‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 50 sur 110 · L. Laveur. Édit · texte numérisé non relu

L. Laveur. Édit

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des trachéides et la décomposition progressive de leur contenu et de leurs membranes. La partie la plus molle du bois de printemps est de plus en plus creusée, rongée ; les linéaments de la dentelle tombent, et, sur la section transversale, apparaissent des taches d'un blanc jaunâtre, d'abord isolées, puis confluentes, qui sont dues à la transformation de la substance ligneuse en cellulose. Les zones brunes de bois d'automne, plus résistantes, finissent par apparaître comme isolées les unes des autres par des cavités irrégulières, comme de véritables roulures,

A tous ces symptômes, on reconnaît l'attaque àwTrametes fini, Hartig, pour la première fois signalé dans les forêts françaises. Les fructifications de ce champignon se montrent dans les nœuds des branches brisées, sous l'aspect de chapeaux dimidiés, ligneux, bruns, à bord ocracé, durs, sillonnés-zonés. La chair est jaune rouillé, subéreuse. La surface hyméniale est veloutée, d'abord jaune, puis ocracée. La reproduction se fait par des spores brunes, ovoïdes.

Pour que les spores germent, il faut qu'elles rencontrent une lésion de branche fraîche et non recouverte de résine. La pourriture des nœuds épargne donc les jeunes arbres ayant moins de cinquante ans environ. D'abord rayonnante, elle file ensuite rapidement dans le corps de l'arbre, surtout en descendant, et occasionne un déchet souvent considérable.

Si l'attaque est récente, ce qu'on reconnaît au croissant jaune peu développé qui s'étend autour du nœud, il peut n'y avoir qu'une perte de 0™,50 de longueur ; mais, si la flamme jaune s'avance jusqu'au cœur, la bille perdue atteint au moins 4 mètres de long ; si elle le dépasse, le pourri s'étend jusqu'à 6 ou 7 mètres.

Le Trametes pini exerce de très grands ravages : dans le Jura, sur le sapin et l'épicéa : dans les Alpes de Savoie (Maurienne;, où tous les épicéas élagués sont rouges ; dans les Cévennes, sur le pin sylvestre.

Lors des estimations, il faut avoir l'œ^il sur les branches

brisées au ras du tronc et sur les plaies d'élagage. Si le nœud

porte un champignon, s'il y a un écoulement sar le fut, si

i'écorce est détachée autour du nœud et que le bois gris ap-

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paraisse, onpeat être sûr de trouver la pourriture intérieufe. Diimn<uer de 4 mètres en ce cas., la hauteur de service.

En guise de conclusion, répétons qu'il ne faut jamais élaguer les arbres résineux.

Art. IIL — POURRITURES IVOIRES, VERTES, ETC.

A. Pourritures noires. — a) Bois feuillus. — Chez le chêne, les pourritures noires sont dues, tantôt à une grisette morte donnant alors au bois qui entoure la caverne une couleur violacée très caractéristique, tantôt à la décomposition d'une vieille souche remplissant l'intérieur de la patte d'un terreau noirâtre, tantôt enfin à l'action d'un champignon saprophyte, connu sous le nom de Foie de veau. Langue de bœuf, et qui n'est autre chose que la Fistulina hepatica, Huds. {fig. m, PI. VU). Dans ce dernier cas, avant de devenir noir, le bois prend une teinte rousse intermédiaire.

Toutes ces pourritures noires n'affectent que le pied des arbres ; elles sont très peu dangereuses, et se purgent avec une grande facilité. Il suffit, pour avoir la longueur de la découpe, d'enfoncer une canne dans la cavité creusée au pied de l'arbre, et de mesurer sa plus grande hauteur variant généralement entre 0"^,>iO et 0°»,80.

b) Bois résineux. — On désigne dans le Jura, sous le nom de Besses^ des résineux présentant des fourchures caractérisées par la présence de sillons ouverts sur le fût. Toutes ces fourchures sont accompagnées de pourriture noire, se développant dans le cœur et enlevant à l'arbre la plus grande partie de sa valeur commerciale. Cette pourriture se reconnaît au premier coup d'œil, non seulement à sa couleur, mais encore aux nombreuses fentes cadranées, qui sillonnent le bois pourri et s'irradient jusque dans le bois sain [fig. H 2, PI. VII .

Si l'on examine au microscope une coupe de ce bois noir(/l(/. Ii3), on trouve les trachéides remplies d'un amas de sphéro-bactéries dont les zooglœes, en forme d'abord d*ampoules,puis de sphères, se rompent et disséminent leurs microcoques à rintérieur des cellules. Ceux-oi épuisent rapidement le contenu des cavités cellulaires et s'attaquent ensuite aux parois, transformant la masse ligneuse tout

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