TAM?ÎS ET ÉCORCES
(le côté pour être converti en charbon. Ce charbon est meilleur que celui provenant des. racines brutes. L'écorce, séchée au soleil, est broyée, passée au crible et mise en sacs. Ce travail se paye à la tache, à raison de 5 francs les 100 kilos après criblage. Les indigènes, qui ne travaillent généralement que jusqu'à midi, extraient 25 à 30 kilos d'écorce pendant la matinée ; les Espagnols en récoltent 60 à 80 kilos dans leur journée. La garouille se vend 12 à 14 francs le quintal sur les marchés de la colonie ; elle atteint 23 à 24 francs dans les ports de la Manche, où se trouvent ses principaux débouchés.
On peut admettre que 100 kilos de souches donnent en moyenne 20 kilos d'écorces vertes et 16 kilos de charbon, d'une valeur approximative de 2 francs.
Art. V. — ÉGORGES D'ESSENCES VARIÉES. — UTILISATION DES VIEILLES ÉGORGES DE CHÊNE ET DE SAPIN.
A. EcoRCEs d'épicéa. — Dans certaines régions montagneuses de TAllemagne et de TAutriche, où le chêne fait défaut, on mélange les écorces d'épicéa aux substances tannantes plus riches, telles que la vallonnée et les jeunes écorces de chêne. La teneur en tanin des écorces d'épicéa varie avec Tâge des sujets dont elles proviennent, le degré d'insolation des perches, la fertilité du sol, etc. De même que pour le chêne, la richesse en substances tanniques est plus grande chez les jeunes que chez les vieux arbres, dans les terrains frais et fertiles que dans les sols secs et rocailleux. Cette proportion de tanin est ù peu près de :
5 o/o dans récorce des perches âgées de . .
18 ans,
. 80 à 110 ans.
On ne peut donc utiliser, pour le tannage, que des tiges relativement jeunes et d'une faible grosseur. Mais cette opération donnera d'excellents résultats dans les régions où il faut absolument écorcer les bois aussitôt après leur abatage pour prévenir les invasions d'insectes, faciliter le flottage, etc.
L'écorçage des arbres abattus s'efFeclue très rapidement, soit au moyen de la hache, soit à l'aide de pelles en acier tranchantes (tome P% fig. 199). On écorce plus volontiers les rondins, faciles à retourner en tous sens, que les longs bois d'industrie et surtout que les grosses tronces de sdage. Les bandes d'écorce sont cassées aux longueurs d'usâfite, puis séchées par les procédés ordinaires. Tantôt on les étend sur de longues perches qui les soustraient à Tinfluence de l'humidité, tantôt on les dispose comme l'indique la figure 372. On juge qu'une écorce d'épicéa est suffisamment
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Fig. 372.
sèche en prenant un canon avec la main et en le recourbant du côté de la vieiHe écorce. Si une fracture vient à se produire dans la ligne médiane, l'écorce est bonne pour le tanneur. Une dessiccation plus complète serait moins utile que nuisible.
Les prix payés sont proportionnels à la teneur en tanin : les écorces de 80 à 100 ans valent à peine le 1/10 de celles de 25 à 35 ans, et ces dernières, moitié de celles de chêne. On compte qu un stère bien empilé, formé de bûches à écorce lisse, peut donner 150 à 175 kilos d écorce.
B. Ecorce de bouleau. — En Russie, l'écorce du bouleau est employée pour la tannerie, la fabrication du goudron et de la suie, le tressage des chaussures et des paniers, etc. Sa teneur en tanin est moins grande que celle de l'épicéa ; elle donne des cuirs spongieux, mais d'une belle couleur claire. En France, la jeune écorce de bouleau sert exclusivement à confectionner des boîtes, tabatières et autres menus objets.