‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 103 sur 194 · cm · texte numérisé non relu

cm

1,5 -2 mm.

2,6-3 mm.

Le nombre de tours, qui est le nombre des descentes du châssis en une minute, varie de 180 à 250 pour des grumes de bois tendre, ayant 0'",:iO de diamètre et au-dessus ; il est plus faible pour les bois de dimensions moindres ; mais il se relève à 300 dans le débit des bois durs, avec de faibles avances.

l'octillage 335

Quand l'outil descend et travaille, le bois avance par saccades ou d'un mouvement continu. Dans les vieilles machines, l'avance est donnée au moyen du système Bélidor. Le bois est fixé sur un chariot muni d'une crémaillère engrenant avec un pignon. Celui-ci est calé sur l'axe d'une roue à rochets, mise en mouvement par un pied de biche. A chaque descente du châssis, le pied de biche se relève et fait tourner la roue d'un certain nombre de dents. On règle l'avance en déplaçant le pied de biche sur la coulisse. La vitesse varie comme celle de la scie.

Dans les nouvelles installations, l'avance est continue, uniforme. L'aménage des bois se fait automatiquement, à Taide de cylindres cannelés, qui reçoivent leur mouvement de la machine elle-même. Des rouleaux compresseurs, actionnés par des contrepoids, pèsent sur les pièces, et augmentent leur adhérence avec les rouleaux entraîneurs.

Le mouvement des grumes est lié à celui du châssis ; plus est grande la course de ce dernier, et moins il faut d'oscillations pour obtenir une même longueur de trait de scie. L'augmentation de la course de l'outil introduit donc une diminution du temps et du travail perdus dans les mouvements ascensionnels ; en fait, celle course dépend surtout du diamètre des arbres à débiter : elle varie de 0'",30 à O^jTO.

La vitesse du châssis est donnée par le nombre des tours à la minute. Avec de grandes vitesses, on obtient de très beaux sciages et on gagne du temps, sans accroître sensiblement la dépense de force motrice. Par contre, l'inertie des masses oscillantes augmente proportionnellement au carré de la vitesse, et on constate non seulement un échauffement de la lame, mais encore une fatigue des bielles, des manivelles et de leurs articulations. Pour obtenir un bon rendement et un beau travail, il faut donc augmenter progressivement la vitesse de l'outil jusqu'à une limite marquée par réchauffement de la lame et des articulations.

L'avance est réglée par la pratique. Si l'on désigne par c la course de l'outil et par a l'avance, on peut adopter, pour

le rapport-, les valeurs moyennes suivantes, déduites des

expériences du commandant Boileau :

Orme tortillard, frêne et aufres bois très durs. 0,0015 à 0,0025

Orme champêtre, noyer, hêtre, etc 0,0030

Chêne de dureté moyenne 0^0035

Bois blancs 0,0050

Sapin 0,0055

Dans toutes les scies alternatives modernes, la pièce à débiter est soutenue par un chariot roulant sur des rails, et la vitesse d'amenage est réglée par un volant à main.

Le travail effectif d'une scie verticale alternative n'est pas celui mesuré au dynamomètre sur l'arbre de transmission, car les frottements du mécanisme et les trépidations occasionnent des pertes -que l'on peut évaluer à :

50 o/q pour les scies alternati?es à 1 lame 40 o/o » 2 lames

33 Vo » 4 » et plus.

On juge du travail d'une scie alternative par le nombre de tours, l'avance par minute, la longueur de la coupe, représentée par le nombre de lames et multipliée par l'avance, la production en mètres carrés ou en mètres cubes de sciages dans un temps et avec une force motrice donnés. La surface totale de sciage, multipliée par l'épaisseur du trait de scie, donne le volume du déchet.

D'une façon générale, les larges châssis attelés d'un grand nombre de lames, sont ceux qui fournissent les plus forts rendements ; le débit en petites planches donne beaucoup de morceaux, mais un faible rendement ; le contraire se produit dans le débit en forts plateaux.

Les scies alternatives de marques françaises (Panhard et Lorassor, d'Espine et Achard, Jeamelel, Guillier, etc.), sont (le fabrication très soignée, mais plus chères que les marques américaines ou allemandes. Les scies pour grumes coûtent :

Les Panhard. et Levassor {fig, 135) . 6.500 à 12.000 fr. Les d'Espine, Achard et 0«. . . . 6.000 à 12.000 » Les Kirchner 3500à 5.800 »

ww

L outillage:

Les grandes scies Panhard et Levassor sont des outils admirables ; elles travaillent sans vibrations, et pèsent 6.500

Fiif. 135. — Scie verticale alternative Panhard et Levassor.

W 14.000 kilos, suivant dimensions. Les bois sont lixés à

leurs extrémités sur des wagop-

nels armés de griffes et roulant

sur des rails ; leur entraînement

se fait par deux galets cannelés,

commandés mécaniquement et

animés de vitesses variables.

Indépendamment de ces grandes scies à déballer, on trouve dans le commerce :

i" Des scies verticales alternatives (fig, 136), à rouleaux d'amenage verticaux, pour le dédoublement des madriers, des planches et des dosses. Préalablement à leur emploi, les dosses l'ig. 136.

doivent être légèrement équar- Grande scie verticale alternative ,.;^o ^,,« i« f^^ . p, . , à dédoubler les madriers.

ries sur la tace mlerieure de

glissement. Pour le débit des tavolettes, on emploie des scies

jumelles, montées sur un châssis unique.

Math E Y. — Exploitation des bois. Il

LES SCIAGES

Ces scies valent 4.400 francs chez Panhard et Levassor, 4.200 francs chez Kirchner.

2** Des scies verticales alternatives {fig. 137 et 138} à lame de côté, pour Féquarrissage des bois de construction, ou le débit en minces feuillets des bois précieux : noyer, acajou, etc. Prix : 6.000 francs chez Panhard et Levassor, 4.750 à 6.000 francs chez D'Espine, Achard et C'^

Fig. 137. — Soi« ▼«rtieale alternative à une lame de côté, avec chariot diTiteur à agrafes.

B. Scies horizontales alternatives. — Ce sont des scies {fig. 139) à châssis horizontal, à une seule lame, travaillant avec une faible force hydraulique ou avec une petite machine à vapeur, et servant au débit des bois de prix en placages. L'arbre moteur, la bielle et la manivelle sont montés sur un

fort bâti et placés latéralement au châssis. Le bloc à débiter repose sur un chariot, auquel il adhère par le moyen de griffes puissantes. Ce chariot se meut au-dessous du châssis qui peut se monter et se descendre à volonté.

Fig. 138 — Scie verticale alternative à lame de côté.

La vitesse du châssis est très grande (250 à 360 tours à la minute), l'avance petite, l'épaisseur de la lame faible ; Je déchet est donc peu considérable. La lame a d'ordinaire 14-16 centimètres de largeur, 1,10 à 1,30 millimètre

3iO

LES SCIAGES

d'épaisseur ; grâce à une denture double, la scie travaille en allant et en venant, ce qui permet Tévacualion de la sciure produite après chaque trait.

Pour une vitesse de 250 tours par minute et une course de 600 millimètres, le rendement est de 100 mèlres carrés de sciages par heure.

Prix de ces machines : 4.200 à 4.600 francs chez Panhard et Levassor; 3.600 à 5.000 francs chez Kirchner.

Fïg. 139. — Scie horizontale allernalive h une lame, pour le débit des bois en grumes.

C. Scies a rlba>. — Pour équarrir les arbres ou les fendre en deux, pour faire du sciage sur quartier, on préfère les scies à ruban. Elles sont coastituées par deux poulies inslallées dans un même plan vertical, et de diamètres égaux : Tune est fixée à l'arbre moteur, l'autre est folle ; ces poulies entraînent dans leur course rapide 20 mètres à la seconde), à la façon d'une courroie de transmission, le ruban sans iin qui forme la scie.

Les arbres à débiter sont placés sur des chariots en fer, tantôt mis en mouvement par le scieur, au moyen d'une manivelle permettant de faire varier la vitesse d'avancement au voisinage des nœuds, tantôt poli van t se déplacer automati- ([uement suivant deux directions perpendiculaires. Les scies à chariot libre conviennent spécialement pour le débit des

L OUTILLAGE

bois dont la longueur est inférieure à 6 mètres ; celles à chariot automatique, pour le débit des bois de longueur supérieure.

Les scies Panhard et Levassor, pour débit de grumes, charpentes, traverses de chemins de fer, etc. {fig, 140), coûtent :

Avec chariot de 4 mètres, mû à la manivelle . 3.800 fr. » mû automatiquem^ 4.600 »

Fig. 140. — Scie à ruban à chariot libre.

Les scies Kiessling {fig. 140 bis) coiitent : pour le débit des petites grumes, .1.900 à 4.400 francs ; pour le débit des grosses grumes, 2.750 à 4.500 francs ; la longueur du chariot varie de 2 à 4 mètres.

Les scies à ruban sont restées la spécialité de la maison Panhard et Levassor qui les a créées et lancées. Ces machines qui, primitivement, n'étaient employées que pour le chantournement et le sciage à main, ont trouvé peu à peu des applications beaucoup plus larges, et sont complètement entrées dans la grande industrie.

LES SCIAGES

Le modèle figure 141 , récemment construit par cette maison, donne le maximum de production avec le minimum de maind'œuvre. Il peut débiter en planciies et plateaux, des bois ayant jusqu'à 1" ,20 de diamètre, avec une dépense de force de 30 chevaux. Les poulies ont un diamètre de 1™ ,80 ; la largeur de la lame est de 150 millimètres. Le ruban marche avec une vitesse dé 35 mètres à la seconde. Le chariot, qui reçoit la pièce à travailler, est mù automatiquement par pignon et crémaillère. Le mouvement d'avance est à vitesse réglable pen-

Fig, 140 bif, — Scie à ruban avec chariot diviseur,

dantla marche, de façon à ralentir la vitesse de coupe aux endroits olTmnl plus de résistance et à accélérer Tallure quand le bois diminue d'épaisseur. Le retour se fait toujours à vitesse rapide, réduisant au minimum la perte de temps après chaque passe. Le bois à travailler repose sur des madriers protégés par des ferrures ; il est adossé contre des montants auxquels on l'assujettit solidement au moyen d'un système de griffage très rapide à manœuvrer.

Les montants contre lesquels butent les bois, sont fixés

L OUTILLAGE

sur des glissières'transversales, qui permettent de rapprocher Tarbre de la scie et de le débiter en plateaux d'épaisseur déterminée. Ce déplacement se donne à Taide d*un volant incliné rappelant le volant de direction d'une automobile. II sufGt de donner un nombre de tours plus ou moins grand au volant, avant de commencer chaque trait de scie, pour régler répaisseur des plateaux; un cadran, qui constitue ainsi une véritable machine à diviser, indique d'ailleurs celte dernière à chaque instant.

Fig. 141. — Grande scie à ruban Panhard et Levaesor.

Un dispositif ingénieux ramène automatiquement le chariot tout entier en arrière pour le retour à vide, ce qui évite le frottement de la lame contre le bois.

Ces scies valent de 10.000 à 12.500 francs.

Les lames de scies à ruban sont livrées par le commerce, soit en bandes dentées et planées, ^oit prêtes à fonctionner, c'est-à-dire dentées, brasées, voyées et affûtées. Ci-après le tarif des lames Panhard et Levassor :

Wi

LES SCIAGES

Seies à rabtn poor le boir, sondées et alTùléei, prêtes à fonctionner

Scies à ruban pour lo boi^, en bandes dentées et planées

Larfreurf en miliimètrei

Prix en francs, le mètre

Largeurs on millimètres

Prix on fianes.

le mètre

De 3 à 10

il À 15

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