contractent comme sous Teffet de la sécheresse. Les couches internes, mieux garanties contre le froid et moins riches en eau, ne suivant pas ce mouvement de retrait, il en résulte nécessairement que la zone externe doit éclater et se fendre fig, 47). La fente se produit alors toujours sur les points de moindre résistance, c'est-à-dire dans l'épaisseur d'un rayon médullaire et dans une région où les accroissements sont les plus minces, par suite d'une excentricité de croissance. Pour ce dernier motif, les gélivures se montrent à tous les aspects, mais elles sont cependant plus fréquentes aux expositions Nord-Est et Sud- Ouest, qu'aux expositions Nord-Ouest et Sud-Est. Cela tient, d'une part, à ce que les granris froids sont généralement apportés par les vents du Nord-Est et à ce que, d'autre part, c'est au Sud-Ouest que les anneaux ligneux ont d'ordinaire la pl«s faible épaisseur dissymétrie de croissance causée par le vent;.

Les fentes de gélivure sont décelées exU'^rieurcment par une cote saillante formée par les bourrelets de recouvrement au niveau de la blessure fig. W). Examinées sur une section transversale, ces fentes sont rarement rectilignes sur

Fig. 4S.

Fig. 49.

tout leur parcours ; elles ont tendance à se briser au voisinage de certains anneaux, et se terminent par une ou plusieurs fentes en trait de Jupiter, s'avançant parfois jusqu'au

cœur (fig. 49\ Cela tient à ce que chaque couche travaille comme si elle était seule, et à ce que la fente se prolonge en arrière de son point initial de formation, sans doute à la suite de Tcbranlement provoque par Téclatement de la zone externe. Il est d'ailleurs facile de déterminer Tannée où s'est produite la gélivurc. C'est ce qu'indiquent à la fois, la petite roulure située à la hase de la fente et les lèvres en saillie du bourrelet de recouvrement. Les gélivures s'observent surtout au pied des arbres où elles peuvent monter jusqu'à 3-4 mètres, car c'est là que les couches ligneuses sont le moins homogènes ; mais il en existe aussi sur le fût à des hauteurs plus grandes, et on en trouve jusque dans la couronne des chênes.

Tantôt la cAte de la gélivure est fortement accusée : c'est l'indice que la gélivure est profonde et que le vide intérieur est considérable ; tantôt, au contraire, le fût ne présente qu'un léger sillon oblique JF' /^IflH ^^^* ^^■' auquel cas la gélivure est

f' 7 : ;fil superficielle, recouverte et peu

^ &i(/yj;{[^S^Bfefet large : c'est alorg un accident sans

importance pour la vie de l'arbre et son utilisation commerciale. La gélivure est simple (fente unique) ou entrelardée (plusieurs fentes séparées par des filets de bois sain) ; elle peut aussi être sèche ou humide. Dans ce dernier cas, elle est ordinairement en relation avec un cœur

Fig. 50.

éioilé (ormes) ou une forte roulure (chênes) .Les gélivures entrelardées et humides sont les plus mauvaises, car elles sont accompagnées d'une nécrose partielle des tissus. L'eau amassée dans ces fissures, forme parfois à l'intérieur de Tarbre de véritables réservoirs d'où s'échappe un filet liquide, projeté à grande distance, lorsqu'on ouvre la côte d'un coup de marteau. Ce défaut est plus ou moins fréquent suivant les essences. Il est commun chez les chênes, les ormes, les érables, les noyers, les peupliers, le marronnier, le tilleul et le sapin ; plus rare chez le bouleau, l'orme, le pin sylvestre et l'épicéa ; très rare chez le hêtre et le tremble. En ce qui concerne les chênes, le chevelu est plus gélif que le rouvre ; ce dernier, spécialement dans ses variétés à petits glands, l'est plus que le pédoncule, et la forme ordinaire de ce dernier l'est encore plus que la forme tardive (chêne de juin de M. Gilardoni, Quercus tardissima, Simonkaï).

En ce qui a trait au mode de traitement, on peut dire que, toutes choses égales d'ailleurs, les arbres venus en massif sont moins exposés à la gélivure que ceux venus à l'état isolé ou de réserves sur taillis. En terrains peu profonds et imperméables (argiles compactes, conglomérats, cailloutis, etc.), on observe également plus de gélivures que dans les terrains profonds et perméables (alluvions modernes, sables argileux, etc.). Il en est de même dans les taillis clairières, entrecoupés de callunes, riches en bourdaine ; de même encore dans les taillis évidés de chêne pur et dans les futaies brusquement entr'ouvertes. Cela tient, dans tous les cas, à ce que le bois étant moins homogène prend des retraits inégaux.

Les arbres gélivés sont toujours sérieusement dépréciés. Ceux qui présentent 2 ou 3 côtes montant jusque dans les branches ne sont propres qu'au chauffage ; ceux qui n'offrent qu'une côte saillante donnent du merrain, des frises, des lattes et de médiocres pièces de construction. Débités en sciage, ils laissent un déchet souvent considérable, car il faut rebuter le plateau et les planches qui portent la gélivure.

Dans la pratique commerciale et forestière, ce défaut d'une gélivure entraîne une diminution de valeur, variable avec la

grosseur des sujets et que Ton peut arbitrer comme suit chez le chêne :

nulle pour les ai*bre8 au-dessous de 0n,60 \

de 1/4 » de 0°»,62 k l» > de tour.

de 1/3 » de 1«»,02 et plus )

B. RouM'RE. — La roulure est une fente circulaire, occasionnée par le décollement de deu\ anneaux ligneux consécutifs. La fente s'étend tantôt sur tout le pourtour, tantôt sur une partie seulement du cylindre ligneux ; elle est donc totale ou partielle. Les roulures totales montent toujours très haut ; les roulures partielles sont généralement plus localisées, et s'observent soit dans les racines maîtresses, soit dans la partie basse du fût.

Ce défaut affecte principalement les bois nerveux comme le chêne, le frêne, l'orme, le noyer, le sapin et l'épicéa. 11 est d'autant plus grave qu'on ne peut point le reconnaître sur les arbres vivants.

Tout effort mécanique tendant à ployer un arbre dont les anneaux ligneux ne sont pas réguliers et homogènes, favorise la production de roulures sur les points où l'effort est maximum, c'est-à-dire dans les racines d'abord, dans la partie basse du fût ensuite, au niveau des maîtresses branches enfin. Mais toutes ces roulures sont loin d'avoir la même importance au point de vue technique. On peut distinguer :

1* £a roulure totale des résineux (sapin et épicéa). — Lorsqu'un arbre passe brusquement de l'état serré à l'état isolé (futaies jardinées, futaies sur taillis des Alpes et de la région de Saint-Claude), à des cernes très étroits succèdent brusquement des cernes très larges. Le cylindre central et le cylindre extérieur subissant des efforts de flexion comme deux ressorts indépendants, il se produit un décollement dans toute la longueur du fût, entre le dernier anneau mince et le premier anneau large. Le cylindre central se détache alors facilement de son cylindre enveloppe. La tige creuse ne peut servir ni pour le sciage, ni pour les constructions. Si elle est de faible dimension, on l'utilise pour drains, corps de fontaines, etc. ; plus grosse, elle est débitée en cercles, bardeaux, etc., ou convertie en bois à papier.

DEFAITS PHYSIQUES

Flg. 51. — Mauvaises roulures.

ï» La roulure totale des feuillus. — Fréquente chez les réserves de taillis sous futaie, et toujours située proche du oœur ou dans les couches larges qui succèdent au premier isole- £Qent [fig. 51), elle porte quelquefois le nom de roulure du baliveau.

C'est un vice très grave, <jui monte dans tout le fût. Les arbres ainsi roulés sont généralement fendus en merrain. On ne peut débiter en sciages qu'après avoir décœuré.

3** Les roulures partielles du fût. — Elles se produisent dans les sept ou huit années qui suivent l'isolement des arbres, affectant un caractère de gravité variable suivant leur position. Plus elles sont nombreuses et éloignées du cœur, et plus il y a de chances pour qu'elles ne pénètrent pas très haut.

ifig. 52). Il suffit alors, pour purger la pièce, d'enlever au pied une bille de merrain. Mais, s'il n'y a qu'une large roulure se propageant à l'entOur d'un seul anneau [fig. 51), il existe de fortes présomptions pour que le vice aille loin. Il faut alors examiner attentivement les nœuds et la découpe. De deux choses Tune : ou bien la roulure sort extérieurement par le petit bout, et la pièce ne peut donner que du merrain ; ou bien elle reste incluse, et l'on peut espérer tirer une bille de sciage, en éboutant successive-

Fig. 52. — Roulures disparaissant après éboutage.

ment de bas en haut. Il est d'ailleurs préférable de sectionner légèrement au-dessus de la roulure, car celle-ci se prolonge toujours un peu plus loin que les dernières traces apparentes et se montre à nouveau dans le bois débité, si la découpe est insuffisante.

4*» Les roulures des 7'acines. — Toutes les fortes roulures de la tige apparaissent sur la section des racines ; mais il est des roulures de racines qui ne pénètrent pas dans le fût. Telles sont notamment les roulures semi-circulaires superposées les unes aux autres par groupe de 3-4. Pour affranchir la pièce de toute fente, il suffit alors d'ébouter à 0™, 30 ou 0", 40 de la culée.

5<^ Les roulures de branches. — Elles apparaissent sur la section ravalée des nœuds et sont souvent en communication avec une roulure de la tige, ce qui rend le défaut difficile à purger. Lorsqu'elles ne se montrent pas sur la découpe, le défaut n'est grave qu'autant qu'il est associé à un commencement de pourriture, et, suivant sa position, la fente monte ou descend [fig, 53) sur une hauteur variant de 0«^,30 à 0"S50.

6<» Les roulures-gélivures. — Les gélivures sont presque toujours accompagnées de roulures partielles chez les réserves de taillis sous futaie, où les anneaux ligneux sont peu homogènes et peu adhérents. Ces deux défauts réunis rendent les tronces impropres au sciage et entraînent un déchet plus considérable dans le débit en merrain, le seul qui puisse leur être appliqué.

7° Enfin, des roulures légères sont encore produites par des entre-écorces, des coups de marteau, des frottures ou des blessures, mais elles ne montent pas à plus de 0'",50 de la culée. Ce sont des accidents sans importance dans le débit.

En résumé, la roulure est presque toujours un défaut sérieux, beaucoup trop fréquent chez les chênes de nos forêts traitées en taillis sous futaie, défaut qui entraîne une grande perte de matière quel que soit le mode de débit adopte : par-

Fig. 53.

quet, lattes ou merrain. S'il est impossible de reconnaître la roulure sur les arbres debout, il est cependant notoire qu'elle est infiniment plus répandue dans les forêts mal abritées et pauvres en réserves, que dans celles qui sont bien défendues par une réserve nombreuse, poussée jusqu'à Tétale. Il est d'observation courante, que de gros chênes épars dans les taillis sont ordinairement roulés dans une proportion de 7 à 8 dixièmes, tandis que cette proportion s abaisse à 2 ou 3 dixièmes au plus, dans des conditions identiques, lorsque le balivage a été généreux. Cela tient évidemment à la cause principale et déterminante des roulures, qui est Teffort exercé par le vent sur les réserves. Par suite, en balivant serré, non seulement on enrichit la forêt, mais on améliore encore le matériel en croissance. Par suite aussi, le commerce devra se montrer méfiant dans les coupes claires, mais confiant dans les coupes serrées.

Sous la condition qu'elles ne seront pas liées par un chevillage, on peut employer sans trop d'inconvénient les pî«*ces roulées dans les charpentes intérieures, à l'abri de rhumidité, en forçant leurs dimensions.

Parmi tous les malandres, la roulure est certainement celle qui prête le plus à contestation, lors de la livraison des bois en grume. A défaut d'accord amiable sur la valeur des bois roulés, il est d'usage de faire subir une diminution de 1 mètre de longueur par chaque roulure et de cuber la pièce sur la longueur ainsi réduite.

il. Fe?çtes D'i?fsoLATio.\. — Avcc Hartig, on peut rattacher à l'effet de l'insolation, de petites fentes en forme de bouclier ccussonné (fig. 54), imitant les roulures dues aux blessures et qui sont le résultat d'exfoliations locales de l'écorce.

Ce défaut s'observe principalement chez le hêtre, le charme et le chêne ; il ne nuit pas à la résistance des pièces de charpente, mais il abaisse beaucoup la valeur des sciages, et rend le bois impropre à la fente.

D. Cadranure. — Chez tous les vieux arbres dont le cœur a subi un commencement de décomposition organique, le bois des parties centrales change de couleur, noircit ou s'irrise de teintes fauves et, en même temps, devient cassant et friable.

DKFAUTS ET 3IALADIES DES BOIS

Aussi, SOUS rinfluence des tensions qui s'opèrent mécaniquement dans la masse intérieure du bois, il se produit de larges fentes partant du canal médullaire et s'irradiant vers la circonférence comme les lignes horaires d'un cadran {fig. 5 i iwPl. 1\.

De plus, la masse environnante est craquelée. Tel est le vice très grave, connu sous le nom de cadranure etderowlure cadranécy qui affecte principalement le chêne et le

Fig. 54.

noyer. Ce vice caché est tantôt une conséquence naturelle de rage, tantôt le résultat ultime de la maladie du rouge. A la longue, le bois cadrané est débité par les fentes secondaires en feuillets qui s'arrachent sous le moindre effort", la cadranure est alors dite feuilletée.

Les fentes se propageant dans toute la longueur du fut, les arbres atteints de cadranure ne sont bons qu'au chauffage. 11 esta noter que ce bois de feu ' est léger, tandis que celui provenant des arbres gélivés est toujours très lourd.

E. Cœur étoile. — Ce défaut se manifeste chez les arbres de tout âge. Les ormes et les résineux y sont particulièrement sujets. C'est la fente de forêt des Allemands, d'origine incertaine.

Le cœur parfaitement sain est traversé par une fente diamétrale unique (résineux, chêne) ou par deux fentes en croix (orme qui affectent tout le fut (fig, 55\ Ces fentes ont ceci de particulier qu'elles peuvent changer de direction en se propageant dans l'arbre, ou disparaître en certains points pour se montrer à nouveau sur d'autres.

On les dit concordantes quand elles se trouvent situées dans un plan passant par Taxe, et discordantes lorsqu'elles sont comprises dans deux plans perpendiculaires. Dans le premier cas, on se débarrasse facilement du défaut en faisant passer la scie dans la fente : le déchet est insignifiant. Dans le second oas, toutes les planches du cœur sont fendues et dépréciées : il faut alors décœurer la pièce préalablement au sciage. Le cœur étoile ne s'agrandissant pas sensiblement avec Tàge, la dépréciation pig. 55.

subie par les pièces atteintes de ce défaut varie avec leurs dicœiftsîons ; on peut l'arbitrer asseï: exactement à :

V2 pour les arbres de 1" et au-dessous, )

V, » 1»,02 à 1°»,40, > de tour.

V* » au-dessus de lm,42 \

Nous avons dit que l'origine de ce défaut était inconnue. En fait, il parait lié à la nature du sol et à un ébranlement ou à un choc subi par les arbres. Les ormes qui ont crû très rapidement dans leur jeune âge et plus lentement ensuite sont très exposés à la f^ite du cœur. Il en est notamment ainsi dans toutes les forêts où un diluvium peu profond riv pose sur un sous-sol de cailloutis serré et filtrant.

F. Trous d'.vbatage. — Ce sont des trous qui se produisent dans la région du cœur, au moment de l'abatage à culée blanche. Entraînés par leur poids, les arbres tombent avant qoe le pivot n'ait été complètement coupé. Il en résulte un arrachement occasionnant la formation de trous peu profonds. On évite cet accident en exploitant à culée noire les arbres de prix ou en poussant le trait de scie au-delà du cœur de U à li centimètres avant d'entamer Fautre côté du fût. Les trous d'abatage entraînent une réduction de longueur qui ne dt*passe pas 20 à 30 centimètres.

G. Fentes d'abatage. — Lorsqu'un arbre est très penché, il tombe d'ordinaire bien avant que le trait de scie n'ait pénétré

assez profondement dans le fut ; il en résulte, non pas seulement un trou d'abatage, mais une fente qui peut se prolonger sur une longueur de 3 à 4 mètres. L'arbre es^ perdu pour le sciage. On remédie à ce danger en ouvrant avec la hache, aussi bas que possible et du côté où le fut penche, une forte entaille allant jusqu'au cœur. On attaque ensuite du côté opposé avec la scie, en soutenant avec des cales, de façon à retarder la chute de larbre.

Chez les sujets a cime bifurquée, il existe toujours une forte entre-écorce, et si, en tombant, Tarbre porte à faux sur Tune des branches de la cime, il se fend par le ïni\ien{fig. 5G),quelle Fig. 56. çtie soit sa grosseur^

Des chênes de 3 mètres de tour, valant au bas mot 400 francs, peuvent ainsi perdre les 8/10 de leur valeur. Quand il s'agit d'arbres de choix, un marchand sérieux ne doit jamais hésiter, dans ces cas d'ailleurs fréquents, à faire ébrancher l'arbre sur pied. Dépensât-il 7 ou 8 francs pour cela qu'il y aurait encore bénéfice.

II. Fentes de torsion. — Ce défaut très grave n'apparaît guère que dans les futaies feuillues, chez des arbres fourchus. Le vent agissant sur Tune des branches lord l'arbre, comme un simple lien façonné à la main. Il se produit des fentes caractéristiques sur toute la longueur du fût, fentes qui descendent comme les spires d'un tire-bouchon et qui ne sont pas sans analogie avec celles engendrées par la gélivure. L'arbre n'est bon qu'au chauffage.

I. Fentes d'éclair. — Arbres foudroyés. — En tombant sur un arbre, le tonnerre peut le partager entièrement en deux, l'écorcër, l'écorcher par places, lui enlever des esquilles plus ou moins volumineuses, auquel cas l'arbre rougit et ne tarde pas a périr sur pied, perdant toute valeur industrielle. Mais, d'autres fois, il ne laisse sur l'écorce qu'un léger sillon tantôt rectiligne, tantôt plus ou moins hélicoïdal.

sillon qui se recouvre promptement et qu'on ne saurait confondre, en raison de sa hauteur, avec une golivure. Si le sillon reste cantonne dans l'aubier, ce qu'il est facile de vérifier même sur l'arbre debout, ce dernier continue à prospérer vigoureusement et son bois est apte à tous les usages ; mais, si la fente pénètre jusqu'au cœur, l'arbre est mauvais; il se fend aussitôt après l'abatage et ne donne que du bois de feu.

J. Les gerçures. — Elles se forment sous l'influence de la dessiccation superficielle des tissus, sur les bois écorcés, ronds ou équarris. Elles sont d'autant plus nombreuses, larges et profondes, que le bois est raide et que l'écorçage a été retardé. Pour ce motif, il vaut mieux écorcer en hiver, de suite après Tabatage, qu'au printemps et surtoutqu'enété. En outre, lorsque les arbres doivent être passés à la scie, il est préférable de les livrer en grume que de leur faire subir un équarrissage. si léger soit-il. Dans les deux cas, les iné\itables gerçures du retrait entraînent un déchet qui n'est pas moindre de 5 •/^ et qui atteint souvent 10 ^o du volume brut.

Lorsqu'on emploie à l'extérieur des pièces gercées, il est bon de les mastiquer. En ce faisant, on les préserve des germes de la pourriture, et on empêche les fentes de s'agrandir.

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