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BOIS POUR CHEVILLES

Les plus grosses chevilles sont demandées pour la construction des bateaux; elles ont alors 10, 20, 40, jusqu'à 70 centimètres de longueur et 4 à 7 centimètres d'épaisseur. On les fait en acacia, frêne, mûrier et chêne. Les bois de gournables doivent être durs, nerveux, de droit fil, sans nœuds, gélivures ou roulures. Un stère donne en moyenne 2.000 chevilles à bateau.

Les menuisiers, ébénistes, vitriers, se servent de chevilles en acacia, frêne, orme, poirier, hêtre, et même en bois résineux. Les cordonniers utilisent surtout du bouleau, du charme et de l'érable.

Les chevilles sont ordinairement fabriquées à la machine. Pour les grosses dimensions, les billes sont

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découpées en rondelles à la longueur d'usage, puis fendues suivant une direction déterminée ; on fait ensuite tourner le morceau de 90° et on refend par des traits perpendiculaires aux premiers. Les morceaux ainsi fendus sont finalement appointés avec des machines à aménage automatique. Pour les

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petites dimensions '^chevilles de cordonniers), on fend d'abord suivant ab {fig. 332), puis suivant bel et ac et finalement suivant ae. Cette fabrication est très répandue en Allemagne, où certaines maisons transforment ainsi plus de 1 000 stores par an.

Art. XXII. — BOIS DE MEULES.

Dans les fabriques d'horlogerie, on se sert de meules pour polir les pièces d'acier. Ces meules ont 0'",20 à O^.Si de diamètre sur 10 à 12 millimètres d épaisseur. On les fait en aune et en saule blanc. 11 faut des bois sans nœuds, sans défauts et à grain fin.

Les horlogers du Jura suisse canton deFribourg, de Vaud et de >'euchiUel; emploient, pour le polissage de leurs pièces d'horlogerie les plus fines, des fragments de bois pourri, provenant de souches de tremble, d'érable plane, de frêne, de coudrier et surtout de h(Mre, bois commentant à devenir très rare et presque introuvable dans toutes les régions horlogeres. Les échantillons qui nous ont été gracieusement envoyés par M. Pillichody, mesurent 7 à ii centimètres de longueur, i à 5 centimètres d'épaisseur ; ils sont classés en tendres, denii-durs et durs ; les bois tendres, excessivement légers, proviennent de souches de noisetier, d'érables, de frêne, de saules, de tilleul, de tremble ; les bois demi-durs, de souches souterraines de hêtre ; les bois durs, d'étocs de même essence. Les bois pourris les plus estimés se rencontrent dans les terrains secs, rocheux, filtrants, principalement aux expositions du Sud et de l'Ouest. D'après les premières observations que nous avons pu faire, tous proviennent de cépées âgées, mor/^5^«//'/?/6Y/, dans lesquelles la décomposition s'est propagée lentement des rameaux dans la souche.

Sans doute le bois des branches mortes se trouve bien travaillé par une masse innombrable de champignons saprophytes, qui aident à la disparition des matières incrustantes, mais ces champignons ne sont pour rien dans la production du bois pourri, phénomène d'ordre physico-chimique. Au fur et à mesure que les cellules meurent et perdent leur turges-

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