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CHAPITRE II

INDUSTRIE DU CERCLAGE

Les cercles se fabriquent dans les coupes, ou dans les villages riverains de la forêt. L'outillage du c^rclier com-

Fig. 26 .

prend : un banc à fendre et à planer (fig. 267 et 268), une serpe à bec recourbé [fig. 269), un piochon à lame plate

INDUSTRIE DU CERCLAGE

{fig. 270), une plaine {fig. 271), un billard pour courber les cercles {fig. 272), un parquet pour les tourner (^g, 273).

Fig. 268.

a) Banc à fendre. — Dans le dispositif de la figure 207, le banc se compose essentiellement d'une pièce de bois rond

Fig. 269.

Fig. 270.

Fig. 271.

AB, longue d'environ 5 mètres, reposant d'une part sur le

sol. d'autre part sur une chèvre G ; elle porte une échancrure

en E et se relie en F à une paire

de piquets inégaux, solidement

maintenus par une forte hart. La

chèvre, aplatie à son extrémité

supérieure, porte une fourche

fixe G et une cheville mobile à

bec de cane II. ^'«' ^^•

Après avoir dressé sa perche, c'est-à-dire après avoir enlevé les chicots et les aspérités, le cerclier la place sur Mathey. — Exploitation des bois. II. 3o

LES PETITES IISDUSTRIES FORESTIERES

Tentaille E, puis, avec son piochon, il la fend en deux. Celte fente se poursuit de proche en proche, en ligne droite, simplement en relevant ou en abaissant le manche du piochon. Celte première division est la plus difficile à bien conduire : c'est elle qui donne la direction du Gi du bois. Pour refendre ensuite en deux ou Irois les colis ainsi obtenus, l'opération va beaucoup plus vite. Le cerclier amorce la fente avec son piochon, puis il maintient celte fente ouverte, en la passant dans la tôle du piquet II, qui agit à la façon

Fi g. 274.

— JF-if-ir-I

— Jî-jr

ij iJ

Fig. 273.

Fig. 275. .

d'un coin. Avec la lame du piochon situé en arrière, il pousse la fente dans la bonne direction.

Après avoir fendu les cercles, on les plane. Pour ce faire, le cerclier les place dans la fourche G, les engage sous le crochet du télard I (fig. 274), et les soutient à l'aide d'un coin en forme de clef J. Il commence par en planer une moitié seulement, tâtant le bois avec la main pour juger de son épaisseur et en ôter quand il y en a trop, puis il retourne la perche bout pour bout et fait subir la môme opération à cette seconde moitié.

IIVDIISTRIE DO CERCLAGE 547

En rencontrant un nœud, TouTrier est nécessairemeat conduit à peser sur la plaine ; celle-ci pourrait s'échapper et le blesser. Afin de se prémunir contre ces accidents,' le cerclier s'entoure le buste d'une sorte de tablier formé par 40 ou 12 planchettes en bois, reliées par des cordes etrassemblées comme l'indique la figure 275.

Le dispositif de la figure 2^, qui se passé de tout corn* menlaire, est moins encombrant que le premier; il sert surtout pour la fabrication des cerches et des cercles de cuves.

b) Billard, — Le billard (fig. 272) est une petite pièce de •bois, munie d'une rainure et servant à plager les^ cercles,

c'est-à-dire à amorcer leur courbure. Le cercle étant engagé dans la rainure, on maintient [son extrémité avec le pied, puis on le force à se courber» en appuyant sur le manche du billard. Pour les grands cercles de cuve, il [faut répéter deux fois cette opération.^

c) Parquet. — Le parquet {fig. 273) se compose d'une aire circulaire, formée par des piquets dont lesj têtes sont maintenues à Taide d'un cercle fixé extérieurement par des liens d'osier. Les cercles billardés sont forcés ày l'intérieur du parquet et disposés par rangées horizontales de 2-4, puis par assises verticales de (>. L'ensemble ou rouelle est lié avec 4 fortes harts, extrait du parquet, puis livré à la consommation.

d) Fabricalion, — La fabrication des cercles se fait principalement en automne et en hiver ; elle doit être interrompue de juin à septembre. A cette époque, en effet, les bois

Fig. 276. — Epnre da débit d'nne grosse perche.

se fendent mal. Lors donc que le cerclier s'aperçoit qu'il ne peut fabriquer son lot de perches avant le 1°' juin, il doit s'empresser de fendre ces dernières en deux ; puis il achève le finissage, après avoir fait tremper dans l'eau les côtis

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ainsi obtenus : 2 jours s'il s*agit de bouleaux, 5 jours s'il s'agit d'autres bois.

Pour une bonne fabrication, il faut que la perche ait en longueur 6 pouces de plus que le cercle ; le bois de cœur doit être soigneusement enlevé.

e) Dimensions des cercles. — Aux renseignements déjà fournis page 94, nous ajouterons que la longueur des cercles est en général de :

5 à 6 pieds pour des quarts de 68 litres

7 » pour des feuilletUs de 136 »

8 pieds à 8 pieds 6 pouces pour des pièces de 272 »

10 à 14 pieds . • . • pour des foudres de 4 à 5 feuillettes.

/) Composition des rouelles. — On emballe les cercles par 24 jusqu'à la longueur de 9 pieds, par 12 à partir de 10 pieds. Le paquet de cercles à cuve n'en contient que 6. On vend au paquet et au mille de 42 bottes en dessous de 9 pieds, au mille de 84 bottes au-dessus de 9 pieds. Les cercles à cuve se vendent au paquet ou à l'unité. Les cercles à quart, en saule marceau et bouleau, valent moitié moins que les cercles à feuillettes, en bouleau ou en châtaignier. Les cercles à foudre valent de 4 à 6 francs le paquet de 12, et les cercles à cuve, en frône, merisier, bouleau, orme champêtre, se vendent 14 à 16 francs le paquet de 6, En Algérie, le laurier rose peut fournir de bons cercles.

Les frais de fabrication s'élèvent à :

10 à 14 fr. le mille pour les cercles de feuillettes 15 & 20 » » pièces

20 à 27 » » foudres.

Les déchets de la fabrication se montent à 15 y^ et se composent de frisons qui sont bottelés en petits paquets et vendus pour allumer les feux, à raison de 0 fr. 10 la botte.

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